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CHAPITRE IV

^^^^uettes en charbon de bois. — Charbon de cornue : ses inconvénienU. — Oharbon W. Edwards Staite. — Charbon Le Molt. — Charbon Watson et Slater. — Charbon Lacassagne et Thiers. — Charbon Curmer. — Charbon Jacquelain. —• Charbon Peyret. — Charbon Archereau. — Expériences de M. Carré : ses procédés de fabrication. — Expériences de M. Oauduin : ses procédés de Tabrication. — Essais comparatifs de diverses sortes de charbons.

Dans ses expériences sur Tare vollaïque, Davy se servait

de baguettes de charbon de bois éteint dans Teau ou dans le

mercure. Ces baguettes brûlaient avec un bel éclat et d'une

manière très-régulièrè, mais elles s'usaient si rapidement,

que leur usage était forcément réservé aux expériences de

laboratoire. En remplaçant le charbon de bois par les dépôts

recueillis sur les parois des cornues à gaz, Foucault ouvrit

réellement à l'arc voltaïque l'ère des applications utiles. Le

charbon de cornue est, en effet, beaucoup plus dense et

résiste bien plus longtemps à l'action destructive du foyer

électrique.

Mais, comme l'a fait observer avec raison M. Le Roux, le dernier mot n'est pas dit sur cette question, et le charbon <le cornue offre encore de graves inconvénients : sa compacité n'est pas uniforme, tant s'en faut ; il éclate quelquefois, s'use souvent irrégulièrement et produit des variations d'éclat assez considérables. Ces variations tiennent surtout à la pré-

sence de matières étrangères, telles que des sels alcalins m terreux, et aussi de quantités notables de silice. Ces matières sont beaucoup moins fixes que le charbon, elles entrent en vapeur et forment pour une grande partie la flamme qui entoure Tare. Cette flamme est plus conductrice que Tare voltaïque proprement dit ; en outre, comme elle a une plus grande section, elle s'échaufl'e moins que- lui, et comme, de plus, c'est un corps gazeux, son pouvoir d'irradiation est moindre que celui des particules charbonneuses qui constituent l'arc.

Hâtons-nous de dire que, tel qu'il est, en choisissant convenablement les deux baguettes qui doivent garnir un régulateur, le charbon de cornue donne des résultats satisfaisants dans la plupart des applications.

Lorsqu'on renferme l'arc voltaïque dans un globe de verre dépoli, les scintillements, les intermittences et les oscillations dans l'intensité du foyer se font beaucoup moins sentir : les ombres sont moins vives, la lumière est plus douce, plus homogène, plus agréable. Mais le globe est la cause d une perte de lumière assez considérable et toutes les fois que les petites irrégularités dues à l'imperfection du charbon sont supportables, on laisse brûler les charbons sans globe. On s'habitue d'ailleurs très-facilement à la lumière électrique et les ouvriers, loin de s'en plaindre, recherchent aujourd'hui les usines éclairées par ce procédé.

Plusieurs inventeurs ont cherché à substituer au charbon taillé directement dans les dépots recueillis sur les parois des cornues, des agglomérés analogues, mais plus purs ; d'autres ont simplement purifié les charbons des cornues ; quelquesuns ont obtenu des produits très-remarquables au point de vue de l'éclat lumineux, mais irréalisables en pratique à cause de l'exagération du prix de revient.

Parmi tous les procédés proposés et appliqués pour l'amélioration des charbons électriques , nous citerons ceux de

. Ed. Staile, Le Molt, Walson et Slater, Lacassagne et hiers, Curmer, Jacquelain, Peyrel, Arehereau, Carré et auduin.

Charbon Staite

En 1846, M. Staile fit breveter un procédé de fabrication de charbon pour lumière électrique qui avait pour base un rnélange de coke pulvérisé et de sucre.

Le coke était d'abord réduit en poudre presque impalpable et additionné d'une petite quantité de sirop, puis le mélange était malaxé, moulé et fortement comprimé. Le charbon subissait ensuite une première cuisson et était plongé dans une dissolution très-concentrée de sucre et soumis de nouveau à la chaleur blanche. Comme nous le verrons plus loin, ce procédé a servi de base à presque toutes les fabrications actuelles de charbons électriques artificiels.

