‹ Éclairage à l'électricité; renseignements pratiquesChapitre 17 sur 41 · Régulateur Le Molt · texte numérisé non relu

Régulateur Le Molt

deuî mouvements de rotation et de rapprochement combinés des rondelles électrodes peuvent être obtenus à l'aide de toute espèce de système mécanique, je me bornerai à indiquer dans mon dessin un de ces dispositifs, afin de faire comprendre comment la rotation et le rapprochement combinés peuvent s'opérer.

H Je me réserve de purifier la matière carburée formant les électrodes émetteurs de la lumière par des immersioDS plus ou moins prolongées dans toute espèce d'acides et

otamment d'abord dans les acides nitrique et muriatique lélangés et ensuite dans l'acide fluorique. »

Cette disposition est très intéressante, en ce sens qu'elle ermet de fonctionner de vingt à trente heures sans toucher

la lampe, mais elle donne une lumière moins intense, à galité de courant, que celle qu'on obtient avec deux tiges erticales de charbon.

Régulateur Harrison. — M. Harrison a combiné plusieurs systèmes de lampes électriques. L'une d'elles doit être comprise dans la classe des appareils à électrodes circulaires, bien qu'elle ne possède qu'une seule électrode de cette forme. Nous représentons celte lampe (figure 4) telle qu'elle a été brevetée en Angleterre, le 28 février 1857. L'électrode supérieure est un simple charbon rond en communication avec le pôle négatif de la pile ou de la machine magnéto-électrique. L'électrode positive est un cylindre en charbon d'une assez grande longueur, monté sur un tube métallique taraudé «l reposant, à son tour, sur une vis horizontale destinée à faire avancer le charbon au fur et à mesure de son usure. Le cylindre en charbon s'use donc en tournant et en avançant, exactement comme une vis, ce qui permet de lui donner des dimensions restreintes tout en lui assurant une trèslongue durée.

Le charbon négatif, qu'on peut employer d'assez grande longueur, puisque son contact est toujours sensiblement à égale distance du point lumineux, est fixé dans une douille cylindrique qui lui sert de moteur. La douille est maintenue Jolidaire de l'armature de l'électro- aimant au moyen d'une îorde dont l'extrémité inférieure est attachée à une tige îarrée à faces taillées comme le sont les limes. Une petite )ince, ou fourchette oscillante, vient serrer contre les tailles le cette tige et la force à descendre dès que le courant que traverse l'électro-aimant, est assez puissant pour attirer son armature presqu'en contact. C est ce qui produit le recul et

par suite l'arc voUaïque. Les mouvements, rotatif et longitudinal du cylindre positif, sont donnés au moyen d'un mouveiiipnt d'horlogerie qui se trouve embrayé par réleclro-aimant des que le courant est interrompu.

La disposition qui consiste â rendre les porte-cravons supérieurs complètement indépendants de l'électro-aimatit, tant qu'il n'est pas nécessaire de les arrêter ou de les

remonter, est frès-remarquablo, et nous croyons que, pour les éclairages par réflexion du plafond, la lampe Harrison bien étudiée donnerait une bonne solution, surtout lorsqu'il s'agirait de fonctionner toutes les nuits.

Le brevet dont nous parlons renferme également une ' deuxième combinaison, dans laquelle le cylindre en charbol» est remplacé par un disque de grand diamètre et de faible épaisseur, sans autre modification essentielle dans la construction.

Régulateur Reynier. — En 1877, M. Reynier a repris le problème des lampes à doubles disques, et a réalisé un appareil un peu compliqué mais très-ingénieux dont nous dirons quelques mots ^ :

Dans cet appareil, les disques de charbon sont portés par deux systèmes de leviers articulés, isolés Tun de l'autre et terminés par deux mécanismes d'horlogerie indépendants sur lesquels sont fixés les disques. L'un de ces mécanismes est fixé dans une position déterminée qui est telle que les disques de charbon se présentent, l'un par rapport à l'autre, sous un angle aigu quand ils arrivent au contact. L'autre mécanisme d'horlogerie est articulé et relié par un système de leviers à une tige moitié fer et moitié cuivre, enfoncée dans un solénoide qui constitue ainsi l'organe régulateur. Sous l'influence du courant, cette tige pénètre plus ou moins dans le solénoïde, et, après avoir éloigné les disques pour faire naître l'arc voltaïque, elle maintient cet écart dans des conditions convenables.

Pendant que le solénoïde régularise la lumière, les mouvements d'horlogerie font tourner lentement les disques qui présentent successivement tous les points de leurs circonférences au foyer lumineux.

Ce régulateur a été essayé, pendant plusieurs mois, à la gare du Nord de Paris, où il a donné d'assez bons résultats.

2* Régulateurs a charbons obuques. — Régulateur Staite. — En 1846, M. Williams Edwards Staite, de Londres, se fil breveter pour plusieurs dispositions originales dont Tune est représentée figure 5. Les deux électrodes de charbon sont renfermées dans des petites gaines et se rencontrent obliquement sur une substance résistant à la chaleur et non conductrice de l'électricité. Des ressorts ramènent les pointes à leur place au fur et à mesure qu'elles

1. La descriptioo complète, par M. du Moocel et les dessins de cet appareil se troavent dans le bulletin de février 1879 (Société d'encouragemeot).

s'usent. Au moyen d'une coulisse et d'une vis placées à la partie inférieure du bâti, on peut à volonté augmenter ou raccourcir l'écart des charbons et par conséquent faire varier la longueur de l'arc voltaïque.

Régulateur Rey nier. — En 1875, M. Reynier fit un régulateur à crayons obliques , dont le rapprochement était basé sur la diminution de poids éprouvée par l'électrode positive

Fio. 5. Régulateur Staite.

au fur et à mesure de sa combustion. L'appareil était aussi simple que sensible ; malheureusement il ne produisait pa^ d'écart, et il offrait certaines difficultés pratiques de con-^ siruction qui ont fait renoncer à son usage avant même que rétude ait pu corriger ceux de ses défauts auxquels il était facile de remédier.

Régulateur Rapieff. — La lampe Rapieff, que nous représentons figure 6 en perspective, est d'invention toute récente; elle ne date, en effet, que de 1878.

Cette lampe se compose de deux crayons supérieurs a a' formant entre eux un angle aigu dont le sommet est placé au pôle positif du foyer lumineux ; de deux crayons inférieurs h h disposés comme les premiers et ayant leurs pointes conligués en opposition de celles a a ; de deux porte-crayons dd\ d'un contre-poids W, de deux supports S S', d'une corde h et de plusieurs organes accessoires dont nous ferons mention tout à l'heure.

Les crayons sont emmanchés Tun après l'autre dans les pièces d d' ; ils sont préalablement taillés en biseau sur deux centimètres de longueur environ, pour former une pointe assez fine à leur jonction. Leur position oblique leur est assurée par des galets en cuivre qui servent en même temps de contacts entre les crayons et les organes métalliques de la lampe; de telle sorte que, quelle que soit la longueur des crayons, il n'y en a qu'une faible partie comprise dans le circuit de l'arc voltaïque. Il est inutile d'ajouter qu'un des supports et un des groupes de crayons sont complètement isolés du reste du mécanisme (dans notre croquis, c'est la tige S' et le porte-charbon du pôle positif qui sont isolés).

Le diamètre des crayons est d'environ 8 millimètres ; leur longueur atteint 0",50. Ils sont généralement de la fabrication de M. Carré, à Paris. Quatre cordes sont attachées d'une part aux extrémités libres des quatre crayons, et d'autre part au contre-poids W, par l'intermédiaire de plusieurs douilles et de plusieurs poulies de renvoi. Le contre-poids W a pour objet de ramener sans cesse les deux groupes de crayons en contact. Un électro-aimant placé dans le socle de la lampe agit sur une tringle placée à l'intérieur du support S, pour écarter de quelques millimètres les porte-crayons d d^ dès que le courant traverse l'appareil. Une vis placée entre la corde h et la poulie / permet de régler à volonté la hauteur du point lumineux.

Lorsque la lampe fonctionne, les charbons s'usent, mais sollicités par le contre-poids W, ils conservent invariablement leur position dans l'espace. C'est là le point caractéristique de l'invention ; nous devons donc insister un peu sur sa nature et ses conséquences.

En examinant, par exemple, le groupe des charbons coniigus inférieurs, poussés l'un contre l'autre par un contrepoids commun ou par des ressorts placés sous chaque charbon, on se rend bien compte que si, par une combustion quelconque, directe comme dans l'arc voltaïque, ou indirecte comme avec un chalumeau à gaz, les charbons viennent à s'user, ils tendront à se séparer, puisque leur contact se consumera et que, devenus libres, ils obéiront à l'action motrice des ressorts ou du contre-poids et s'élèveront; mais l'un des crayons arrêtera l'autre et réciproquement, et grâce aux galets qui les maintiennent dans une position oblique invariable, leur pointe ne changera jamais de place. Ce qui a lieu pour les crayons du bas a également lieu pour ceux du haut, et ces deux actions sont indépendantes lune de l'autre, c'est-à-dire que les crayons du bas peuvent se consumer beaucoup plus vite que ceux du haut sans que les positions réelles des pointes changent dans l'espace et sans, par conséquent, que la longueur de l'arc voltaïque varie.

