‹ Éclaircissemens sur l'Apocalypse et sur l'Épitre aux Hébreux, ou analyse de leur compositionChapitre 43 sur 48 · SIS · texte numérisé non relu

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Dieu veut qu^on loi ofiVe des louange» pour A'ictimes; il ne veut ni sacrifices^ ni oblations; il ne de- , mande ni holocauste, ni victime pour le péché, encore moins des victimes humaines. Combien ces déclarations s'accordent mieux avec sa miséricorde; sa justice parfaite et sa grandeur infinie ! Ah ! cessons d'assimiler Dieu aux souverains de la terre et aux hommes en général^ que Ton apaise ou que Ton gagne par des offrandes; car je suis Dieu , dit l'Eternel, et non pas un liommej je suis le saint au milieu de vous (Osée, XI, 9). Samuel répondit à Saûl (Sam, XV^ 22 ) : r Eternel se plaît-^il aux holocaustes et aux sacrifices comme à F obéissance quon lui rend? La soumission est préférable au sacrifice, et V obéissance çaut mieux que les plus précieuses victimes.

Peut-être Dieu avait-il exigé des premiers hommes qu'ils lui offrissent des sacrifices^ afin de les fi>rcer à s'occuper constamment de lui, de peur qu'ils ne l'Qubliassent, non qu'il en fût flatté, ou qu'ils fu$* sent nécessaires pour concilier ses faveurs.

M. le professeur Chenevière (p. 270) ne voit aucune preuve dans les historiens sacrés, que les premiers sacrifices fussent d'institution divine. Lorsqu'il est fait mention, dit-il, pour la première fois d'un sacrifice, c'est incidemment, et non pour raconter l'histoire de son introduction.

Le sujet de la mort de Jésus-Christ, considérée commié un sacrifice, est trop important, pour que je puisse le quitter sans ajouter les réflexions que m'a suggérées la lecture du cinquième Essai de M. le

filé

professeur Chenevière^ intitulé : De N. S. Jésus-' Christ y de ses bienfaits et en particulier de la Ré-^ demption. Voici ces réflexions :

La grande objection que j'aurai toujours contre les doctrines des Apôtres, c'est qu'elles ont été enseignées si tard, après qu'un grand nombre de générations s'étaient succédé sur cette terre , qui n'en ont ^u aucune connaissance, et qui par conséquent n'en ont pas profité. Ce ne sont pas seulement les nombreuses générations qui , pendant quatre mille ans , se sont succédées dans toutes les parties de nôtre globe depuis la création , c'est encore celles qui se succèdent et qui se succéderont parallèlement aux nations chrétiennes; telles que les Mahométans, les Hindous, les Chinois et tous les peuples qui n'ont pas été convertis au Christianisme, qui forment les trois quarts des habitans du globe. Si les doctrines dés Apôtres étaient aussi importantes qu'ils les représentent. Dieu n'aurait pas attendu si long-temps à en faire jouir les hommes, il en aurait fait part à toutes les nations ; je conclus donc que les Apôtres sont en partie lés inventeurs de ces doctrines , et que Jésus-Christ lui-même ne les a point enseignées; ainsi, par exemple, il n'a point considéré sa mort comme un sacrifice mystérieux auquel les hoin'mes dussent leur salut (i).

(i) J'ai fait observer dans mon Examen de la Doctrine desJEcritures^ etc, pag. 167, que lorsque Jësus-Clirist donna la coupe à ses disciples , il ne dit point que ce fût en sacrifice que son sang sera

La mort de Jésus ne peut pas être, comme le pense M. le professeur Chenevière, un'^acte a,uquel Dieu ait attaché le pardon qu'il veut accorder aux hommes. Il n'avait pas besoin, dans aucun temps, depuis la création de Thomme , de cette mort pour le pardonner, ou plutôt pour avoir du support envers ses créatures qu'il a formées avec leurs imperfec^ lions. Faut-il qu'il pardonne les hommes de ce qu'ils se livrent aux penchans qui sont dans leur nature et qu'ils ont reçu de leur Créateur? Ce serait à Dieu de se paixlonner à lui-même de ce qu'il a créé l'homme impadait, et de s'en repentir,