Charbon Le Molt

M. Le Molt a fait breveter, en 1849, une composition pour crayons électriques, formée de 2 parties de charbon de cornue, 2 parties de charbon de bois ou de coke et 1 partie de goudron liquide. Ces substances étaient préalablement pulvérisées, tamisées, mélangées et amenées par une forte trituration à Tétat de pâte dure très-consistante, puis, à Taide d'un puissant moyen mécanique, soumises à une forte compression.

Les pièces moulées étaient recouvertes d'un enduit de sirop de sucre et placées les unes contre les autres dans un vase en charbon de cornue. Elles étaient alors soumises à une haute température pendant 20 à 30 heures et purifiées par des immersions dans des acides.

Charbon Watson et Slater

MM. Walson et Slater de Londres ont préparé, en 1851 des (îrayons électriques par le procédé suivant :

Un petit morceau de charbon bien carbonisé, choisi parmi le petit bois, et communément appelé brindilles ^ soit de hêtre ou de buis, est débité de la dimension voulue.

Le morceau est plongé dans une solution de chaux vive pendant une demi-heure ; on le retire alors, on le sèche puis on le place dans un creuset contenant du charbon de bois en poudre, et, après avoir solidement et hermétiquement enté un couvercle sur le creuset, il est exposé au rouge blanc pendant une demi-heure environ.

On le prend ensuite et on le retire du creuset après qu'il a été refroidi, et on le place dans une solution saturée d'alun; quand il a trempé pendant environ une demi-heure, on le sèche et on le soumet de nouveau au rouge-blanc comme précédemment.

On le retire de nouveau, et pendant qu'il est chaud ou le plonge dans la mélasse ou dans une épaisse solution, et on Texpose encore une fois au feu.

Si ces opérations ont élé bien conduites, il sera alors très-dur, tout à fait dépourvu de toutes traces de ligneux, formant un parfait conducteur qui brûle lentement, également et sans bruit.

Quant aux électrodes qu'on veut employer dans des régulateurs puissants, au lieu d'alun, les inventeurs préconisent un verre soluble préparé comme suit :

15 parties de quarlz pulvérisé ou de sable très-fm, parfaitement dégagées de fer, sont fondues dans un creuset avec 10 parties de potasse et une partie de charbon de bois.

Lorsque la fusion est complète, le creuset est décou-

vert, et la masse de couleur grise se retire et se traite avec de l'eau froide pour en extraire les particules étrangères de charbon et des sels combinés. Le résidu, qui alors a l'apparence d'une masse gélatineuse, esl traité avec de l'eau chaude qui le dissout entièrement.

Les électrodes y sont plongées pendant 10 minutes pendant que la solution est chaude .

Les autres opérations sont les mêmes que dans le cas précédent.

Charbon Lacassagpie et Thiers

MM. Lacassagne et Thiers, en t8o7, s'occupèrent de la purification des baguettes de charbons de cornue.

Ces messieurs faisaient fondre, par voie ignée, une certaine quantité de potasse ou de soude caustique. Lorsque leur bain était à l'état rouge, ils y faisaient digérer, pendant un quart d'heure environ, les baguettes de carbone provenant des parois intérieures des cornues (ces baguettes étaient préalablement taillées) .

Cette opération avait pour but de changer en silicate de potasse ou de soude soluble la silice contenue dans lesdits charbons, et si pernicieuse à la constance de la lumière. Les baguettes de charbon étaient ensuite lavées à l'eau bouillante, puis soumises (dans un tube de porcelaine ou de terre réfractaire chauffée au rouge), pendant plusieurs heures, à l'action d'un courant de chlore, dont la propriété était de faire passer les différentes terres que la potasse ou la soude n'avaient pas attaquées, à l'état de chlorures volatils, de silicium, de potassium, de fer, etc.

Ainsi épurés, ces charbons donnaient une lumière un peu plus régulière que précédemment, mais ils produisaient beaucoup de cendres et de flammèches.

Charbon Curmer

Le procédé Curraer consiste surtout dans la calcination de noir de fumée, de benzine et d'essence de térébenthine, le tout mélangé et moulé sous forme de cylindres ; la décomposition de ces matières laisse un charbon poreux qu'oD imbibe avec des résines ou des matières sucrées et qu'on calcine de nouveau. C'est eu répétant ces opérations que M. Curmer réussissait à produire des charbons peu denses et peu conducteurs, il est vrai, mais extrêmement réguliers et exempts de toutes impuretés.

