‹ Éclairage à l'électricitéChapitre 88 sur 98 · DÉGAGÉES · texte numérisé non relu

DÉGAGÉES

A rélectricité par incandescence ..

Au gaz

2/iO 3ZiO

2Zi5

Zi50

9/iO 12/iO

9/iO

A rhuile

Au pétrole

A l'essence minérale

A la bougie

A la chandelle

La lumière électrique par incandescence est donc la seule qui ne consomme pas d'oxygène, la seule qui ne produise pas d'acide carbonique. Son manque de dégagement de chaleur est un avantage en été, et il n'a d'autre inconvénient, en hiver, que d'augmenter les frais de chauffage de l'appartemenl.

Nous ne conseillons d'ailleurs pas remploi de Télectricité aux personnes qui veulent réaliser des économies sur leur éclairage domestique ; au contraire, nous considérons la lumière par incandescence comme une lumière de luxe, d'un prix très élevé, et nous nous contentons d'en faire ressortir la facilité d'emploi, la propreté exceptionnelle et surtout la parfaite innocuité.

Le développement des procédés pour produire et distribuer l'éclairage électrique en abaissera naturellement le prix, mais dès maintenant, il convient à un très grand nombre de personnes qui en ignorent les précieuses qualités et pour lesquelles une dépense supplémentaire est sans importance.

M. Hammont, à la fin de sa brochure sur la lumière électrique, fait une réflexion très judicieuse:

« Quelle est la mère, dit-il, qui donnerait à son enfant une nourriture qu'elle saurait dangereuse pour sa santé, parce qu'elle l'aurait à meilleur compte? Et, cependant, c'est ce que nous faisons chaque jour en nous éclairant au gaz. »

Moyen d'obtenir la lumière électrique dans les appartements. — Le meilleur moyen d'introduire l'éclairage électrique dans les appartements est évidemment d'avoir recours à une station centrale, dont les directeurs installent les appareils et fournissent le courant, sans aucune interruption, jour et nuit, à toutes les lampes qu'on désire allumer. Mais il n'existe encore que très peu de stations et, comme nous l'avons dit précédemment, celles qui existent font généralement peu ou pas de bénéfices, ce qui n'est guère encourageant pour les industriels qui s'occupent de leur création ; il résulte de cet état de choses que ce moyen n'est possible que pour un très petit nombre d'appartements. Nous le signalons parce qu'il est appelé à un bel avenir, sans dissimuler qu'il est aujourd'hui irréalisable dans la pratique courante.

Restent les installations individuelles, dont les solutions très nombreuses peuvent être divisées en deux groupes principaux : 1* celles qui empruntent la puissance motrice à un moteur mécanique ; 2*» celles qui utilisent l'énergie chimique à la production des courants.

Parmi les premières, nous citerons les installations avec moteurs à vapeur, qui se sont généralisées en Amérique et en Angleterre, mais qui sont peu usitées en France à cause des règlements de police et des exigences municipales ; celles avec moteurs à gaz dont l'emploi commence à se développer dans toutes les grandes villes ; celles avec moteurs à eau qui conviennent surtout aux centres industrieux de la Suisse et aux communes ayant de l'eau sous pression à bon marché, et celles avec moteurs à air comprimé que les procédés Popp commencent à vulgariser sur nos grands boulevards parisiens.

Parmi les installations avec générateur chimique d'électricité, nous mentionnerons celles fonctionnant à l'aide des piles primaires ordinaires et employées surtout pour les usages temporaires ou pour les très petits éclairages ; celles empruntant le courant à des accumulateurs chargés dans des usines et amenés dans les appartements pour l'illumination des fêtes ; celles où les accumulateurs et les piles se prêtent un mutuel concours, employées pour l'éclairage courant dans les petits appartements ; celles enfin qui fonctionnent à l'aide de piles à circulation systèmes Upward, O'Keenan, Vogler, etc.

Installations mécaniques. — Seules, les installations mécaniques présentent les qualités de sécurité, de propreté et de régularité désirables ; l'emploi des moteurs à gaz parait indiqué dans le plus grand nombre des cas parce qu'ils n'exigent pas l'adjonction d'une chaudière, qu'ils sont faciles à installer, qu'ils peuvent être mis en marche instantanément, et qu'ils ne consomment du gaz qu'autant qu'ils produisent de l'électricité.

