‹ Éclairage à l'électricité; renseignements pratiquesChapitre 16 sur 41 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Expériences de Foucault et de Deleuil. — Régulateurs Thomas Wright. — Division des régulateurs en huit classes. — Appareils à électrodes circulaires ; systèmes Le Molt, Harrison et Reynier. — Appareils à charbons obliques; système Edwards Staite, Reynier et Rapieff. — Appareils à électrodes de mercure; système Way et Harrison. — Appareils réglés par Técoulement d'un fluide; système Lacassagne et Thiers. — Appareils à électrodes plates ; système Wallace Farmer. — Appareils équilibrés à solénoldes; systèmes Archereau, Qaiffe, Jaspar, Dubos, Marcus, Brush. — Appareils à ressort moteur; systèmes Léon Foucault, Duboscq, Oirouard et Régnard. — Appareils à porte-charbon positif moteur; systèmes Serrin, Lontin, Chertemps, Carré, Hafner-Alteneck, Thomson et Houston, Hiram Maxim, Hippolyte Fontaine et Dornfeld.

Le succès croissant de l'éclairage électrique dans les établissements industriels a donné une nouvelle impulsion aux recherches des électriciens et beaucoup d'entre eux se sont spécialement attachés à la régularisation de la lumière, c'est-à-dire au problème qui consiste à maintenir constant l'écartement des deux charbons entre lesquels jaillit l'arc voltaïque.

Comme la plupart des inventeurs connaissaient mal la question et ignoraient les travaux antérieurs, presque toutes les recherches n'ont jusqu'à ce jour abouti qu'à des combinaisons anciennes, depuis longtemps abandonnées, ou à des conceptions originales, mais impraticables. C'est pour éviter le retour de semblables travaux qui occasionnent toujours des pertes considérables de temps et d'argent, que

nous décrirons un assez grand nomljre de régulaleurs de types dilïérenls.

Jusqu'en 1814. les expériences sur l'arc vollaïque n'eureni aucun résultat utilisable ; l'absence de crayons et de piles convenables limitait la durée du phénomène au temps strictement nécessaire pour le l'aire apprécier dans un cours de physique, mais personne ne songeait à s'en servir pratiquement. A cette époque, Léon Foucault, tout en mettant à profit la pile puissante que venait de combiner Bunsen, eut l'heiirense idée de substituer des baguettes de carbone, prises dans les cornues à gaz, aux baguettes de charbon de bois qu'on employait généralement comme électrodes. Cet habile physicien put dès lors établir une petite lampe très-simple et remplacer le soleil par l'arc vollaïque pour l'obtention d'épreuves photographiques.

Cette première lampe, dont le fonctionnement exigeait la main de l'opérateur, servit à M. Deleuil pour exécuter des expériences d'éclairage électrique, pendant la même année (I8ii) sur la place de la Concorde, à Paris. [M. Deleuiï avait déjà fait des expériences publiques en iSil avec des charbons ordinaires placés dans un récipient privé d'air.)

En 18iii, Thomas Wright, de Londres, eut l'idée de faire jaillir l'arc vjltaiiiue entre des disques de carbone ayant leur circonférence taillée en V et recevant le mouvement (l'un mécanisme quelconque. Ce fut là le premier régulateur automatique et l'origine de l'appareil Le Molt, dont nous parlerons plus loin.

En 1 848, Foucault en France, Staite et Pétrie en Angleterre, imaginèrent de se servir du courant lui-même pour régler Técartement des charbons en se basant sur ces deux phénomènes: 1° qu'un courant électrique peut faire naître une aimantation dans un fer doux entouré d'un fil de cuivre, laquelle faïhlit et disparait dès que le courant diminue ou devient nul; 2' que l'arc voltaïque étant une portion du con-

lucteur réagit sur le courant en lui conservant une grande )arlie de son intensité pour un écart déterminé et en Tanlulant complètement lorsque Técart des charbons devient rop grand.

Pour faciliter Tétude des régulateurs automatiques nous es diviserons en 8 classes, savoir :

V Régulateurs à électrodes circulaires ;

2*" Régulateurs à charbons obliques ;

3' Régulateurs à électrodes de mercure ;

4"* Régulateurs à écoulement de fluide ;

Régulateurs à électrodes plates ;

G*" Régulateurs équilibrés à solénoïde ;

7* Régulateurs à ressort moteur ;

8*" Régulateurs à porte charbon positif moteur.

1* Régulateurs a électrodes circulaîres. — Comme nous 'avons dit plus haut c'est à Thomas Wright que Ton attribue 'invention des premiers régulateurs à électrodes circulaires ; 1 a été suivi dans celte voie par plusieurs physiciens, notamment par MM. Le Molt, Harrison et Reynier.

Régulateur Le Molt. — C'est en ] 849 que M. Le Molt fit breveter l'appareil que nous représentons figure 3, et qui est aiinsi décrit dans le brevet français.

« Comme électrodes produisant la lumière, je breveté l'emploi de toute matière carburée, surtout celle des charbons de cornues, et les deux mouvements combinés de rotation et de rapprochement à des intervalles donnés de deux disques d'épaisseur et de diamètre variables.

« Les rondelles sont maintenues en regard l'une de Tautro dans une situation parallèle, verticale ou horizontale, ou mieux dans une situation à angle droit et convenablement distancées l'une de l'autre pour produire la lumière électrique. Elles tournent d'une manière régulière sur deux axes métalliques mis en relation avec les pôles de l'appareil générateur et elles présentent successivement, par un jeu de rotation

el (le rapprochement combinos, lous les points extrêmes Je leur circonférence â la production et à l'émission de i la lumière électrique ; de manière qu'à chaque tour ou révo- j lulion (les disques, ces derniers se rapprochent l'un Je l'autre à la distance requise dont les avait éloignés la combustion d'une partie du carbone et se replacent ainsi dans la mcme situation d'invariable écartement; et comme les

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