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tant que l'équilibre photochimique n’est pas rétabli dans la rétine.
Nous avons écrit image accidentelle négative, nous pouvons ajouter sur fond clair car la portion de rétine correspondant à cette image demeure moins sensible à la lumière que les autres portions de la rétine qui ont été ménagées, d’où résulte la sensation de gris relatif qu’on observe.
Réciproquement, on conçoit que, si l’on fixe pendant un certain temps une petite surface noire sur fond très clair et si l’on regarde ensuite un papier noir, On y puisse voir une image accidentelle claire sur fond obscur.
Un autre type d’image accidentelle est plus difficile à interpréter; c’est l’image positive sur fond obscur.
Lorsqu'on plonge le regard dans l’obscurité après avoir fixé une source très brillante, on perçoit généralement, au bout de quelques secondes, une image lumineuse sur fond sombre. Ce phénomène est poussé à l’extrême lorsqu'un automobiliste conduit sur route la nuit. Sa rétine étant adaptée pour des éclairements très faibles reçoit tout à coup le flux lumineux très violent des projecteurs d’une voiture venant en sens inverse. Nous connaissons le danger de telles rencontres et l’existence du phare code pour l’éviter.
L’éblouissement successif peut être provoqué par le passage rapide d’un milieu peu éclairé à un milieu très éclairé, par exemple par l’allumage brus-
que d’une salle de cinématographe. Inversement, ce
LT
phénomène se manifeste souvent, et ordinairement sans que l’on s’en rende compte quand on travaille dans une pièce sombre sur une machine ou un bureau éclairé par une lampe portative. De même lorsqu'on lit des feuillets seuls éclairés dans une chambre obscure. Les mouvements inconscients de l’œil portent alternativement le regard de la page brillante du plan du travail à l’entourage sombre de la pièce et produisent ainsi une fatigue.
Au point de vue pratique, nous pouvons indiquer que les phénomènes d’éblouissement sont d'autant plus intenses :
que la source lumineuse a une brillance plus élevée;
que cette source est plus près de l’œil ou plus près de l’axe de vision;
que, pour une brillance donnée et une position déterminée de la source, celle-ci produit un flux lumineux plus grand;
que Île contraste est plus prononcé entre la brillance de la source et celle du fond sur lequel elle se détache.
Il est donc nécessaire :
de réduire la brillance des sources lumineuses au moyen d’enveloppes diffusantes, dont il sera question plus loin, ou de masquer ces sources par des dispositifs appropriés;
de placer les appareils d'éclairage loin de lœil et, le plus possible, hors du camp visuel correspondant aux travaux habituels;
de réduire le contraste entre les foyers lumineux
et le fond sur lequel on les aperçoit, et, pour cela, d'utiliser sur les murs et les plafonds des peintures ou des revêtements suffisamment clairs pour que la brillance en soit relativement élevée.
L’éblouissement étant le résultat d’un excès d’excitation, il paraît raisonnable de ne pas chercher à l’éviter entièrement dans les cas où le facteur psychologique joue un rôle important et parfois essentiel, lorsque l’on désire placer l’individu dans un état exceptionnel, étant entendu que cet individu n’a aucun travail effectif à accomplir dans ces conditions; je veux parler de l’éclairage de salons, théàtres, magasins, salles de fêtes, dancing, etc. Dans d’autres cas, au contraire, où l’on désire placer lirdividu dans une atmosphère particulièrement calme, permettant une attention soutenue, on pourra être amené à pousser le souci d’éviter les excitations violentes bien au delà de ce qui serait nécessaire pour qu'aucune altération mesurable des facultés, ni aucune sensation de gêne n’apparaissent. Dans l’éclairage des salles de musique il faut éviter que toute cause d’éblouissement, même à peine perceptible, ne détourne l'attention.
Lorsque nous nous adressons à la foule des malades, les effets de l’éblouissement sont évidents. Toute personne ayant soigné un malade a senti la nécessité de protéger les yeux de celui-ci contre des sources lumineuses éblouissantes en masquant les lampes par des écrans improvisés qui diminuaient de façon certaine l'efficacité de la source lumineuse,
mais présentaient au moins l’avantage de soustraire
les yeux du patient à des fovers d’un éclat insoutenable.
Enfin, un ébiouissement intense, ou un éblouissement faible, mais auquel l’œil se trouve soumis pendant un long laps de temps, n’est pas seulement susceptible de diminuer les facultés visuelles ou de provoquer une gêne, une fatigue et même souvent une douleur. Il peut occasionner la cécité pour une période de temps plus ou moins longue. Ainsi, après avoir fixé le soleil sans interposition de verres absorbants ou avec des verres insuffisamment absorbants, l’œil peut éprouver une cécité permanente de la région de la rétine intéressée (fovéa), d’où résulte une impossibilité de distinguer les détails des objets.
On peut rapporter aux phénomènes d’éblouissement les maladies oculaires dont nous crovons devoir don-
ner ici un aperçu.