La mort de Jésus-Christ considérée comme un sacrifice nécessaire aux yeux de Dieu pour le concilier avec les hommes , est donc une doctrine in-* ventée par les écrivains sacrés , pour se conformer juix idées des Juifs , pour rendre raison de la mort de leur Maître^ et surtout de sa mort ignominieuse, Et pour la faire considérer sous un point de vue favorable; mais Dieu n'avait pas besoin de cette mort pour diriger sa conduite avec les hommes. Pourquoi aurait-il choisi une victime excellente et pure , qui offrit sa vie et qui se laissât crucifier, comme le pense M. Chenevière , pour continuer à faire jouir les hommes des bienfaits de sa providence , et à les

répandu, mais en Mgne delà nouvelle alliance; par allusion au îuing de Tancien agneau pascal qui ne fui point répandu non plus en sacrifice , mais eu signe de l'alliance que Dieu traitait et contractait avec les Israélites appelas dès ce moment a faire corps de nation.

faire jouir ou souffrir des conséquences de leurs actions y suivant qu'elles sont bonnes ou mauvaises. Cette doctrine de sacrifice , de victime humaine , est des plus révoltantes ; elle est indigne de la grandeur , de la toute-puissance et de la toute indépendance de Dieu. C'est une insulte faite à la Divinité. La mort de Jésus-Christ devait-elle , pouvait-elle changer la conduite que Dieu avait tenue avec les hommes dès leur existence sur la terre? C'est cependant ce qu'il faut supposer; alors on voit tout de suite combien une telle supposition est inadmis* sible. M. Chenevière me semble en contradiction avec lui-même ; car il commence par prouver que Dieu ne veut point de sacrifice (pag. 275), qu'il n'en tient aucun compte, qu'il les repousse même s'ils ne sont pas un témoignage de repentir et d'amendement; ensuite il lui en faut un; il lui faut les souffrances et la mort d'un juste y pour se réconcilier avec les hommes ; il lui faut une mort honteuse et cruelle j le sacrifice du Fils unique ; Dieu n'a pas épargné son bien-aimé ; ce n'est pas pour lui que Jésus a souffert, c'est pour nous. Le Christ n'aurait pas souffert , si l'homme eût persévéré dans l'innocence. C'est à cause du sacrifice de Christ que les pécheurs reçoivent le bienfait du salut. Toutes ces phrases sont extraites du cinquième Essai de M. Chenevière (i); elles sont^ il est vrai,

(1) Pages273, 276,290, 291, 294. 298 , 3o2 ,343, sur la phrase : « le Christ n^aurait pas soufferl si Thomme eût perséve're' dans

en harmonie avec la doctrine de saint Paul écri* vant aux Romains ; l'Âpôtre leur dit que Jésus-- Christ est mort pour des impies; qu'il est mort pour nous y que nous serons délii^rés par lui de la colère de Dieu* Il dit aux Éphésiens : Jésus- Christ s'est offert lui-même à Dieu pour nous ^ comme une ablation et une victime de bonne odeur»

En considérant la mort de Jésus-Christ comme un sacrifice , on ne peut s'empêcher de la considérer comme une punition , car on ne peut pas répandre le sang de quelqu'un et le faire mourir ^ * sans le faire souffrir ; c'est alors une punition ^ non méritée , il est vrai » dans le cas de Jésus-Christ ; ainsi Jésus a souffert pour les autres ; le juste pour les injustes ; le pur pour les impurs ; l'infiniment digne pour les impies et les méchans. Oh I étrange conception !

Je remarquerai que le sang de Jésus-Christ ne fut point versé ; car quelques gouttes de sang qui tombèrent de ses mains et de ses pieds, ne sont pas une effusion de sang : cette, expression est emprun-

« l'innocence. » Je demanderai de quelle innocence M. Clieneviére veut parler ? Est-ce de l'innocence d'Adam avant qu*il eût mange du fruit défendu? mais Tau leur n'admet pas le péché originel; est-ce de Tinnocence de Thomme avant la venue de Jésus-Christ? mais dans quel temps r homme a-t-il été complètement innocent? Il suffit d'ouvrir l'ancien Testament pour voir tous les excès auxquels les hommes se sont livrés en tout temps. Il y a toujours eu une variété infinie dans la conduite des hommes : les uns plus ou moins vertueux , les auti*es plus ou moins pécheurs , snivant leur caractère et leur éducation. Les hommes d'autrefois ressemblaienl k tous égards aux hommes d aujourd'hui.

tée des anciens sacrifices ^ où l'on répandait vraiment le sang des victimes ^ en les égorgeant et ea les dépeçant en six parties.

