‹ Éclairage à l'électricitéChapitre 79 sur 98 · Scène · texte numérisé non relu

Scène

Salle et pavillon 1212 — 306 —

Foyer et escalier 1010 — 642 —

Caves 68 — » —

Totaux 5 023 lampes de 10 bougies 1 108 lampes de 16 bougies.

En outre de ces 6 131 lampes, l'éclairage comprend 22 bougies Jablochkoff pour le péristyle du théâtre et le plafond du grand escaUer, et 8 régulateurs pour la loggia.

Matériel mécanique. — Six générateurs tubulaires, pouvant produire 10 350 kilog. de vapeur, alimentent :

1 machine Corliss de 250 chevaux tournant à 60 tours,

1 machine Armington de 100 chevaux tournant à 300 tours,

4 machines Weyher et Richemond de 140 chevaux tournant à 160 tours,

1 machine Weyher et Richemond de 40 chevaux tournant à 85 tours,

On dispose doue d*uue puissanee mécanique nominale de 970 chevaux, pouvant facilement être portée à 1 200 chevaux quand Fensemble des dynamos est nécessaire à Féclairage.

La cheminée a 1 m. 300 de diamètre et 39 mètres de hauteur. Elle est placée dans une cour intérieure qui la rend complètement invisible.

Les chaudières, du système Belleville, produisent de la vapeur à 12 kilog. de pression. Gomme elles sont situées à 60 mètres des machines, on a dû installer une canalisation toute spéciale pour éviter toute cause d'arrêt. A cet effet, on a réuni au centre tous les conduits de vapeur partant des chaudières de façon à former une véritable boucle se fermant sur les chaudières. On peut diriger la vapeur par la conduite de droite ou par celle de gauche, ou dans les deux à la fois et remédier à une avarie se produisant à Tune d'elles.

L'eau nécessaire à la condensation est fournie en partie par la Compagnie des Eaux et extraite en partie d'un puits foré à 39 mètres de profondeur et complètement isolé, au moyen de tubes concentriques, des nappes d'infiltration du ruisseau de la Grange-Batelière. Le débit de ce puits atteint 60 mètres cubes à l'heure avec une dénivellation de 6 mètres. L'élévation de l'eau est obtenue par une pompe centrifuge placée au niveau statique de l'eau et actionnée par une transmission électrique. Les 4 machines à vapeur verticales, de lâO chevaux, genre compound, sont bien étudiées et bien construites; elles méritent une mention toute spéciale.

Un bâti robuste porte à sa partie supérieure les deux cylindres et à sa partie inférieure l'arbre à deux manivelles à 90** l'une de l'autre. Ge bâti est disposé de telle sorte que tout le devant de la machine est ouvert et accessible. Les cylindres et le réservoir intermédiaire sont enveloppés de vapeur arrivant directement des chaudières; les distributeurs sont cylindriques, équilibrés, et leur étanchéité est bien assurée. Le condenseur et les pompes à air sont du même système que ceux des machines horizontales de la maison Weyher et Richemond, seulement ils sont actionnés par un moteur adapté sur le flanc même des pompes à air.

Le régulateur de vitesse est composé d'uQ volant-poulie creux renfermant des masses écartées par la force centrifuge et retenues par des ressorts puissants.

Chaque machine de 140 chevaux actionne une dynamo de

On a ainsi quatre groupes pouvant alimenter 1 000 lampes chacun et pouvant fonctionner séparément ou simultanément.

Matériel électrique. — Ces moteurs actionnent 14 dynamos, dont 13 à courant continu et une à courants alternatifs.

Les dynamos à courant continu peuvent produire une intensité totale de 6015 ampères sous 120 volts; elles se décomposent comme suit :

5 dynamos Édlson de 375 ampères 1 875 ampères.

Total 6 015 ampères.

L'ensemble des courants correspond ainsi à une puissance électrique de 6015 X 120 = 72180 watts, environ 960 chevaux.

En supposant un rendement industriel de 0,85, on trouve que, pour assurer cette production totale de courant, il faut une puissance mécanique de 1 130 chevaux.

Nous avons représenté page 225 la dynamo Edison de 800 ampères qui a été étudiée en vue de l'installation de l'Opéra; quatre de ces dynamos fonctionnent depuis dix-huit mois dans d'excellentes conditions.

Le courant des dynamos est amené à un premier tableau de distribution de 4 mètres de largeur sur 1 mètre de hauteur. Au-dessus et au dessous de ce tableau sont placées quatre grandes barres de cuivre qui le relient à deux autres tableaux de distribution de S'^ôO sur 1°*10 desservant les circuits du théâtre.

A l'aide de commutateurs en forme de verrous, on peut envoyer le courant des dynamos dans les barres du haut ou dans celles du bas. On réunit, en général, en quantité les dynamos de 500 lampes sur les barres du haut, et les dynamos de 1 000 lampes

sur les barres du bas; de cette façon, les dynamos de 500 lampes et les dynamos de 1 000 lampes sont indépendantes, ce qui, en cas d'avarie aux moteurs, n'occasionnerait qu'une extinction partielle. Cependant, on peut relier en quantité les quatre barres, et, par conséquent, les deux tableaux de distribution des circuits, ce qui permet de les alimenter soit à la fois avec les dynamos de 500 lampes et avec les dynamos de 1 000 lampes, soit avec les unes ou les autres séparément.

