‹ Éclairage à l'électricité; renseignements pratiquesChapitre 30 sur 41 · MM · texte numérisé non relu

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Siemens et Halake fubri(;uent également dei

machines destinées à la combustion des bougies Jablochkoff, mais nous n'avons pas encore de renseignements bîpn précis sur leur construction et leur usage. Tout ce que nous savon?, c'est que l'appareil produisant les courants alternatifs est formé d'une série de bobines disposées sur un anneau en fer et tournant entre deux rangées d 'électro-aimants circulaires fixés d'une manière équidistante sur des bâtis circulaires.

Les mêmes constructeurs ont imaginé, récemment, une disposition pour magnétiser les inducteurs, qui diffère un peu de celle en usage dans les machines ordinaires.

Voici, d'après le docteur Schellen, en quoi consiste celle disposition, dont les avantages, à première vue, ne nous paraissent pas bien importants, mais qu'il nous parait cependant utile de signaler.

n MM. Siemens et Halske désignent sous le nom de chaînes dynamo-électriques, un nouveau moyen de renforcer alternativement le magnétisme, et d'obtenir de puissants courants d'induclion, pouvant agir collectivement ou séparément. Cette méthode est une modification du principe dynamo-électrique, en ce que les courants induits, développés dans une bobine qui se meut devant une paire de pôles magnétiques, ne sont pas employés à renforcer ces pôles, mais à augmenter la puissance d'autres pôles magnétiques, qui réagissent de leur côté sur une bobine en mouvement. Les courants de cette deuxième bobine sont utilisés à produire l'aimantation d'une troisième paire de pôles ; ceux-ci sont employés à développer des courants électriques dans une autre bobine d'induction et ainsi de suite , jusqu'aux courants engendrés dans la dernière bobine qui servent an renforcement des premiers pôles magnétiques.

« Les productions el renforcements alternatifs de courants

MAlCHINES MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES diverses 181

et de polarité magnétique, dans chacun des électro-aimants et dans chacune des bobines, forment ainsi un circuit fermé de sources et d'influence, dans lequel le travail de chaque élément passe par les autres éléments avant de revenir sur lui-même.

« Ici, comme dans les machines magnéto-électriques ordinaires, la transformation du travail développé, par la rotation des bobines, en électricité augmente la puissance des pôles magnétiques et Ténergie des courants, jusqu'au moment où ces pôles atteignent la force qui correspond à la capacité magnétique du fer doux et aux autres influences.

« Si plusieurs électro-aimants possèdent à Torigine du xdouvement, comme c'est le cas dans la pratique, un faible degré d'aimantation, la somme des effets qui en résultent exerce son influence et détermine le degré définitif de polaj[\\é des différents aimants qui se trouvent dans la chaîne <lynamo-électrique .

« Le nombre des systèmes de pôles magnétiques et de lobines d'induction correspondantes qui constituent une pareille chaîne, peut être aussi grand qu'on voudra. Chacun d'eux peut former une machine spéciale. On peut aussi réunir, en une seule machine, l'ensemble des systèmes ou quelquesuns d'entre eux.

Machine Brush

Vers la fin de 1876, M. Brush de Philadelphie fit exécuter une machine à courants alternatifs qui a déjà reçu plusieurs applications aux Etats-Unis. Nous la représentons figure 61 . Cette machine a pour champ magnétique deux électroaimants en fer à cheval dont les pôles semblables se regardent. L'armature centrale est formée d'un anneau de fer divisé en 16 parties, dont une moitié est garnie de fils

ÉCLAIRAGE A L'ÉLECTRICITÉ de cuivre et l'aulre de coins en fer; de sorte que l'anneau dénudé ressemble à une roue d'engrenage ayant buil dents intérieures et huit dents extérieures dans le prolongement des premières. C'est exactement la disposition adoptée par M. Pacinotti pour l'armature de son moteur électrique.

