TROISIÈME PARTIE
Préludes symboliques.
VIII. 5. Alors ïl vint un autre ange qui se tint debout devant l’autel, portant un encensoir d’or, et on lui donna une grande quantité de parfums, afin qu’il présentât les prières de tous les saints sur l’autel d’or qui est devant le trône. 4. Et la fumée des parfums, composée des prières des saints, s’éleva de la main de l’ange devant Dieu. 5. Et l’ange prit Fencensoir ; il le remplit du feu de l’autel, et ïl Le jeta sur la terre ; et il se fit des tonnerres, des voix, des éclairs et un grand tremblement de terre.
X. 1. Je vis un autre ange fort qui descendait du ciel, revêtu d’une nuée, ayant un arc-en-ciel sur la tête ; son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu. 2. [1 avait à la main un petit livre ouvert; et 1l mit le pied droit sur la mer, et le pied gauche sur la terre. 3. Et il s’écria à haute voix, comme un lion qui rugit; et après qu’il eut crié, sept tonnerres firent éclater leurs voix. 4. Et les sept voix des sept tonnerres ayant éclaté, je me mis à écrire ; mais j'entendis une voix du ciel qui me dit : Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, et ne l’écris point... 8. Et j'entendis la voix qui me parla encore du ciel, et me dit : Va, et prends le livre ouvert de la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. 9. Je m’approchai donc de l’ange, en lui disant qu'il me donnât le livre. Et il me dit : Prends le livre, et le
“dévore : il te causera de l'amertume dans le ventre, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. 10. Je pris le livre de la main de l'ange, et je le dévorai; il était doux dans ma bouche comme du miel; mais après que je l’eus dévoré, il me causa de l’amertume dans le ventre. 11. Alors il me dit : Il faut encore que tu prophétises aux nations, aux peuples, aux hommes de diverses langues et à plusieurs rois.
Remarque.
Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres : qu'est-ce à dire ? Que tous les maux qui doivent accabler le monde ne sont pas également proches. Oportet primum hæc fieri, sed nondum statim finis. (Math., xx1v, 6.) Selon Péternité, tout est proche, et c'est pourquoi l'ange dit ailleurs à saint Jean : Ne scellez point les paroles de la prophétie de ce livre, car le temps est proche. {xxn, 10.)
XI. 1. On me donna une canne semblable à une perche, et il me fut dit : Lève-toi, et mesure le temple de Dieu, et Fautel et ceux qui y adorent. ?. Mais laisse Le parvis qui est hors du temple, et ne le mesure point, parce qu'il a été abandonné aux Gentils : et ils fouleront aux pieds la sainte cité pendant quarante-deux mois.
Remarque.
Ces quarante-deux mois ne différent en rien des trois jours ef demi de la vision des deux témoins, qui vient : aussitôt après. Quarante-deux mois font trois ans et demi. Les trois jours désignent donc des années, et ces années sont peut-être des siècles. Les Gentils pourront bien dévaster l'Eglise, tenter de la noyer dans le sang des martyrs : ne leur sera pas donné de lui ravir les dons intérieurs de Dieu. La foi résiste aux persécutions, et il est écrit de la charité que les flots des tribulations ne sauraient l'éteindre.
XI. 3. Et je donnerai à mes deux témoins, et ils prophétiseront mille deux cent soixante jours, revêtus de sacs.
4. Ceux-ci sont deux oliviers et deux chandeliers qui sont «iressés en présence du Seigneur de la terre.
- 5. Que si quelqu'un veut leur nuire, il sortira de leur - bouche un feu qui dévorera leurs ennemis: car celui qui les woudra offenser, il faut qu’il soit tué de cette sorte. 6. Ils ont la puissance de fermer le ciel, pour empêcher la pluie de tomber durant le temps qu'ils prophétiseront, et ils ont le pouvoir de changer l’eau en sang, et de frapper la terre “le toutes sortes de plaies, toutes les fois qu'ils le voudront.
7. Quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui s'élève de labime leur fera la guerre, les vaincra et les tuera.