Charbon Jacquelain

M. Jacquelain, ancien chimiste à l'École centrale, a cherché à imiter les circonstances qui, pendant la fabrication du gaz, donnent naissance au charbon de cornue. Ces circonstances so«t l'arrivée au contact des parois incandescentes des cornues de matières hydrocarburées très-denses dont une partie se volatilise, et dont le reste se décompose en laissant pour résidu une couche de charbon. Dans les cornues des usines à gaz, ces matières hydrocarburées entraînent avec elles un grand nombre d'impuretés que contient la houille. En prenant des goudrons provenant d'une véritable distillation, débarrassés, par conséquent, de toutes les impuretés non volatiles, et réalisant dans des appareils spéciaux ces conditions de décomposition au contact de parois fortement échauffées, on devait reproduire les charbons des cornue, mais jouissant d'une pureté parfaite. C'est ce qu'a fait M. Jacquelain en opérant avec un tube de terre réfractaire de 0",15 de diamètre dans un fourneau improvisé ; et il a obtenu des plaques qui, débitées en baguettes à la scie, ont donné une

lumière parfaitement tranquille, plus blanche et d'environ 25 pour 100 plus intense, à courant électrique égal, que celle donnée par les charbons ordinaires .

Les expériences faites avec ces crayons, à TAdministration des phares de Paris, avaient été si concluantes, que nous eûmes, vers le commencement de 1876, l'idée de mettre le procédé en pratique. Mais RJ. Jacquelain, consulté, nous expliqua qu'il lui était impossible de calculer : IHes dépenses à faire pour l'installation d'une fabrication continue : T le prix de revient approximatif du charbon obtenu. Comme d'autre pari le procédé de M. Gauduin commençait à donner de bons résultats, nous ne donnâmes pas de suite à notre idée. Nous savions depuis longtemps ce qu'il en coûté pour convertir un procédé de laboratoire, même très-exact, en opération industrielle, et nous ne voulions pas nous lancer dans une affaire de cette nature sans quelques données numériques.

Les charbons de M. Jacquelain, une fois formés, ont d'ailleurs l'inconvénient d'exiger un travail considérable de main-d'œuvre pour être utilisés (car la matière est si dure, qu'on ne la scie que difficilement) et de produire des déchets relativement considérables.

Charbon Peyret

M, Peyret, docteur à Lourdes, a préparé des charbons en imbibant des morceaux de moelle de sureau ou tout autre corps poreux avec du sucre fondu et en décomposant ensuite le sucre par la chaleur. En répétant l'opération un nombre de fois suffisant, il obtenait des crayons très-denses qu'il soumettait ensuite à un courant de sulfure de carbone.

Nous n'avons eu en mains que de très-petits fragments de ces crayons, et il nous a été impossible de nous rendre

bien compte de leur valeur ; leur prix élevé est en tout cas un obstacle sérieux au développement d'une fabrication industrielle.

Charbon Archereau

M. Archereau, dont le nom revient souvent à la plume lorsqu'on s'occupe de questions d'agglomérés de charbons ou d'électricité, a présenté à l'Académie des sciences en 1877, de nouvelles baguettes pour régulateurs électriques, composées de carbone aggloméré et comprimé, mêlé à de la magnésie, qui ont, d'après l'auteur, l'avantage de rendre la lumière plus stable et d'augmenter son pouvoir éclairant.

Nous avons essayé divers échantillons de ces crayons: les uns étaient de bonne qualité, les autres inférieurs aux charbons de cornue. Plusieurs crayons ont fourni une lumière de loO becs avec une usure totale de 0'°,03 à l'heure.

La fabrication des crayons Archereau a été reprise par MM. Sautteret Lemonnier, qui l'ont beaucoup perfectionnée depuis 1877.

Charbon Carré

M. Carré a fait un grand nombre d'expériences de lumière électrique sur les charbons de cornue imprégnés de divers sels et a combiné un nouveau produit pour le même usage. Quelques détails sur ses travaux sont nécessaires pour en faire comprendre l'importance et le mérite.

