I. — FEUX-ÉCLAIRS A L'HUILE MINÉRALE
Le système des Feux-éclairs, basé sur un principe simple dont les conséquences logiques s’enchaînent d’une manicre rigoureuse, conduit à une construction homogène des appareils de phares, les divers éléments qui les composent ne différant que par leurs dimensions lorsqu'on fait varier la longueur focale.
La description, pour chaque apparence, d’un appareil-type, fera donc connaître également tous les autres.
Pour réaliser pratiquement le système des Feux-éclairs, il était indispensable de créer un dispositif nouveau assurant la rotation de l'appareil optique avec une vitesse angulaire 30 et
même 4o fois plus considérable () que celle de l’ancien système.
(1) L'ancien appareil de 1 ordre à éclats faisait 1 tour en 8 minutes, le Feu-éclair à 2 lentilles fait 1 tour en 10 secondes, soit une vitesse 48 fois plus grande.
PGUEE
Pour vaincre cette difficulté, M. l'Inspecteur général Bourpzzes a placé toute la partie tournante, non plus sur un chariot de galets en bronze, roulant sur un socle en acier, mais sur un flotteur tournant dans une cuve remplie de mercure. Le frottement de roulement ainsi remplacé par le frottement d’un liquide, les efforts à vaincre sont devenus insignifiants, et, malgré l’augmentation de la vitesse, on a pu continuer à employer les machines de rotation à poids, dont les avantages, pour le service des phares, sont universellement reconnus.
L'expérience a montré que l’armature des nouveaux appareils n’est pas plus volumineuse ni plus haute que celle de l’ancien système et que le service quotidien peut se faire avec la même facilité. La réparation des avaries, notamment, et les
nettoyages n’offrent aucune difficulté.
APPAREIL OPTIQUE
La grande dimension des lentilles employées dans les Feuxéclairs, donne à l'optique des formes auxquelles on n’est pas habitué par la construction ordinaire des phares; mais les
° s , profils des divers anneaux, que la pratique à conservés, n'ont pas été modifiés.
Nous avons réuni, sur les planches IT à XIII qui accompagnent le présent ouvrage, les principales apparences des Feux-éclairs. Le changement de l’ordre n’amenant qu'un changement dans les dimensions, nous n'avons représenté
î L qu'une ou deux fois au plus chaque apparence, la forme de
lappareil restant la même pour les divers ordres.
ÉCLATS ÉQUIDISTANTS. — Les Feux-éclairs à éclats équidistants sont figurés sur les planches IIT, IV, V, VIT pour les deux premiers ordres, et VIIT pour le 3° ordre.
Pour le 1% et le 2° ordre, l’appareil de série comprend 2 lentilles de 180° et fait un tour en 10 secondes. Nous avons représenté toutefois, sur la planche IV, le 1° ordre à 4 lentilles qui, bien que moins puissant, pourra être employé dans certains cas, sa lanterne conservant les dimensions de série, plus économiques, de l’ancien système, soit 3"50 de diamètre.
Dans le 1* et 2° ordre, aucune partie de l'optique n’est mobile et le service se fait par l’intérieur. A l’aide d’un plancher intermédiaire, placé à mi-hauteur et de niveau avec
l’embase tournante, le gardien pénètre dans l’appareil ; un
marche-pied lui permet d’atteindre les anneaux supérieurs pour faire le nettoyage. Les cadres en bronze qui renferment les prismes sont disposés comme dans l’ancien système ; ils sont réunis par des cercles entretoises et des montants verticaux s'appuyant sur le plateau tournant. La lentille complète est sectionnée en plusieurs panneaux, dont le poids est calculé pour permettre un transport facile et un montage commode.
Le Feu-éclair à éclats équidistants, à une lentille, est représenté sur la planche VIIT pour le 3° ordre. Le service de la lampe et de l’appareil s’opère du plancher intermédiaire, en ouvrant le réflecteur de 180° mobile sur charnière.
Pour les ordres inférieurs, la disposition générale reste la même, toutefois le plancher intermédiaire est supprimé, le
gardien se tenant sur le plancher même de la lanterne.
ÉCLATS GROUPÉS. — Groupes simples. — L’optique du
Feu-éclair, à groupe de deux éclats, représenté sur la planche X
Pate
pour le 3° ordre petit modèle, est constitué par 2 lentilles embrassant 135° chacune, et fixées par un montant commun. Le service se fait par l'ouverture du réflecteur, lequel est en deux parties mobiles sur charnières. Cette combinaison d'optique est l’une des plus commodes pour le nettoyage et l’entretien dé la lampe, l’accès y est facile, mais la dimension, pour les 3 premiers ordres, oblige à l'emploi d’une lanterne plus grande que celle de série.
Les Feux-éclairs à groupes de 3 éclats, — pl. IX, 3° ordre, — et à groupes de 4 éclats, — pl. VI, 2° ordre, — pl. XI, 4° ordre, — présentent les mêmes dispositions générales. Le service se fait aussi par l'angle mort en ouvrant le réflecteur. La lanterne conserve les dimensions de série.