Ces installations ne sont réellement complètes et commodes que par l'adjonction d'accumulateurs qui régularisent le débit d'électricité et permettent d'avoir de la lumière constamment, alors que le moteur ne fonctionne qu'à des heures ou même à des jours donnés.

M. Preece, partisan convaincu de l'éclairage électrique, a, l'un des premiers, éclairé sa maison au moyen de lampes à incandescence. Sa petite installation est très réussie ; il en parle toujours avec le même enthousiasme, bien qu'elle fonctionne déjà

depuis quatre anuées et qu il ait eu ainsi le temps de s'y habituer. Nous lui laissons la parole :

« Dans mon jardin, j'ai fait construire une jolie petite maison pour le moteur, et j'y ai logé une machine à gaz de 2 chevaux, qui commande une petite machine Gramme du poids de 100 kilog. environ. Celle-ci me donne un courant suffisant pour mes besoins, 36 ampères avec 42 volts, soit 1512 watts. Ce courant est envoyé dans des batteries secondaires ou accumulateurs formés de simples plaques carrées de plomb, plongées dans l'acide sulfurique étendu : il y a 17 accumulateurs. Le matin, mon jardinier met en marche le moteur à gaz qui travaille de neuf heures à une heure et emmagasine dans les accumulateurs assez d'électricité pour la soirée et même la nuit suivante.

« A l'intérieur de la maison, le courant est distribué par de gros fils de cuivre avec enveloppe isolante de caoutchouc. Des lampes sont posées dans chaque chambre aux endroits utiles, de manière à répondre à toutes les exigences. Les montures des lampes fixes sont très simples et ingénieuses, pour permettre les remplacements lorsque le filament de charbon est usé. Ily a aussi des lampes mobiles pour descendre à la cave, circuler dans le jardin, ou plus simplement éclairer les recoins des appartements.

« Ces dernières sont alimentées au moyen d'un câble qui se déroule plus ou moins suivant la longueur du trajet.

« Pour éviter tout accident, j'emploie des lampes qui n'ont besoin que d'une force électromotrice de 30 volts. A la porte de chaque pièce, est un commutateur qui permet, avant d'entrer, d'éclairer l'intérieur, et d'éteindre quand on sort. C'est la suppression complète des allumettes.

« Je n'ai pas visé à l'économie, car je tenais avant tout à assurer le service, et j'ai organisé l'éclairage complet de mon habitation. J'estime qu'une maison comme la mienne peut être dotée de la lumière électrique pour une dépense moyenne de 187 fr. 50 par lampe. »

Nous ajouterons que M. Preece a fait installer chez lui plus de 60 lampes, qu'il a dépensé environ 10000 francs et que parmi ces lampes il n'y en a que 12 d'allumées ensemble, en moyenne.

ce qui fait ressortir le prix d'installation d'une lampe en activité, à plus de 800 francs.

Dans le même ordre d'idées nous signalerons l'installation faite par la Société Edison, dans l'un des plus riches hôtels du quartier de l'Étoile, à Paris.

Une machine à gaz de huit chevaux commande une dynamo de 40 ampères sous 100 volts, dont le courant peut, à volonté, ^tre mis sur les lampes à incandescence ou en communication avec une batterie d'accumulateurs.

L'éclairage comprend 60 lampes de 16 bougies. La batterie se compose de 60 éléments ayant chacun une capacité de 500 ampères-heure et pouvant débiter normalement 30 ampères.

Une pareille disposition permet, le cas échéant, de doubler le nombre de lampes en service. Pour une fête, on peut mettre à la fois en circuit la dynamo et les accumulateurs et alimenter une centaine de lampes toute la nuit.

Nous né connaissons pas la dépense occasionnée par cette installation, mais au prix actuel des accumulateurs, nous croyons qu'elle représente plus de 40000 francs, c'est-à-dire 800 francs par lampe.

Comme on peut en juger par ces deux exemples, les frais de premier établissement sont fort élevés; il en est de même des frais d'exploitation qui peuvent facilement atteindre 150 francs par lampe et par an, lorsqu'on y fait entrer l'entretien des accumulateurs.

M. Gramme, qui possède une installation assez complète, dépense environ 1200 francs par an pour une moyenne de S lampes allumées ensemble. Plus de la moitié de cette dépense ^st nécessitée par l'entretien et le remplacement des accumulateurs.