En imprégnant des charbons assez poreux, et par une ébullition prolongée, dans des dissolutions concentrées, M. Carré constata :

r Que la potasse et la soude doublent au moins la longueur de^l'arc voltaïque, le rendent muet, se combinent ^ la silice et l'éliminent des charbons en la faisant fluer à o ^

7 millimètres des pointes, à l'état de globules vitreux, limpides et souvent incolores; qu'elles augmentent la lumière dans le rapport de 1,25 à 1 ;

2^ Que la chaux, la magnésie et la stronliane augmentent la lumière dans la proportion de 1,40 à I, en la colorant diversement;

3"* Que le fer et Tantimoine portent Taugmentation à 1 ,60 ou 1,70;

4' Que l'acide borique augmente la durée des charbons en les enveloppant d'un enduit vitreux qui les isole de Toxygène^ mais sans augmenter la lumière ;

5' Qu'enfin Timprégnation des charbons purs et régulièrement poreux avec des dissolutions de divers corps est un naoyen commode et économique de produire leurs spectres, iiiaisqa'il est préférable de mélanger les corps simples aux charbons composés.

Pour la fabrication des crayons artificiels, M. Carré préconise une composition de coke en poudre, de noir de fumée calciné et d'un sirop spécial formé de 30 parties de sucre de canne et de 12 parties de gomme.

La formule suivante est indiquée au brevet du 15 janvier 1876:

Coke très-pur en poudre fine presque impalpable. . . 15 parties.

Noir de fumée calciné 5 —

Sirop spécial Ta 8 —

Le tout est fortement trituré et additionné de i à «) parties d'eau pour compenser les pertes par évaporalion et selon le degré de la dureté à donner à la pâte.

Le coke doit être fait avec les meilleurs charbons pulvérisés et purifiés par lavages. (Les poudres charbonneuses peuvent êlre aussi purifiées par des lavages avec décantation, macération à chaud dans des bains acides.) Le coke des crasses de cornues à gaz est généralement assez pur. La pâte est alors comprimée et passée par une filière,

puis les charbons sont élagés dans des creusets et f

pendant un lemps déterminé à une haute température.

La cuisson comprend une série d'opérations.

Pour la première, les charbons sont placés horizontale ment dans le creuset en fonte Biir une couche de poussière de coke, chaque lit est séparé par une feuille de papier pour éviter toute adhérence. Entre la dernière couche et le couvercle, on met 1 centimètre de sable de coke et I centimètre de sable siliceux sur le joint du couvercle.

Après la première opération, qui doit durer de quatre à cinq heures au moins et atteindre le rouge-eerise, les charbons doivent rester deux ou trois heures dans un sirop trèsconcentré et bouillant de sucre de canne ou de caramel, avec deux ou trois intervalles de refroidis.sement notable, afin que la pression atmosphérique le lasse pénétrer dans tous les pores. On laisse ensuite les charbons égoutter en ouvrant un robinet placé au bas du vase, puis on les agite quelques instants dans l'eau bouillante pour dissoudre le sucre resté à la surface.

Après dessiccation, on soumet les charbons à une seconde cuisson à l'étage qui suit : on peut alors les mettre debout dans le creuset en remplissant leurs interstices avec du sable.

On les traite de même en les descendant d'un étage à chaque cuisson jusqu'à ce qu'ils aient acquis la densité et la solidité requises et en se servant d'uti four ayant autant d'étages qu'on désire de cuissons.

Les charbons sont séchés lentement. On termine leur dessiccation dans une étuve dont la température atteint graduellement 80 degrés en douze ou ([uinze heures. Pour les empêcher de se déformer, en séchant, les bagueltes sont placées dans des tôles ayant la forme de V.

Les charbons Carré sont plus tenaces et plus rigides que ceux de cornue. Ils sont surtout reinnrqualilemenl droits et

réguliers. Des baguettes de 0",002 de diamètre peuvent être employées à 0",oO de longueur, sans crainte de rupture. Leur forme cylindrique, jointe à leur homogénéité, fait que leurs cônes se maintiennent aussi parfaitement taillés que s*ils étaient usés au tour. Ils sont aussi plus conducteurs que les charbons de cornue. Les seuls inconvénients, que nous ayons remarqués dans l'emploi, consistent en une désagrégation assez rapide, la production de petites flammèches et un peu d'irrégularité dans Téclat lumineux.

