GROUPE DES FONCTIONS ÉLÉMENTAIRES DE LA RÉTINE
L'adaptation est une fonction spécialement destinée à modifier la délicatesse des fonctions du premier groupe en la proportionnant à tout instant à l'intensité de l’excitant.
C’est à elle que le sens de la vue doit son extraordinaire souplesse. Nous percevons des brillances de l’ordre de 1/1000.000.000 de bougie par centimètre carré et notre vue résiste pendant une courte durée à la brillance directe du soleil qui est de 150.900 bougies par centimètre carré.
La constriction pupillaire n’est qu’un phénomène de défense qui diminue la grandeur de l’excitant, mais n'intervient pas dans la sensibilité de notre rétine.
L'adaptation est un ensemble complexe de phénomènes dont on a pu cependant isoler trois groupes élémentaires.
Phénomènes chimiques : Notre rétine constituée classiquement par 9 couches de cellules, dont lPépaisseur totale est de quatre dixième de millimètre, contient dans le segment externe des bâtonnets, un pigment que l’on nomme pourpre rétinien ou érythrop-
sine. Ce pigment se rapproche de la nature des pig-
ments biliaires et jouit, comme ceux-ci, mais à un degré supérieur, de la propriété de se décolorer sous l'influence de la lumière (observations de FRANTZ BoLrr, 1876). Avec certaines précautions, on peut produire sur la rétine de véritables photographies (optogrammes). Ces impressions ne sont d’ailleurs pas durables, car les pigments plus ou moins détruits se reconstituent.
La destruction de lérythropsine est en rapport avec la quantité d'énergie lumineuse dépensée sur les bâtonnets, c’est-à-dire, à l’éclairement de l’image rétinienne. Quand cet éclairement ne varie qu'entre des limites non excessives, il se produit une suite d’équilibres instantanés entre la quantité détruite et la quantité reconstituée.
Quand léclairement de l’image rétinienne est intense, le pigment se détruit plus qu'il ne se refait, et les sensibilités de l’œil sont moins délicates. Quand la rétine est soumise à une lumière faible ou nulle, le taux du pigment s'élève et la sensibilité devient maximum, notamment la sensibilité Ilumineuse brute. La sensibilité différentielle et le sens des formes gagnent incomparablement moins par ce moyen. Tel est le seul processus photochimique de la rétine connu chez l’homme.
Phénomènes physiques : Le contact des cônes et bâtonnets avec l’épithélium pigmentaire est si intime que ceux-ci laissent sur lui des dépressions en forme de calices, dont les bords saillants constituent de véritables prolongements entre cônes et bâton-
nets. Ces petits manchons partiels réduisent la por-
üon de la surface cellulaire susceptible d’être impressionnée par la lumière. Ces manchons montent plus haut autour des cellules sensorielles dans les rétines placées à la vive lumière que dans celles plarées à l’obscurité. Ces constatations faites sur des coupes nous rappellent les mouvements des cellules pigmentaires en général.
Il faut ajouter à ce phénomène mécanique un rôle d'absorption et de transformation Jlumineuse du manchon pigmentaire.
Phénomènes physiologiques : Chaque cellule sensorielle de la rétine, cône ou bâtonnet, est en contact par ses prolongements avec deux cellules nerveuses dont les prolongementts sont des fibres du nerf optique. Les fils ou éléments d'impression et de conduction ainsi constitués ne sont pas indépendants les uns des autres. Ils sont reliés entre eux aux différents étages par des cellules d'association.
C’est au jeu des prolongements de ces cellules qui connectent ou déconnectent entre eux les éléments de la rétine qu'est dû le 3° phénomène connu de l’adaptation. Ces suppositions, d’après Haas, ne constituent qu’un cas particulier d’une hypothèse généralement admise à la suite des travaux anatomiques de RAMoON y Cayar. C’est à BRoCA que nous devons d’avoir appliqué cette hypothèse aux cellules d’association de la rétine.
L'ensemble de ces phénomènes élémentaires permet à tout instant à la rétine de se mettre en équilibre avec les variations du milieu. Quand lexcitant
st trop fort ou trop faible, ces états de déséquilibre