‹ Éclairage Moderne et HygièneChapitre 9 sur 57 · HORS · texte numérisé non relu

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où trempait une mèche fibreuse de chanvre, de lin ou de coton; mais cette mèche charbonnait et produisait une fumée d’autant plus nauséabonde que l'huile était plus impure; la lumière était trop rouge et fuligineuse. Il fallait, pour parer à ces inconvénients, amener plus d'oxygène, plus d’air dans la lampe : Ce fut l’œuvre, à la fin du XVIII siècle, du médecin-physicien genevois Argand, établi en France, et dont Lange et le pharmacien Quinquet s’approprièrent la découverte; malgré un arrêt du Parlement (1785), le public ne cessa d'appeler quinquet la lampe d’Argand. Il persistait cependant une difficulté : celle de faire monter l'huile régulièrement, difficulté que devait résoudre l’horloger Carcel. Mais la nouvelle lampe présentait un inconvénient tenant à la perfection même du mouvement d’horlogerie qui lui était adapté et qui, d’un prix élevé, ne pouvait guère être réparé que par l’horloger lui-même.

Bientôt l'éclairage par les huiles minérales tenta de supplanter léclairage, plus coûteux, par les huiles végétales. Tous les essais demeurèrent isolés, infructueux, jusqu’au jour où les pétroles d’Amérique inondèrent les marchés d'Europe (1861).

Entre temps, les travaux de Chevreul sur les corps gras (1811) avaient permis d’extraire du suif le meilleur de ses principes éclairants : l’acide stéarique; et, vingt ans plus tard, apparaît l’industrie des bougies stéariques qui prirent le nom de bougies de l'Etoile, car leur première usine était située au voisinage de l’Arc-de-Triomphe de l'Etoile.

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À la même époque, naissait et se développait l'éclairage par le gaz, découverte de l'ingénieur français Philippe Lebon. Les thermo-lampes attiraient déjà l’attention du Premier Consul et du Ministre de la Marine; il semblait qu’un triomphe éclatant fut réservé au génial inventeur, lorsque, le 2 décembre 1804, le soir même du couronnement de Bonaparte, Philippe Lebon tombait sous les coups d’assassins dont on ne connut jamais le nom et que l’on soupçconna d’être à la solde de l’étranger.

Deux Anglais, Murdoch et Winsor (1804-15) donnérent toute son importance industrielle à la découverte de Philippe Lebon. Et depuis, de multiples perfectionnements n’ont cessé de lui être apportés.

À côté de l'éclairage au gaz se développait l’éclairage électrique qui, longtemps méconnu et méprisé, ne devait pas tarder à supplanter tous les autres. Ce fut Otto de Guericke, bourgmestre de Magdebourg, qui découvrit, en 1672, l’étincelle électrique et dès lors chaque siècle nouveau marque un progres de l'électricité : aux machines statiques succèdent les piles, aux piles les dynamos, aux lampes à filaments de charbon les lampes à filaments de tungstène, aux lampes à arc, les projecteurs et diffuseurs puissants. Les noms de de Moleyns, Starr, de Changy, Edison sont attachés à ces divers perfectionnements.

Et actuellement, on est loin des timides essais du 20 octobre 1843 où pour la première fois fut illuminée la place de la Concorde, des essais plus brillants du 10 juin 1867, où les jardins des Tuileries furent embrasés en l'honneur des souverains étrangers,

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