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L'ECLAIRAGE DES ATELIERS

Beaucoup d'ateliers sont pourvus d’un éclairage insuffisant ou défectueux : insuffisant, parce que Péclairement sur les surfaces utiles n’est pas assez élevé pour que les ouvriers puissent travailler sans fatigue; défectueux parce que l'installation faite au hasard ne répond pas aux besoins.

I faut remarquer cependant, que la lumière artificielle est utilisée pendant le quart environ du temps de travail annuel. Il faut donc attacher à la réalisation d’un bon éclairage une importance primordiale.

Les nombreux essais qui ont été faits dans différents pays ont montré d’une façon indiscutable que l'amélioration de l’éclairage dans les ateliers procure un accroissement très net du rendement de la main-d'œuvre et détermine une réduction notable dans le nombre et la gravité des accidents. Ceci est en rapport direct avec l'étude que nous avons faite plus haut de l'influence de léclairement sur la vitesse de lecture ou de travail.

Influence de l'éclairage sur la production : Un ou-

vrier dont le plan de travail est bien éclairé exécute

inconsciemment son travail avec plus de rapidité, car il faut à l’œil un temps plus court pour distinguer les objets avec un fort éclairement qu'avec un faible éclairement. Ces faits deviennent plus éclatants si l’ouvrier a une vision défectueuse. Il est évident aussi que l’œil ne peut profiter des avantages procurés par un fort éclairement que s’il n’est pas soumis à l’éblouissement. Ces conclusions découlent naturellement de l'étude de la physiologie de l’éblouissement.

Influence de l’éclairement sur la sécurité et la santé des ouvriers : La commission française de l’éclairage des usines et des écoles, l'Inspection du travail, le Bureau international du travail et maints autres organismes analogues ont signalé à diverses reprises le danger d’un éclairage insuffisant ou défectueux, tant au point de vue des lésions de l'œil qui peuvent en résulter qu’au point de vue général des accidents du travail.

Si l’on examine une courbe du nombre total d’accidents du travail en fonction des différents mois de l’année, on constate que le maximum d’accidents se produit au mois de décembre, c’est-à-dire à l’époque où la durée d'utilisation de l'éclairage artificiel est la plus longue; la courbe atteint son minimum aux mois de mai et juin, époque des longues journées où la lumière artificielle est peu employée.

Ceci paraît tout à fait évident lorsqu'on regarde les photographies que nous donnons ici, montrant les améliorations de la visibilité dans des ateliers où le

système d'éclairage a été modernisé rationnellement.

Ancien éclairage d’un atelier de confection

Nouvel éclairage du même atelier.

M. PR. E. SimPsox écrit à ce sujet : « Il y a quelques raisons de croire que 18 % de nos accidents du travail sont dûs à des défauts de nos installations d'éclairage. Le fait que cette situation puisse se perpétuer d'année en année est des plus répréhensibles, parce que le remède est très facile à appliquer et procure, en plus de la sécurité, maints autres avantages. Les accidents causés par le manque de soin, l’inattention ou l'ignorance ne peuvent être éliminés que par une campagne éducative longue et pénible, nécessitant souvent des changements dans des habitudes depuis longtemps établies. Mais, pour éliminer les accidents dûs à un mauvais éclairage, il suffit de se procurer le matériel nécessaire et de le faire installer par des gens compétents ».

Partout où il y a infraction aux règles d’un bon éclairage, il existe donc des risques possibles d’accidents. Pour remédier à cet état de choses, certaines associations d'ingénieurs spécialistes ont établi des codes de léclairage, où se trouvent rassemblées des réglementations destinées à être incorporées dans les décrets légaux ou les règlements administratifs. Un certain nombre d'états de l'Amérique du Nord ont adopté des codes de ce genre. Celui de Pétat de Wisconsin fait remarquer, entre autres, que les dépenses dues à un bon éclairage peuvent être couvertes par une diminution des frais d'Assurance des ouvriers contre les accidents, Dans l'Etat de New Jersey, les inspecteurs du travail sont éduqués de façon à pouvoir signaler les installations qui paraissent défec-

tueuses au point de vue de l'éclairage : si une ins-

fa

tallation signalée est jugée insuffisante, des ordres sont envoyés du bureau central pour inviter l’indus-

triel à se conformer aux règles en vigueur dans PEtat.

Eclairage indirect d’un bureau de dessin industriel.

Différents systèmes d'éclairage dans les ateliers : Les conditions fondamentales d’un bon éclairage de l'atelier sont celles étudiées précédemment d’une façon générale.

