‹ Éclairs et tonnerreChapitre 18 sur 63 · CE QUE LA FOUDRE PEUT FONDRE · texte numérisé non relu

CE QUE LA FOUDRE PEUT FONDRE

La première fois que la foudre tomba sur le paquebot le New-York^ dans la remarquable journée où ce météore le visita à deux reprises, ce fut pour soi

courant. Il liquéfia complètement ce tube massif sur une longueur qui devait être assez considérable, mais qu*on oublia malheureusement de mesurer. Mous connaîtrions donc le nombre d'unités de chaleur qui furent dégagées, si on avait pris la peine de nous indiquer une mesure linéaire, au lieu de nous apprendre que ce plomb allait du cabinet de toilette du capitaine à la mer, et qu'il servait par conséquent, dans l'état normal, à conduire tout autre chose qu'à compléter un paratonnerre.

Le grand mât du paquebot le New-York était pourvu d'une longue baguette de fer, destinée à recevoir une girouette, et terminée par une espèce de pointe. Une chaîne pliante, longue d'une quarantaine de mètres, se trouvait attachée au bout de cette tige, et servait à mettre en communication électrique le haut du grand mât et l'Océan, le point saillant exposé et le réservoir commun. Cette chaîne aurait donc merveilleusement rempli sa fonction, aucun phénomène lumineux ou calorifique n'aurait pu être aperçu, si elle avait été assez robuste pour supporter le passage des masses èlectritriques qui se sont présentées à la fois. Il ne suflBt point de s'appeler paratonnerre; et un paratonnerre insuffisant pour supporter la décharge qu'il provoque est exposé à être volatilisé et à disparaître. Après l'explosion, l'on chercha vainement la chaîne; elle avait presque entièrement disparu, quoiqu'elle pesât certainement plus de 4 kilogrammes, puisqu'elle avait été fabriquée avec du fil de 6 millim. de diamètre. Malgré les investigations les plus minutieuses, on ne retrouva

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