‹ Éclairage à l'électricitéChapitre 78 sur 98 · Scène · texte numérisé non relu

Scène

9 herses 408 lampes.

Rampes 98 —

32 portants 264 —

6 projecteurs mobiles 90 —

12 rampes mobiles de 10 lampes 120 —

Lampes de réserve 126 —

Salie : .

Lustre Zàk —

Pourtour 263 —

Orchestre et couloirs des loges et galeries supérieures 209 —

Entrée, café, vestibule, etc 108 —

Entrée latérale, cours, atelier de décors, loges

d^artlstes, etc 550 —

Voici quelques détails sur le montage des lampes, la disposition des circuits secondaires et la durée des lampeé, donnés à la « Lumière électrique » par le professeur R. Ferrini :

En général, les lampes qui sont fixes, comme celles du lustre, de J'orchestre, des couloirs, etc., ont été placées à Tex-^ trémité des supports qui servaient pour l'éclairage au gaz, chacune à la place d'un bec de gaz.

Les lampes des services principaux (lustre, orchestre, rampe, scène, etc.) sont toutes de 16 bougies; celles des loges, des couloirs, des herses, sont de 10 bougies, et comme elles ont une différence de potentiel égale à celle des premières, on les met comme celles-ci en dérivation.

Les lampes qui sont placées sous le plancher de la scène et dans les endroits de moindre importance ont un pouvoir éclairant de 8 bougies et exigent une différence de potentiel qui est la moitié de celle des premières; elles sont, pour cette raison, montées deux par deux en série.

L'éclairage de la scène est fait avec des appareils fixes pour la rampe, et avec des appareils mobiles pour les portants et les herses. Pour les portants, on a des rangées verticales de lampes qu'on place derrière les coulisses. Pour les herses,* on a des

rangées horizontales de lampes masquées pour la salle et s'étendant ou en haut de la scène ou tout le long du plancher de la scène. Ces herses sont constituées par de longues planches de bois sur le côté desquelles on fixe les lampes à des intervalles réguliers. La partie' des herses portant les lampes est peinte en blanc et fait réflecteur. Les portants sont de même de longues planches en bois qu'on place derrière les coulisses et qui supportent les lampes Edison au moyen de petites appliques en métal, recourbées vers le sol. A côté des portants, il y a une tige en fer verticale glissant sur une faible longueur dans un système d'anneaux qui la guident.

A la hauteur de chaque lampe, partent de la tige des appliques supportant des enveloppes cylindriques en tôle ou en verre coloré ou opalisé d'une dimension suffisante pour contenir aisément les petites lampes. Quand la tige est abaissée, lesdites enveloppes se trouvent alignées avec les lampes et alternées avec ceUes-ci dans les intervalles qui les séparent; si on soulève la tige, les enveloppes entourent plus ou moins et même complètement chaque lampe.

Par cet artifice, on peut masquer tout à coup la lumière des lampes d'un des portants, l'atténuer ou la colorer au moyen de verres opalisés ou de couleurs qui peuvent produire à volonté les teintes rouges, bleues, etc., nécessaires aux effets de scène.

Les lampes d'un appareil mobile ou d'un appareil fixe (rampe, lustre, orchestre, couloirs, etc.) sont placées sur autant de circuits dérivés- qui partent de prises respectives et ont un régulateur pour chacun. Naturellement, le nombre des appareils mobiles change d'un moment à l'autre. Tantôt on exige un éclairage éclatant, tantôt une obscurité presque complète ; il importe donc, surtout pour les herses inférieures, qu'on puisse avoir un iaaoyen facile tt prompt d'ajouter ou d'enlever un de ces appareils, lorsque cela est nécessaire. A cet effet, une partie des circuits destinés à alimenter les appareils mobiles aboutit aux galeries de service où se tiennent les mécaniciens; les autres, placés sous le plancher de la scène, sont pourvus, à leur extrémité, de raccords métalliques. Ces circuits, qui comprennent toujours les fils d'aller et de retour, sont soigneusement isolas et protégés

par une couverture de bois. Us sont, en outre, pourvus d'un appareil de sûreté constitué par un fil fusible de plomb, afin de prévenir tout danger d'incendie. Dans les raccords métalliques dont il est fait mention plus haut, on réunit les extrémités de chacun des conducteurs flexibles au moyen de deux fils de cuivre tressés et revêtus séparément d'enveloppes isolantes. Le tout est renfermé dans une gaine en caoutchouc. Ces conducteurs flexibles, dont on a une provision de différentes longueurs pour subvenir à tous les besoins, servent à réunir les circuits de distribution avec les appareils mobiles. La jonction d'un conducteur flexible avec la pièce de raccord d'un des circuits, d'une part, et l'appareil mobile, de l'autre, se fait en les introduisant l'un dans l'autre.

Une des pièces à réunir est terminée par deux cylindres de cuivre de différents diamètres, placés consécutivement sur le même axe, le plus étroit en dehors. L'autre pièce se termine, au contraire, par une cavité métallique de forme et de dimensions correspondantes à l'ensemble des deux cylindres, de manière que la partie vide soit exactement remplie. Une fois les cylindres engagés dans la cavité de l'autre pièce, on en assure l'adhérence avec un collier à vis. Les conducteurs flexibles, qui portent à un bout la première, et, à l'autre, la seconde de ces pièces de raccord, sont d'égale dimension pour toutes les pièces» de manière que n'importe quel conducteur mobile puisse s'adapter sur la pièce de n'importe quel circuit, d'une part, et avec n'importe quelle herse ou portant, de l'autre.

Les superficies convexes des deux cylindres sont isolées l'une de l'autre, et, quand elles se trouvent engagées dans une cavité, forment respectivement contact avec les parois de différents diamètres de celles-ci, lesquelles sont également isolées entre elles. Les cylindres massifs et les parties plus larges des cavités communiquent avec le fil d'aller, et les plus étroites avec celui de retour du courant. De cette façon, les manœuvres de changement, de déplacement, d'ajustement et de suppression des appareils mobiles se font en peu de minutes, avec toute facilité.

Pendant les premières années d'exploitation, les lampes ne

furent pas portées à leur intensité maxima, ce qui leur assura une très grande durée. M. Ferrini a, en efifet, constaté une durée moyenne de 2 500 heures pour les lampes de la scène, et de 3 400 pour celles du lustre.

Nous ignorons si ce régime n'a pas été modifié ; mais nous croyons, si les choses sont restées en Tétat, qu'il serait préférable de pousser les lampes à leur intensité normale, sauf à en diminuer le nombre, si l'éclairage actuel est suffisant. La lumière sera plus blanche, et, tout compte fait, son prix de revient moins élevé.

Opéra de Paris. — A la suite d'une série d'expériences, qui furent plus ou moins réussies, suivant que M. Garnier autorisait ou n'autorisait pas l'installation de bons moteurs dans les soussols du monument, l'éclairage électrique complet de l'Opéra fut décidé, et l'entreprise en fut confiée à la Société Continentale Edison.

Les 7 455 becs de gaz, qui constituaient l'ensemble de l'ancien éclairage furent tous supprimés et remplacés par 6131 lampes à incandescence, ainsi réparties :

Administration i 165 lampes de 10 bougies et àO lampes de 16 bougies.

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