La lampe Rapieff peut donc fonctionner indifféremment avec des courants continus ou avec des courants alternatifs, ce qui lui constitue un avantage réel sur la plupart des appareils similaires. Elle se rallume d'elle-même en cas d'extinction; elle permet de diviser la lumière électrique en autant de foyers qu'en peut donner la tension du courant électrique dont on dispose. Sa lumière est fixe, son installation facile, son prix de revient relativement faible. Nous n'avons à critiquer que l'emploi de galets de faible diamètre pour les contacts électriques et de ficelles pour le

rapprochement des charbons. L'appareil est très-élégant, très-bien construit, mais il est réellement moins pratique que la bougie Jablochkoff qu'il vise à remplacer. Nous ajoutons même qu'il existe des régulateurs à mouvement d'horlogerie sensiblement plus simples que lui.

Qu'on nous permette une réflexion à ce sujet.

En général, on ne se rend pas bien compte de ce qui est simple, de ce qui est compliqué dans le domaine de l'industrie. On considère un mouvement d'horlogerie comme le nec plus ultra de la complication et une série de poulies et de ficelles comme le comble de la simplicité. C'est là une profonde erreur. Un appareil n'est réellement simple qu'autant qu'il n'est susceptible d'aucun dérangement ni d'aucun entretien, et il est toujours trop compliqué s'il possède des organes qui s'usent vite ou qui peuvent s'altérer par le frottement ou même par les variations de la température. 11 est peu d'objets aussi simples et aussi pratiques qu'une montre malgré la quantité de pièces qui la composent, et il est trèsdifficile de se procurer une bonne serrure malgré son mécanisme élémentaire.

Nous avons eu l'occasion de voir fonctionner seize lampes Rapiefl^dans les bureaux du Times à Londres, et nous avons constaté qu'elles marchaient sept heures consécutives avec les mêmes charbons ; que la lumière de chaque lampe était sensiblement égale à celle d'une bougie Jablochkofi*, qu'on pouvait, à volonté, éteindre un certain nombre de lumières sans influer sur les autres, et remplacer un à un les quatre crayons sans extinction de lumière.

M. Rapieff^est très-ardent dans ses recherches ; il travaille beaucoup, possède une foule d'appareils de son invention, et son imagination lui fait rarement défaut lorsqu'une difficulté scientifique surgit ; nous lui souhaitons seulement le concours d'un praticien habile qui supprime les organes délicats, et, si possible, les ficelles qui déparent un peu son ingé-

nieuse conception et la condamnent, selon nous, à un nombre fort limité d'applications.

Depuis quelques mois, M. Rapieffa imaginé un régulateur composé de trois charbons au lieu de quatre, mais, malgré des détails de construction très-perfectionnés, si on les compare à la preihière combinaison, cet appareil ne nous parait pas encore pratique

3* Régulateurs a électrodes de mercure. — Régulateur Way, — Le régulateur inventé en 1856 par le professeur anglais Way reposait sur un principe essentiellement différent des précédents . Dans cet appareil, les charbons étaient remplacés par un mince filet de mercure sortant d'un petit entonnoir et reçu dans une cuvette en fer renfermant aussi du mercure.

Les deux pôles du générateur électrique étaient mis en communication Tun avec Tentonnoir, l'autre avec la cuvette, et il se produisait entre les globules successifs de la veine discontinue une série d'arcs voltaïques, comme il s'en produit entre les pointes de charbons, et Ton obtenait ainsi un foyer éclatant assez régulier. La veine liquide lumineuse était placée au sein d'un manchon de verre d'assez petit diamètre pour s'échauffer de manière à ne pas condenser la vapeur de mercure sur ses parois ; et comme la combustion se faisait hors du contact de l'oxygène, le mercure n'était pas oxydé.

M. Way a modifié cette première disposition et a obtenu une meilleure lumière en employant: 1** deux électrodes à écoulement au lieu d'une, telles que deux courants de mercure reliés chacun avec un des pôles de la pile et sortant de deux jets en terre de pipe ; ces courants se rencontraient en un point et s'écoulaient en gouttes ; T en formant et brisant très-rapidemennt le courant électrique continuellement au moyen d'un petit moteur mu par la pile et actionnant une pompe à mercure.

Malgré toutes les précautions prises, l'appareil laissait échapper des vapeurs raercurielles très-dangereuses qui finirent par tuer l'inventeur, La lumière produite par ce moyen n'était d'ailleurs pas trop intense ; elle n'atteignait guère que le tiers de celle engendrée avec le même courant électrique entre deux pointes de charbon.

Itégulatew Ilarrisou. — Dans le même ordre d'idées, M. Harrison a combiné, en 18îi8, divers appareils. L'un, composé d'un charbon inférieur sur lequel s'écoulait un mince filet de mercure ; avec cette combinaison spéciale que le charbon était successivement élevé en flottant sur le trop plein du mercure formant l'électrode supérieure. Dans une autre disposition, le filet de mercure s'écoulait sur un baîn de même liquide à niveau constant . Le jet de mercure était réglé par une soupape qu'actionnait un électro-aimant placé dans le circuit. Les réservoirs portant les électrodes ainsi que les ajutages des brûleurs étaient construits eu graphite pulvérisé et en silice par égales proportions. Le foyer lumineux était protégé par un verre cylindrique. M. Harrison empêchait la condensation des vapeurs mercurielles sur le verre en faisant descendre automaliquement, contre les parois, une petite quantité d'eau distillée.

Le brevel que nous analysons renferme plusieurs autres détails intéressants dont la description nous enirainerait trop loin ; nous n'avons voulu que signaler un appareil ingénieux et non en conseiller l'usage.

4° Appareils réglés a écoulement d'un flulde. — Sijslème Lacassayne et T/iiers. — La construction de cet appareil, que nous représentons fig. 7 est un peu primitive, sa forme un peu monumentale, mais son principe est excelleal et son fonctionnement légulier. C'est, à proprement parler, un appareil élémentaire qui peut servir de point de départ à de nouvelles études, mais qu'il est impossible d'eniployw pratiquement avec les machines magnéto-électriques.

RÉGULA^TEURS ÉLECTRIQUES 29

Ceci dit, afin qu'on ne se méprenne pas sur sa valeur industrielle, nous allons en faire comprendre le mécanisme.

Le porte-charbon supérieur G est fixé à l'extrémité d'une potence horizontale, laquelle coulisse à l'extrémité d'une tige H, pour régler la position de l'arc au point de départ.

La tige H est taillée en crémaillère sur une grande partie de sa longueur dans le but d'amener au foyer, au fur et à mesure de l'usure des crayons, un réflecteur parabolique. Ce dernier étant muni d'un petit mouvement à manivelle et d'un pignon engrenant avec la crémaillère.

Le porte-charbon inférieur F, est placé à l'extrémité d'une tige en fer munie d'un piston fonctionnant dans le cylindre également en fer B.

Un réservoir A, qu'on peut fixer à une hauteur quelconque sur le prolongement de la tige H, est rempli de mercure.

Une palette reposant sur le fer doux d'un électro-aimant C, est sollicitée d'une part, par cet électro et d'autre part, par un second électro-aimant D. Celte palette agit, par l'intermédiaire d'un levier, sur le tuyau en caoutchouc qui relie le réservoir A au cylindre B et en aplatissant plus ou moins ce tuyau, détermine un écoulement plus ou moins rapide de mercure d'une capacité dans l'autre.

La vis K actionne un double jeu d'engrenages, lequel élève ou abaisse l'électro-aimant D pour augmenter ou diminuer son influence sur la palette régulatrice.

Lorsque les crayons sont en place et que le courant électrique traverse la lampe, il suffit d'ouvrir le robinet M pour assurer à l'arc voltaique une longueur constante.

L'éleclro-aimant C est en communication avec le courant principal qui passe par l'arc. Au contraire, l'électro-aimant D est placé sur une dérivation qui ne traverse pas l'appareil ; et, pour ne donner qu'une très-faible intensité à cette dérivation, on intercale dans son circuit une très-grande résis-

lance en verre

ÉCLAIRAGE A L'ÉLECtRICITE E en fil de fer Irès-fin enroulé sur deux cylindres creui

FiQ. '■ Régulateur Licassigne et Thic:

L'élccfro-aimant C est établi uniquement au lieu et place des ressorts antagonistes qu'on rencontre dans presque tous les autres régulateurs électriques.

Au début de Tallumage du foyer lumineux, Télectroaimant C étant très-puissanl, le caoutchouc est complètement comprimé et le mercure ne s'écoule pas. Mais dès que l'arc atteint une certaine longueur, le courant principal devient plus faible et la palette est attirée du côté de Télectro de dérivation, ce qui détermine immédiatement un orifice d'écoulement au mercure : le piston se lève alors, le crayon inférieur monte et l'électro-aimant C reprend toute sa puissance primitive.

Après cinq heures de marche, les charbons étant complètement usés, on garnit les porte-charbons, on vide le cylindre B dans une petite tasse de fer, par le robinet J, et on remplit de nouveau le réservoir A, dont le couvercle se place et se déplace facilement.

Il faut prendre certaines précautions pour transvaser le mercure du cylindre au réservoir, cependant Topération peut s'effectuer plusieurs mois sans qu'il soit nécessaire d'ajouter une nouvelle quantité de mercure.

Les inconvénients du régulateur Lacassagne et Thiers sont nombreux, mais ils pourraient être atténués par une étude approfondie : l'appareil mesure l^SO de hauteur, son prix est relativement très-élevé, le point lumineux se déplace sans cesse, enfin le recul doit se faire à la main, après chaque extinction. Ses avantages peuvent se résumer en deux points : simplicité de mécanisme et grande sensibilité dans le fonctionnement.

Cette sensibilité est telle, que l'armature chargée de livrer passage au mercure, au lieu de se mouvoir par saccades, prend presque instantanément une position fixe qu'elle conserve jusqu'à l'usure complète des charbons, de manière à laisser passer un filet de mercure constant, et à rapprocher continuellement les électrodes.