Il est nécessaire d’insister ici sur la nécessité d’avoir ou non un éclairage produisant des ombres. C’est la solution moyenne qui est adoptée en général. Le foyer

lumineux doit être d’une brillance afin de réduire au

minimum l’éblouissement direct et par réflexion, il doit distribuer la lumière de façon à éclairer non seulement les flancs horizontaux mais aussi les flancs verticaux ; enfin, il doit présenter une surface assez grande pour donner des ombres suffisamment douces, tout en dirigeant convenablement la lumière vers le point d'utilisation.

Eclainage indirect : Lorsque dans certains cas, il n’est pas utile que les objets soient vus dans leurs trois dimensions, on peut utiliser, si le local est muni d’un bon plafond un éclairage indirect ou semi-indirect.

Pour les salles de dessin industriel, par exemple, l’éclairage indirect s'impose d’une façon absolue : seul, il permet de supprimer les ombres portées par le crayon ou le champ des règles et des équerres,

qui sont particulièrement gênantes.

Eclairage général uniforme : C’est souvent le seul que lon puisse prévoir lorsque l’on étudie le projet avant la construction du bâtiment ou lorsque l’on ignore quelle sera la position exacte de chacune des machines. L’éclairage horizontal moyen devra donc être suffisamment élevé pour permettre le travail

en n'importe quel point de l'atelier.

Eclairage général localisé : Lorsque l'atelier est installé avant la pose des lampes on peut disposer celles-ci en tenant compte de l’orientation des machines. En effet, une partie de la machine peut porter ombre sur le plan utile, ou bien une machine un peu haute peut projeter son ombre sur une machine

plus petite. Si les lampes sont au centre de l'atelier

et que des machines soient le long des murs louvrier tourne le dos à la lumière et son ombre le gêne. Eclairage local : Pour éviter ces inconvénients il est nécessaire d’emplover l'éclairage localisé obtenu au moyen de lampes individuelles dispasées sur les

Eclairage général uniforme.

machines à proximité des surfaces de travail. Il faut alors que chaque lampe soit placée dans un réflecteur profond, pour que son filament soit masqué à la vue de louvrier.

Comme dans les pièces de lPhabitation l'éclairage des points particuliers a besoin d’être complété. Dans latelier on établira un éclairage de circulation surtout s’il existe de multiples transmissions entrainant un grand nombre de courroies, de même que dans les ateliers construits avec de très nombreux

poteaux.

Appareils élanches ou herméliques et dangers: d'explosion : Les appareils employés pour éclairer les ateliers appartiennent en général au genre réflecteur étudié dans le chapitre « principaux types d’appareils ».

Il est intéressant et même nécessaire de connaître l'existence des appareils étanches ou hermétiques qui répondent à deux desiderata :

— protéger les surfaces actives des appareils et des lampes contre les poussières et les vapeurs acides qui peuvent, dans certaines industries, réduire leur efficacité;

— éviter les explosions.

Une communication de M. Bordenave à l’Associaüon des Industriels de France contre les accidents du travail, contient les renseignements suivants. « On a beaucoup parlé des poussières, de leur effet nocif sur l’organisme, etc., mais de nombreuses catastrophes récentes ont montré que, en sus, elles pouvaient se comporter, dans certains cas, comme de violents explosifs. Très fréquemment des coups de poussière se produisent dans la petite el moyenne industrie, ils ont un caractère quasi-mystérieux pour tous, ef, avant comme conséquence un incendie, on confond régulièrement les effets avec la cause qui n’est jamais discutée ». La simple rupture d’une lampe risque de faire détoner le mélange d’air et de poussières. Celles-ci ont été classées suivant les inflammabilités décroissantes : sucre, dextrine, amidow,. farine de riz, liège, sciure de bois, malt, bale d’avoine,

poussière de grains (mouture), déchet de distillerie,

poussière de grains (stockage), farine de blé, chicorée. « Le mélange de 112 grammes de charbon pour 1 mètre cube d’air, qui correspond à la combustion parfaite, possède une aptitude considérable à linflammation, et par suite à la détonation ». « Dans les ateliers de pulvérisation ou de manutention (de charbon), près des réservoirs d’emmagasinement, :l ne doit être utilisé aucun foyer ni aucune flamme; l'éclairage doit être exclusivement assuré au moyen de lampes électriques à incandescence étanches ». « Le Bureau des mines des Etats-Unis a fait des essais en atmosphères grisouteuses et a constaté que 50 % des ampoules, en se brisant, provoquaient l’explosion. Il est donc nécessaire de les mettre sous cloche, avec joint hermétique en caoutchouc ». L’inconvénient des appareils étanches est qu’ils atteignent rapidement des températures trop élevées. C’est pourquoi il est généralement nécessaire de les équiper avec des lampes faibles. Il faut aussi augmenter la surface extérieure de refroidissement. Les poussières se déposant sur les appareils pouvant s'y enflammer il faut plus encore dans l’industrie que dans les appartements nettoyer soigneusement et fré-

quemment les appareils.

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