Ophtalmie des neiges.
L’ophtalmia nivalis est la forme la plus importante de l'affection cornéenne due à l’ultra-violet solaire.
Les soldats de Xénophon avaient les veux « abimés par la neige » (Anabase, livre IV, ch. V).
Un médecin des troupes piémontaises dut protéger les yeux de ses soldats par des lunettes improvisées avec des coquilles de noix percées au centre d’une petite ouverture.
Les explorateurs polaires, Nansen et Shackleton
signalent que les Esquimaux, les Lapons protègent
ro
leurs yeux avec des appareils de corne ou de bois.
Etiologie : L’ophtalmie des neiges est consécutive à l’action du soleil réverbéré sur les champs de neige et de glace. Cette action croît avec l’altitude où les ultra-violets solaires sont plus intenses parce que moins filtrés. D’après PECH, il faudrait mentionner l’absorption des infra-rouges solaires par la vapeur d’eau, ce qui expliquerait la fréquence des ophtalmies graves au début de l’été avant la fonte des neiges.
Symptômes : Ce sont ceux des photophtalmies d’origine actinique. Ce qu’il y a de caractéristique, c’est la latence des phénomènes. Ce n’est que quelques heures après l’exposition à la lumière vive, que le malade éprouve une sensation violente de cuisson au niveau des membranes extérieures de l’œil. La cornée est surtout le siège de phénomènes douloureux intenses avec photophobie, larmoiement, bléplarospasme réflexe, et névralgie ciliaire.
A l’examen, on ne constate qu’une grosse réaction inflammatoire des conjonctives. La seule lésion est la desquamation de lépithélium antérieur de la cornée. La mise à nu de terminaisons nerveuses se traduit cliniquement par la douleur.
Pronostic et traitement : L’affection est généralement bénigne. Qudlques cas graves, avec troubles “visuels et photophobie persistants ont été publiés (GALLI-VALÉRO). Le traitement consiste surtout à rassurer le malade et à le calmer par lPapplication de compresses froides sur les yeux. Des instillations de cocaïne ont été parfois nécessaires lorsque les
phénomènes douloureux étaient trop intenses.
Ophtalmie des artistes de cinéma.
Cette affection qui atteint non seulement les artistes, mais toutes les personnes exposées dans un studio aux intensités lumineuses énormes des « Sunlights », est une photophtalmie électrique.
Son étiologie se résume dans les renseignements suivants qui nous ont été transmis par un studio parisien.
Sources lumineuses utilisées dans les studios : Elles se divisent en trois catégories : Lampes à arc. Ampoules électriques à grande puissance. Ampoules électriques à moyenne puissance.
— Les lampes à arc sont généralement contenues dans des projecteurs dont le plus gros et le plus dangereux pour les yeux, est le « 300 ampères ». Il sert à éclairer les scènes d'extérieur ou les grandes scènes d'intérieur, au studio. On utilise également les « 150 ampères », « 80 ampères », « 60 ampères ».
Tous ces projecteurs sont munis à l’intérieur de miroirs à facettes ou de miroirs pleins. Le miroir plein sert à régler le faisceau lumineux émis dans sa forme et sa direction. « Il suffit de regarder par inadvertence pendant un instant l'ouverture d’un projecteur de 300 ou 150 ampères pour que le soir les veux soient assez sérieusement enflammés ». C’est que ces deux projecteurs ne sont pas munis de diffuseurs.
Le 80 ampères est appelé « Le Wener ». IL est toujours muni d’un diffuseur en verre, genre verre
lumière. Il sert à éclairer les artistes individuelle-
noie
ment avec des intensités variables. Le 60 ampères est du même usage. Il arrive quelquefois que l’on sorte du projecteur, l’arc proprement dit, et que lon pose celui-ci à découvert sur un objet quelconque. On se sert pour cela du « 69 ampères ». « Ceci est très dangereux pour l’électricien chargé du réglage et il arrive fréquemment que son visage desquame le soir même ». Les gros projecteurs sont toujours placés assez loin des artistes car le foyer des réflecteurs où l’on peut enflammer une feuille de papier est à 5 et 7 mètres de l'arc. Ce foyer est appelé point d’ignifugation.
— Les ampoules électriques à grande puissance sont utilisées dans des projecteurs à miroirs qui se divisent en 3 catégories : le kilowatts, le 5 kilc, le 10 kilo. D’après les artistes, ils ne sont pas dangereux pour l’œil, mais produisent surtout le compte de soleil électrique. Ils sont presque toujours munis de diffuseurs à verre ou à mousseline, pour que l’œil ne soit pas gêné. Ils sont en effet placés avec les « Wener » sont près des acteurs, derrière la camera. On en augmente le nombre lorsqu'ils sont munis de diffuseurs qui absorbent une partie de l'intensité lumineuse émise par la lampe.