De 1855 à 1859, MM. Lacassagne et Thiers firent de nombreux éclairages à Paris et à Lyon ; mais bien que le

32 ÉCLAIRAOE A. L'ÉLECTRTCITÈ

régulaleur fonctionnai régulièrement, ils n'eurent qu'un succès de curiosité. Ce résultat, plutôt négatif que favorable, tient à plusieurs causes : d'abord l'emploi des piles comme générateur du courant électrique'esl fertile en inconvénients, puis la nécessité de remettre à chaque instant le foyer du réflecteur en coïncidence avec l'arc vollaïque. iMalgré cela, ces expériences firent grand bruit, et nous avons sous les yeux tout un volume consacré à leur éloge. Nous en détachons les lignes suivantes, qui parurent dans ta Gazette de France le !j juillet I8î>y, il y a plus de 53 ans :

« Hier, les promeneurs qui se trouvaient, à neuf heures du soir, dans les environs du Chàteau-Beaujon, ont été tout à coup inondés d'une lumière aussi puissante que celle du soleil. En effet, on eût dit que le soleil venait de se lever, et telle était Fillusion, que des oiseaux, surpris dans leur sommeil, ont voltigé devant ce jour arliliciel. 1-e foyer lumineux partait de la terrasse du Château-Beaujon, où MM. Lacassagne et Thiers, chimistes lyonnais, démontraient devant une société d'élite, réunie chez M. Théodore Gudin, les avantages de la lumière électrique sortie des langes de la théorie, et abordant franchement le domaine du fait accompli. L'expérience a été complète.

« La puissance du foyer lumineux embrassant une vaste surface était si fulgurante, que les dames conviées à l'expérience ont ouvert leurs ombrelles, non pour faire une galanterie aux innovateurs, mais pour se garantir contre les ardeurs de ce mystérieux et nouveau soleil. »

Ces dernières lignes contiennnent, en réalité, une des critiques les plus jutâtes qu'on ait jamais adressées à la lumière électrique ; les rayons projetés par un réflecleur éblouissent tellement, en effet, que si l'on n'avait pas réussi à faire de l'éclairage électrique sans réflecteur jamais l'usage ne s'en fui répandu dans les manufactures.

La puissance du foyer, qu'on comparait alors à un mys-

REGULATEURS ÉLECTRIQUES :j3

térieux soleil, n'élaîl d'ailleurs que de 60 à 80 becs carcel. Qu'aurait donc dil la Gazette de France si la lampe Lacassagne et Thiers eût brillé d'un éclat égal à i,oO() becs, comme brille aujourd'hui la lampe Serrîn alimentée par une seule machine Gramme?

Beaucoup de chercheurs ont repris l'élude d'un appareil réglé parPécoulemenl d'un lluido : M. Saulter a cherché la

solution avec de l'air, M. Chrétien avec do l'huile, etc., etc. .lusqu'à présent nouf> ne connaissons aucun régulateur pratique basé sur ce principe.

5° Appareils A ÉLECTRODES PLATES. — Système \Val/aceFar~ : — Le régulateur Wallace Farmer (fig. 8) se compose de dcus plaques de charbon. L'une, colle du bas, est fi\e, l'autre, celle du dessus, portée par l'armature d'un petit élec- Iro-aimant renfermé dans la boite A. Ces deux plaques sont reliées chacune avec l'un des pôles de la source électrique

Hiiqut mker.

et elles se touchent quand il ne passe aucun courant dans le circuit. Dès que le courant vient à passer, rélectro-aimanl soulève le charbon supérieur et l'arc jaillit. Le foyer s'avance successivement d'un bord à l'autre, puis les plaques retombent un peu et la lumière reprend le chemin inverse. Ainsi de suite jusqu'à usure complète des plaques de charbon. S'il était possible de faire des piaques rigoureusement parallèles le courant ferait naître un arc sur toute leur longueur mais cela est malériellement impossible ; il y a toujours un point de plus faible résistance où commence l'arc. Les charbons durent jusqu'à 100 heures. Ce régulateur est comme on le voit, d'une extrême simplicité et il permet de diviser les courants continus, mais il est d'un faible rendement lumineux et difficile à installer dans une lanterne ou sous un globe.

6° Régulateurs équilibrés a solénoïdes. — Système Archereau. — M. Archereau peut avec raison être considéré comme l'un des promoteurs de la lumière électrique, car, il y a plus de 30 ans qu'il s'est occupé de la question et il a imaginé un régulateur qui a servi de base à de nombreuses combinaisons. Ce régulateur (fig. 9) est le plus simple de tous. 11 se compose d'une bobine creuse en cuivre recouverte d'un fil isolé, d'un montant vertical, de deux portecharbons et d'un contre-poids. Le charbon supérieur est porté par une tige qui peut glisser et tourner à l'extrémité d'une traverse horizontale de cuivre, isolée et en communication avec le conducteur négatif du courant électrique. Le charbon inférieur repose sur un cylindre moitié en cuivre, moitié en fer, qui peut monter ou descendre dans la bobine creuse. Le conducteur positif est attaché à l'une des extrémités du fil de la bobine et l'autre extrémité de ce fil est fixée au cylindre intérieur de ladite bobine. Le charbon inférieur se trouve en communication directe avec le pôle positif, parce que le cylindre qui le porte touche toujours en

plusieurs poinU à l'àme de la bobine. Un contre-poids équilibre le porte-charbon inférieur, de manière que le mouvement de celui-ci puisse s'effectuer de bas en haut ou de haut en bas, avec un effort insignifiant. (Il suffit pour détruire l'équilibre de vaincre le frottement du cylindre contre la paroi intérieure de la bobine.)

La partie supérieure du cylindre est en fer, la partie inférieure en cuivre. Quand le courant passe dans le fil extérieur,

Fm. 9. Régulateur Arcberei

'l se produit une action magnétique qui fait descendre le *ïylindre dans la bobine, et dès que le courant est iriter- '"Ompu, l'action du contre-poids relève le cylindre.

Pour mettre l'appareil en activité, il suffit d'amener le charbon supérieur au contact de l'autre , puis d'éloigner 'égèrement le premier ; l'arc voltaïque jaillit, le cylindre f^ste fixe dans la bobine et le contre-poids est immobile. Cette situation persiste tant que l'écart des charbons n'est \»as trop grand ; mais il arrive un moment où l'arc vollaïque dépasse une longueur déterminée et où le courant

est (rop faible pour faire résister le cylindre à l'aelion du oonlre-poids. A ce moment, le cylindre inférieur remonte, puis le courant reprend sa puissance et arrête le cylindre jusqu'à ce qu'une nouvelle usure provoque un nouveau mouvement du charbon inférieur. C'est une simple queslioii d'équilibre à réaliser par une bonne proportion dans les organes et par la détermination exacte de la position relative de chacun d'eux. |

flégulafeur Gaiffe. — Le régulateur combiné par .M. Gaiffe est représenté figure 10'. La légende suivante fera comprendre le rôle et le fonctionnement de chaque organe.

AÏICD est une cage cylindrique renfermant tout le mécanisme. Elle se compose d'une platine circulaire AB, reliée à une embase ou pied tronc-conique CD par quatre tiges ou odoimettes verticales. Une enveloppe F, qui s'enlève par le haut, préserve le tout et se fi.xe à la platine AB, au moyen de deux vis G placées aux extrémités d'un même diamètre .

H, porte-charbon supérieur formé de doux coquilles entre lesquelles on pince le crayon de graphite. H', porte-charbon inférieur, disposé comme le précédent.

I, lige cylindrique en cuivre, commandant le porte-charbon H, et se mouvant dans l'intérieur d'une colonne creuse J, lixée verticalement sur la platine AB. Cette tige est terminée à la partie inférieure par une crémaillère, munie d'un retour d'équerre destiné à limiter la course ascendante.

K, tige en fer doux, armée d'une crémaillère et commandant le porte-charbon II'. Cette tige est de forme prismatique (juadrangulaire, et descend verticalement dans rintérieur de la bobine /.

I. Nous empruntons celle Sgure et la de^criplion du régulateur Gaiffe à l'excellent ouvrage do M. Louis Figuier, les Mervi-iiks de la scifiive, Purae, Jouvtit et C'°, édilours, I, IV, p. 225. Les ligures 2 et 17 sont également eitiprunl^ps au mCmo ouvrage.

/, bobine à axe vertical, portant un fil de cuivre roulé en spirale. Lorsque le circuit électrique est fermé, elle agit sur la tige K, qui descend alors en vertu de l'attraction à laquelle elle est soumise.

0, deux roues dentées, tournant librement sur l'axe N et isolées Tune de l'autre par une rondelle d'ivoire. Les diamètres des roues sont dans le rapport de 2 à 1 . La plus grande engrenant avec la crémaillère de la tige I, dont elle commande le mouvement, et la plus petite engrenant avec la crémaillère de la tige K, il s'ensuit que lorsque la tige K s'élève ou s'abaisse d'une certaine quantité, la tige I s'abaisse ou s'élève d'une quantité double. Cette disposition est nécessitée par l'usure inégale des deux charbons qui se fait, avec la pile, dans la proportion de 2 à 1 ,

Un barillet, solidaire des roues 0, contient un ressort de pendule, dont l'une des extrémités est fixée au barillet luimême et l'autre à l'axe N ; le ressort, agissant sur le barillet et par conséquent sur les roues dentées, tend constamment à faire rapprocher les tiges I, K, et par suite, les charbons.

