CHAPITRE XIV
Vision de VagneaUn ^^Dè trois anges votons qu'on peut prendre pour des constellations représentées par des oiseaux. — De deux anges tenant- ùhacun une faux ^ rapportés à deux autres constellations^ ''-^ Bruit des grosses eaux ^
L'au^teur voit Tagneau ou le bélier sur Ik ipontagne de Sîon avec le cortège duodécimal du soleil. L^oiiverture du chapitre VIII de Daniel se fait aussi par la vision d'arîes ou d^un bélier qui avait deux icornes. Les cent quarante-quatre mille personnes qui étaient avec Tagneau , sont les mêmes que celles du chap.'Vn, 1 1, marquées au front, et qui sont sans tache , c'est-à-dire douze mille de chacune des douze tribus^ ou douze fois douze iuille. Cest la suite naturelle des douze signes, dont le premier -est Aries, qui porte le' stolèilV C'est' iel^c' raisoti que PApdéalypse dit d'eux (<^. 4) • Geiéx'^ln suivent T agneau quel-que pari quil àiUè/ c^ûeî la ipoue des signes qùîtourlie qonstaminë^t, en pàrtatit d'Aries, et qui avec les viftgt-qtiatre -heures ^vieillards) forment l'harmome univérëétlé , Wéc' des icbàhits et des -harpes. ■ Les trois anges qui volaient au milieu du ciel paraissent être trois constellations brillantes représentées par desbiseaùK; savoirs l'aigle ou vulturvolans ^
le vautour céleste ou vultur cadens (i) , et le cygne j ces trois constellations sont très-rapprochées les unes des autres dans le ciel. L'auteur les appelle des anges ; parce que les constellations et les étoiles^ suivant les principes des Ghaldéens.et des Perses ^ renfermaient des génies^ ou étaient conduites par des anges.
Le premier ange portait l'Évangile et allait l'annoncer aux hommes; le second annonçait la destruction de la grande Babylone ^ qui doit s'accomplir dans le dix-septième et le dix-huitième chapitre. Le troisième prédisait la défaite de ceux qui auraient adoré la bête et son iniage y et qui seront je-^ tés dans l'étang de feu et dé soufre , ce qui s'exécute dans le dix-neuvième; après quoi le jugement arrivera, comme il arrive en effet au vingtième chapitre. Le jugement une fois exécuté, la nature se renouvelle , et un ordre de choses plus admirable se rétablit dans les deux derniers chapitres. Les Perses croyaient mener une vie tranquille et délicieuse après la résurrection, et que l'ame se reposait agréablement dans le séjour de la lumière.
Après la vision des trois anges volans , vient celle ile quelqu'un ou d'un ange qui ressemblait au Fils
(i) Dans THëmisphère boréal de l'Atlas céleste de Fortin ^ la lyre est représentée par un aigle ou vautour dans une position droite, ou s' élevant perpendiculairement vers le zénith, portant une lyre : ce serait donc le vultur volans ; tandis que la constellation de Taigle serait le vultur cadens , car elle est représentée la tête en bas ou dirigeant son vol vers le baSé Le cygne est représenté avec les ailes étendues et le cou allongé, comme lorsqu'il vole.
de rhomme aMÎ5 snr une nnée blanche^ et qui te^ nait une fiiux tranchante pour moÎMonner (i), le temps de la moisson étant Tenu; vient ensuite un second ange qui sort du ciel avec une faux pour vendanger , les raisins étant mûrs. Dupuis voit dans ces deux anges qui étaient dans le ciel et qui tenaient chacun une faux , deux autres constellations placées aux extrémités du ciel; Tune à Torient, Tautre à Foccident. L'une est Fcrsée , qui tient en main son harpe ou £aiux ^ avec laquelle on dit qu'il coupa la tête à Méduse ; c'est ce qui lui fait donner par Non-' nus répithéte de Drépanéphore , ou porte-ikux* Stoffler appelle cette arme ensisfalcaius.
Fersée est placé dans la voie lactée^ qui ressemble à une nuée blandie ; c'est l'ange ou le Fils de Thom^ me assis sur une nuée blanche ; c'est le beau Fersée, l'amant d'Andromède.
A la partie opposée du ciel est la belle constel^ lation du Bootés, Icare, le vendangeur. Il tient aussi une espèce de faucille ou serpette que les astronomes appellent faix iialica , média seu brei^wr; ses pieds touchent la terre à Foccident , vers le nord«
Ces deux constellations, armées Fune d'une £iax, Fautre d'une serpette , les seules qui aient de tels instrumens, sont nommées dans le calendrier d'Ératosthène parmi les principaux astres qui se
(i) Il «emble que cet ange «oît une répétition dn FiU de rhonne du premier cbi^Ntre, qnt vient sur les nuises, et de la boaclie du* quel sortait une ^pëe ^ dens tranclianf •
trouvent liés ^ dans leur aspect, avecle b'élieit^ , et dont le lever et le coucher coïncident avec le lever d'Aries.^L'inspection seule d'une sphère suffit pour prouver qu'au moment où monte Aries, Persée avec sa faux est à l'orient^ appuyant ses pieds sur rhorizon ; et le Bootès , avec la sienne ^ appuie aussi ses pieds sur l'horizon occidental , tous deux avec la même amplitude nord^ ou à égale distance, vers le nord , des points d'orient et d'occident.
Il y a grande vraisemblance que ce sont ces deux belles constellations qui fixaient 1 equinoxe du printemps^ avec celles ci-dessus nommées^ que l'auteur de l'Apocalypse a voulu désigner par les deux génies armés de faux , qu'il nous présente daùs les cieux.
Les opérations de moissonner , de vendanger^ de jeter la vendange dans une cuve qui regorge de sang, peuvent être empruntée^ du prophète Joêl^ chapitre III. Car on y lit les passages suivans : Mettiez lafaucilley car la moisson est mûre; venez et descendez , car le pressoir est plein; les cuises regorgent, car leur malice est grande. i8 : Les monta-gnes distilleront la liqueur qui sort de la vendange.