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III. — PUISSANCE ET PORTÉE DES FEUX-ÉCLAIRS ÉLECTRIQUES

L’accroissement de puissance des Feux-éclairs électriques comparés aux Feux électriques de l’ancien système est encore plus considérable que celui des Feux-éclairs à huile.

Dans les Feux électriques construits jusqu’à ce jour, on avait toujours été préoccupé d’assurer à l'éclat une durée minima de une seconde. Il en résultait l'obligation de subdiviser l'appareil en un grand nombre d’éclats produits à l’aide de lentilles verticales, au nombre de 24, tournant devant un feu fixe. De plus, on croyait nécessaire d'augmenter artificiellement la divergence que l’on supposait trop faible.

L'enquête faite par la Commission nautique en 1886, et les expériences qui en ont été la conséquence ont montré que ces craintes étaient sans fondement. La divergence naturelle verticale du faisceau est suffisante pour atteindre les points situés à moins de deux milles sur la surface de la mer. En se rapprochant du phare, le navigateur ne reçoit plus les rayons directs, mais il continue à percevoir les faisceaux par lillumination des particules de l’air, et il peut se guider d’une manière aussi commode.

Quant à la divergence horizontale naturelle, elle est suffsante avec le courant de 100 ampères pour donner à l’éclat la

durée de 1 dixième de seconde; pour les intensités plus faibles,

de 5o à 25 ampères, par suite de la réduction du cratère, elle

reste inférieure à ce chiffre; mais comme on n’emploie ces faibles intensités que lorsque les conditions atmosphériques sont favorables, on est toujours certain d'atteindre et de dépasser la portée géographique.

Au reste, les Feux-éclairs sont fréquemment aperçus audelà de leur portée géographique : le feu direct disparaît, mais l'observateur continue à voir les faisceaux tournant au-dessus de lui, et dont l'intersection indique le gisement du phare avec toute la netteté désirable ; c’est là une supériorité décisive des Feux-éclairs électriques sur les feux de l’ancien système.

Mesure de la puissance lumineuse. — La mesure de la puissance lumineuse des Feux-éclairs électriques a été faite directement par l'Administration française des phares au moyen du photomètre, les observateurs placés dans le faisceau à 600 mètres de l'appareil. On a eu soin de n’opérer que par des nuits pures de façon à réduire au minimum l'erreur provenant du défaut de transparence de l'atmosphère.

On a obtenu ainsi pour l'appareil du phare de LA Hève à 4 lentilles (1 tour en 20 secondes) les chiffres résumés dans le tableau

suivant où nous avons inscrit les portées correspondantes :

PUISSANCE PORTÉE EN MILLES MARINS AMPÈRES WATTS en BECS CARCEL TEMPS MOYEN TEMPS CLAIR

rare

L'appareil à groupes de 2 éclats bien que tournant plus vite (1 tour en 10 secondes) donne sensiblement la même puissance et la même portée; il fonctionne avec la même dépense de courant électrique que l’appareil à 4 panneaux.

On n’a pas jusqu'ici cherché à augmenter le nombre des apparences que l’on peut obtenir avec les Feux-éclairs électriques. Il est toutefois possible de les varier comme celles des Feuxéclairs à l'huile : mais comme ils ne sont destinés, en pratique, qu'aux phares de grand atterrage, ces deux apparences, que l’on peut du reste colorer en rouge, sont suffisantes pour une

large étendue de côtes.

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