N, axe d'acier, sur lequel les roues et le barillet sont librement montés. Cet axe est serré entre les coussinets, qui permettent cependant de le faire tourner sur lui-même pour régler la tension du ressort du barillet ; pour cela, on n'a qu'à agir au moyen d'une clef sur son extrémité libre, qui est faite comme un carré de remontoir.

Une embase circulaire recouvre la bobine /. Sur cette bobine, qui est percée au- centre pour laisser passer la tige K, sont montées les pièces principales du mécanisme. Les pignons R sont montés sur un axe parallèle à Taxe N, et ils peuvent se déplacer parallèlement à eux-mêmes pour venir commander les roues 0, et par conséquent agir sur les tiges 1, K, pour abaisser ou élever à volonté et simultanément les deux charbons dans les expériences d'optique où il est

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important de centrer le point lumineux sans interrompre la fonction de l'appareil.

Une clef à trou carré se place sur Taxe N, ou sur Taxe des pignons R, lorsqu'on veut agir sur le ressort du barillet, ou lorsqu'on veut mettre les pignons en prise avec les roues 0.

Un ressort à boudin placé sur l'axe des pignons R sert à repousser ces pignons hors de prise, lorsqu'on n'agit plus sur eux.

Des galets servent à guider les tiges I, K, et rendent leur mouvement très-doux.

V est une pince à genouillère, permettant d'agir directement sur le porte-charbon H, de manière à mettre les deux pointes de charbon bien exactement en face l'une de l'autre.

N est la borne pour le fil négatif du courant électrique. P est la borne pour le fil positif du courant électrique. X est une tige verticale qui conduit le courant de la borne P à la colonne J.

Y est un galet pénétrant par une ouverture dans la colonne J, et maintenu constamment en contact avec la tige I au moyen d'un ressort, de manière à assurer la communication entre cette colonne et cette tige.

Les bornes N, P, la tige X et la colonne J sont isolées au moyen de rondelles en caoutchouc.

Voici comment marche le courant dans ces différentes pièces :

Entrant par la borne P, il suit le chemin XJIVHH'K, passe dans la bobine / et sort par la borne N. Quand il ne circule pas, les deux charbons sont maintenus l'un contre l'autre par l'action du ressort du barillet ; mais aussitôt que le circuit électrique est fermé, la bobine attire la tige K, dont le mouvement, combiné avec celui de l'autre tige J, détermine l'écart du charbon et la production de l'arc voltaïque .

Pour que ces phénomènes se produisent, il faut que la force attractive de la bobine l'emporte un peu sur l'action du

ressort anlagonisle du barillet, ce que l'on obtient en tendant plus ou moins celui-ci.

Lorsque le ressort est trop tendu, les deux charbons restent serrés l'un contre l'autre ou sont trop rapprochés pour produire une lumière d'une intensité suffisante ; si, au contraire, il n'est pas assez tendu, l'action de la bobine devient trop prédominante, et par suite, l'écart des charbons étant trop grand, l'arc vollatque se rompt.

Régulateur Jaspar. — Le régulateur Jaspar est également du type Archereau, mais il est bien perfectionné et il possède une sensibilité et une sûreté de fonctionnement tout à fait exceptionnelles. Ces qualités ont été très-appréciées par le jury international de l'Exposition de 1878 et ont valu à son inventeur une médaille d"or.

La figure 1 1 représente l'appareil au moment où les crayons sont presque entièrement usés. Les lettres désignent les organes principaux.

La tige A est en communication avec le pôle positif d'une pile ou d'une machine magnéto-électrique ; elle est complélement isolée du corps de l'appareil. Celle tige est armée, à sa partie supérieure, d'un porte-charbon et, à sa partie inférieure, d'un guide glissant le longd'unecoulisse verticale, empêchant le porte-charbon de décrire un arc de cercle autour d'elle. Elle possède, comme le régulateur Serrin, deux boulons moletés qui permettent de donner au charbon supérieur une position rigoureusement en rapport avec le charbon inférieur et de remplacer les charbons lorsqu'ils sont totalement usés. Une petite corde est attachée au guide et à la jante d'une poulie de transmission et sert à relier les mouvements des deux porte-charbons.

La tige B, en communication avec l'ensemble de l'appareil et avec le pôle négatif du générateur d'électricité, soutient le porte-charbon inférieur et pénètre en bas dans un solénoide C. Celle tige est en fer. Elle est attachée par une

petite corde, laquelle est fixée sur la jante d'une poulie faisant corps avec la première et ayant un diamètre moitié moindre ; de sorte qu'au fur et à mesure de la descente de la tige A, la tige B remonte d'une quantité égale à la moitié de la descente.

Près du solénoïde C, en communication avec le courant, se trouve un cylindre!) rempli de mercure, dans lequel se meut un piston ayant un peu de jeu latéralement. Ce piston est relié, par une tringle L, à la tige B.

Un contre-poids F coulisse sur un levier horizontal attaché par une corde à une troisième poulie faisant corps avec les deux premières. Un bouton K, placé extérieurement, permet de rapprocher ou d'éloigner le poids F suivant qu'on veut diminuer ou augmenter son action.

Un autre contre-poids E est fixé entre les bras de la première poulie et a pour but de régulariser l'action du solénoïde sur la tige en fer qui le pénètre.

Le régulateur Jaspar possède en outre une série de pièces accessoires pour embrayer le mouvement des tiges, attacher les fils conducteurs, supporter l'ensemble du mécanisme, etc., et une boîte vernie enveloppant le tout pour préserver les organes contre la poussière des ateliers et les chocs extérieurs.

Le fonctionnement est très facile à comprendre.

Au début de l'opération on élève la tige A aussi haut que possible et on garnit les deux porte-charbons de crayons de cornue ou de crayons artificiels, en ayant soin de placer à la partie supérieure un crayon deux fois plus long que celui du bas. On ajuste bien les pointes des crayons l'une sur l'autre, puis on fait passer un courant électrique à travers l'appareil.

L'action du solénoïde se fait immédiatement sentir sur la tige inférieure, celle-ci s'abaisse de quelques millimètres et l'arc voltaïque jaillit entre les pointes de charbon sans

mener aucune des oscillations fâcheuses qu'on remarque ans la plupart des autres régulateurs. Les tiges se trouvent insi embrayées tant que le solénoïde retient son armature î ntérieure.

Lorsque Tare voltaïque dépasse une longueur déterminée, le courant devient plus faible, le solénoïde perd une partie de sa puissance et les charbons, sollicités par le poids de la tîge A, se rapprochent un peu. Ce rapprochement augmente naturellement la puissance du courant et par suite celle du solénoïde qui reprend ses fonctions.

Le contre-poids F agit en sens opposé de la tige motrice A, puisqu'il tend à la relever sans cesse ; on le fait avancer sur son levier pour lui donner un effet inversement proportionnel à la puissance de la source électrique. Cela permet d 'employer un même régulateur avec des courants d'intensités diverses.

La tige L, qui plonge dans le mercure, produit deux effets

également utiles. D'abord elle empêche lout mouvement

brusque des tiges, car, le mercure ne pouvant passer qu'entre

le piston et la surface intérieure du cylindre, c'est-à-dire

par un très-petit espace annulaire, s'écoule lentement et

s'oppose à une descente ou à une montée trop rapide ; puis

^lle procure un excellent contact à la tige négative.

Le contact de la tige positive A est obtenu par le frottement contre le fourreau de cette tige ou par un petit frotteur disposé ad hoc.

Des expériences directes, d'accord d'ailleurs avec la théorie dessolénoïdes, ont démontré que l'action magnétique exercée par le solénoïde sur la tige B (à égale intensité de courant) est d'autant plus grande, que la tige est moins enfoncée dans le solénoïde ; l'appareil donnerait donc un écart entre les charbons, plus grand à la fin de la course qu'au commencement, si M. Jaspar n'eût imaginé d'établir le petit contrepoids E, et de laisser la possibilité de placer ce contre-poids

plus ou moins près du centre, suivant l'intensité du courant

de régime. C'est là le point saillant de l'invenlion.

Au début, le contre-poids E étant à gauche diminue la force de la tige motrice, et augmente, par suite, l'efiel du solénoïde. Petit à petit, le moment de ce contre-poids diminue, il devient nul au sommet et reprend une valeur, en sens inverse, pour atteindre son maximum lorsque les charbons ' sont usés.

Notre dessin représente cette dernière position. Il est facile de voir qu'en ce moment l'action de la lige A est augmentée de tout l'effet du contre-poids E, et que, si le solénoïde est devenu plus puissant, la force antagoniste est également plus grande.

L'appareil de M. Jaspar est ainsi caractérisé par trois points :

1° Cylindre à mercure empêchant les mouvements brusques des tiges, et donnant un bon contact au charbon négatif;

2° Contre-poids à action variable permettant de placer un régulateur quelconque sur un courant électrique plus ou moins intense ;

3" Contre-poids mobile réglant à chaque instant l'action du solénoïde, et conservant à l'arc voltaïque la même longueur pendant toute la durée des crayons.

L'appareil qui figurait à l'Exposition avait un aspect un peu trop rustique, et des dimensions relativement considérables; sur notre conseil, M. Jaspar a étudié de nouveau le groupement des organes, et il est parvenu à donner à son régulateur une forme plus satisfaisante et des dimensions plus réduites.

Le régulateur Jaspar est employé chez MW. Sautter Lemonnier et C'' à Paris, dans les ateliers de M. Cockerill et Seraing, dans la papeterie Denayer à Willebroeck, àla gare du Midi à Bruxelles, etc.

