‹ Éclairs et tonnerreChapitre 47 sur 63 · THE NEW YORK | PUBLIC UBRARÏ · texte numérisé non relu

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calée dans le circuit d'une immense décharge, el, quoique immense, cette décharge enchaînée par le métal ne produit aucun effet nuisible. I/orage du dessus a encore une fois pénétré dans les régions profondes, mais il a été atténué tout le long de son parcours : il arrive au fond de cet abîme, tout à fait privé de la force de nuire, et même de faire sentir sa présence autrement qu'en lançant un inoffensif éclair.

Cependant il ne faut pas croire que ces décharges souterraines soient toutes aussi inoffensives. Lb. Liberté nous apprend, dans son numéro du 15 janvier 1869, que la foudre vient de tomber dans la mine de Carnyort, à Sàint-Just en Angleterre, cette fois encore sur la maison de la machine. Le météore fila , comme dans le cas précédent, le long du puits. Il frappa au bras un ouvrier qui se trouvait à 50 mètres au-dessous du sol. Le malheureux crut qu'il était victime d'une tentative d'assassinat et que Ton venait de tirer sur lui un coup de fusil. Continuant sa route, le météore parvint à la profondeur de 600 mètres, enfila une galerie latérale et la parcourut pendant une longueur de 600 mètres, blessant un homme au pied et un autre à la poitrine. Les autres ouvriers en furent quittes pour la peur. Ils faillirent cependant être suffoqués par l'odeur d'ozone qui était épouvantable.

Les filons métalliques exercent souvent une action analogue qui n'a plus rien de surprenant. Chacun comprendra qu'Arago ait remarqué que leur point d'affleurement semble attirer les orages.

Les ignorants s'imagineront que quelque influence

surnaturelle appelle constamment les nuées. Ils chercheront à détourner le tonnerre par des ex-voto; mais ceux qui connaîtront la géologie s'efforceront de profiter comme indications de ces préférences de la foudre. Elles seront un symptôme qui leur montrera la disposition stratigraphique du sol, car les minerais de fer sont si puissants pour attirer la foudre que quelquefois ils peuvent faire foudroyer des navires en pleine mer. Il y a quelques jours, dit le Journal de Cette, dans un de ses numéros de septembre 1868, le paquebot de la Compagnie générale, V Alsace^ se trouvait au mouillage de Gore, chargeant 1,100 tonneaux de minerai; tout était à bord et le bâtiment se disposait à appareiller. 11 pouvait être onze heures du soir ; un orage se formait à l'horizon, et les ondulations du large faisaient présager quelque coup de vent. Le capitaine dit à ses passagers qu'on attendrait le jour pour partir. L'orage enfin éclate, amenant avec lui un vent très-violent et une pluie torrentielle ; la foudre tombe à plusieurs reprises autour du navire. A deux heures, le factionnaire du faux pont vient prévenir qu'il y a des moutons qui paraissent étendus sans vie; on y court et l'on trouve cent trente-cinq moutons tués, complètement pelés, la peau rissolée comme s'ils avaient passé par la broche. Tous portent à l'aine gauche un trou de la même grandeur ; une heure après ils sont en putréfaction ; on les jette par-dessus le bord.

Qui sait si un jour ne viendra pas où les indications fournies par Tètude des orages ne seront point considérées comme décisives dans l'exploration des richesses

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