Tanchc-ris
Sans pouvoir affirmer que toutes ees désinences en rts ou ris représentent le mot égyptien P H, soleil , on doit penser qu’un assez grand nombre, que le plus grand peutêtre, appartient à celte catégorie Or, comme nous avons une certaine quantité de cartouches uniques des premières dynasties qui commence par le signe pH , on doit penser que la règle de lecture du renversement des caractères s’appliquait i la plupart de ces cartouches. Cette expression si fréquente de la dévotion au soleil, qui, comme on vient de le voir, ne commence à être exprimée dans les noms des rois
qu’au milieu de la deuxième dynastie, peut servir à expliquer aussi pourquoi le titre de fils du soleil précède constamment le cartouche-prénom des Pharaons postérieurs. Nous reconnaissons la transcription de ce titre dans le nom du prince placé en tête de la IV* dynastie , Sorit.
L’opinion que nous venons d'exprimer, quelque vraisemblance qu’on lui accorde, ne pourrait néanmoins être soutenue avec avantagerai nous n’avions à alléguer à l’appui que la transcription du nom de Mencherès. Mais voici d’autres exemples qui n’ont pas été cités jusqu’à ce jour, et qui me semblent également concluants.
Parmi les cartouches que les savants de l’expédition franco-toscane ont copiés dans les tombeaux voisins des pyramides, figure celui-ci :
M. Rosellini l’a transcrit, Tav. 1, n“ 5, de ses Monumenti storict.
Le fragment d’une liste des anciens rois Memphitcs , rapporté par M. Wilkinson dans sa Materia hieroglrphica , et reproduit par M.
Leemans {lettre à Sain. pl. 1, n° 15), offrait, transcrits horizontalement, les deux premiers caractères de ce cartouche. M. Leemans a complété le non» au moyen du. cartouche publié par M. Rosellini. Si nous appliquons à ce cartouche la règle du renversement des caractères, nous obtenons le nom No*YC^ipK&pH ? lequel nous rappelle deux Pharaons dn nom de Nepkercherès , l’un de la IV* dynastie, le septième dans l’ordre historique ; l’autre , le troisième de la V* dynastie , dont les princes étaient originaires d'Eléphuntine (i). Gomme on a trouvé le nom hiéroglyphique que nous signalons dans les tombeaux de Memphis à peu de distance des pyramides , on le rapportera , je pense , plutôt à un prince d’une dynastie Memphite. Or, le premier Nephercherès que nous avons cité était le successeur médiat du Pharaon, auteur de 1a troisième pyramide.
Un autre cartouche que nous transcrivons ici.
se trouve plusieurs fois répété sur de nombreux fragments en pierre calcaire, qui ont été détachés d un tombeau voisin des pyramides de Memphis, et font aujourd’hui partiedu Musée Britannique. M. Rosellini, qui n’avait connu ce cartouche que par la Maltria hieroglj phica de M. Wilkinson, l’a rapproched’un autre cartouche, également copié à Sakharah, et dont voici
la transcription :
est effectivement M. Rosellini (M.
l’ordre des caracmans a rapproché llau oui s , lctreidu renversement bien autrement
La lecture que ces deux noms fournissent ' la même, et si l’on suit, comine l’ont fait
S. t. II, p. 238) et M. Leemans {Lettre à Sain. p. 19), tères, l’on obtient le nom Bescho wou Heschofi AL Lccavec peu de bonheur, je crois, ce nom de celui de ziéme Pharaon du canon d’Eratosthène. Mais la loi des caractères nous donne un résultat plus probable et important. Effectivement , suivant ce principe , noas
(i) En suppotaat que lalUte de la V« djoaitio chez l'Africain toit authentique et non couipo-
devons MttSchafrry nom qui nous rappelle aussitôt , ou 1 eSephrès de Manéthon , second roi de la \ • dynastie, ou le Chépkren d'Hérodote, auteur de la seconde pyramide. Pour savoir quel choix nous devons faire entre ces deux princes, il suffit de rapporter, d’après M Leemnns (1. 1. p. 19), «la circonstance qu'a près le cartouche du roi, partout où il « se trouve sur ces fragments (ceux du tombeau de Memphis), suit l’expression grande « pyramide, indiquée par l’hirondelle , et la figure même d’une pyramide. » D’après cela, nous devons croire que le premier nom*, par nous rapporté, est celui de Chiphren, auteur d une pyramide presque égale en hauteur et en dimension à celle de Supins ; et comme nous trouvons dans les listes le nom de Sephrès après celui d e* Chépkren , nous sommes autorisés à attribuer ce nom de Sephrès , au second des cartouches que nous avons transcrits.