RÉGULATEURS ELECTRIQUES 45

Régulateur Dubos. — M. Dubos a exposé en 1878 un régulateur à solénoïde, très-simple, mais ne renfermant aucun organe pour compenser l'influence variable du solénoïde. L'appareil était équilibré au moyen d un vase en cuivre rempli de grenaille de plomb, et, il avait cela de particulier, que le solénoïde était très-long ce qui réduisait, dans une certaine mesure, les écarts de longueur d'arc, qui se produisaient invariablement entre le moment de l'allumage et celui correspondant à l'usure complète des charbons.

Ce régulateur est employé dans l'usine de MM. David, Trouillet et Adhéinar et, malgré le défaut que nous venons de signaler, on est satisfait de son service.

Régulateur Marcus. — Dans le régulateur Marcus il nVxiste pas de variations de puissance dans le solénoïde, parce que les spires qui entourent le dit solénoïde sont divisées en une série de bobines distinctes et que, grâce à un petit mécanisme très-simple, le courant no traverse qu'un nombre déterminé de spires. Au fur et à mesure que le porte-crayon inférieur descend et que par suite l'armature du solénoïde pénètre plus avant dans l'intérieur, les spires en action changent, de telle sorte que la force attractive est toujours la même. Cette solution est très ingénieuse mais elle complique trop un appareil dont la qualité primordiale doit être la simplicité.

Régulateur Brush. — Depuis quelque temps les Américains s'occupent beaucoup de créer des appareils produisant la lumière électrique. La machine Gramme et le régulateur Serrin exposés à Philadelphie en 1876 ont eu un immense succès et ont excité à un haut degré la curiosité publique et surtout l'esprit inventif des physiciens. M. Brush, parmi ces derniers, paraît avoir été le plus heureux, sinon le plus original. Les journaux de New- York nous ont appris que plusieurs de ses conceptions étaient appliquées avec un très-grand succès.

Sans partager l'enthousiasme de ses compatriotes, i avons étudié avec beaucoup d'intérêt les appareils

Ilegiilaleur Brusb.

M. Brush et nous allons d'abord décrire un de ses i lateurs ; nous parierons de sa machine dans un autre pitre.

Dana ce régulateur {flg. 12), A représente un solénoïde porté sur un plajieau isolé M ; B une tige intérieure qui traverse entièrement un manchon central et qui porte le charbon supérieur F ; C une cage contenant l'organe formant recul ; D un manchon dans lequel passe librement la tige B ; et qui pénètre dans le solénoïde ; E une colonne servant de bâti ; F une des bornes ; G une pièce d'appui pour le portecrayon inférieur ; H la base de la cage C ; L le porte-crayon inférieur ; N la 2' borne ; et S une lige filetée que l'on

Fio. 13. Réglage du régnlateur Bnub.

visse plus ou moins dans la colonne Ë, suivant la dimension iis charbons qu'on possède .

L'usage de ces divers organes se comprend à première vue; l'appareil de régularisation seul a besoin d'être déerilen détail. Nous le représentons figure 13.

Le manchon D porte un petit crochet I, lequel passe sous une rondelle en laiton E. Ladite rondelle est placée avec un certain jeu, autour de la tige B, et, sa course ascendante est limitée par la vis F qu'on règle à volonté.

Dès que le courant passe dans le solénoïde A, le fourreau D est attiré, la griffe I entraine la rondelle E. Celle-ci se lève obliquement et, par coincement, soulève à son tour la lige B, ce qui produit l'écart des charbons. Le courant devient

48 ÉCLAIRAGE A L'ÉLECTUICITÉ

immédiatement un peu moins intense, le manchon descend^ la rondelle E se remet sur son siège et la tige B est retenue en place par l'influence du solénoïde; lequel , agit sur eOe par rintermédiaire du manchon D. Deux ressorts antagonistes c c équilibrent la puissance du solénoïde sur le manchon.

Quand Tare voUaïque devient trop grand, la tige B descend par son propre poids et si elle venait à mettre en contact les deux charbons, le recul se ferait instantanément comme nous venons de l'expliquer.

M. Brush a également étudié un régulateur à suspension du même type que le précédent. Deux petites tringles latérales servaient à maintenir en place une sorte d'anneau sur lequel était fixé le porte-charbon négatif.

7*" Régulateurs a ressorts moteurs. — Système Foucault et Duboscq. — Le régulateur Foucault, exécuté et perfectionné par M. Duboscq, jouit d'une grande réputation : c'est celui que nous préférons après l'appareil de M. Serrin. Nous le représentons, en coupe longitudinale, figure 14.

L'électro-aimant est placé dans la partie inférieure de l'appareil. Comme tous les électro-aimants, il se compose d'une bobine sur laquelle est enroulé un long fil de cuivre. En parcourant ce fil, le courant aimante un cylindre en fer formant l'âme de la bobine, et celui-ci attire une plaque de même métal vissée à l'extrémité d'un levier coudé. Un ressort à boudin, parallèle à Télectro-aimant, équilibre l'attraction magnétique, de sorte que le contact ne s'opère que lorsque le courant a une énergie déterminée. Le ressort antagoniste est, comme on le voit, fixé par l'une de ses extrémités à une petite équerre oscillante qui permet de le tendre plus ou moins, et par suite de rendre la lampe plus ou moins sensible.

Au-dessus de l'électro-aimant se trouve une boite cubique renfermant un mouvement d'horlogerie actionnant, lorsqu'il

se meut, les tiges des deux porte-charbons, lesquelles sont taillées en crémaillère et engrènent avec des roues de diamètres différents, comme dans la lampe précédente. Une tige oscillante réunit l'armature à ce mécanisme d'horlogerie et vient embrayer les ailettes d'un moulinet, lequel arrête le mouvement de toutes les pièces lorsque Tare voltaïque n'est ni trop grand ni trop petit, c'est-à-dire lorsque le courant passe régulièrement dans l'appareil. Dès que l'arc a pris une trop grande longueur, par suite de l'usure des crayons, sa résistance augmente, l'armature est attirée contre Télectroaimant, la tige du débrayage oscille et laisse fonctionner le moulinet.

Dans l'appareil primitif de M. Duboscq, il fallait écarter à la main les charbons pour régler leur position et leur distance ; Foucault a ajouté un deuxième mécanisme d'horlogerie qui sert de moteur pour éloigner les charbons l'un de l'autre lorsque cela est nécessaire.

Ce mécanisme auxiliaire agit, comme le premier, sur les roues qui engrènent avec les tiges dentées des porte-charbons ; seulement son mouvement est inverse.

Il y a donc dans ce régulateur deux moteurs distincts, l'un éloignant les crayons lorsqu'ils sont trop rapprochés, l'autre rapprochant les crayons lorsqu'ils sont trop éloignés. La difficulté, qui était de réaliser l'indépendance de ces deux moteurs et de les faire agir inversement sur les mêmes roues dentées, a été levée de la manière la plus heureuse par l'emploi d'une roue à satellites. La tige qui réunit l'électroaimant aux deux mécanismes oscille à droite ou à gauche et débraye chacun des moulinets en temps utile ; lorsqu'elle est verticale, les deux moulinets sont calés et aucun mouvement ne se produit.

Les ressorts doivent, bien entendu, être montés avant chaque opération.

On peut, avec la lampe Foucault-Duboscq, exhausser ou

ibaîsser le point lumineux pendant la marche, en faisant ourner à la main une des roues dentées du barillet principal, blette opération est quelquefois nécessaire lorsqu'on fait des projections scientifiques ; dans l'éclairage industriel elle est ans utilité pratique.

En somme, cet appareil est très-ingénieusement combiné, A il possède l'avantage de pouvoir fonctionner dans toutes es positions, mais il est assez délicat, a besoin d'être réglé ;)Our chaque application spéciale, et il est un peu susceptible de dérangements. Son usage est très-répandu dans les laboratoires et dans les théâtres.

Régulateur Girouard. — Au commencement de l'année 1876, M. Girouard présenta à l'Institut une lampe électrique d'un caractère tout particulier. Contrairement aux combinaisons précédentes, la lampe en question est divisée en deux parties distinctes : l' la lampe proprement dite avec mouvement d'horlogerie pour le rapprochement et l'écartemeut des charbons ; 2* le régulateur en forme de relais, qui peut être placé très-loin de la lampe, et qui fonctionne au moyen d une petite pile portative à sulfate de mercure.

Ce système comporte donc deux appareils, reliés par deux circuits différents, donnant passage à deux courants distincts. L'un des courants est très-intense ; il émane de la machine et donne naissance à la lumière électrique après avoir passé par un électro-aimant fixé sur le relais ; l'autre, assez faible, n'a à produire que des déclanchements de mouvements d'horlogerie pour l'avancement et le recul des charbons.

La lampe contient deux mouvements d'horlogerie commandés par un barillet unique. Le dernier mobile de chacun de ces mouvements est embrayé par une détente dépendant d'un système électro-magnétique particulier, qui correspond électriquement avec deux petits contacts du relais.

Ce système peut fonctionner dans toutes les positions ; il est apte par conséquent à être appliqué dans bien des cas,

ËGLA.IKAaB A L'ELECTRICITE aux représenta lions théâtrales, aux recherches marines, à la projection des expériences de physique, etc., etc. Dans l'industrie ordinaire, il n'offre pas d'avantages suffisants pour contre-balancer la coniplicalion occasionnée par l'emploi de la pile et du mécanisme secondaire du relais.