Groupes complexes. — Nous n'avons représenté que deux combinaisons pour les groupes complexes.
Un appareil de 5° ordre à 4 lentilles, à groupes d’éclats doubles, est représenté sur la planche XII. Conformément au système adopté, que nous avons décrit dans le chapitre premier, l'apparence correspond au nombre 22 qui serait ainsi celui du phare.
La même planche représente un Feu-éclair de 6° ordre, à groupes d’éclats triples avec 6 lentilles correspondant à la
combinaison 114 ou 41: suivant le sens de la rotation.
FEUX-ÉCLAIRS BLANCS ET ROUGES. — Les 3 combinaisons de Feux-éclairs blancs et rouges sont figurées sur les planches XI, XII et XIIT pour le 4°, le 5° et le 6° ordre. L’optique comprend toujours un éclat rouge constitué par une lentille de 180°, et une, deux ou trois lentilles blanches, les angles
morts étant occupés par des réflecteurs mobiles sur charnières
ne Hal one qui renforcent l’éclat rouge. Le service se fait par les angles morts, ou, dans le cas de trois éclats blancs, par l’une des lentilles blanches montée sur charnière.
Pour les trois premiers ordres, la dimension de l'éclat rouge
oblige à employer une lanterne hors série.
ARMATURE A FLOTTEUR
L’armature, avec flotteur à mercure, donne à la construction des Feux-éclairs l'aspect caractéristique qui les distingue, au premier coup d'œil, des appareils de l’ancien système.
Le principe de la rotation sur un bain liquide peut être appliqué de deux manières différentes. On peut, en effet, placer la cuve à mercure, soit dans la chambre de service en portant l'appareil sur un arbre qui traverse le plancher de la lanterne pour aboutir au flotteur, soit immédiatement au-dessous de l'appareil optique.
Le pivot de centrage de la partie flottante peut, aussi, être disposé immédiatement au-dessous de l'appareil ou placé à l’intérieur de l'optique.
Ces différentes dispositions, que nous avons successivement étudiées et appliquées, nous ont conduits au système actuel que nous avons adopté pour les Feux-éclairs, quels que soient l’ordre et l’apparence.
La partie flottante, composée de loptique, de l’embase tournante et du flotteur qui la supporte, s'appuie, à l’aide d’une crapaudine, sur un pivot fixe placé à l’intérieur de l'appareil, à peu de distance au-dessus du centre de gravité de
la masse mobile. L’embase tournante se prolonge par un arbre
Ho
creux maintenu latéralement, à sa partie inférieure, par une série de galets disposés en couronne. La stabilité est complètement assurée, le centre de gravité se trouvant au-dessous du point de suspension de la partie flottante ; tout écart de l'appareil est d’ailleurs immédiatement corrigé par la pression des galets sur le chemin de roulement de l’arbre creux.
On règle la poussée du mercure de manière à ce que la masse mobile n’exerce qu’une pression insignifiante sur le pivot et n’absorbe qu’un travail de frottement aussi faible qu’on le désire. Quant aux galets de centrage, l’expérience montre que leur action est annulée en marche normale, lorsque l’appareil est équilibré, et qu’elle ne se fait sentir que s'il se produit des secousses ou des trépidations tendant à le faire incliner.
Le travail absorbé par ces galets est toujours insignifiant, la pression qu'ils exercent, sur un bras de levier considérable, étant, elle-même, toujours très faible.
La cuve annulaire à mercure est portée par une colonne filetée sur laquelle elle peut se mouvoir à l’aide d’un taraudage intérieur.
La visite et l'entretien des principaux organes sont donc très faciles. Pour visiter le flotteur et la cuve, on descend celle-ci en la faisant tourner sur la colonne filetée. L'appareil suit le mouvement jusqu'au moment où il se trouve complétement appuyé sur son pivot.
Pour visiter le pivot, on enlève le bec qui le surmonte, on appuie l'appareil sur la cuve au moyen des vérins qui y sont fixés, puis on démonte le coussinet et la crapaudine.
Toutes ces manœuvres demandent peu de temps et la réparation des avaries qui pourraient survenir est ainsi assurée
sans qu’il soit nécessaire d'arrêter le phare. D'ailleurs, un accident
en —
à la cuve à mercure n’empêcherait pas de faire tourner l’appareil sur son pivot qui est calculé en conséquence.
Notre dispositif d’armature à flotteur des Feux-éclairs offre donc toute sécurité pour le service, il présente les mêmes facilités, pour le démontage des principaux organes et la réparation des avaries, que l’ancienne armature sur chariot à galets, universellement adoptée jusqu'ici.
On opère ie remplissage de la cuve à mercure après avoir descendu celle-ci le long de sa colonne; la vidange se fait à l’aide d’un robinet en fer placé à la partie inférieure de la cuve. Le flotteur et la cuve sont en fonte inattaquable au mercure.
Pour empêcher l’évaporation on recouvre le bain de mercure
d’une couche de pétrole ordinaire.