Les résistances des régulateurs de champ magnétique sont montées sur des cadfes en partie garnis d'isolateurs en porcelaine, placés perpendiculairement au mur. Un arbre de h mètres de long, maintenu par des bagues sur les cadres en question, supporte les manettes de chaque régulateur. Celles-ci portent un encliquetage permettant de les embrayer à volonté sur une roue calée sur l'arbre. Un seul homme suffit pour manœuvrer les manettes de tous les régulateurs et régler la différence de potentiel aux bornes de toutes les dynamos comprises dans l'installation.

Traité passé entre F État et la Société Edison. — Voici les bases du traité intervenu entre M. Goblet, alors Ministre des Beaux-Arts, et la Société Edison pour l'éclairage électrique de l'Opéra.

L'État concède à la Société Edison le droit d'établir, dans les bâtiments de l'Académie nationale de musique, les appareils nécessaires à l'éclairage électrique de toutes les parties du théâtre, et il s'engage à faire accepter cette concession par les directeurs actuels et futurs de l'Opéra.

La Société Edison prend entièrement à sa charge tous les frais d'installation comprenant: machines, chaudières, cheminées, dynamos, conducteurs, lampes, accumulateurs, etc., etc., et accepte d'exécuter les travaux complets sous la direction de l'architecte, sans toucher au système actuel d'éclairage au gaz dont toute la canalisation sera maintenue. Les lampes à incandescence seront, autant que possible, placées sur les appareils existants. Dans le cas ou un appareillage spécial serait jugé utile, il sera exécuté aux frais de l'État.

Après l'achèvement de l'installation, aucun appareil ne pourra être déplacé sans l'autorisation de l'architecte, excepté

pour la partie scénique, que la direction restera maîtresse absolue de modifier à son gré. A cet effet, la Société Edison sera toujours à l'entière disposition des directeurs pour apporter, dansée plus bref délai possible, les modifications jugées nécessaires, autant qu'elles pourront être exécutées à l'aide des ressources des appareils Edison existant à l'Opéra, et du 'personnel technique spécialement attaché à ce théâtre.

Les générateurs à vapeur devront être du système Belleville ou équivalents ; ils seront munis de fumivores d'un fonctionnement parfait. Si ces fumivores n'étaient pas établis d'après les derniers perfectionnements, le traité pourrait être résilié par l'État, à moins que la société Edison ne consentit à remplacer les machines à vapeur par des machines à gaz.

Les dynamos prêtes à fonctionner devront être capables de fournir 40 pour cent de plus d'électricité que l'éclairage total du théâtre n'en exige.

Les conducteurs seront enveloppés de matière isolante sur tout leur parcours et ils seront placés dans des moulures en bois partout où il y aura lieu de les protéger. Les prises de contact des pièces mobiles seront cachées par des couvercles, afin de ne pouvoir être touchées par des personnes étrangères au service. Chaque partie de l'installation sera desservie par autant de circuits distincts que besoin sera pour empêcher une interruption complète d'une partie quelconque de l'éclairage.

Une partie de l'éclairage des couloirs et de la salle devra être obtenue par une installation électrique entièrement indépendante de l'installation principale, au moyen d'accumulateurs.

La Société Edison fournira un personnel technique complet pour assurer le fonctionnement normal de l'éclairage. Ce personnel devra être payé par la direction de TOpéra. Une somme de 26 000 francs par an est prévue pour assurer l'exécution de cette clause.

La Société Edison payera tous les frais d'exploitation et recevra 1 130 francs pour chaque représentation théâtrale et 2 000 francs pour chaque bal.

Le prix de H30 francs correspond à un éclairage total

582 ÉCLAIRAGE A L'ÉLfiCTRICÎTÉ.

de 5 018 lampes de 10 bougies, 888 lampes de 16 bougies, 8 régulateurs Pieper et 12 foyers Jablochkoff.

Cet éclairage sera toujours à la disposition de FOpéra si les ordres sont donnés au moins à heures d'avance. Le traité aura une durée de 10 ans à partir de la réception de Tinstallation. Il pourra être résilié en cas d'une extinction totale pendant la représentation, renouvelée deux fois dans le même mois.

Si, à l'expiration des 10 ans, le nombre total des représentations n'a pas été 1920 au moins, le traité sera prorogé jusqu'à ce que ce chiffre soit atteint.

Après la première période de 10 ans, l'État aura le droit d'imposer à la Société Edison la continuation de l'éclairage pour une pareille durée et aux mêmes conditions, en prévenant ladite société au moins une année d'avance.

L'article 14 du traité mérite d'être reproduit en entier; il est le seul qui oblige la société concessionnaire sans aucune réciprocité de l'État; le seul que nous eussions énergiquement refusé; le voici :

c La Société Edison se conformera à tous les arrêtés, prescriptions ou ordonnances de Police relatifs à l'éclairage et aux mesures d'ordre et de sécurité.

« Elle acquittera toutes les redevances de Ville et de Police qui pourraient être imposées par la Ville ou par l'État, en raison de l'éclairage par l'électricité. »

Page 1