Bégulaleur llégnard. — M. Régnard a combiné tout récemment un régulateur à ressort moteur qui peut fonctionner iO à i2 heure? sans qu'on ait hesoin de le garnir de charhons pendant la marche. A cet effet, il a filelé les charbons sur toute leur longueur et il les a placés dans des gaines cylindriques en regard l'une de l'autre en les disposant de manière à ce qu'ils ne puissent pas tourner. Le mouvement d'horlogerie actionne deux roues filetées à l'intérieur et i recevant les crayons qui, ne pouvant tourner, avancent l'un vers l'autre, les contacisêlectriques des crayons avec l'appareil se trouvent assez près l'un de l'autre ; de sorte que lesdils crayons peuvent êlre aussi longs qu'on le désire sans augmenter la résistance du circuit. Un débrayage à électroaimant règle le mouvement et complète le système. L'appareil de M. lïégnard est Irès-ingcnieux, son installation se prèle bien à la décoration d'une vaste salle; mais le fdetage des crayons en augmente le prix de revient, et, comme la consommation de crayons est la dépense principale dans l'éclairage électrique, il y a là un inconvénient des plus sérieux.

8' Règulatecr a porte-charbos positif moteur. — Système Serrin. — L'appareil que nous allons ilécrire, étant celui qui jusqu'à ce jour a reçu le plus d'applications industrielles nous entrerons, au sujet du problème à résoudre, dans des explications un peu plus étendues que précédemment.

Pour faire naître la lumière électrique, entre les deux charbons de la lampe ou régulateur, il faut d'abord amener les pointes au contact, alin que le courant électrique s'établisse ; il faut les reporter ensuite à mie petite distance l'une

de Tautre, pour que Tare électrique pufsse se développer ; enfin, il faut qu'elles se rapprochent constamment à mesure qu'elles s'usent par la combustion ou le transport électrique, de telle sorte que le foyer de lumière occupe toujours le même point de Tespace.

Le régulateur de M. Serrin satisfait à ces trois conditions. Il laisse les charbons en contact quand le courant ne circule pas ; il les écarte à distance voulue quand le courant est établi ; il les rapproche ensuite incessamment sans les laisser arriver au contact. Si, par une cause accidentelle, les charbons se brisent ou s'éloignent trop, ils sont automatiquement ramenés, après un contact d'un instant, à la distance qui doit les séparer pour que Tare voltaïque se développe dans tout son éclat.

L'appareil est représenté figure 13. Il se compose d'un électro- aimant A, d'une tige B servant de moteur, d'une lige C supportant le charbon négatif, d'une armature 1), d'un butoir E, d'une attache F, d'une vis à excentrique G, d'un support de charbon positif H, d'une entretoise fixe F, d'une entretoise à rallonge J, d'un levier de tension KL, d'un double parallélogramme MNPQ, d'un mouvement d'horlogerie 0, d'une vis de réglage inférieure R, d'une vis de réglage supérieure S, d'une vis de jonction T, d'une borne d'ivoire V, servant à arrêter le mouvement de la lampe, dune enveloppe en cuivre et d'une série de détails accessoires.

Les charbons sont fixés aa moyen de vis de pression dans deux porte-charbons. Le charbon positif est maintenu audessus du charbon négatif au moyen d'une tige cylindrique massive munie, à la partie supérieure, de deux traverses horizontales reliées au porte-charbon. La traverse ou entretoise supérieure permet, au moyen d'un bouton fileté, d'imprimer au porte-charbon un déplacement dans un plan parallèle au plan du dessin. La traverse inférieure, au

54 ÉCLAIRAGE A I/ÉLECTRICITE

moyen d'un excentrique commandé par le bouton G, déplace le charbon dans un plan vertical perpendiculaire au plan de la figure. La combinaison de ces deux mouvements, rectangulaires entre eux, donne le moyen d'amener rigoureusement en présence les deux pointes de charbon. C'est entre elles que jaillit l'arc voltaïque constamment maintenu à la hau- . leur d'une petite gorge circulaire ménagée sur la tige mas- ' sive du porte-charbon positif. I

Quant au porte-charbon négatif, placé au-dessous de j l'autre, il est introduit dans un tube creux, d'où Ton peut le retirer pour le débarrasser des fragments de charbon qui s'y I rompraient accidentellement. Une vis de pression maintient ' le charbon dans sa gaine.

Voyons maintenant comment va se produire le rapprochement des pointes et ensuite le maintien de l'écart convenable.

r Rapprochement. — La tige massive du porte-charbon positif tend à descendre verticalement sous l'action de la pesanteur. Elle est, sur sa partie inférieure, taillée en crémaillère et, pendant la descente, engrène avec une roue dentée qui communique le mouvement au système d'engrenages figuré. Sur l'arbre de la première roue dentée est calée une poulie de diamètre moitié moindre que la roue. Cette poulie suit le mouvement et le transmet, au moyen d'une chaîne à la Vaucanson, à une petite poulie de renvoi : la chaîne vient se fixer à une pièce en saillie F rattachée au tube du porte-charbon négatif. Par suite des dimensions et de la disposition de la première poulie, le porte-charbon négatif se déplace de bas en haut d'une quantité sensiblement moitié de celle dont descend le porte-charbon positif. On compense donc ainsi la différence de l'usure qui, pour le charbon négatif, est à peu près moitié de celle du charbon positif.

La descente du charbon positif est régularisée au moyen

du système d'engrenages qui se termine par un pignon commandant à la fois un régulateur à ailettes et un petit volant étoile dont nous verrons plus tard le rôle important.

Lorsqu'on veut renouveler les charbons, on soulève de bas en haut la tige massive du porte-charbon positif : cette opération entraîne la descente du tube du porte-charbon négatif sous l'influence de son propre poids, et elle ne détermine aucun mouvement des engrenages, parce qu'un encliquetage placé sur l'arbre de la seconde roue maintient le système au repos.

2* IîItablissement et maintien de l'écart convenable entre les POINTES. — Ce résultat est oblenu au moyen du double parallélogramme articulé MNPQ, de l'armature de fer doux D, et de Télectro-aimant A.

Dans le parallélogramme, le CfMé vertical MO, voisin du porte-charbon positif, est fixe ; deux côtes, MN^ PQ, peuvent s'écarter de la direction horizontale ; le troisième côté NP est vertical et les extrémités inférieures de ces côtés verticaux mobiles sont reliées par une armature en fer doux D.

L'influence de la pesanteur sur le parallélogramme articulé est contre-balancée au moyen de deux ressorts en spirale. L'un s'attache, d'une part, au côté horizontal inférieur et, d'autre part, à une saillie d'une pièce fixe ; l'autre, reUé en bas au côté vertical mobile du parallélogramme, est fixé, d'autre part, à l'extrémité d'un levier coudé F Jv, qu'une vis extérieure U permet de lever plus ou moins.

L'armature de fer doux D, placée en regard de l'électroaimant A, sera attirée par ce dernier lors de la fermeture du circuit, et l'intensité de cette attraction variera avec l'énergie du courant.

Le fil positif delà machine, serré dans une borne, est mis en communication avec la masse de l'appareil, et le courant électrique, passant du charbon supérieur (positif) au charbon inférieur (négatif), par l'arc voltaïque, va du porte-charbon

inférieur en traversant le conducteur isolé S, à l'électroaimant, et sort de l'appareil par une borne isolée, à laquelle est Gxé le fii négatif.

On voit sur le dessin que le tube du porte-charbon négatif est relié au côlé vertical mobile du parallélogramme. Celuici est soumis à deux efforts qui se contre-balancent : son poids qui tend à le faire osciller autour de l'arête fixe et les ressorts qui tendent à le relever. L'action de T électro-aimant consiste à triompher à un moment donné de la puissance des ressorls et en attirant l'armature de fer doux à faire descendre le parallélogramme. Lorsque le courant de Télectroaimant s'affaiblit, les ressorts l'emportent à leur tour et relèvent le parallélogramme.

Il est facile de se rendre compte que dans le premier cas le charbon négatif descend et qu'il remonte dans le second. En effet, le côté vertical mobile du parallélogramme porte une équerre E, dont la pointe peut, en s'abaissant, pénétrer entre les bras du moulinet, enrayer le mouvement des engrenages et par suite de la crémaillère. L'abaissement du parallélogramme engage l'équerre, tandis que le relèvement la dégage ; et, par suite, la crémaillère est arrêtée dans le premier cas, tandis qu'elle est libre de descendre dans le second en provoquant l'ascension du charbon négatif.

Le bouton R agit par le levier LK sur un ressort qui sert à régler l'appareil de la manière suivante. Lorsque la lumière jaillit entre les deux pointes de charbon, il existe un écart (un seul suivant l'intensité du courant) pour lequel le pouvoir éclairant est maximum. A cet écart correspond une position du parallélogramme oscillant relié aux actions des ressorts ^t de l'électro-aimant. En faisant varier au moyen de levier la tension du ressort et la distance de l'armature à l'électroaimant, on peut arriver promptement à fixer la position convenable du parallélogramme et à maintenir la distance des pointes dans les conditions les plus favorables.

Il nous resie maintenant à voir comment on opère dans la I pratique. |

Nous supposons que les charbons aient été placés sans que ' le courant passe encore dans l'appareil. Le mouvement de descente de la tige massive détermine le mouvement ascensionnel du charbon négatif jusqu'à ce qu'il y ait contact- A partir de ce moment, les deux tiges descendent ensemble^ mais comme la tige du porte-charbon négatif est reliée a^ côté vertical mobile du parallélogramme, elle fait abaisseriez parallélogramme, l'équerre embraye le petit moulinet et tout le mécanisme est immobilisé.

