CHAPITRE XXV
Avantages de réclairage électrique dans les appartements. — Dans une conférence faite en 1886, à la Société des Arts de Londres, M. Preece, après avoir indiqué comment il fallait établir les moteurs à gaz, les dynamos, les accumulateurs, les conducteurs, les lampes à incandescence et tous les appareils accessoires pour assurer le succès d'une installation d'éclairage électrique essentiellement privée, a déclaré que sa propre installation, faite suivant les principes qu'il venait d'énoncer, lui occasionnait une dépense annuelle de 1 500 francs alors que l'éclairage au gaz ne lui coûtait anciennement que 750 francs. Puis il s'est empressé d'ajouter : « Si maintenant nous mettons en regard de ce supplément de dépense la valeur d'une lumière fixe, de la pureté de l'air, de la suppression de la chaleur, des allumettes , de la bougie et de l'huile, le bien-être des gens, la conservation des peintures, des motifs de décoration et des livres, la propreté, la gaieté, la santé, la prolongation de l'existence, il n'y a pas à chercher de quel côté doit pencher la balance. »
11 serait difficile d'énumérer mieux et plus complètement les avantages que présente la lumière électrique sur les autres modes d'éclairage domestique. Nous n'ajouterons donc rien aux réflexions du savant électricien du Post-Office^ si ce n'est pour développer le point principal de son argumentation, celui qui est relatif à la santé et à la prolongation de l'existence.
Dans ses conversations et dans ses discours publics, M. Preece €st souvent revenu sur ce point; il s'est fait l'apôtre du nouvel éclairage et est allé jusqu'au Canada affirmer devant un auditoire
nombreux et sympathique, qu'ayant substitué l'électricité au gaz dans sa maison, il avait la conviction de vivre trois ou quatre années de plus qu'il n'aurait vécu sans cela.
Tout le monde est d'accord sur les inconvénients du gaz employé dans les appartements; il vicie l'air et détériore rapidement les tentures et le mobilier ; mais on croit généralement que l'huile ou la bougie sont inoffensives. C'est là une grave erreur, car, à lumière égale, l'huile, la bougie, le pétrole, etc., consomment une plus grande quantité d'oxygène que le gaz lui-môme, et l'atmosphère où ces matières servent à l'éclairage devient bientôt aussi pernicieuse.
Pour bien fixer les idées à ce sujet, nous donnerons le tableau établi par M. Hammont sur les quantités d'air vicié, d'oxygène consommé et d'acide carbonique produit, pendant une heure, pour une intensité d'environ 12 bougies, par les différentes substances employées couramment dans l'éclairage des appartements.