CHAPITRE XI
Ganne pour mesurer le temple de Dieu. — - Les deux témoins. — Jérusalem, comparée à Sodome* — Le septième ange qui sonne de la trompette.
. : Lb chapitre onzième^ dont noua avons déjà parfê àsrpocasion des sept trompettes^ commence par iine canne à mesurer^ que l'on donné au prophète Jean^ av^ laquelle il doit mesurer le temple de Dieu et r autel, et ceux qui y adorent y c'ést-à-dire le parvis où le peuple adorait; mais il ne doit point mesurer le par{fis qui est hors du temple ^ C€lr il est aban-^ donné aux Gentils; et ûs fouleront aux pieds la sainte^ Cité pendant quaranie^deux mois où trois ans et demi.
Ce Aomhre mystique est emprunté de Daniel,( Vn, 20 , où Ton voit que les saints du souverain (les Israélites) seront détruits et seront livrés entré les mains d'un roi, qui peut être le roiNabuchodono9or^ qui après avoir détruit Jérusalem , emmena en captivité une partie des Israélites^ jus-^ qiià un temps , • et des temps •et une moitié de temps (i)^ c'^t«Â-dire un certain espace de temps^
(i) Le mot temps signifie ici armée , en soile que cela fait une annëe , deux années et une moitié d'année , c'est-à-dire U'ois ans e^ demi.
C'est sans doute à ces événement que le prophète leàn fait allusion quand il dit que les Gentils fouleront aux pieds la sainte Cité ou Jérusalem. Les Gentils sont les Babyloniens.
On voit dans Ezéchiel (XL, 5, 5) tin homme qui ayait une canne à mesurer* Il mesure toutes les parties d'un nouveau temple divisé en plusieurs parvis; il mesure aussi le parvis de Tautel (XL, 47% XLI, 2:2). Ce temple devait &ire partie d^ la ndu- Telle Jérusalem qui devait être bâtie, après la ruiné de laueienna ville; Pas un de ceua^ qui seront eh'fans d.éirangers n^entrera dans mon sanctuaire ^ dit VEternel (XLIVj^ 9). Le parvis de dehors est pour le peuple (V, 19). Le prophète Jean a, imité ces parole^ quand il a dit que le parvis qui est hoirs du: temple est abandonné aux Gentils; ils ne pou^ raient ,pas par conséquent entrer dans le temple. Le sujet le plus curieux de la vision contenue dans ce chapitrç est celui des deux témoitis. Le prophète Jean entend T ange, qui lui dit: Je don^ nerai à mes dewp témoins le potwoir de proplwii^ ser durant 1360 jours (i) ; c^ sont les deux oUçiers et les deux clwndeUers qui sont devant le Seigneur de toute ta terre^ '.:
Cette vision paraît empruntée de Zacharie ( IV, 5, i4)j.qui dit que l'ange lui fit voir deux oHyiérs au-dessus du chandelier, l'un à droite du bassin et
(i) Où trois ans et idemî, de 36o jours chacun.
l'autre à gauche ; il lui demanda ce que voulaient dire ces deux oliviers ; Fange lui répondit : Ce sont deux fils de l'huile qui assistent devant le Seigneur de toute la terre. Il entendait par ces deux fils de Fhuile^ Zorobabel et Josué^ tous deux oints du Seigneur^ dont le dernier était grand sacrificateur. On ne sait pourquoi l'Apocalypse met deux chan-* deliersy tandis que Zacharie ne parle que d'un^ de chaque côté duquel se trouvait un olivier.
Dans le verset suivant ^ l'Apocalypse dit qu'il isortira de leur bouche un feu qui dévorera leurs ennemis y c'est la même idée qui se trouve dans Jérémie (V, i4)> où l'Eternel dit: Je mettrai mes paroles en ta bouche pour y être comme un feu qui consumera ce peuple.
L'Apocalypse donne à ses deux témoins les mêmes pouvoirs qu'aux sept anges avec les sept coupes du chapitre XVI , s^-voir de fi[*apper la terre de toute sorte de plaies^ comme par exemple de changer les eaux en sang; il les place devant le Seigneur de toute la terre comme 1q$ sept lampes ou les sept esprits de Dieu,' qui sont la même chose que les sept anges.
Les corps morts des deux témoins seront étendus sur la place de la grande Cité , qui est appelée spi^ rituellement Sodome et Egypte, et oic notre Seigneur a été crucifié (XI, 8).
L'auteur désigne ici Jérusalem, qui est aussi comparée à Sodome et à Gomorrhe par les prophètes Esaîe et Jérémie. Esaîe, I, 9, et III , 8 : Je-
ruscdem est trébuchée, et Juda est tombée ils ont
publié leur péché comnie Sodome, et ne Font point c^fe'. Jérémie^ XXIII, i4; etLament. IV, 6: La peine de riniquiié de la fille de mon peuple (Jérusalem) est plus grande que la peine du péché de Sodome.
Jérémie fait allusion à la prise de Jérusalem par le serviteur du roi de Babylone (LU, i5) qui brûla toutes les maisons et les palais de cette ville , qui en démolit les murailles. Le roi fit transporter à Babylone 4600 personnes des Juifs.
Les deux témoins, tués par }abete, se relevèrent sur leurs pieds au bout de trois jours et demi , et ils montèrent au ciel dans une nuée à la vue de leurs ennemis. Cela parait imité des Actes où nous lisons que Jésus-Christ , après être ressuscité le troisième jour et avoir apparu, à ^es. Apôtres , fut élevé pendant qu'ils le regardaient, et une nuée le soutenant remporta de devant leurs yeux. Pourquoi la résur^ rection des deux témoins a-t-elle lieu au bout de trois jours et demi, au lieu de trois jours? Cela aurait-il quelque rapport avec les trois ans et demi que nous avons vus plus haut?
Ce chapitre se termine par le septième ange qui sonne de la trompette. On entend des voix dans le ciel ; le règne de Dieu et de son Christ est rétabli. Le temps est arrivé où Dieu doit juger les morts.
Le temple de Dieu s'ouvre dans le ciel , on y voit l'arche de son alliance; le dernier fléau est versé sur la terre, savoir une grosse grêle accompagnée de tonnerres et d'un tremblement de terre.
Des circonstances semblables se trouvent au chap. XV, f. 5; on voit s'ouvrir dans le ciel le tabernacle du témoignage qui est dans le temple; les sept anges reçoivent les sept coupes pleines de la colère de Dieu et les versent sur la terre.
Ce chapitre onzième est un composé des plus étranges y de choses qui paraissent n'avoir aucun rapport les unes avec les autres. Elles sont prises ça et là dans l'ancien Testament , et l'une d'elles dans le nouveau. Assurément Fauteur ne songeait pas à Rome chrétienne lorsqu'il parlait de Jérusalem , pas mieux que les prophètes de l'ancien Testament, dont il a emprunté les descriptions.