Charbon Gauduin

M. Gauduin, dont la mort prématurée, survenue en J878, a laissé un grand vide parmi les électriciens, a également fait de nombreuses expériences sur les charbons contenant des substances étrangères.

Les corps suivants ont été introduits dans les crayons : i** phosphate de chaux des os; 2® chlorure de calcium; 3^ borate de chaux ; 4^ silicate de chaux ; o*" silice précipitée pure ; 6* magnésie; T borate de magnésie ; 8^ phosphate de magnésie ; 9" alumine; 10° silicate d'alumine.

Les proportions étaient calculées de manière à obtenir o pour 100 d'oxyde après la cuisson des crayons. Ceux-ci étaient soumis à l'action d'un courant électrique toujours de même sens, fourni par une machine Gramme assez puissante pour entretenir un arc voltaïque de 10 à IJJ millirnètres de longueur.

Le crayon négatif étant placé en bas, M. Gauduin a observé les résultats suivants :

1 "* La décomposition complète du phosphate de chaux ; sous la triple influence de l'action électrolytique, de l'action calorifique, et de l'action réductrice du carbone. Le calcium réduit se rend sur le charbon négatif et brûle au contact de l'air avec une flamme rougeâtre. La chaux et l'acide phos-

phorique se répandent dans -rair, en produisant une fumée assez abondante. La lumière^ mesurée au photomètre, est double de celle qui est produite par des crayons de même section taillés dans les résidus des cornues à gaz.

T Le chlorure de calcium, le borate et le silicate de chaux sont également décomposés, mais les acides borique et silicique paraissent échapper par la volatilisation à Taction de l'électricité. Ces corps donnent moins de lumière que le phosphate de chaux.

3® La silice introduite dans les crayons les moins conducteurs diminue la lumière, fond et se volatilise sans être décomposée.

4^ La magnésie, le borate et le phosphate de magnésie sont décomposés ; le magnésium en vapeur se rend sur le charbon négatif et brûle au contact de l'air avec une flamme blanche. La magnésie, les acides borique et phosphorique se répandent dans l'air à l'état de fumée. L'augmentation de lumière est moins considérable qu'avec les sels de chaux.

5'' L'alumine et le silicate d'alumine ne sont décomposés qu'avec un courant très-fort et un arc voltaique très-considérable ; mais, dans ces-circonstances, la décomposition de l'alumine est bien manifeste, et l'on voit l'aluminium en vapeur sortir du négatif comme un jet de gaz et brûler avec une flamme bleuâtre peu éclairante.

La llamme et la fumée qui accompagnent constamment ces lumières électro-chimiques lui ayant paru un grand obstacle à leur utilisation pour l'éclairage, M. Gauduin n'a pas poussé plus loin ces expériences. Il a préféré poursuivre ses études sur les agglomérés en carbone.

Les produits fabriqués par iM. Gauduin' étant supérieurs à tous les autres, nous allons nous étendre un peu sur leur mode de fabrication.

1. M. Octavo Gauduin esl i*invenlour du procédé de galvanii>alion directe de la fonte et du fer, appliqué en grand au Val d*Osno, lequel donne des rët^uUaU biiMi supciieurs à tous les autres synslèmes do cuivrapo en u?age aujourd'hui.

Le brevet est daté du 12 juillet 1876.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut^ les crayons destinés à la production de Tare voltaïque doivent être en carbone chimiquement pur. Or, la poussière de charbon de cornue, quoique ne contenant qu'une faible proportion de matières étrangères, n'est pas suffisamment bonne pour cet usage^ et son emploi présente des inconvénients. Les lavages aux acides ou aux alcalis qu'on peut faire subir aux matières charbonneuses, dans le but d'enlever les impuretés qu'elles contiennent, sont coûteux et insuffisants. Le noir de fumée est assez pur, mais son prix est élevé et son maniement difficile. M. Gauduin a dû chercher ailleurs une meilleure source de carbone, et il a trouvé sa solution en décomposant, par la chaleur en vase clos, les brais secs, gras ou liquides, les goudrons, résines, bitumes, essences et huiles naturelles ou artificielles, matières organiques susceptibles de laisser du carbone suffisamment pur, après leur décomposition par lu chaleur.

Les appareils employés pour effectuer cette décomposition sont des cornues ou creusets fermés eh plombagine. G^s creusets sont disposés dans un fourneau capable de les <^liauffer au rouge clair. La partie inférieure des creusets est ïtiunie de deux tubes servant, l'un au dégagement des gaz ^l matières volatiles, l'autre à l'introduction de la matière première.