Les installations par moteurs à vapeur coûtent un peu plus cher que celles effectuées avec des moteurs à gaz, mais par contre elles produisent le courant à un prix bien moins élevé par une intensité lumineuse totale. Il faut les conseiller lorsque l'éclairage comprend au moins 100 lampes de 16 bougies, ou que son fonctionnement annuel dépasse 1 000 heures.

L'eau sous pression et l'air comprimé sont d'un excellent

usage, mais les applications auxquelles ils peuvent concourir, sont si peu nombreuses qu'il est inutile d'en citer des exemples et d'établir leur prix de revient. Quand l'usine parisienne de M. Popp aura pris son entier développement, elle donnera certainement lieu à des installations fort intéressantes, sans cependant acquérir jamais une grande importance, eu égard à l'ensemble des éclairages électriques réalisés par d'autres moyens.

Installations au moyen de la pile. — L'emploi de la pile à la production de lumière électrique ne convient, en aucune façon, pour des éclairages dépassant une dizaine de lampes, et encore faut-il pour que l'usage d'une installation ainsi faite persiste, qu'elle soit entre les mains de personnes soigneuses, un peu habituées aux manipulations chimiques.

Avant de parler des piles bien construites, il nous faut dire quelques mots des lampes électriques portatives.

Lampes électriques portatives. — Il se fabrique depuis quelques années des appareils électriques ayant la forme d'une lampe à huile et dont le socle renferme une petite pile au bichromate de potasse. Ces appareils vendus sous le nom de lampes électriques^ sont destinés, au dire de leurs inventeurs, à remplacer les lampes à huile, ou les brûleurs à gaz, en usage dans les appartements et les bureaux.

En réalité, les lampes électriques portatives sont de simples jouets sans aucune utilité, qui donnent une lumière très faible pendant quelques heures, qu'on charge deux ou trois fois et qu'on met finalement au rebut après une très courte période de temps. Les marchands qui exploitent ces bibelots, en affirmant la possibilité d'obtenir par leur emploi une lumière convenable, au prix de 10 centimes l'heure, sont pour la plupart des commerçants sans scrupules qui abusent de la crédulité publique et qui changent fréquemment de nom et de domicile pour se soustraire aux justes réclamations des acheteurs et souvent pour dépister la police.

Lampe Tricoche. — Considérées comme des jouets scientifiques, ces lampes ne manquent pas d'un certain intérêt, malgré

leur faible puissance et leur courte durée. Dans des mains habiles, elles peuvent servir de démonstration et permettre de réaliser une des plus belles expériences de la physique moderne : la transformation de l'énergie chimique en chaleur et en lumière ; c'est à ce titre que nous avons essayé l'appareil combiné par M. Tricoche. Cet appareil, qui a des dimensions très restreintes (0°',12 X 0'°,12 X 0°',18) et une forme cubique bien appropriée à sa destination, est muni d'un réflecteur argenté permettant d'éclairer vivement un objet déterminé : livre, feuille de papier, etc., etc. La pile est à quatre compartiments isolés les uns des autres; son chargement total comprend 120 grammes de bichromate de soude, 300 grammes d'acide sulfurique et 1 200 grammes d'eau.

En faisant passer le courant dans une petite lampe à incandescence, nous avons constaté un débit de 1,33 ampères sous 5 volts pendant quinze minutes, puis de 1 ampère sous 4,8 volts pendant trois heures quinze minutes. L'intensité lumineuse était en moyenne de deux bougies (les petites lampes étaient très poussées).

La dépense, pendant une opération, peut être évaluée à 0 fr. 23, en supposant les substances achetées en gros et à 0 fr. âO, en supposant les substances achetées en détail.

Le prix du cheval-heure ressortait ainsi entre 10 et 20 francs. En ne considérant qu'une expérience, le prix du carcel-heure variait entre 0 fr. 30 et 0 fr. 55 ; mais après 3 ou A charges, en tenant compte des déchets et de l'entretien de la pile, ce prix dépassait 1 fr. 20.

Ce résultat n'a rien d'anormal, étant données la grande concentration du liquide employé et les petites dimensions de la pile. Le but de M. Tricoche n'était pas d'ailleurs de faire une lampe pour l'éclairage, mais bien un appareil d'étude pouvant se vendre, garni de sa lampe, une dizaine de francs.