Les bobines sont directement reliées ù celtes qui leur sont diamétralement opposées, et l'ensemble de la machine comprend quatre circuits et quatre commutateurs.

La figure 62 montre la disposition des hélices et un des commutateurs. Deux arcs de cuivre A et B sont placés sur l'arbre et laissent entre eux, de chaque côté, uq espace vide garni d'une substance isolatrice. Ces arcs sont également isolés électriquement du corps de l'arbre qui les entraîne.

La bobine b est reliée, d'une part, à la bobine d, et d'autre part à la partie B du commutateur; la bobine d est reliée à la partie A du commutateur. Deux lames de cuivre fl et A recueillent le courant redressé et l'envoient dans les électroaimants et le circuit extérieur.

Ainsi, au lieu de produire des courants continus en reliant chaque bobine à l'un des éléments d'un collecteur central, comme le font M. Gramme et ses contrefacteurs, M. Brush préfère produire des courants alternatifs et les redresser ensuite pour alimenter ses régulateurs, il aurait pu ne redresser qu'une partie de courant afm d'exciter les inducteurs et se sen^r des courants alternatifs pour obtenir la lumière électrique, mais il a très-bien compris l'avantage des courants continus, et nous devons le féliciter d'avoir basé ses combinaisons sur des expériences directes au lieu d'accepter sans contrôle les idées reçues jusqu'alors. On peut, avec une seule machine Brush à huit bobines, alimenter quatre régulateurs et combiner les circuits pour l'obtention de courants plus ou moins intenses.

Machine Farmer-Wallace

M. G. Farmer, ingénieur à Boston, a fait exécuter, en 1876, un système de machine qui a été perfectionné, pen-

dant la construction, par M. Wallace, mécanicien à Ansonia . ^m Cette machine, représentée figure 63, est également

Fio. m. Commutateur Brusb.

formée de deux électro-aimants en fer à cheval et d'mie armature centrale tournant devant les pôles dcsdils électroaimants. L'armature est constituée par deux disques en

foule portant chacun 25 bobines aplaties dont les pôles passent successivement devant les inducteurs. Les collecteurs de courants, placés à l'intérieur, sont identiques à eeui des machines Gramme. L'âme de chaque bobine est percée de part en part pour éviter réchauffement des fils induits.

En réalité, la machine Farmer-Wallace est composée de deux machines Nlaudet à électro-aimants qu'on peut accoupler pour produire de grands elTets ou employer séparémentdans les applications industrielles.

Machine de Méritens ^|

La machine de M. de Méritens est toute récente ; elle a été brevetée le 10 avril 1878. Nous la représentons, figure 04, en profil et en coupe longitudinale.

Les parties essentielles de cette machine sont: 1° une série d'aimants permanents placés horizontalement, et i" une armature formée d'autant de bobines qu'if y a de pôles d'aimaïUs.

L'armature est montée sur une roue en bronze calée sur l'arbre moteur. Les aimants sont fixés rigidement sur deux carcasses en bronze. Voici, d'après M. du Moncel, la théorie de la machine Méritens :

1' Pour qu'on puisse la comprendre, imaginons un anneau (-iramme (fig. 05) divisé, par exemple, en quatre sections, isolées magnétiquement l'une de l'autre, et constituant, par conséquent quatre électro- aimants arqués, placés bout à bout. Imaginons que le noyau de fer de chacune de ces sections soit termine à ses deux extrémités par une pièce de fer A B, formant comme un épanouissement de ses pôles, et supposons que toutes ces pièces, réunies par l'intermédiaire d'une pièce de cuivre CD, constituent un anneau solide autour duquel sont disposés des aimants permanents JN, S, N, S avec leuis pôles alternés de l'un à l'autre. Exa-

minons ce qui se passera ([uand cel anneau accomplira un mouvement de rolalion sur tui-mème, el voyons d'aliord les