8. Et leurs corps seront étendus dans les places de la grande ville, qui est appelée spirituellement Sodome et Egypte, où même leur Seigneur à été crucifié.
9. Et les tribus, les peuples, les langues et les nations, werront leurs corps étendus trois jours et demi, et ils ne permettront pas qu'on les mette dans le tombeau.
10. Les habitants de la terre se réjouiront de leur mort; ils en feront des fêtes et s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes tourmentaient ceux qui habitaient sur la terre. 11. Mais après trois jours et demi, PEsprit de vie entra en eux de la part de Dieu; ils se relevèrent sur leurs pieds, et ceux qui les virent furent saisis d’une grande crainte. 12. Alors ils entendirent une voix forte qui leur dit du ciel : Montez ici. Et ilS montèrent au ciel dans une nuée, à la vue de leurs ennemis. 18. A cette même heure, il se fit un grand tremblement de terre ; la dixième partie de la ville tomba, et sept mille hommes périrent dans le tremblement de terre ; le reste fut saisi de crainte, e& donna gloire au Dieu du ciel.
Remarque.
Quoique ce passage S'entende généralement d'Elie el d'Hénoch, il faut bien avouer que tout ce qui est dit ici des deux lémoins convient merveilleusement aux saints supôtres Pierre et Paul. La bète les tua ; elle les lua à
Ne
Rome, dans la grande ville ; Zeurs corps restèrent sans
| gloire pendant près de trois siècles: puis tout d’un cou, | à la paix de l'Eglise, de somptueuses basiliques s’élevèrent au-dessus de leurs cendres. Voilà comment ils montèrent . au ciel à la vue de leurs ennemis. Peu de temps après, Rome | étail saccagée par les barbares. À la vérité, il semble que | Jérusalem, et non pas Rome, soit la ville où leur Seigneur a été crucifié. Mais il faut songer que le crucifiement fut ordonné par Ponce Pilate, gouverneur romain, et ecoécuté par des soldats romains.
VII. 1. Apres cela, je vis quatre anges qui étaient aux quatre coins de la terre, et en retenaient les quatre vents, pour les empêcher de souffler sur la terre, ni sur la mer, nt sur aucun arbre. 2. Je vis encore un autre ange qui montait du côté de l’orient, et portait le signe du Dieu vivant; et il eria à haute voix aux quatre anges qui avaient le pouvoir de nuire à la terre et à la mer, 8. En disant : Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu.
XIV. 6. Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, portant l'Evangile éternel, pour lannoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. 7. Il disait à haute voix : Craignez le Seigneur, et donnez-lui gloire, parce que l'heure de son Jugement est venue; et adorez celui qui à fait le ciel, et la terre, et la mer, et les fontaines.
XIV. 14. Et je regardai, et je vis une nuée blanche, et quelqu'un assis sur . nuée, semblable au Fils de lPhomme, ayant sur la tête une couronne d’or, et en sa main une faux tranchante. 15. Alors un autre ange sortit du temple, criant à haute voix à celui qui était assis sur la nuée : Jetez votre faux, et moissonnez, car le temps de moissonner est venu, parce que la moisson de la terre est mûre. 16. Celui donc qui élait assis sur la nuée jeta sa faux sur la terre, et la terre fut moissonnée. 17. Et un autre ange sortit du temple qui est
dans le ciel, ayant aussi une faux tranchante. 18. Il en sortit de l'autel encore un autre, qui avait pouvoir sur le feu ; et il cria à haute voix à celui qui avait la faux tranchante : Jetez votre faux tranchante, et vendangez les raisins de la vigne de là terre, parce qu'ils sont mûrs. 19. Alors l’ange jeta sa faux tranchante sur la terre, et vendangea la vigne de la terre, et il en fut jeter les raisins dans la grande cuve de la colère de Dieu. 20. Et la cuve fut foulée hors de la ville ; et le sang sorti de la cuve monta jusqu'aux brides des chevaux par l’espace de mille six cents stades.