—— Les ampoules électriques de petite puissance sont de 1000 et 2000 bougies. Elles sont placées dans des plafonniers par groupes de 4, 8 ou 12. On les groupe également dans une «casserole» (sorte de diffuseur rectangulaire). Il arrive fréquemment que l’on place ces «casseroles» près des acteurs afin de
les éclairer puissamment et la chaleur dégagée est
pre
telle qu’au bout de quelques minutes, le corps est inondé de sueur, même en restant immobile.
La photographie que nous donnons a été prise au cours d’une petite scène. 7 projecteurs analogues à
ceux qui sont visibles assuraient l’éclairage. Mais
Une scène au studio.
lorsque le décor est très grand le nombre de bougies braquées sur les acteurs dépasse l'imagination. « Tous les machinistes du studio et surtout les
éléctriciens ont les veux plus ou moins malades.
Les artistes sont moins atteints grâce aux écrans
mortes
diffuseurs. Ils sont surveillés et soignés rapidement et on éteint plus souvent entre les scènes, Les machinistes doivent porter des lunettes ».
La symptomatologie, le pronostic et le traitement de ces photophtalmies sont les mêmes que ceux étudiés précédemment. Il a été signalé des cas graves de Kérato conjonctivite qui ont obligé des artistes à abandonner leur carrière. On a pu observer des cas de cécité, fort rares d’ailleurs. Il s’agirait alors de décollements de la rétine que l’on rencontre également chez des photographes éblouis par des « éclairs de magnésium ».
Les mêmes accidents étaient observés chez les ouvriers travaillant à la soudure autogène. Actuellement ces ouvriers se protègent les veux et le visage à l’aide de lunettes et de masques.
On peut ajouter à ces faits, les troubles visuels après observation d’éclipses à travers des verres
mal fumés.
La cataracte des verriers.
Nous nous bornerons pour cette affection à donner des conclusions de la thèse de RAMNoOUx.
« Dès la fin du XVIIE siècle, une série d’auteurs signalent l’intensité de la chaleur et de la lumiere comme cause de la cataracte.
« La cataracte des verriers se manifeste par une opacification du cristallin siègeant au pôle postérieur, sous la capsule postérieure...
« L'évolution de cette cataracte est très longue : ce
us
n'est qu'après une exposition continue d’une dizaine d'années au feu que se produit l’opacité centrale, et le verrier n’accuse de trouble visuel qu'après une vingtaine d’années de travail.
« La pathogénie de la cataracte des verriers a été très discutée. Il y aurait une action prépondérante des rayons infra-rouges, mais aussi une action combinée des radiations caloriques et lumineuses du verre en fusion, jointes à des dispositions individuelles.….
« Au point de vue prophylaxie, cette cataracte professionnelle peut et doit être évitée dans l’industrie moderne, où l’homme actuellement est remplacé
par la machine et le souffleur par le mécanicien.
Myopie du travail due à un éclairage insuffisant.
Un mauvais éclairage n’est pas seulement susceptible d’entraver la bonne exécution d’un travail déterminé; il peut, à la longue, provoquer de graves troubles de la vue et ceci plus particulièrement chez les enfants.
La myopie n’est presque jamais congénitale : elle est généralement occasionnée par le travail scolaire. Voici ce qu’écrivait JAVAL à ce sujet, dans sa Physiologie de la lecture et de l'écriture : « Il m’a paru nécessaire de faire ressortir la faible importance du rôle joué par l’hérédité dans la production de la myopie, car si l’hérédité exerçait une action prépon-
dérante dans l'affaire, nous aurions peu de chances
Gr
d'obtenir des résultats considérables en nous occupant de modifier l'influence du milieu et celle du sujet. >» — May, aboutit aux mêmes conclusions dans son Manuel des Maladies de l’œil : « Les causes déterminantes de la myopie sont en rapport avec les exigences de la civilisation et de l’éducation qui nécessitent l’emploi de la vision rapprochée. Elle est rarement congénitale, quoique son développement reconnaisse souvent un facteur héréditaire. C’est une anomalie acquise qui commence au premier âge quand, pendant la période du développement on fait un usage excessif des yeux pour des travaux rapprochés. Le travail exagéré, avec exercice extérieur insuffisant, la lecture des caractères imprimés fins ou indistincts, l’éclairage faible... la construction défectueuse des pupitres sont les causes les plus fréquentes de la myopie ». « L’éclairage sera bon, ni trop vif, ni trop sombre; le myope évitera de lire à la brume ou avec un éclairage faible; le travail fait à la lumière artificiel sera limité ». Tout le monde sait que les intellectuels, ainsi que toutes les personnes qui ont à effectuer un travail à faible distance, ont une tendance plus marquée à la myopie. Dans la brochure « Lumière et Vision » éditée par la « Société pour le perfectionnement de l’Eclairage » on trouve les chiffres suivants correspondant
à l’examen de 7.000 conscrits danois :
Myopes ÉDGIAD SR A DU 0 BINDIOVÉS TRUE EL 16 %
NUS LOS RS TR CT LEE SR à 13 %