NOR
Ebrius ac petulans, qui nullum forte cecidit,
dat pœnas; noctum patitur lugentis amicum
Pelidae; cubat in faciem, mox deinde supinus;
ergo non aliter poterit dormire : quibusdam
somnum rixa facit. Sed, quamvis improbus annis,
atque mero fervens, cavet hunc, quem coccina laena -vitari jubet, et comitum longissimus ordo,
multum praeterea flammarum et aenea lampas.
Me, quem luna solet deducere, vel breve lumen
candelae, cujus dispenso et tempero filum,
contemnit.
« Qu'un ivrogne en gaîté n’ait par hasard encore rompu Îles os à personne, le voilà en proie au remords; il passe une nuit aussi lugubre que celle du fils de Pélée pleurant son ami. Il se couche sur la face, puis sur le dos. Maïs non ! il n’aura du sommeil qu'à ce prix. Il est des gens qu’une bonne que- . relle fait dormir. Malgré l’effronterie de sa jeunesse qu'échauffe encore le vin, il ne se frotte pas au passant que lui conseillent d'éviter un manteau de pourpre, une nombreuse escorte, quantité de flambeaux et de lampes d’airain. Moi qui n’ai d'ordinaire pour me ramener à la maison que la lune ou la lueur chétive d’une chandelle dont je règle avec économie la
mèche, je ne lui fais pas peur. »
Dans leurs maisons, les Romains se servaient de lampes de divers modèles, depuis le simple récipient rempli d'huile où plongeait une mèche jusqu'aux objets d’art et de luxe retrouvés à Pompéi et représentant, tantôt le cygne, d’heureux présage, tantôt fa chauve-souris, symbole de la nuit.
Au moyen âge, les flambeaux de cire s’ajoutèrent aux torches des Gaulois. Ce furent les valets por-
At
teurs de torches qui imprudemment mirent le feu aux vêtements d’étoupe des gentilshommes déguisés en sauvages au bal des Ardents et causèrent la folie de Charles VI. L’éclairage des châteaux était parfois somptueux. FRoissART nous décrit ainsi la ma-
gnificence du comte de Foix :
« Quand de sa chambre venoit pour souper en la salle, devant lui avoit douze torches allumées que douze varlets portoient : et icelles douze torches tenues estoyent devant sa table, qui donnoient grande clarté en la salle. »
Et devant le corps du Comte « ardoyent continuellement et sans cesse, de nuict et de jour, tout à l’entour du corps, vingt et quatre gros cierges, lesquels cierges estoyvent tenus de quarante et huit varlets, dont il y en avoit vingt et quatre qui veilloient tout au long de la nuit et les autres vingt et quatre tout au long du jour. »
L’éclairage public laissait fort à désirer. Les cloches de Saint-Merry, les bourdons de la Sorbonne annonçaient l'Angélus du soir et le signal du couvrefeu, les boutiques se fermaient, les lumières disparaissaient. Au son de la cloche de Notre-Dame, les maisons de prostitution devaient clore leurs portes. Et, plongées dans les ténèbres, les rues boueuses et mal pavées, appartenaient aux détrousseurs et aux mauvais garçons. De rares lumières brûlaient devant les églises et les chapelles, devant les ex-voto élevés par les criminels repentants, sur l’ordre du prêtre, à l'endroit même de leur crime.
Ainsi, dans la rue Barbette (rue Vieille-du-Temple), vacillait la lampe que Brülart, l’un des assassins du duc Louis d'Orléans, avait fait vœu d'entretenir perpétuellement en l’honneur de la Vierge; sous Fran-
çois [* Ia lampe du repentir brülait toujours et trahit