Je «iis que M. Rosellini, dans ses Monumenti xforici (Tav. I, n* 3), avait produit un cartouche qu’il lisait Senschouf , et dans lequel il reconnaissait le Sensaophis du canon d’Kralosthène, analogue au Suphis // de Manéthon, et auteur de la seconde pyramide. On trouvera cette opinion victorieusement réfutée plus bas, p. 46» dans la lettre que M. le docteur Lepsius a bien voulu nous adresser. Il est clair en effet, comme ce savant le démontre, que le nom de Sensaophis , qui a disparu de la nouvelle édition du Syncelle, est d uniquement À une erreur de Goar. 11 ne reste donc qu’uu second Saophis , analogue au Suphis 11 de Munéthon, et j ai fait voir précédemment{p. 29) que ces deux noms pouvaient répondre à la transcription hiéroglyphique Schafrèy comme à l’autre forme SchoufS. D’un autre côté, les deux premiers caractères • du cartouche qu’on trouvera plus bas, planche II , B, ne se prêtent nullement à la
valeur : GElt^ que leur attribue M. Rosellini ; la lecture proposée
par M. Lepsius, me parait certaine.
Toutefois, je conserve des doutes sur l'attribution que M. Lepsius fait de ce cartouche à un autre roi que le Suphis , auteur de la grande pyramide. D’abord, il est étrange que ce nom se trouve transcrit à plusieurs reprises dans l'intérieur de ce monument , précisément en face de celui de Suphis. Pourquoi ne pas reconnaître ici une de ces variantes de» noms royaux, si fréquentes lors de la XVIII* dynastie, et qui consiste a transcrire le nom du prince tantôt seul , tantôt accompagné d’une épithète ou d’un surnom ? Il me semble qu’il y aurait quelque chose de plus naturel à faire remonter cet usage jusqu'à la IV* dynastie, qu’à supposer qu on aurait employé à la construction de la grande pyramide des matériaux exploités et marqués dans 1a carrière sous le règne d’un prince qui , suivant le témoignage d’Ératosthèue, aurait précédé Suphis d’un certain nombre de générations (1).
me à plaisir de nom* empruntes aux dynasties voiaioea; ce qui reste de la liste d'Euaébe auto* iiserait une U Ile supposition.
(i) Les numa de Seheufô et de S'outchouf se retrouvent 4 la foi» sur un bas*relief de Otiadi- Ma;»ra (Lion de fa Borde , f'oyagc, p. 71 ).
M. Lepsius rapproche le JYouschouf qu’il distingue de Schoufô, du dixième roi de U liste d’Eratosthène. Mais ce roi , au moins dans les textes que nous possédons, ne polie pas le nom d 'Anosyphis, ’Avtaooplç, mais celui d”Av*>û^(ç { ce dernier nom est encore celui que lit M. Dindorf {S y ne. t. I , p. 190} ; et ai la leçon ’Avtaewflç existe dans quelque* manuscrits, du moins elle n’a pas encore été publiée. 11 serait important, si M. Lepsius retrouvait la source de cette leçon , qu’il en donnât connaissance au public. Dans l'état actuel des choses, elle n’est justifiée en partie que par l’analogie de traduction qui existe cher Eratosthène entre le nom ’Avwüÿi; , et le nom Xawf t; — Avtoÿçiç 6 itrrw érriMiouo; — Laû iç>iç xoipaarf,;. k(t>[xa(rrijç , de même que imxcwpo; , veut dire, non comme l’a assez singulièrement traduit Gour, le chevelu, mais le débauché. Ce dernier sens ne résulte pas directement du radical Egyptien ÇytJLlC^ *. ce dernier mol exprime surtout l’idée de destruction et de désolation ; mais la signification qui a prévalu n’est sans doute ni unique, ni même primitive. Oa s’en convraincra si l’on compare à UjUICf , destruert , UjCJ^E sortes, et surtout impius , adulter.
Les idée* de violence , d’impurete et de débauche, sont corrélatives dons toutes les laugués, et peut-être la tradition de Y impiété de Suphis ne reposent- elle que sur 1a signification même de son nom.
Je n’aî pas besoin d'ajouter qu’entre le UJoTSq du cartouche Nü'XUJO'ïq et le do l’autre cartouche, on ne saurait établir aucune différence sérieuse, m poil ion (Gr. Ég. p. 107, ) a clairement établi ic caractère pléonastique de U désinence O** dans les transcriptions hiéroglyphiques.