On exagère la laideur des actions des hommes , on les représente comme des péchés abominables ; on représente Fhomme comme un être coupable > commettant de mauvaises actions tous les jours de sa vie (i) ; les actions les plus innocentes et les plus naturelles sont des péchés ^ et l'on oublie que l'homme est la créature de Dieu^ que c'est de Lui qu'il a reçu son organisation ^ ses facultés, ses passions ^ ses penchans , son idée du bien et du mal ; qu'il agit selon sa nature , sa raison , selon les impulsions qu'il reçoit. A côté de cela , Dieu ne lui a-t-il pas donné des règles de conduite (et il n'a pas attendu la venue de Jésus-Christ pour cela ) , pour résister aux penchans nuisibles à la société et à lui-même? Du moment qu'on reconnaît que ces règles sont émanées de Dieu, et qu'elles sont clairement énoncées, on n'a besoin d'aucune autre raison pour s'y conformer.

Si les actions des hommes étaient si laides aux yeux de Dieu, il devrait avoir en horreur l'œuvre de ses mains, il se repentirait d'avoir fait l'homme tel qu'il est. Ce ne serait pas l'homme qu'il faudrait pardonner de n'avoir pas cette perfection chi-

(i) La Revue méthodiste â' octobre i852, du canton de Yand, foutieut la doctrine de la complète et totale dépravation de l'hoanme ; il faut être un Yoltatre^ dit-elle, pour la nier. ^

mériqiie créée par L'imaginalion de quelques hom-* mes y mais Dieu de ne la lui avoir pas donnée. Le sacrifice de Jésus-Chrisl serait donc pour pardonner Dieu, et non pour obtenir le pardon de l'homme.

J'avais exprimé , dans mon ouvrage sur la Doc* trine des Ecritures , touchant la personne de Jésus* Christ^ le vœu de voir effacer de nos prières les mois , nés dans la corruption , enclins au mal , incapables par nous-mêmes de faire le bien {i)\ mais jusqu'à présent mon vœu n'a pas été exaucé , tant ^t forte finfluence de l'habitude. Notre clergé aime mieux offenser la Divinité chaque dimanche , en disant que le chef-d'œuvre de la création terrestre , l'être doué de la raison y capable de sentimens nobles et généreux y est sorti des mains du Cj*éar teur , un être corrompu , méchant , incapable de faire le bien. Quel blasj^ême contre la sagesse et la bonté de Dieu !

Les Mahométans , qui sont comme les Chrétiens des créatures de Dieu ^ qui forment des nations trèsnombreuses, dont la religion est également protégée par Lui, religion qui selon toutes les appa-^ rences durera aussi long -temps que la religion chrétienne , car je ne crois pas qu'on puisse jamais engager les Mahométans à adorer la mère de Jésus, et les reliques des saints ^ ou à croire [à la Trinité ;

(i) On sait que ces phrases tirent leur origine de la doctrine du péché originel, démontre'ë fausse par plusieurs habiles théologien!^ doctrine qui ne date q\ie du qufttrièni^ siècle..

'eux qiii répètent dans toutes leurs prières : // n'jr a de Dieu que Dieu , il ri y a point à! autre Dieu qite lui , qui accusent les Chrétiens d'adorer plusieurs dieux ; eux qui ne saluent point les premiers un Chrétien, qui ne se lèvent point les premiers en sa présence ; eux qui , s'ils rencontrent un Chrétien dans la rue , le forcent à se ranger de côté et à leur céder le trottoir ; eh bien , ces Mahométans ignorent et ne comprendraient pas ce que c'est que la Rédemption obtenue par le sang de Jésus-Christ ; si on leur en parlait, ils se moqueraient de cette doctrine exclusive , ils diraient qu'ils savent bien s'en passer , puisque Dieu s'en est passé pendant quatre mille ans ; qu'ils ne reconnaissent qu'un seul Dieu clément et miséricordieux , dispensateur de tous les biens et de toutes les jouissances de la vie , et assez indépendant pour savoir se diriger par lui-même dans sa conduite envers les hommes, sans se laisser influencer par le sacrifice d'un tiers, n'ayant d'autre motif que sa propre sagesse; que Dieu est leur refuge , que c'est de Lui que , pleins de repentir , ils invoquent le pardon de leurs péchés.

