EFFETS EFFRAYANTS DU TONNERRE
l'enveloppe de F être a été en quelque sorte respectée, — au moins elle subsiste encore, — et cependant l'animal qu'elle renferme n'est plus qu'un monceau de cendres. Ainsi Toaldo rapporte que toute la masse intérieure d'un bœuf fut consumée, et que la peau était restée intacte, comme le plumage des faisans doVés que l'on sert dans les festins et qui recouvre le rôti fait avec leur chair.
Le Laboureur raconte, dans son Histoire de Charles F7, que la foudre, ayant pénétré par une lucarne de l'appartement du dauphin, tua dans son antichambre un jeune écuyer. La matière fulgurante aurait consumé tout le dedans du corps, ne laissant d'entière que la peau; mais elle devint noire comme du charbon.
Le grand Condé, arrivant à un carrefour de la forêt de . Compiègne, voit une femme debout qui reste immobile malgré ses cris. Impatient de cette obstination, il donne un coup de fouet; la malheureuse s'affaisse : ce n'était plus qu'un monceau de cendres, qui se tenaient ensemble par une espèce de miracle. Elle avait été foudroyée quelques instants auparavant et n'attendait qu'un souffle pour tomber en poussière.
Lorsque le tonnerre tomba sur la salle de spectacle de Feltre, dans l'État vénitien, six personnes furent réduites en cendres, au rapport de l'abbé Richard, dans son Histoire de Vair et des météores, qui mérite plus de confiance que l'auteur anonyme de cette légende.
Antoine Louis déclare, dans ses Observations sur t électricité^ qu'on a vu le tonnerre écraser un arbre sans y imprimer la moindre trace de combustion. Il réduisit, au contraire, en cendres un berger qui se trouvait au-
300 ÉCLAIRS ET TONNBRR£«
dessous. D'où provient cette différence? A qpiel dieu devons-nous attribuer ces étranges faveurs?