CALCUL DE LA PUISSANCE LUMINEUSE DES FEUX-ÉCLAIRS
ÉCLAT PRATIQUE D’UNE LENTILLE ANNULAIRE ÉCLAIRÉE PAR UN BRULEUR DONNÉ. — La mesure de l'éclat intrinsèque moyen d’une source lumineuse est une opération très délicate. Pour les brûleurs à pétrole, notamment, l'éclat de la flamme n'est pas constant en tous les points ; il est plus élevé au centre que sur les bords. Il serait donc très difficile d'évaluer d’une manière suffisamment exacte la valeur absolue de l'éclat 7 qui entre dans la formule générale.
D'autre part, la valeur du coefficient de rendement À ne pourrait s’obtenir qu’en comparant la puissance théorique £,S' à la puissance réelle x 2 S' de l'optique, et, comme nous venons de le dire, la difficulté de la mesure de à rendrait cette évaluation fort douteuse.
L'expérience permet de s'affranchir de la mesure distincte de ces deux quantités en ne considérant que leur produit à & que nous appellerons l'éclat pratique de la lentille et désignerons par la lettre e.
La formule (1) se réduira donc à l'expression (2) plus simple :
P=esS (2) Il suffira donc pour calculer la puissance d’une lentille
à éclats, de forme et de dimension quelconques, éclairée
par un brûleur donné, de connaître à l’aide d’une expérience photométrique préalable la puissance P° d’une lentille de même distance focale, de surface quelconque d’ailleurs, éclairée par le même brûleur.
En vertu de la formule (>) on aura donc :
P'1=reSi
L’éclat pratique e reste forcément le même, quelle que soit la dimension de la lentille, puisqu'il ne dépend que de l'éclat intrinsèque du brûleur, qui est le même dans les deux cas, et du rendement de l’optique qui n’a pas changé.
En effectuant le quotient DCE c'est-à-dire en divisant la puissance connue par la section droite également connue, on aura l’éclat pratique e de la combinaison optique choisie.
Le produit de l’éclat pratique e ainsi déterminé et de la section
droite S' de la lentille considérée, donnera la puissance P cherchée.
ÉCLATS INTRINSÈQUES MOYENS DES BRULEURS A HUILE MINÉRALE. — Comme on vient de le voir, il n’est pas nécessaire pour calculer la puissance d’un Feu-éclair ou d’une optique quelconque de connaître l'éclat intrinsèque moyen du brûleur employé.
Il suffit d’avoir déterminé par une expérience préalable la puissance d’une optique de même distance focale éclairée par le même brûleur.
Toutefois si l’on ne connaît pas & priori l'éclat intrinsèque des divers brüleurs, il est possible d’obtenir les rapports de ces éclats entre eux, en les plaçant successivement au foyer de la même optique et en mesurant les puissances correspondantes.
La formule générale fournit les valeurs
P, = e,S Pr=ens Pi=yens ete:
la section droite du faisceau à la sortie de la lentille restant constante.
On en déduit les rapports cherchés
€, P; nes P, emo 4 Cet 2.
En choisissant comme unité l'éclat pratique du brüleur le
plus faible les autres éclats sont représentés par des nombres proportionnels.
Cette méthode permet de vérifier également la définition fondamentale de la puissance.
En plaçant la même série de brüleurs au foyer d’une deuxième optique de distance focale différente et de dimensions différentes, on aura les nouvelles relations :
Pie ASE P',=e,S P',=e,8, etc.
qui fournissent les rapports e’, PE C* Be = , EC,
e’ Pie GE 108
Si la théorie est exacte, ces rapports devront être égaux à
à ceux déterminés avec la première lentille, soit :
eh es ei €, Don = 5 MECS e, e, CA e, VÉRIFICATION DE LA FORMULE FONDAMENTALE. — Les
expériences directes nombreuses et très soignées effectuées durant plusieurs années par le Service central des phares de France sur tous les appareils optiques en usage, expériences résumées dans les travaux de M. AzLarp, donnent, en dehors de toute théorie, les mesures nécessaires pour contrôler la formule admise pour le calcul de la puissance lumineuse.
Le tableau suivant, que nous donnons à titre d’exemple, a
Lu ee été établi avec les valeurs indiquées dans le mémoire sur
l’/ntensité et la portée des Phares.