Je m’arrête dans les rapprochement* que je pourrais faire encore, pour joindre de nouveaux noms à ceux de M enchéris, de Nepherchtrès et de Chéphren. Je me borne à ceux qui me paraissent offrir un caractère d’évidence. L’attention et la sagacité des interprètes de la science hiéroglyphique achèveront la tâche que je ne fais que circonscrire aujourd’hui. À ce» trois noms toutefois on pourrait joindre le IJ&dpH dont j’ai rapporté plus haut le cartouche , en supposant que ce prince ne fût autre que le Lamarus de la Xlî* dynastie, qui s’était fait enterrer, suivant Manéthon, dans le labyrinthe Arsîooïte; le Mteris dont Hérodote décrit la sépulture au milieu du lac artificiel* voisin de ce labyrinthe; le Marnu qui, suivant Dtodore (I. 67), avait construit le labyrinthe bien de» siècles avant Miuoa. Toutes ce» traditions, comme on voit, ae rapportent à une origine commune, et j’ai démontré dons mes leçons orales du cours de 1856-37 a la Sorbonne, combien était peu vraisemblable l’assimilation qu’on a généralement admise entre 1 c Maris d’Hérodote et le Thualmous III de la XVIII* dynastie. Je n’insisterai pas ici sur ces idées, qui exigeraient un long développement ; la seule difficulté (et j’avoue qu’elle est grave) à oe qu’on admette l’identité du U &ApK de» monuments, »•! du prince nommé tour à tour par les historiens Maris , Manu* et Lamarus , est l’existrnee d’nn bas-relief de Ooadi-Magara , dans le voisinage du mont Siuai , publié p u M. Léon de la Borde ( Voyage, pl. V. n®2) (1). D’aprè» ce
(i) Le ooa de M; < vinus existe sur une stèle du mime lieu, Met, p 71.
monument, il semblerait que le cartouche mi dont le nom - propre se lisait | ces deux cartouches se trouvant pour adossas. Le monument en question n’a | blié d’une manière assez complète nous puissions décider si les denx carappartmuient à deux rois différents seul et même prince. Dans tous les cas,
TT
eût été le prénom d
ainsi dire pas été pu-
pour que touches
bien à un le second
ropre, nippe
lie le prince ■
dout j’ai parlé plus haut p, $3, et qui porte chez Matiéthon le nom de Phiops , chez Erstostbène, celui tV Apa pus; et, chose remarquable, ce nom hiéroglyphiques© prête bien à l’une et l'autre transcription. Dans la liste d'Eusèbe, Phiops fait partie de la V* dynastie. — l’ai vu le cartouche, dont je viens de hasarder l'interprétation, gravé seul et sans prénom sur la porte d’un hypogée à Zaouïet-el-Meïteïn dans l'Hcptanomide, à peu de distance de 1a ville moderne de Minieh (1).
Je devrais, en terminant cette note, explique» les rapport du nom Egyptien UEKK&pH avec la traduction ’HAufôoTOç proposée par Eratosthène. Mais l’appropriation rigoureuse de la version grecque an nom original me parait difficile h établir. Le mot K Z», implique, il est vrai, le sens d 'offrande, de présent , de même que le mot pK , signifie soleil , Ainsi les deux éléments qui constituent le mot grec se retrouvent dans la composition du nom égyptien. Mais ’HXioîovoç ne parait pas pouvoir signifier autre chose que : donné par le soleil , de même que 0»éSoro< , 'AancXipnéioTOC , ’AîtoX- Xosotoc, donne par Dieu , Esculape t Apollon y et le sens nature) du nom de OEltK2vpH parait être : celui gui établit les offrandes au soleil , par conséquent; celui (fui donne au soleil. Je ne connais pas d'exemple qui autorise à entendre ainsi le mot grec.
Note fi.
Je pense qu’il est iuutile d’entrer ici dans un examen détaillé de la version proposée j>ar M. Birch. Les erreurs y abondent , et l’on ne peut guère en admettre que le début et 1a conclusion} O Osiris, roi Menkarèy vivant à toujours , engendré du ciel , fils
de JVetphé roi Menkaréy vivant à toujours. La parole, comme on voit , est
adressée an roi lui-même, pour lequel ,oo invoque 1a protection de la déesse JSetphi dans l’autre vie. La légende est surmontée du caractère figuratif ciel y sans doute pour montrer 1a prière déjà exaucée et U protection du ciel s'étendant sur le prince défunt. Nous croyons pouvoir lire vers le milieu de 1a légende : . . . ta mère Nelphè , sur toi ; que son nom puissant dans l’Amenti son soleil est ta lumière . • .
Mais, dans l'état de mutilation du monument, il nous est difficile de rien affirmer. — Au reste, l’esprit du lecteur ne saurait conserver de doute sur l'intention générale de cette invocation.
(») Le cabinet des médaille* et antiques de la Bibliothèque Rot aie posséda u# cy/i mdrt ro porcelaine égyptienne, sur lequel on trouve également isolé la rartoacbe nom propre du roi Apaptu. ' '' 1 '