Dès que le courant est envoyé dans l'appareil, l'électroaimant devenu actif attire l'armature, entraîne le parallélogramme oscillant et par suite le charbon inférieur, dont la pointe s'écarte à une petite distance de celle du charbon supérieur : l'arc voltaïque apparaît et relie les deu-X pointes. A mesure que le courant devient moins énergique, par suite de l'usure et de l'écarlement des pointes, l'électro-aimant devient moins puissant, l'action des ressorts l'emporte, l'armature s'éloigne de l'électro-aimant, le parallélogramme oscillant remonte. Par suite de ce mouvement incessant du parallélogramme, qui tantôt descend entraîné par l'armature, tantôt remonte sous l'action des ressorts, le moulinet se trouve alternativement engagé et dégagé ; la crémaillère, par suite, passe par des alternatives de descente et d'arrêt, et le mécanisme de rapprochement fonctionne en maintenant constamment les charbons dans les limites voulues.

Le régulateur Serrin a son moteur assez puissant pour lui assurer une marche certaine, en détruisant les petites résistances anormales qui se présentent, sans que, malgré celte puissance, il puisse écraser les pointes de charbon l'une contre l'autre ou leur permettre de glisser parallèlement. Dès que la tige inférieure descend un peu, elle embraye

immédiatement le moulinet et soustrait ainsi les charbons en contact à Faction du poids de la tige supérieure. Il suffit de tendre convenablement le ressort équilibrant le portecharbon inférieur pour donner au mouvement toute la douceur qu'on désire obtenir.

L'appareil de M. Serrin a quelques imperfections, et, bien qu'elles soient légères, il est utile de les signaler.

Tous les mouvements produits par Télectro-aimant sur son armature sont directement transmis au porte-charbon inférieur, lequel oscille sans cesse lorsque les charbons contiennent des impuretés. Ces oscillations augmentent ou diminuent alternativement la longueur de Tare voltaïque, et par suite sa résistance. Le courant change alors d'intensité à chaque instant et réagit sur la machine motrice et surTélectro-aimant, lesquels multiplient les oscillations premières et donnent souvent à la lumière une instabilité très-désagréable. Ajoutons que l'appareil ne peut pas fonctionner horizontalement, ni prendre une trop forte inclinaison, que ses organes sont un peu délicats pour l'usage des ateliers de construction, et nous aurons énuméré tous ses petits inconvénients. Malgré cela, avec des charbons chimiquement purs et une source d'électricité bien constante, on peut rendre presque nulles les amplitudes de l'armature de l'électro-aimant et obtenir une lumière assez fixe.

Régulateur Lontin . — Le régulateur de M. Lontin, fig. 16, est un appareil à parallélogramme oscillant, système Serrin, qui fonctionne au moyen d'une simple dérivation du courant, laquelle dérivation ne passe pas par l'arc voltaïque.

11 semble, de prime abord, que ce changement a peu d'importance, mais en l'analysant attentivement, on se rend bientôt compte de son avantage considérable.

La palette B n'est attirée près de l'électro-aimant A que lorsque le courant, qui passe par l'arc devient faible, car alors celui de la dérivation augmente d'intensité. La lampe

est toujours embrayée, et elle ne se débraye que quand l'arc atteint une trop grande longueur, tandis que dans l'appareil Serrin ordinaire, la lampe est toujours débrayée, et elle ne s'embraye que lorsque le courant, qui passe par l'arc, est assez puissant pour attirer la palette à lui. La sensibilité est beaucoup plus grande dans le premier cas que dans le second. L'expérience a prouvé qu'avec la disposition préconisée par

M. Lontin, on pouvait mettre plusieurs régulateurs dans un même circuit. A l'Rxposition, ona placéjusqu'à douze régulateurs sur le circuit unique d'une machine à courants alternatifs. Nous avons vu des régulateurs Lontin et Régnard combinés ensemble et la solution nous a paru pratique et élégante.

Réfjulateur Cfiertemps. — L'appareil Cherfemps se compose (l'un porte-crayon supérieur dont la tige sert de moleur,

d'un mouvement d'horlogerie ayant pour objet de laisser descendre le moteur lentement et de l'embrayer facilement, d'un porte-crayon inférieur terminé par une tige en fer qui se meut dans un solénoïde et qui porte une petite palette d'embrayage.

Le charbon inférieur est fixe, de sorte que la position de l'arc voltaïque varie à chaque instant, ce qui d'ailleurs n'a aucun inconvénient en pratique.

Le solénoïde produit le recul à l'alluniage et le débrayage du volant à palette lorsque l'arc devient trop grand.

Ce régulateur se recommande surtout par son bon marché. Il fonctionne assez bien et il peut remplacer le système Serrin dans beaucoup d'applications.

Régulateur CafTé. — Nous représentons, fig. 17, un régulateur électrique breveté par M. Carré, dont voici le principe en quelques mots.

L'appareil a pour moteur, comme celui de M. Serrin, la tige du charbon positif; mais il diffère de ce dernier par le mécanisme qui modère le rapprochement des charbons et par le mode d'action du courant électrique qui règle la longueur de l'arc voltaïque.

Dans le régulateur de M. Serrin, le courant électrique actionne un électro-aimant, tandis que dans celui de M. Carré, il actionne un solénoïde d'une forme toute particulière. L'armature de ce solénoïde est en S ; elle oscille en son milieu a.utour d'un point fixe et chacune de ses extrémités pénètre <lans une bobine courbe.

L'enroulement du fil sur le solénoïde est fait de telle sorte <ïue les actions des bobines s'ajoutent et entraînent l'armature clans le même sens .

Lorsque le courant ne passe pas, l'armature rétrograde par

Veffet des deux ressorts antagonistes, un rochet dégage le

moulinet du mécanisme et les charbons arrivent au contact.

Dès que le courant traverse le solénoïde, l'armature se met

en mouvement, ses deux exirémilés pénètrent dans les bobines, et, par l'intermédiaire d'une tige et d'un rochet trèsingénieux, les tiges (lu réf^ulaleur s'écartent, laissant entre les

. Régulat-i;

pointes une distance convenable. (Cet écart est produit franchement, sans oscillation, ce qui constitue un réel avantage sur les appareils qui ont des liges suspendues et équilibrées.) Dès que l'arc vollaïtiue est devenu trop grand par suite de

Tusure des charbons, le courant diminue d'intensité et Tairmature du solénoïde, sollicitée par les ressorts antagonistes, revient à sa position première et dégage le moulinet. Les tiges se rapprochent un peu, l'armature décrit un petit arc, embraye de nouveau le mécanisme, et ainsi de suite.

L'attraction de l'armature augmente assez régulièrement en proportion directe de son engagement dans les bobines, tant que la course ne dépasse pas certaines limites.

Pour être tout à fait pratique et employé couramment dans les ateliers, dans les manufactures et sur les chantiers, il manque à cet appareil quelques perfectionnements de détail. C'est aujourd'hui un bon instrument de laboratoire, qui, avec un peu d'étude, peut devenir un bon outil industriel. Nous savons d'ailleurs que M. Carré vient de combiner un nouvel appareil plus simple et meilleur, mais encore trop nouvellement créé pour que nous puissions en parler ici.

Régulateur Hafner Allcneck. — On emploie beaucoup en Prusse le régulateur de M. Hafner Alteneck construit par la maison Siemens et Halskede Berlin. Cet appareil, dont nous donnons une vue théorique figure 18, a comme le précédent une tige motrice agissant sur une série d'engrenages. Celte tige tend à rapprocher les crayons au fur et à mesure qu'ils s'usent, tandis que le courant électrique actionnant un petit moteur électro-magnétique les écarte.

Le support supérieur, qui peut se mouvoir librement de haut en bas, est relié au porte-charbon inférieur par l'intermédiaire d'une crémaillère et d'une roue dentée.

Lorsque le rapprochement des deux pôles de charbon augmente trop l'intensité du courant, l'éleclro-aimant en fer à cheval E attire l'armature A maintenue par le ressort /, à tension variable ; ce dernier fait appuyer la tige T mobile autour de Taxe L, contre l'arrêt rf.

Lorsque l'électro-aimant, surmontant l'effort du ressort a attiré Tarmature, il s'établit un contact en c ; aussitôt le

courant cesse de traverser les fils du moteur, Tarmî reprend sa position initiale et les courants redevien directs.

Fio. 18. Régulateur Hainer Alteneck (vue théorique).

Les oscillations de la tige T communiquent, au me d'un petit cliquet Sj un mouvement de rotation à la roue

Firi, 19. Itégulateur Hulaei-AIlciieck (coupe TcrtJcitlti).

fine dentelure, qui, par l'intermédiaire d'engrenages et de crémaillères, écarte les charbons.

Un point fixe w, contre lequel vient buter lerochet, lorsque l'armature reprend sa position normale, oblige celui-ci à quitter les dents de la roue à rochel et à rendre libres les mouvements des crémaillères.

La vitesse de rapprochement des crayons est réglée par un volant à ailettes W, mis en mouvement par l'engrenage R, commandé par un cliquet qui n'est entraîné par la roue U qu'au moment où le cliquet s s'en sépare.

Lorsque ce régulateur doit servir avec un appareil à courants alternatifs, le moteur E fonctionne de la même manière, avec cette différence que les oscillations de l'armature se produisent, sans le concours du contact c, par le seul changement des pôles. Pour obtenir une hauteur constante de l'arc lumineux, la vitesse de rapprochement des charbons doit être rendue proportionnelle à leur usure, qui varie dans le rapport de 1 à 2, suivant que le courant est alternatif ou continu. Un bouton placé à l'extérieur de la lampe permet de faire engrener les crémaillères avec un même pignon ou bien avec deux roues dentées dont les diamètres sont dans le rapport de 1 à 2.

