II. l
(l'une manitTC toiilc imrliculicrc sa miséricorde à l'égard du ])cuplc juif, qu'il est venu lui-même chcrcluM' en personiK>, et jiour le saint duquel il avait été principalement envoyé (1). Et comme les Pharisiens, les Scribes et les Docteurs de la loi étaient, parmi tout le peuple, ceux qui s'étaient le plus éloignés de Dieu par leurs \iccs , c'est aussi pour leur conversion qu'il montra le plus de sollicitude; c'est à leur recherche qu'il déjiloya toutes les ressources que lui suggérèrent le plus tendre amour, la plus patiente et la plus généreuse charité. C'est donc bien, en les ayant surtout en vue, que cet aimable Sauveur accomplit la prophétie que nous avons citée en commençant (2).
C'est à cela, en effet, que se rapportent les terribles menaces qu'il fait dans l'évangile de ce jour à ces Juifs endurcis, par l'exemple apporté de ces ouvriers perfides qui, non contents d'avoir insulté les serviteurs du maître de la vigne, tuèrent son propre fils, et seront, en expiation de leur forfait, sévèrement punis et perdus pour jamais (3). C'est toujours en usant de miséricorde et d'indulgence à leur égard, qu'il les menace, en termes exprès, de leur enlever \e royaume de Dieu, la vraie religion, pour la donner aux peuples qui eu profiteraient davantage (4).
(1) Non sum missus niai ad ovcs quae perioriint domus Israël [Matlh.xw).
(2) Et misericordia tua snbspquctur me.
(3) Malos maie pcndct [Matth. xxi).
(4) Auforctur a vobis regnum Dci, et dabitur genti facienti fnaclus ejus.
Toutes CCS menaces et toutes ces prophéties ne sont, en effet, que des moyens industrieux dont sa sert son infinie miséricorde pour amollir les Pharisiens dans leur dureté et pour tâcher ainsi de les réveiller, de les attendrir et de les convertir ? Vainement ces hommes, toujours rebelles et ingrats à la voix de son amour^ cherchent, comme l'atteste uotre évangile, à surprendre le divin Sauveur et à le perdre : quœrentes eum tenere ; ils se lasseront de le persécuter avant que sa miséricorde ne se fatigue de les chercher. Non content de leur annoncer, dans les synagogues et dans le temple, les vérités les plus importantes, il s'abaissa jusqu'à user avec eux de familiarité, s'asseyant à leur table : il eût toujours eu vue feur salut, jusqu'à ce qu'ils eussent eux-mêmes consommé l'horrible mystère de leur réprobation.
Pour nous, mes frères, ne nous contentons pas de cette doctrine générale ; considérons-la plus particulièrement mise en œuvre dans cette guérison miraculeuse de rhydropique, que Jésus- Christ opéra, lorsqu'il était à la table et dans la maison d'un prince des Pharisiens. Assistons aussi nous-mêmes, par la pensée et dans ua véritable esprit de foi, à ce festin sanctifié par la présence du Sauveur. Voyons ce qu'il y fit, l'enseignement qu'il y donna, et tâchons de restaurer aujourd'hui nos âmes par la nourriture spirituelle et de sa sagesse et de sou amour-