On peut conduire les produits volatils de la décomposition sous la grille du foyer et les brûler pour chauffer les creusets, mais il est plus avantageux de les diriger dans une chambre de condensation, puis dans un serpentin en cuivre, cl de recueillir, après condensation, les goudrons, huiles, essences et carbures d'hydrogène qui prennent naissance dans cette opération.

M. Gauduin utilise ces différents sous-produits dans la fabrication même de ses charbons ; il a grand soin d'éviter,

pour les serpentins et les vases de conservation, Temploî du fer, de la fonte, du zinc et de toutes substances susceptibles d'être attaquées par ces goudrons, car toute leur valeur réside dans leur pureté.

Quelle que soit la matière première employée à la fabri- Xîation de ce charbon, la décomposition par la chaleur peul être menée lentement ou brusquement, selon la nature des produits secondaires qu'on se propose d'obtenir. Pour opérer lentement, il suffît d'emplir la cornue aux deux tiers et de chauffer graduellement jusqu'au rouge clair, en évitant autant que possible, le boursouflement de la matière. Pour opérer brusquement, on chauffe d'abord la cornue vide au bon rouge, et on fait arriver la matière première au fond par petites portions, soit en fîlet, si elle est liquide, soit en petits fragments, si elle est solide.

La distillation lente donne plus de goudron et d'huiles lourdes et peu de gaz. La décomposition brusque donne plus d'essences légères et de gaz.

Lorsque la matière première a été convenablement choisie, il reste dans la cornue du charbon plus ou moins compacte. On le pulvérise aussi finement que possible et on l'agglomère soit seul, soit mêlé à une certaine quantité de noir de fumée, au moyen des carbures d'hydrogène obtenus comme produits secondaires.

Ainsi préparés, ces carbures sont complètement exempts de fer, et sont bien préférables à ceux qu'on trouve dans le commerce, non-seulement par l'agglomération du carbone, mais encore par l'imprégnation ou l'imbibition des objets fabriqués. (Cette dernière opération, tout en bouchant les pores, y introduit de l'oxyde de fer quand elle est faite avec les produits du commerce.)

Les objets faits en carbone aggloméré sont, pour une variété de carbone, d'autant plus combustibles qu'ils sont plus poreux, et d'autant plus poreux qu'ils ont été moulés à une

moindre pression. L'inventeur se sert, pour sa fabrication, de moules en acier capables de résister aux plus hautes pressions d'une forte presse hydraulique.

Ouoique la filière, ou appareil à mouler, usitée depuis longtemps dans la fabrication des crayons ordinaires de plombagine, puisse servir sans aucune modification à la fahricalion des crayons pour lumière électrique, M. Gauduin a apporté à cet appareil certains perfectionnements importants. Ainsi, au lieu de faire sortir les crayons de haut en bas, suivant la verticale, il place l'orifice ou les orifices du moule sur le côté et de manière à ce que les crayons sortent en formant avec l'horizon un angle descendant de 20 à 70 degrés. Les crayons sont guidés sur toute leur longueur par des tubes ou par des rigoles.

Cette disposition permet de vider toute la matière contenue dans le moule sans interrompre le travail, et comme les crayons sont constamment soutenus, ils ne cassent plus sous leur propre poids, ce qui arrive souvent quand ils sortent de haut en bas.

Nous avons fait, à diverses époques, de nombreux essais avec toutes sortes de crayons, et ce sont ceux de la fabrication de M. Gauduin qui nous ont donné les meilleurs résultats. Il a fallu beaucoup de temps et des dépenses d'argent considérables pour faire entrer cette fabrication du domaine scientifique dans celui de la pratique, mais enfin le succès est venu couronner les efforts de l'inventeur quelques mois avant sa mort.

Dans nos premiers essais, la lumière produite avec les charbons de cornue était égale à 103 becs, et celle produite par les charbons artificiels variait entre 120 et 180 becs pour les crayons Archereau et Carré, et entre 200 à 210 pour les crayons Gauduin. La moyenne de loO becs peut être appliquée, sans erreur appréciable, aux crayons Archereau et Carré, et celles de 205 aux crayons Gauduin.

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