Lampe Trouvé, — Nous avons également essayé un appareil un peu plus grand, de la construction de M. Trouvé. Cet appareil contenait quatre litres de liquide et alimentait pendant six heures une lampe de 1/2 carcel. La dépense a été de 0 fr. 41 par carcelheure, déchets non compris, en estimant les substances aux prix de gros. Avec les prix de détail et en tenant compte des déchets.

cette dépense eût facilement atteint 1 fr. par carcel-heure. C'est d'ailleurs le résultat constaté par la Société Internationale des Téléphones dans un petit éclairage réalisé au moyen d'une pile du même constructeur.

Éclairages intermittents. — M. Goodwin construit des éléments Leclanché à grande surface de charbon, qui peuvent être utilisés à la production d'une lumière de courte durée.

Une batterie de 20 éléments est suffisante pour alimenter une lampe de 2 bougies prenant 20 volts et 0,â ampère. Les vases poreux adoptés dans ce cas ont un diamètre de 0°',074 et une hauteur de 0°*,lô. Les 20 éléments sont montés en tension ; ils occupent un espace de (y^JO sur 0™,50.

Cette pile donne un éclairage continu pendant 15 minutes environ le premier mois et pendant 5 ou 6 minutes le reste de Tannée; puis elle se polarise; on ouvre alors le circuit, au bout d'une demi-heure de repos, le courant reprend son intensité primitive. Nous en avons installé une dans notre appartement en 1885; elle a duré 18 mois sans avoir besoin d'être rechargée et elle nous a rendu de réels services pour passer, la nuit, d'une pièce à une autre.

Eclairages continus obtenus directement par la pile. — Il est peu de problèmes qui, pendant ces dix dernières années,^ aient autant surexcité le cerveau des inventeurs, fait dépenser autant d'argent en essais et donné si peu de résultats pratiques que celui de l'éclairage par la pile primaire.

Dans une note assez récente ^ nous avons cherché à expliquer comment l'énergie se répand sur notre globe et comment s'opère le cycle des transformations qui entretient l'activité vitale. La conclusion de notre raisonnement c'est que les matériaux terrestres s'étant successivement combinés entre eux par suite de leurs affinités réciproques, ont dégagé, en se combinant, la plus grande quantité de chaleur possible; qu'il n'existe plus

1 . Voir le Bulletin Technologique de la Société des Anciens Élèves des Écoles d'Arte et MéUers (mars 1887).

guère de corps susceptibles de donner, par réactions chimiques, du travail à bon compte ; qu'en conséquence la pile économique pouvant faire concurrence au charbon dans la production mécanique n'existe pas.

Nous ne sommes donc nullement surpris si toutes les combi-

Fig. 312. — Pile Dronier.

naisons proposées pour produire des courants industriels avec la pile, sont demeurées sans aucun résultat, et si les électriciens qui s'occupent spécialement de l'emploi des piles à l'éclairage en soient encore à préconiser la pile au bichromate de potasse ou toutes autres piles aussi anciennes et aussi répandues dans le commerce.

Pile Dronier. — Depuis deux ans nous éclairons un de nos

bureaux à l'aide d'une pile au bichromate de potasse (Fig. 312) dont nous sommes assez satisfait. En voici la description :

A une planchette horizontale ayant 1°*,60 de longueur et 0™,40 de largeur, est fixé un bâti en bois permettant de suspendre les charbons et les zincs hors du liquide, lorsque le circuit est ouvert. C'est là une disposition commune à toutes les piles à treuil, que nous ne relatons que pour en faire remarquer certains détails intéressants. La planchette a une assez grande épaisseur, elle est entaillée en seize endroits pour recevoir de la sciure de bois (aux emplacements mêmes où reposent les vases), de sorte que lorsqu'on retire les vases pour les vider, les zincs et les charbons s'égouttent dans de la sciure et ne tachent pas la planchette.

Les vases au nombre de 16 sont en grès vernissé ; ils ont 0°*,23 de hauteur et 0",18 de diamètre intérieur.

Chaque élément possède deux plaques de charbons ayant une série d'entailles longitudinales qui en augmentent considérablement la surface.

Les zincs placés entre les plaques de charbons reposent librement sur des taquets en ébonite. Ils sont formés de 97 parties de zinc et 3 de mercure, et coulés en plaques de 0°,18 de longueur sur 0°»,09 de largeur et O^'jOOS d'épaisseur.

