LA FOUDRE FAIT PERORE LE NORD AUX BOUSSOLES
Arago raconte que la foudre qui tomba dans la boutique d'un cordonnier de Souabe , épargna l'artisan, mais sevengea sur les outils, qu'il frappa d'un magnétisme tenace dont rien ne put triompher.
Dans quelle situation effrayante n'a pas dû se trou- Ver cette malheureuse victime des puissances incanjnues de la nature, à une époque où Ton savait à peine que le fer est susceptible de s'aimanter, où l'on ne s'imaginait point, par conséquent, que l'électricité des masses fût susceptible d'agir sur le fer, de transformer ses propriétés essentielles, sans que la moindre étincelle vînt révéler son passage ! Il faillit mourir (te désespoir, de terreur, se croyant la proie d'un mauvais sort. Il voyait que tous ses outils avaient été transformés par un inexplicable sortilège; il s'apercevait que son mar-
En juin i731, un marchand de Wakefield avait placé dans Tangle de sa chambre une grande caisse remplie de couteaux, de fourchettes et d'autres menus objets en fer qui devaient être envoyés aux colonies. Attirée par ce dépôt précieusement serré, qu'on croyait à Tabri de toute. tentative, la foudre entra dans la maison à la dérobée, on peut presque dire comme un voleur. Elle brisa la boîte et dispersa sur le plancher tout ce qu'elle renfermait. Quand on ramassa les objets foudroyés, on vit qu'ils avaient acquis des propriétés nouvelles : tous avaient été revêtus d'un pouvoir nouveau, ceux qui étaient restés intacts portaient des traces de fusion, car tous étaient devenus plus ou moins magnétiques; il n'y avait pas un clou qui no pût servir à diriger un navire.
Aujourd'hui, nul n'ignore que des morceaux.de fer de toute forme et de tout poids se changent en aimants permanents toutes les fois qu'ils sont placés sur le parcours d'une étincelle électrique qui n'est qu'un atome auprès du moindre foudre. Cependant ayant eu l'occasion de recueillir des aiguilles aimantées par une étincello qui passa dans la mansarde d'un tailleur, lors d'un orage de Tété dernier, je pus me convaincre par moimême de l'étonnement que produisait ce phénomène naturel chez des personnes cependant fort instruites. Si j'avais voulu, j'aurais pu vendre mes aiguilles pour en faire des reliques.
En 1751 , ce phénomène aurait été attribué à Tactiondes sciences occultes, aux nécromanciens, aux chercheurs de pierre philosophale. Un siècle plus tôt, le