Je voudrais pouvoir interroger les gens sensés des anciennes villes de Rome » d'Athènes , de Sparte^ de Tyr, etc. , sur la Rédemption, la satisfaction et la justification , si tant est qu'on pût leur faire comprendre ce qu'on entend par ces mots ; ils demanderaient pourquoi ils n'en avaient pas connaissance , si ces doctrines étaient essentielles pour le salut des hommes; ils diraient que

les dieux tout - putssans ^ qui ^ dés l'existence de l'homme sur la terre ^ se sont occupés de son bonheur , n'auraient pas privé tant de générations de ce qu'ils avaient jugé nécessaire à d'autres ; que d'ailleurs les dieux ne prennent conseil que d'eux* mêmes, que leurs motifs d'agir sont en eux-mêmes. Ces gens sensés pourraient nous demander à leur tour : Mais les nations qui ont reçu le présent inestimable de l'Evangile , en ont-elles toujours pro-fité ? racontez-nous ce qui s'est passé dans cette fameuse Rome devenue chrétienne. Hélas I nous leur répondrons, le cœur navré: Cette Rome, le centre de la chrétienté^ a , pendant plus de dix siècles, interdit la lecture de l'Evangile; elle s'est plongée de nouveau dans l'idolâtrie et dans la dissolution, elle a corrompu les enseignemens de Jésus-Christ , elle a inventé des doctrines qui renversent le fondement de la foi chrétienne; au lieu d'un seul Dieu , elle en a créé mille , elle a rétabli les cérémonies du Paganisme. Les mœurs de son clergé se sont dépravées. Pendant plus de dix siècles , cette ville a été comparée à la Bête, ou à la Babylone et à la grande prostituée de l'Apocalypse. Les divers auteurs qui ont vécu pendant ce long espace de temps, ont fait une peinture affreuse de la corruption de l'Eglise romaine. L'un d'eqx^ Pierre Damien, cardinal d'Ostie , disait que les eaux du déluge ne sufHraient pas pour laver les ordures de l'Eglise romaine, ni le feu de Sodome et de Gomorrhe pour punir ses crimes. Au commencement du seizième siècle, quoi-

que les crimes régnassent presque partout^ ils avaient néanmoinB à Rome leur siège et leur empire*

Pour prouver Tidolâtrie de l'Eglise romaine , je ne puis mieux faire que de copier Abauzit dans une lettre qu'il adressait à une^me de Dijon sur ce sujet f vers le milieu du siècle dernier,

M Dans l'Eglise romaine ^ dit^il^ on demande des grâces à la Viei^e et aux saints^ dans plusieurs hymnes ou prières^ absolument^ directement^ et non par voie de simple intercession. On consacre en leur honneur des temples et des autels. On sacrifie tous les jours en leur honneur le propre Fils de Dieu, Tout est plein de leurs reliques ou de leurs images; on les baise dévotement^ on brûle de l'enc^isen leur honneur^ on se prostei*ne devant elks, on court en pèlerinage aux plus fameuses^ on en attend des guérisons^ la pluie ou le beau temps; et ce n'est pas le peuple seul qui fait cela ^ c'est le clergé qui est à la tête du peuple et qui le conduit avec beaucoup de pompe et de solennité.

<c Ce qu'il y a de certain ^ c'est que les Païens n'en fesaient pas autant pour leurs demi^ieux ou héros déifiés ; du moins ils n'ont jamais partagé les corps de leurs héroSy pour en prendre, l'un la téte^ l'autre le pied , un autre l'épaule, la main ou le bras, pour les poser sur des autels, pour les encenser, les baiser et les vénérer. Jamab ils n'ont eu des reliquaires où l'on mît en réserve des cheveux , des bouts de cordons des ceintures, des chemises, des voiles, de vieux haillons, et autres choses de cette nature.

pour se mettre à genoux devant elles et les exposer à la vénération dès peuples. »

a L'Eglise romaine ne saurait se laver elle^^n^m^ de rétrange culte qu'elle rend aux saints et qu'ellç oblige de leur rendre :y sous peine d'anathènaç ,1 4^ ces prières qu'on leur adresse bien plus souvent qu'à Dieu. Le second concile de JNicéev confirmQ par celui de Trente , ordotnne non^seulement de vér nérer, mais aussi d'adorer les ^^^^«^y.bien plus^ il frappe d'anathème quiconque douterait seulement qu'il fallût les adorer. Saint Thomas et saint Boqa-r venture ont enseigné qiioxi doit à ï image le mêrru^ honneur qu à V original. » Y eut-il jamais de défense plus expresse de la part de Dieu , que ceUe de se prosterner devant les images! )