Deux traverses en chêne supportent les ziucs et les charbons. Ces traverses sont guidées parles montants du bâti et soutenues par deux cordes, lesquelles s'enroulent sur un même tambour central mis en mouvement par une petite manivelle. Traverses, zincs et charbons sont équilibrés par deux contre poids en fonte qui permettent de manœuvrer le treuil sans effort. Une petite corde supplémentaire, passant sur le tambour et tendue par un fort ressort à boudin, constitue un frein maintenant le tout en place quand on abandonne la manivelle. Ce frein dispense avantageusement du rochet usité dans les autres treuils de piles.

Une aiguille indicatrice suit le mouvement du treuil, et indique, le long d'une échelle graduée disposée ad hoc, la quantité exacte dont plongent les zincs au moment considéré.

Chaque vase contient un pain de sel chromique dissous dans quatre litres d'eau. Les zincs étant tous assis sur des taquets faisant corps avec les charbons, leur base se trouve (dans les 16 élé-

meiits) à la même distance de la base des charbons. Il suffit donc, lorsque la solution est prête et les vases en place, de manœuvrer le treuil jusqu'à ce qu'un des charbons atteigne, dans son vase, le niveau du liquide, et d'ajouter dans les autres vases la petite quantité d'eau nécessaire pour que tous les charbons touchent également le liquide. De cette façon, on est certain de faire plonger tous les zincs ensemble de la même quantité, et l'on peut régler convenablement la hauteur de l'échelle graduée dont nous avons parlé plus haut.

Les pains chromiques, préparés par M. Dronier, pesaient 600 grammes l'un et renfermaient 400 grammes d'acide sulfurique à W et 200 grammes de bichromate de potasse.

Dans une première expérience, nous avons fermé le circuit de la pile sur une lampe Lodyguine de 25 volts donnant exactement un bec carcel d'intensité, et nous avons eu pendant 61 heures un débit régulier de 0,75 ampère avec un enfoncement des zincs qui a varié de 12 à 90°*°*. La consommation de zinc s'est élevée à 2,033 grammes.

Le prix de revient de la carcel-heure n'a pas dépassé Ofr. 15 en se basant sur des substances achetées en gros et sans tenir compte des déchets.

Les expériences suivantes ont donné des résultats beaucoup moins favorables, et le prix de revient de la carcel-heure a successivement atteint 0 fr. 20, 0 fr. 26, 0 fr. 30 et 0 fr. 35. Nous avons dû abandonner l'usage des pains chromiques pour charger notre pile avec des produits de premier choix non préparés d'avance.

Aujourd'hui le chargement nous coûte 7 fr. 60 et donne quarante-huit heures de lumière ; en ajoutant 2 francs pour la dépense du zinc amalgamé^ nous arrivons à une dépense totale de 9 fr. 60 correspondant à 0 fr. 20 par carcel-heure, environ cinq fois le prix du gaz.

Cette dépense est élevée, mais l'appareil est tout à fait pratique; depuis dix-huit mois nous n'avons pas été privé de lumière un seul instant et notre pile fonctionne aujourd'hui aussi bien qu'au début de sa mise en service.

L'installation complète comprend : la pile Dronier, les con-

ducteurs, deux suspensions pour lampes, deux lampes Lodyguine, un voltmètre et un commutateur à trois contacts pour envoyer la lumière dans Tune ou Tautre lampe. Elle a coûté 600 francs. Pour un bureau, un cabinet d'étude ou un petit laboratoire n'exigeant l'emploi que d'une seule lumière à la fois, la solution dont nous venons de parler est excellente. Elle ne peut être conseillée pour un appartement à cause des manipulations d'acides auxquelles elle donne lieu plusieurs fois par mois.

Éclairage au moyen de piles automatiques. — Les piles au bichromate de potasse, généralement employées pour les petits éclairages, exigent des chargements fréquents et des manœuvres quotidiennes qui lîe sont pas sans inconvénients. C'est pour parer à ces inconvénients que plusieurs inventeurs ont imaginé des dispositions plus ou moins ingénieuses pour faire fonctionner leurs piles, pendant très longtemps, sans manipulations.

La pratique n'ayant pas, jusqu'à ce jour, sanctionné définitivement aucune des dispositions proposées, nous ne conseillerons pas l'usage des piles automatiques, mais nous décrirons sommairement celles qui nous paraissent avoir le plus de chances de succès dans l'avenir. Ces piles sont celles de MM. Ërhart et Vogler^ Edward O'Keenan et Upward.

