HISTORIQUE
« La terre était informe et nue; les ténèbres couvratent la face de l’abime.… Or Dieu dit : « Que la lumière soit ! ». Et la lumière fut.
Dieu vit que la lumière était bonne et il la sépara d'avec les ténèbres.
Dieu fit deux grands astres lumineux : l’un plus grand pour présider au jour, et l’autre moindre pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles. ». ‘
(Genèse I, 2, 3, 4, 16).
L'oiseau salue le soleil à son lever; et il le chante encore, mais par des trilles mélancoliques, au moment où l’ombre commence à s’appesantir sur la terre:
« Tel l’oiseau, et tel l’homme. Les Antiques Védas de l’Inde sont à chaque ligne une hymne à la lumier?, gardienne de la vie, au soleil qui, chaque jour, zu révélant le monde, le crée encore et le conserve » (Michelet). D’ailleurs, les Védas ne font que prolonger l’antique tradition des peuples primitifs dont la religion se résume dans un culte de la lumière.
C’est, en effet, dans l’art protohistorique que l’on relève les traces multiples des cultes héliolatriques : disques et chariots solaires (chariots de TRUNDHOLM). barques solaires qui symbolisent le soleil voguant sur l'Océan et laissant la terre dans les ténèbres, swasti-
ka sacré de l’Inde, croix gammée emblème du soleil
en mouvement.
PTE
Plus tard, dans l'antiquité, qu’il s’agisse des civilisations égyptiennes ou phéniciennes, ou des civilisations plus vieilles de l’Inde ou de la Judée, on retrouve encore les cultes solaires, seuls ou associés aux cultes phalliques, car soleil et phallus symbolisent magnifiquement la même idée, lidée de la puissance créatrice, de la puissance fécondante sans laquelle la vie ne serait pas sur la terre.
Et la religion de Moïse et celle du Christ n’échappent pas à la règle commune. Les prophètes com-
parent le Messie à la lumière :
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres à vu une grande lumière et le jour s’est levé pour ceux qui habitaient dans la région de l’ombre de la mort » (Isaïe, IX. 2).
« Je vous ai établi pour être la Lumière des Nations et le salut que j'envoie aux extrémités de la terre > (Ibid. XIEECNG):
« Vous n’aurez plus le soleil pour vous éclairer pendant le jour et la clarté de la lune ne luira plus sur vous. Mais le Seigneur deviendra lui-même votre Lumière éternelle et votre Dieu sera votre gloire » (Ibid. LX, 19).
Et Jean l’Evangéliste écrit de Jésus :
« En lui était la vie, et la vie était la lumière des honimes.
Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne lont point comprise.
Il y eut un homme envoyé de Dieu, dont le nom était Jean.
Cet homme vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
Il n’était pas lui-même la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à la lumière.
C'était la vraie lumière qui illumine tout homme venant en. ce-monde (l-4,-5;-6,-7,-8 9).
Jésus, parlant au peuple, lui dit :
« Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne
marche point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de lame n(Jean NII 12)
« Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jean IX, 5).
Et à ceux qui lui demandent : « Qui est ce Fils de l’homme ? », Jésus répond :
« La lumière est encore avec vous pour un peu de temps. Marchez pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent. Celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez enfants de lumière...
Je suis venu dans le monde, moi qui suis la lumière, afin qu'aucun de ceux qui croient en moi ne demeure dans les ténèbres. (Jean XII, 35, 36, 45).
En Grèce et à Rome s’épanouissent les cultes de la lumière, La médecine était fille de la lumière; n'oublions pas, en effet, que le père d’Esculape, dieu de la Médecine, était l’éclatant Phœbus Apollon, Dieu du soleil vivificateur.
La lampadophorie était l’une des grandes solennités grecques : on la célébrait aux fêtes de Minerve, mère des arts, de Vulcain inventeur des lampes et de Prométhée qui ravit le feu du ciel. Les coureurs se passaient le flambeau de main en main jusqu’à ce que l’un d’eux réussit à atteindre le but avec son flambeau allumé, usage qui inspira le vers célebre
de Lucrèce.
— Et, quasi cursores, vitae lampada tradunt —
L’éclairage des maisons était assez sommaire. Dans
l'Odyssée, Homère nous montre des servantes jetant