« En Espagne et en Italie^ disait encore Abauzit.^ les peuples oublient Dieu pour ne songer qu'à la madone; les génuflexions s'adressent toutes à sa statue. »

Le cagot Charles X, à l'occasion du jubilé de 18269 s'étant rendu à Notre-Daine^ l'archevêque lui adressa un discours auquel il répondit : ce Les grâces « que nous venops de recevoir^ nous les devons ^à la c( protection de l'auguste mère de Dieu (i), et c'est (( par elle que nous en obtiendrons de plus grandes « encore. » Il faut avouer que la mère de Dieu n'a pas accordé à cet homme^ vendu aux Jésuites adora- ' ■ ■ ' ' " . " • ' ' ' ' y

(1) Quelle impiétd! Il y a de plus sainte Anne, appelée par les papistes la mère data mère de Dieu, mais en bon français ta grand!^ mère de Dieu!

tears de Marie, les grâces sur lesquelles il comptait; peut-être que s'il s'était adressé à Dieu, seule source de toutes grâces^ il aurait eu plus de succès, et qu'il ne serait pas descendu si précipitamment de son trône,

L'évêque de Grenoble disait dans un mandement, en mars 1829 : « Enfin , au jour des grandes afflic- Xi tions, nos pères ont espéré en Marie, et ils ont a été exaucés et ils ont été sauvés, »

Le pape actuel , Grégoire XVI , dans sa lettre en^ cyclique adressée à tous les prélats, datée du x5 août dernier, dit entr'autres : « Levons les yeux et les <c mains vers la très-sainte Vierge Marie, qui seule a ce anéanti toutes les hérésies, et qui forme notre ce plus grand sujet de confiance, ou plutôt qui est ce tout le fondement de notre espérance, etc. »

Y a-t-il une plus grande idolâtrie que celle d'adorer et d'adresser des prières à la créature à la place du Créateur, et d'oublier Dieu, le seul Rédempteur, le seul protecteur, eh qui seul nous devons placer toute notre confiance^ pour lui substituer une femme, ignorant les paroles de saint Paul à Timothée : // ny a quuh seul Dieu et un seul mc?diateur entre Dieu et les hommes ^ Jésus^ Christ--

. (1) Le Pape a daté sa lettre du jour solennel de TAssomption de la bienheureuse Vierge Marie; et Ton sait que cette assomption est une fable étrangère aux Evangiles , et inventée vers le neuvièone siècle. Le comte de Montlosier disait qu'au douzième et au trei-» zième siècle, la fêle de T Assomption, ainsi que le miracle qui y a donné Ueii> n* étaient pas connus.

homme ! O Mahométans I c'est avec raiâon qoe vous méprisez une classe nombreuse de Chrétiens.

Nous venons de donner des preuves, tirées de Fhistoire, de l'extrême corruption de TEglise 1*0maine , tant pour les mœurs que pour les doctrines religieuses; et lorsque les Chrétiens , à différentes époques , voulurent revenir à la lecture de TEvan-* gile pour en suivre les préceptes, pour épurer les mœurs et pour adresser à la Divinité un culte tel que Jésus-Christ Tavait enseigné, que de luttes sanglantes des ténèbres contre la lumière , de Fignorance contre Tinstruction, du despotisme contre la liberté, de la persécution contre la tolérance , de la rapacité et de la vénalité contre le désintéressement! Oh ! horreur des horreurs !

Pendant ces dix siècles d'ignorance et de corruption , les habitans de Rome et surtout sOn clergé valaient-^ils mieux, étaient-ils plus éclairés (i) que les habitans de Rome sous la république et sous les empereurs païens ; valaient-ils mieux aux yeux de Dieu, que ceux d'Athènes et de Sparte? Et cependant, en admettant la doctrine de la Rédemption telle que l'enseignent saint Paul et l'Epître aux Hébreux, ces peuples en auraient été privés; Jésus- Christ se serait sacrifié pour des générations qui, au lieu de profiter du don inestimable de son Evan« gile , l'auraient abandonné et se seraient plongées dans tous les vices que l'ignorance et la superstition ^»^— — ■— i— — 1 1 I II I I III II — — i— — 1^— — ■

(1) Eux , qui avaient éteint le flambeau de TEvangile.

enfantent {• Il se serait Bacrifié , il aurait fait tomber le châtiment snr lai^ pour mettre ces générations à l'abri dii jnsie châtiment de Dieu! doctrine indigne dB la souveraine justice et de la tout«-puissance de î)ieû !