Pile Erliart et Vogler. — Cette pile est du genre Daniell à circulation. Chacun de ses éléments est formé d'une lame de zinc sur laquelle on place un parchemin, puis un cadre en carton et,, sur ce dernier, une feuille de plomb, puis encore une lame de zinc, un parchemin, un cadre en carton et ainsi de suite suivant le nombre d'éléments qu'on désire; on assujettit ensuite le tout entre deux planches au moyen de boulons et d'écrous.

Ces éléments réunis et fixés comme ^nous venons de le dire, la pile est remplie avec de Teau pure et mise en communication avec un réservoir parfaitement clos, contenant du sulfate de cuivre en cristaux et une solution saturée de ces cristaux.

La substitution du sulfate de cuivre à Teau de la pile se fait au moyen de deux tubes en caoutchouc aboutissant à deux petits réservoirs longitudinaux en forme de gouttières garnis d'autant d'ajutages qu'il y a d'éléments ; ces ajutages sont

formés de tuyaux de plumes d'oie plongeant à la partie supérieure de chacun des éléments.

On se rend facilement compte de ce qui se passe : le sulfate

li inOjfrw. ji |M

Fig. 313. — Pile Edward CKeenan.

de cuivre, en raisca de sa densité, descend dans le fond de la pile et est remplacé par Teau qui monte dans le réservoir, où elle se sature de sulfate de cuivre; il se forme donc un double courant fonctionnant constamment.

«76 ÉCLAIRAGE A L ELECTtlCITÉ.

Il résalle des expériences faites au laboratoire de IL Gramme que celte pile possède ane constance et une régolarité de marche remarquables, mais qa*elle est sujette à des dérangements fréquents par suite du trop grand rapprochement des éléments entre eux.

Sa force électromotrice est d'un yoIL

Les dépenses auxquelles elle entraîne font ressortir le prix du cheval-heure à i francs, déduction faite de la Taleor du cuivre cristallisé pendant la marche.

Pile Edward OKeenan. — Cette pile, que nous représentons (Fig. 313), est également du type Daniel! ; elle met à profit les différences de densité qui interviennent dans son sein et constitue ainsi une pile à gravité et à circulation. Le sulfate de zinc, qui est le plus dense, occupe toujours la partie inférieure de rélémenty le sulfate de cuivre le milieu et l'eau pure la partie supérieure.

Chaque élément est formé de deux lames de plomb collées sur deux lames de verre et d'une lame de zinc entourée d'une gaine de papier parchemin ouverte en haut et en bas. Ces deux lames de verre, qui entrent dans des rainures ad hoc^ analogues à celles des égouttoirs photographiques, servent de supports à quatre lames de plomb, dont deux appartiennent à l'élément considéré, et les deux autres aux éléments précédant et suivant cet élément. Le liquide de la pile est divisé en trois couches aussi distinctes parleurs différentes densités que parleur différence d'aspect.

La couche supérieure, de 1 à 2 centimètres d'épaisseur, est de l'eau pure; la couche intermédiaire, occupant presque toute la hauteur de la pile, est une solution saturée de sulfate de cuivre; enfin la couche inférieure, de 1 à 2 centimètres d'épaisseur, est une solution presque saturée de sulfate de zinc, plus dense que la solution de sulfate.de cuivre. En fermant le circuit, le sulfate de cuivre est décomposé en cuivre métallique qui se dépose sur le plomb, tandis que l'oxygène et l'acide, traversant la gaine poreuse, vont former du sulfate de zinc; ce sulfate de zinc, augmentant la densité du liquide de la gaine, le fait descendre au fond de l'élément; cette descente détermine un appel d'eau

pure prise à la partie supérieure, tandis qu'une portion du sulfate de zinc plus dense, qui occupe la partie basse de la gaine est refoulée à l'extrémité de ladite gaine, et se répand dans le fond de l'élément, où il élève d'autant l'épaisseur de la couche inférieure de sulfate de zinc.

La provision de zinc étant assurée pour longtemps, au moment du montage delà pile, par l'emploi de lames épaisses, il faut, pour obtenir le fonctionnement indéfini de la batterie : 1® entretenir la saturation de la solution de sulfate de cuivre; 2° rejeter à l'égout ou au ruisseau le sulfate de zinc ; 3"* renouveler l'eau pure qui s'est chargée de sulfate de zinc en descendant dans l'enveloppe de papier parchemin.

M. O'Reenan a réalisé ces trois conditions au moyen de dispositions fort ingénieuses qui assurent à sa pile un longfonctionnement sans qu'on ait besoin de remplacer autre chose que les zincs.