En pratique les organes sont groupés autrement que dans la vue théorique, ainsi qu'on pourra le voir dans la figure 19*.

Dans cette figure, E représente l'électro-aimant ; A, l'armature ; K, un fil du courant; L, l'autre fil; R, la crémaillère ; T, le porte-cliquets; m, w, w, /, rf. A:, c*, x, jo, les organes accessoires.

L'appareil est bien condensé et soigneusement exécuté; mais il est plutôt établi pour l'usage des laboratoires que pour les locaux industriels.

1. La figure 19 et plusieurs de celles qui suivent sont extraites du livre publié en Allemagne par le D** Schollen, directeur de Técole technique de Cologne (Realschule, I. 0.).

Régulaiettr Thomson et Houston. — On sait que lorsqu'un courant électrique traversant un conducteur de résistance considérable est interrompu, une étincelle d'extra-courant très-éclatante se forme au point de rupture.

Fio. iO. Régulateur Thomion et Hauitoa

L'étincelle dont nous parlons apparaît même avec des courants insuffisants pour produire un arc de longueur appréciable. Dans le régulateur Thomson et Houston, les deux électrodes vibrent en s'écartant et en se rappruchant l'un de l'autre de façon à se toucher à chaque vibration et à s'éloigner ensuite d'une quantité déterminée. Les vibrations se

succèdeit si rapidement (25 à 30 vibrations par seconde) que la lumière parait aussi continue que celle des régulateurs ordinaires.

En pratique les inventeurs ont trouvé suffisant de ne faire vibrer que le charbon inférieur relié au pôle négatif de la source d'électricité. Leur appareil est représenté figure 20 -

Sur un socle en bois A, sont montés : un électro-aiman*- B, un support E et une borne N. Au support E est superposé ^ la colonne F se terminant par une potence J^ Entre les pièce ^=5 E et F se trouvent placées une plaque d'isolation R et un^^ barre élastique horizontale.

La barre élastique porte à son extrémité l'armature de Téleclro-aimant. Une borne P est attachée en bas de 1 colonne F.

Le courant arrive par la borne P, passe par la colonne F, la potence J, le crayon supérieur G, le crayon inférieur H, la barre élastique le support E, Télectro-aimant A et sort par la borne N. Un fil part de la borne N et va rejoindre une petite coupe placée sur la potence J, en traversant sans les toucher le support E, la lame flexible et la colonne F.

Lorsque les charbons se touchent, la puissance de Félectroaimant atteint son maximum, l'armature G est attirée et le circuit se trouvant brisé donne naissance à une étincelle d'extra-courant. L'électro-aimant perd sa force, la lame élastique se relève et les charbons se touchant de nouveau, il se produit instantanément une nouvelle rupture et ainsi de suite. Une vis L permet de régler l'amplitude des vibrations de la barre élastique.

Le charbon positif descend ; mais bien qu'il ne soit pas retenu par un contre-poids, sa descente n'est pas assez rapide pour empêcher les ruptures de courants. La tige en fer qui porte le charbon supérieur, glisse à frottement doux dans la potence J. Dans le but d'obtenir un excellent contact les inventeurs ont eu l'ingénieuse idée de faire dans la tète de la

RÉGULATEURS ÊjLECTRIQUES 69

potence un évidement circulaire S et de le remplir en partie de mercure, après l'introduction de la tige X ; le mercure, à la seule condition d'être pur, ne mouillant pas le métal, ne tend pas à s'échapper.

Pour éviter la rupture du courant quand les électrodes sont entièrement brûlées, un bouton Z termine la tige X et vient buter au moment voulu contre le levier T, qui permet alors à deux boutons en cuivre fixés au levier articulé N de plonger dans des petits godets pleins de mercure. L'un de ces godets est réuni au pôle positif et l'autre au pôle négatif de la source électrique. Par ce moyen la lampe est retirée du circuit.

Le petit régulateur que nous venons de décrire est remarquable à plus d'un titre : nous ne l'avons pas essayé, maïs nous sommes cependant convaincu qu'il convient très-bien pour les petites lumières, dans les expériences de physique, les signaux lumineux, la pêche sous-marine, etc., etc. Dans la pratique industrielle, son usage nous parait absolument impraticable.

Régulateur Hiram Maxim. — Cet appareil que nous représentons, fig. 21, est surtout caractérisé par ce fait, que les crayons se rapprochent très-vite si le courant ne les traverse |)as et très-lentement quand le foyer est allumé. L'électro-aimant M a deux armatures ; l'une C a pour fonction de produire l'écart, l'autre E sert à embrayer et à débrayer le volant à ailettes. A est la tige positive, B la tige négative. Le mouvement du charbon positif est transmis, comme dans le régulateur Serrin, par l'intermédiaire d'une petite chaînette. Une vis D sert à régler l'écart de l'armature E. L'équilibre de Tarmature C est obtenu par un premier ressort à boudin et un deuxième ressort à air.

Lorsque l'armature C est hors d'action, le volant à ailettes des rouages tourne rapidement sans entraves, mais dès que rélectro-aimant attire ladite armature C, un levier dépendant

de l'armature empêche le volant de tourner librement. Après chaque quart de tour, ce volant est forcé de s'arrêter un instant avant de reprendre sa course, cela empêche tout rapprochement brusque des électrodes et donne à la lumière une fixité remarquable.

Régulateur Hippolyte Fontaine. — Porté par nos étud^ journalières à nous occuper de la question des régulateurs nous avons combiné un appareil spécialement destiné aur? manufactures, aux ateliers de construction et aux chantier à découvert. Nous représentons cet appareil, figure 22, e nous allons indiquer sommairement Tusagede sesprincipau organes.

Trois électro-aimants ABC, une palette oscillante D, un série de rouages et un ressort G constituent tout le mécanisme de régularisation.

L'éleclro-aimanl A est excité par une dérivation du courant principal, laquelle dérivation ne passe pas par Tare voltaïque; Télectro-aimant B est excité par une dérivation passant par Tare et Télectro-aimant C est dans le circuit complet.

L'armature de Télectro-aimant C est solidaire du portecrayon inférieur et elle est éloignée des pôles par un ressort énergique G. Ce ressort est assez puissant pour remonter la tige positive lorsque les crayons viennent à se toucher pendant la marche et qu'on interrompt le circuit au même moment.

La palette D oscille en 0, elle est terminée par une petite lame F qui embraye le volant à ailettes E, lorsque l'influence de l'électro-aimant B l'emporte sur l'influence de Télectroaimant A.

Comme on le voit, le porte-charbon inférieur n'a qu'un très-faible mouvement ; il ne se déplace pas pendant la marche. Cela occasionne, il est vrai, un abaissement successif de l'arc voltaïque, mais, en pratique, il n'y a aucun incon-

Fie. ïl. Régulateur Hiram Maiim

vénientàce changement dans la position du foyer lumineui; d'autant plus que rabaissement de lare n'est au maximum que de 0'",08.

Supposons l'appareil garni de ses charbons et mis en communication avec les deux pôles d'une source électrique. Dès que le courant passe, l'armature de l'électro-aimanlB est attirée et le mouvement embrayé, la tige négative attirée par l'électro-aimant C s'abaisse de quelques millimètres et la lumière jaillit entre les pointes de charbon.

Au moment on l'arc voltaiqué dépasse la longueur qui lui est assignée, le courant qui passe par l'arc et l'électro-aimanl B diminue d'intensité, tandis que la ;dérivationi^ qui traverse l'électro-aimant A augmente de puissance. La lame F dégage alors la roue à palettes E et les charbons se rapprochent jusqu'à ce que la puissance de Télectro-aimant A soit de nouveau primée par celle de Télectro-aimant B.

L'avantage de ce système réside dans la possibilité de faire varier, dans une certaine mesure, la force du courant et par suite la vitesse des machines magnéto-électriques, sans influencer la régularité et la puissance du foyer lumineux. Celte particularité permet même de mettre plusieurs régulateurs dans un même circuit avec des courants continus el d'obtenir une assez grande indépendance dans les effets de chaque régulateur.

Cette indépendance serait complète et le problème de la division de la lumière par courants continus entièrement résolu, si les variations dans l'intensité des électro-aimants étaient proportionnelles aux variations produites par les longueurs différentes de l'arc voltaïque sur le courant principal. Malheureusement, les électro-aimants sont surtout influencés par la quantité électrique, tandis que l'arc réagit principalement sur la tension du courant. Malgré cela, en réglant bien les appareils, nous sommes arrivé n éclairer plusieurs pièces indépendantes avec une seule machine Gramme.

Le réglage du régulateur se fait en approchant plus ou moins Télectro-aimant A de la palette D. Une vis placée sur le couvercle du mouvement sert à cet usage.

Régulateur Dornfeld. — M. Dornfeld, électricien aux aciéries de M. F. Krupp à Essen,. a combiné un régulateur dans lequel la série des engrenages ralentissant la descente da porte-charbon positif, est remplacée par une seule paire de roues dentées et un volant à ailettes tournant dans un baii^ de mercure. Une roue de friction et un petit sabot de freîï^ agencés avec un puissant solénoïde, servent à l'embrayage -: au débrayage et au recul. L'appareil n'est pas très-com^ pliqué, mais l'emploi du mercure est ici un véritable non^ sens, puisque ce liquide ne sert absolument qu'à remplace quelques pièces d'un extrême bon marché. Le frein à fric-tion est emprunté à un régulateur que M. Gramme a fait breveter en France, il y a plus de 1 5 ans.

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