NON
« Comme une magie règne là ».
Cest ainsi que sous le titre « Murs de verre »
Monsieur René DE LAROMIGUIÈRE nous présente dans
la revue « Art et Médecine >» un hôtel particulier
construit pour un médecin à Paris, par l’architecte
Pierre CHAREAU.
« Les plans m’en ont coûté quatre ans de sévère
retraite et de travaux ininterrompus » dit lui-même
l'architecte. Cet hôtel s'appuie à droite et à gauche
sur des maisons ordinaires. « Mais il dresse, face à
KQ
KQ
la cour et face au jardin, deux murs de verre, deux vastes surfaces assez semblables à des gâteaux de miel, à ceci près qu’elles ont des alvéoles carrés et non hexagonaux, une armature de fer et de ciment en place de cire. Et, dans le verre à peine teinté de vert des alvéoles, sourit le miel blond de la lumière. Le luxe essentiel, le luxe magnifique de cette habitation, c’est la lumière. Elle y pare, réjouit, exalte ces autres luxes : harmonie des lignes, des plans, des volumes, ordre, netteté, spaciosité... sans parler de la sobre élégance de l’ameublement. Comme une magie règne là. Les murs sont blancs et nus; les poutres de métal rouge-noir affirment en pleine vue leur rôle de pièces utiles; les matières de beaucoup dominantes sont le ciment, le fer et le verre. Cependant l'impression, chez le visiteur, est de grande richesse. Parce que, peut-être, le plus précieux Pactole, c’est celui qui fait couler dans les veines la joie de vivre. »
Nous avons visité cette maison, mais nous ne sa-
vons comment exprimer les sensations de bien-être,
de repos, de douceur que nous avons éprouvées au
cours de cette promenade en atmosphère ouatée der-
rière les murs de verre.
Quelle impression charmante : vivre à la fois dehors
spaciosité ».
netteté,
Ordre
Le Hall <
grands et
a fois
espaces à 1
et dedans, vivre dans des
intimes ou le véritable luxe est constitué par la clarté
et la netteté.
Il pleut dehors, mais ici le soleil semble donner,
slots
car nous bénéficions de tous ses rayons que diffusent les nuages et que transmet le verre des parois.
Depuis longtemps le fleuriste a su construire pour ses cultures les abris les plus favorables. L’architecte a trouvé peut-être pour l’homme qu’il se charge d’abriter confortablement, la solution de l’habitation parfaite.
Trop de lumière, pensions-nous avant de pénétrer dans cette maison. Jamais plus que dehors, là où nous ne souflrons d’un excès de rayonnement que si la route blanche ou l’eau nous éblouissent par réflexion. D'ailleurs, architecte a mis à la disposition des habitants du logis translucide des moyens de défense contre les excès de rayonnement. L’épaisse paroi de verre est un isolant et l’aération constante par des dispositifs filtrants permet de maintenir à Pintérieur une température de 18° qui paraît fraîche l'été et chaude l'hiver. |
Quant à l'éclairage artificiel, il est ici très osé. Monsieur DE LAROMIGUIÈRE nous en donne une idée très exacte. Il faut ajouter que pour égayer et com-
pléter l’éclairage général fourni par les projecteurs extérieurs, il existe à l’intérieur sous la forme de verrières et appareils à éclairage indirect, des sources éclairant les points particuliers.
Et l’on sort aussi émerveillé de la maison de verre que d’un rêve charmeur qui nous aurait transporté
dans un domaine nouveau.
« La villa Clarté » de Genève: Au cours d’un
voyage d’études organisé par M. le Professeur Ro-
CHAIX, nous avons visité à Genève un édifice que les habitants appellent le palais de verre.
Cette maison locative construite par LE CORBUSIER présente une façade de verre cent pour cent. Dès l'entrée nous sommes frappés par la richesse de l’immense hall qui n’a cependant de particulier que son extraordinaire clarté. Invité à prendre l’ascenceur, nous préférons gagner le quatrième étage par l’escalier de verre qui s’élève dans sa cage de verre.
L'appartement que nous visitons est remarquablement disposé. En y pénétrant nous avons l’impression de passer sur une terrasse extérieure. À nos yeux s’offre sans voile le magnifique panorama de Genève.
À côté d’une installation sanitaire parfaite, nous remarquons plus particulièrement une grande pièce occupant deux étages en façade et dans laquelle s’avance en baignoire de théâtre, un studio.
La paroi extérieure faite de glace armée translucide et de glace transparente peut s'ouvrir complèetement à la façon d’une vitrine, sur un large balcon. Les autres parois sont teintées uniformément de blanc ivoire, crème et chamois mats.
Avant de quitter cette maison nous remarquons encore le logement de la concierge. Malgré le modeste aménagement il reflète grâce à sa clarté un parfait confort. Quel progrès si l’on compare à ceci les milliers dantres obscurs abritant les gardiens des immeubles des grandes villes.
Nous sommes à Genève, à deux pas du Bureau International du Travail, du Bureau International d'Hygiène, du Palais de la Société des Nations au su-
jet duquel l’architecte écrit : « Voir clair, pour décider les affaires du monde et profiter de l’optimisme des rayons solaires ».
Le Pavillon suisse de la Cité universitaire à Paris : Nous avons visité également cette construction. « Ce
n’est pas une fantaisie architecturale, c’est une dé-
(Cliché Journée Industrielle).
« Le bâtiment se présente comme un objet de vitrine sur un support d’étalage, il se lit entier ».
monstration » écrit l’architecte LE CORBUSIER. « C’est en réalité un laboratoire qui a permis de fixer certains points pour l’avenir du problème architectural contemporain, On peut résumer ses caractéristiques
en quelques principes essentiels :
« Principe des pilotis;
« Standardisation des éléments en vue de leur utilisation la plus rationnelle et en vue de « l’Industrialisation » ;
« Principe de la « construction à sec »;
« Pan de verre. >
Les photographies que nous reproduisons ici suf-
firont pour donner au lecteur, une idée assez nette
d’un tel édifice.
(Cliché Journée Industrielle).
La façade des couloirs et la cage d’escalier.
« Ce ne sont plus les murs qui portent la maison ».
« Clichés Journée Industrielle ».
Le Hall:
(Cliché Journée Industrielle).
« Les chambres accucillent un prodigieux afflux de lumière ».
Une telle réalisation a besoin de l’épreuve du temps, mais ce que nous pouvons dire aujourd’hui c’est qu’elle est la vivante expression des articles du credo de l’architecte et du décorateur modernes satisfaisant parfaitement l’hygiéniste : « Netteté, sobriété, clarté >». (CLouzorT).