^MiM

effets qui résulteront, par exemple, du rapprochement du pôle épanoui B, quand, marchant de gauche à droite, il

s'approchera de N. A ce moment, il se développera dans l'hélice électro-magnétique de AB un courant induit d'aiman-

tation, comme dans une machine de Clarke. Ce couranl 1 sera instantané et de sens inverse aux courants particulaïres 1 d'Ampère de l'aimant inducteur. 11 sera très-énergique, en raison de la proximité de B du pôle N; maïs l'anneau, en ' s'avançant, va déterminer entre le pôle N et le noyau AB une série de déplacements magnétiques, qui donneront naissance à une série de courants d'interversion polaire, qui se manifesteront de B en A. Ces courants seront directs, par rapport aux courants particulaires de N, mais ils ne sont pas instantanés, et vont en croissant d'énergie de B en A. A ces courants se joindront simultanément les courants d'induction dynamique résultant du passage des spires de l'hélice devant le pôle iV. (jiiand A abandonnera N, un courant de désaimantation se produira, égal en énergie et de même sens que le courant d'aimantation résultant du rapprochement de l'épanouissement B du pôle N. L'eiïet est, en effet, alors produit à une extrémité différente du noyau magnétique, et l'hélice se présente à l'action d'induction d'une manière inverse. Donc, courants induits inverses de l'inducteur, par le fait du rapprochement et de l'étoignemenl des appendices B et A, courants induits directs, pendant le passage de la longueur du noyau AB devant l'inducteur, courants induits directs résultant du passage des spires devant N. Toutes les causes d'induction se trouvent donc ainsi réunies dans cette combinaison.

« Un remarquera que l'action que nous venons d'étudier pour une seule section de l'anneau peut s'effectuer en même temps pour toutes les autres, et qu'il s'y ajoute encore les courants résultant de la réaction latérale des pôles A et B sur les pôles voisins.

<i Afin d'augmenter encore les effets d'induction, M. de Mérilens compose le noyau AB et les appendices A et B avec de minces lames de fer découpées à l'emporte- pièce, et juxtaposées en faisceau, au nombre de cinquante^ ayant un milU-

mètre d'épaisseur chacune. Les fils des hélices sont d'ailleurs reliés de manière que les courants induits puissent être associés en tension, en quantité ou en séries, suivant les conditions de l'application. »

En pratique, M. de Méritens met seize sections au lieu de quatre.

Nous n'avons pas encore vu fonctionner, dans l'industrie,

Anneau da Méritons.

des machines de ce système, et, malgré les éloges hyperboliques que certains journaux lui ont décernés, nous sommes convaincu que son eiïet utile est notablement inférieur à celui de la machine Gramme.

Le fait suivant est plus éloquent que toutes les théories du monde. Chez un photographe de Lyon, on avait installé deux machines de Méritens à 3,000 fr. l'une et on n'a pas pu réussir à faire de bons portraits, malgré une pose prolongée, tandis que chez M. Lïébert, à Paris, avec une seule machine Gramme du prix de 1 ,500 fr., on obtient des portraits très beaux, après quelques secondes de pose.

Machines diverses

La description de toutes les machines imaginées pour remplacer celle de M. Gramme nous entraînerait trop loin et ne présenterait qu'un médiocre intérêt. Nous nous contente^ rons de citer, à titre de renseignement, la nouvelle combinaison de M. Wilde, qui empruntant l'induit à la machine Brusl^ et l'inducteur à la machine Gramme à courants alternatifs^ n'a réussi qu'à établir un appareil très imparfait ; la machine^ de M. Trouvé, dans laquelle la réaction de l'inducteur sur" l'induit s'effectue au contact des pièces magnétiques ; la machine de M. Jablochkoff, à inducteur formé d'une roue en fonte à dents obliques et d'une hélice de fil serpentant à travers les dents, et à induit constitué par une série de bobines cylindriques ; et la machine Edison formée de bobines cylindriques s'éloignant et se rapprochant alternativement par un mouvement vibratoire.

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