MM. Mors, concessionnaires des brevets O'Reenan à Paris, ont une pile qui marche depuis plus de 2 500 heures dans de bonnes conditions.

Pile Hupward. — Dans l'élément de cette pile l'électrode négative (en zinc non amalgamé) est placée dans un vase poreux rempli d'une dissolution de chlorure de zinc; l'électrode positive, contenue dans le vase extérieur de la pile qui est en terre vernissée, se compose de plaques de charbon entre lesquelles sont tassés des morceaux de charbon de cornue. Le courant électrique est produit par l'action d'un courant de chlore gazeux qui attaque le zinc. Chaque vase en grès porte trois tubulures : la première, placée à la partie inférieure, sert à l'arrivée du gaz ; la seconde sert à sa sortie et communique par un tube en plomb avec la tubulure d'arrivée de l'élément suivant, de telle sorte que les éléments se trouvent disposés en cascades; enfin la troisième sert à écouler le trop-plein de la solution saturée de chlorure de zinc qui suinte lentement à travers le vase poreux dans le vase extérieur. Une couche de ciment ferme hermétiquement la partie supérieure de la pile et ne laisse ouvert que le vase poreux.

Lorsque le circuit électrique est fermé, il y a consommation de chlore dans tous les éléments; il s'y produit un vide qui aspire

une nouvelle quantité de gaz. Le renouvellement est donc automatique.

Le tube de sortie du dernier élément plonge dans l'eau d'un flacon à trois tubulures, de façon à empêcher une rentrée d'air par suite du vide partiel existant à l'intérieur des batteries.

D'un autre côté, ce vide s'oppose à l'échappement du chlore dans l'atmosphère.

Si le chlore était absolument pur, il n'y aurait aucun entretien, l'arrivée du gaz se faisant automatiquement. Mais, en pratique, il n'est pas possible d'éviter le mélange avec une petite quantité d'air (environ 3 pour 100) qui s'accumulera tout d'abord dans le dernier élément. La force électromotrice de cet élément faiblira donc avant que les autres soient affectés le moins du monde ; le système est disposé de manière que cette variation entraîne l'ouverture automatique d'un aspirateur, placé à la fin de la chaîne, après le flacon à trois tubulures. Il y a ainsi évacuation de l'air accumulé.

 cet effet, la soupape qui commande l'écoulement de l'eau destinée à faire le vide, est actionnée par l'armature d'un électro-aimant dans lequel un relais envoie le courant du dernier élément, dès que celui-ci diminue au-dessous de sa valeur normale. ,

Lorsque la pile marche régulièrement, l'aspirateur est mis en marche pendant trente secondes, à des intervalles variant de une à trois heures, suivant la pureté du gaz. La quantité d'eau employée est, par suite, excessivement faible ; il n'y a donc perte ni d'eau ni de gaz.

A sa sortie des générateurs et avant d'arriver à la batterie, le chlore est emmagasiné dans de grands réservoirs; ceux-ci consistent en plusieurs colonnes dç tuyaux ordinaires de drainage en terre, cimentés ensemble et goudronnés extérieurement.

Le gaz chlore^ qui est deux fois et demie plus lourd que l'air, passe du générateur dans là première colonne par un tube disposé à la partie inférieure, chasse l'air, se rend dans la seconde colonne par un tube de plomb débouchant à la base de cette dernière, la remplit de gaz de bas en haut, et ainsi de suite, le

nombre de colonnes dépendant de la quantité de gaz que Ton veut emmagasiner (chaque colonne de tubes de 0°'22 de diamètre, pleine de chlore, équivaut à environ 460 watts-heure). Chacun des tubes de plomb est muni d'un regard en verre, peint €n blanc à la partie postérieure, ce qui permet de voir immédiatement combien il y a de colonnes remplies de gaz; la couleur bien tranchée du chlore se distinguant nettement sur le fond blanc. La dernière colonne est munie à sa partie supérieure d'un tube de sortie.

Des dispositions sont prises pour que la fabrication du chlore ne puisse donner lieu à aucun ennui.

La force électromotrice de la pile Upward est de 2, 1 volts; -elle est constante tant qu'il y a fourniture de chlore. En général, la batterie n'est pas employée directement à l'éclairage ; elle est utilisée jour et nuit à la charge d'accumulateurs, et ce sont ces derniers qui alimentent les lampes.

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