‹ Éclairs et tonnerreChapitre 51 sur 63 · LES FOUDRES ANONYMES · texte numérisé non relu

LES FOUDRES ANONYMES

qui ont décelé, suivant nous, rorigine électrique de cet événement lamentable.

L'usine de la Villette avait été construite dans le voisinage du chemin de fer du Nord. Est-ce qu'un courant dérivé par les rails de ce chemin n'a pas pu produire Tétincelle par un effet d'induction lointaine? La millième partie du courant qui fit rougir une scie dans les mains du contre-maître de la prison de Charleston a suffi pour amener l'explosion de la poudre fulminante. Il n'y a rien d'étonnant à ce que le choc en retour soit parvenu jusque-là, car les courants dérivés étendent leur action à une distance immense. Un savant américain, M. Henri, a obtenu l'aimantation d'aiguilles d'acier au moyen de coups de foudre éclatant à plus de 30 kilomètres de son laboratoire.

11 serait prudent d'avoir des électroraètres avertisseurs et des sonneries d'alarme pour interrompre les travaux des artificiers pendant les temps d'orage. Ils devraient faire relâche quand une multitude de courants spontanés traversent l'atmosphère dans tous les sens. . Voici quelques exemples des terribles effets que peut produire cette électricité disséminée hésitante. Les journaux américains nous apprennent qu'une torpille placée dans le fond de la rade de Charleston pendant la guerre de la sécession a fait explosion ! Y aura-t-il des gens pour prétendre que c'est quelque poisson hostile à la race humaine qui s'est dévoué pour enflammer la capsule? Le 24 septembre 1826, un vieillard qui se trouvait près d'un mur dans les environs de Versailles,

reçoit une violente commotion dont il ne peut deviner la cause. Il apprend plus tard que la foudre est tombée à deux kilomètres de là sur une ferme. Le malheureux s'était arrêté sans le savoir prés d'un tuyau métallique servant de décharge pour les eaux pluviales. Il n'en fallut pas davantage pour que ce malheureux éprouvât une secousse si violente qu'il fut longtemps à se remettre. On observe à l'observatoire de Greenwich les courants spontanés qui traversent la tige d'une espèce de conducteur vertical en cuivre. Presque toujours des électromètres à boule de différentes puissances sont en mouvement. Quand on voit apparaître des étincelles dans une lacune pratiquée sur le conducteur principal, on se hâte de la supprimer de crainte de provoquer une décharge fulgurante qui pourrait devenir dangereuse. A l'observatoire de Paris, où de pareilles observations sont hors d'usage, on n'a point, il est vrai, d'embarras de cette nature.

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