Jésus-Christ est venu dansr le monde pour ramener leè hommes à la vertu €* à l'adoration du seul Vrai Dieu ;- au liéù de cela ils se sont livrés aux vides et à f idolâtrie plus que jamais, et cela pendant plus de siècles que n'a duré la république romaine (t).

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' (l) II. ne faut pas confondre tôtitès les gënërations entre éHes: il y en a eu de plus ddpravées les unes que les autres , et au milieu même de celles qui l'étaient le plus, la vertu s'est toujours réserve un refuge dans plusieurs familles restées ignorées , ^arce qu'elles vivaient dans la retraite. De ce qu'il y-a des hommes dépravés, il ne s'en suit pas que tous les hommes le soient.

La vertu se retirait chez les Albigeois et chez lesVàudoîs; en Angleterre , chez les disciples de Wickli0e, et chez, tous les i*éformes des huit siècles qui précédèrent la Réformatien générale ; chez Ces hommes qui voyaient avec horreur les déréglemens du clergé romaÎB, et qui repoussaient Tidolâtrie et les superstitions de TE^lise romaine, pour ne suivre que les préceptes de TEvangile. Ils fesaiènt, dit Elasnage , revivre là parole de Dieu et' les vérités de V£vangile « qu'oi) avait ensevelies sous un amas de traditions humaines*

CeKe religion , qui devait servir de lien de fraternité entre les hoJiiBaeb, a^, jiendantdes siècles , servi d' instrument d'ambition , de tyrannie et dj3 persécutions sanglantes.

' Des monstres sous la figure humaine , iqui usurpaient le nom de Cbrétioiifi^ fesaient souffrir les tourmens du feu et consumaient dans Jes flammes les yrai^ disciples de Christ, et représentaient ces supplices comme les effets de la justice vengeresse de Dieu. O perversité du cœur liumain, quand il est corrompu et gangrenépar Tesprit insatiable de domination. Et c'est pour ces monstres, souvent revêtus des titres d'évéques , d'archevêques , de légats , que Jésus aurait souffert !

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Suivons donc les enseignemens de Jésus^Christ et non ceux de saint Paul, et ne considérons point la mort du premier comme un sacrifice-pour absoudre les hommes de leurs crimes > ces hdinmes qui^, bien loin d'avoir suivi les préceptes du Sauveur/ les'ont foulés aux pieds.

Après cette longue digression^ nous reviendrons encore quelques momens à TEpîtl^e aux Hébreux.

L'auteur^ comme celui de l'Apocalypse, annonçait la venue du Sdgneur comnie pfoohaine. II dit aux Hébreux (X, 56, 57) : Vous avez besoin depar» tience, afin quenfesant ce que' Dieu "vous a com^ mandé j vous obteniez les biens qui vous sont prôfftis: attendez seulement encore tant soit peu. Celui qui doit venir y viendra f Une tardera point.

On pourrait croire que Tauteur emploie ici les paroles du prophète Hàbacue , qui exhortait le peuple de Dieu à la patience j^at* ràssûràncé il' une délivrance pi'ochaine (Hab4;II,.5,4)^ Si. ce que tu ai vu dans la vision est différé ^ attends-^le^. car il arri* vera assurément y, -et il ne fardera point. D'ailleurs l'auteur de rEpUre ne ^tqu^répétetr ce qu'avaient annoncé Matthieu, Marc et Lujc, savôir(|ue Tavéner ment du Fila de l'honsime 'étMt proche et à la porte.

On l'attend encore, comme on attend l'apparitidn de la Jérusalem céleste*

L'auteur de l'Epître dit aux Hébreux, XU, 2a : f^ous vous êtes approclws de la montagne de S ion , de la cité du JDieu vimntf de la Jérusalem céleste^ des milliers d*anges, de rassemblée et de t Eglise

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