‹ École d'accouchementChapitre 6 sur 6 · IO · texte numérisé non relu

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(*) Par lesquelles on aide sans employer d’instrument.

des chances défavorables que présente la vaccine, et là somme des avantages qu'elle produit. Espérons donc sur elles; excitons , protégeons leur zèle , leur amour poulies saines doctrines, et bientôt nous verrons disparaître de dessus notre sol un fléau qui porte partout la terreur, les infirmités, la désolation et trop souvent la mort.

Les élèves de l'école de l'Ain, dont la pratique augmente à mesure que la confiance qu’elles inspirent croit et s'étend , ont pratiqué cette année 4°° vaccinations , et 3,182 accoucbernens , dont l'état dressé par 31/ Pacoud est ci-joint.

Ge tableau nous fournit les moyens de voir d'un coup d'œil le rapport de la population opposé à l'état des naissances , celui du nombre des élèves sages-femmes en opposition avec les naissances et la population de tout le département, la quantité et la nature des accouchemens qu'elles ont opérés également en opposition avec ceux faits par d'autres ministres de la santé , ce qui nous donne la mesure de nos besoins , de nos espérances et de nos travaux.

Par ce tableau nous jugeons de l'importance de l'établissement de notre école , des progrès qu’elle a faits , des services qu'elle a rendus , de ceux qu'elle rend, et de ceux encore que nous devons en espérer. Le médecin peut, trouver ici une matière féconde en réflexions capables de modifier, d’améliorer sa pratique; le philosophe, un sujet propre à exercer ses facultés; le moraliste, une nouvelle voie ouverte à la modification, à l'amélioration des usages, des mœurs, des caractères même des habitans de la campagne; l'administrateur, une source neuve et sûre pour rendre ses soins , ses veilles et ses travaux encore plus utiles à l'humanité ; le législateur, une sorte cle point lumineux dont la clarté aussi nouvelle que pure est bien digne d'éclairer ses grandes et profondes conceptions.

Ce n’était pas , comme bous le voyons , une faible en* treprise que celle cle créer un établissement tel que le nôtre, que de réunir dans un même local tout ce qui convient à renseignement d'une des branches importantes de la plus utile science, d’assembler chaqu 'année un certain nombre d’élèves zélées, de les instruire, de les maintenir dans unev subordination parfaite, d'entretenir leur ardeur pour l'étude et la pratique des vertus, de jeter parmi elles

les semences fécondantes d’une

estime et a une ixm

réciproques, de leur inspirer les sentimens d’une reconnaissance inaltérable pour les auteurs de cet établissement, et une union de corps que rien ne peut rompre, ce n’était pas une faible, entreprise que celle d'attirer dans une école, inconnue encore, des femmes enceintes pour y faire leur couche , de vaincre les préjugés d'un peuple défiant qui redoute tout ce qui sort de la voie routinière qu'il suit , et de l’amener à des pratiques nouvelles et meilleures , de créer des moyens nombreux d'exereice physique et manuel aux élèves , de leur procurer chaque jour, chaque semaine la faculté d'éveiller , d'éduquer, de perfectionner avec leur intelligence le sens le plus utile à une sage-femme, le toucher 5 ce n'était pas assurément une faible entreprise que celle d'acheter , d'assembler toutes les machines les plus ingénieuses pour favoriser l’étude des accouchemens , d’en créer ou d’en modifier plusieurs 5 de former une collection nombreuse de têtes et de bassins de formes variées , de forceps différens et d’instrumens en tout genre faits dans l’intention d'activer et de faciliter la parturition , de fonder une bibliothèque où chaqu’élève peut à volonté puiser une somme de connaissances Lien propres à étendre celles qu'elle possède déjà : Eh bien , cette entreprise a été exécutée pour ainsi dire par un seul homme, et amenée au plus haut point de prospérité. Ici les faits parient et personne ne pourra nous taxer d’exagération ; l’autorité

qui a fourni les moyens convenables pour faciliter cette entreprise a si bien senti cette vérité qu’elle n’a pas craint, il y a peu de jours, de voter en corps et publiquement des remercîmens à son auteur, et d appeler sur lui l'attention et la bienveillance du gouvernement, qui trouve toujours dans sa paternelle sollicitude et son active équité une récompense digne du service rendu. Heureux les peuples où il s'élève des hommes capables de concevoir et d'exécuter des projets pareils au nôtre , et plus heureux encore lorsqu'il se trouve parmi eux des hommes en place dignes d'apprécier de tels projets , de protéger ceux qui les forment et de concourir avec efficacité au perfectionnement des arts et au bonheur du genre humain (i) !

J. À. TR0CCGN, Docteur en médecine , de la faculté de Paris , Membre correspondant de plusieurs Sociétés savantes .

(1) Ce mémoire a été envoyé manuscrit, dans le mois de décembre 1827 , à la Société de médecine de Metz. 11 fait partie , comme pièce de localité , de l’Annuaire du département de l’Ain pour 1828.

Bourg. împiimsme de Bottier.

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