‹ École des miraclesChapitre 5 sur 46 · SEIZIÈME HOMÉLIE · texte numérisé non relu

SEIZIÈME HOMÉLIE

Saint Joseph, époux de Marie.

(S. Mafth., c. I, V. 18-25.)

At ille dixit : Beati qui audiunt verbum Dei et custodiuQt illud.

{Evang. du III« clim. de Carême.)

Quel est donc ce Verbe ineflFable, cette importante et précieuse parole de Dieu, qui, selon le témoignage du Fils de Dieu même, rend heureux celui qui l'écoute avec docilité, qui l'accomplit fidèlement et qui la conserve précieusement dans son cœur? C'est, mes frères, la prédication de l'Evangile en général; mais c'est plus particulièrement ce Verbe, cette parole mystérieuse dont notre divin Sauveur avait parlé, quand il disait que tous ne l'entendent point quand ils lécoutent, et que tous ne l'accomplissent point quand elle leur est annoncée, mais ceux-là seulement auxquels le Père céleste en a donné l'intelligence et la grâce : le Verbe, c'est-à-dire la parole de la sainte et immaculée Virginité (1).

(1) Sicut eunuclii, qui seipsos castraverunt propter regnum cœlorum, non omnes capiunt verbum istud, sed quibus datom est « Pâtre meo {Mat th. xix).

Combien est admirable et magnifique l'idée que le Sauveur du monde nous a donnée de la virj;iiiiLé, en l'appelant Verbe, Parole : Vcrbumislml! En ell'et, le Verbe éternel représente eu lui-même, comme dans une image, toute la substance divine ; de même la ■virginité contient en elle-même et exprime tout l'esprit, toute rexcellence, la sainteté du Verbe de Jésus-Christ et la grande parole de son Evangile.

Par là, on comprend clairement le sens de la réponse que Jésus-Christ fit à la femme dont il est parlé dans févangile de ce jour. Cette pieuse et fidèle matrone, enchantée de la beauté de la face adorable du divin Fils de 3Iarie^ de la grâce de ses paroles et de la sublimité de sa doctrine, s'écria, du milieu de la foule des ennemis du Sauveur, dans un transport de foi et dans une extase d'amour, en s'adressant à lui : « Bénis soient les entrailles qui vous ont porté et le sein qui vous a nourri (1)! » Le divin Maître, parla réponse qu'il lui adressa, voulut dire ceci : Oui, ma Mère est vraiment bienheureuse ; mais ce n'est point parce qu'elle m'a communiqué sa chair et mis au monde en demeurant vierge , mais parce qu'elle a, avant tout, écouté et accompU ma parole mystérieuse, en se consacrant à la virginité, et parce qu'avant de m'a voir conçu dans son sein, par son obéissance, elle avait attiré mes regards sur elle et m'avait conçu dans son cœur par sa pureté sans tache (2).

(1) Extollpns vocpm, qu.Tedam mulier de lurba dixit : Beatus venter qui te portavit et ubera quse suxisti !

(2) Beati qui audiuut verbum Dei et custodiunt illud!

Remarquez que, bien que cette femme eût parlé en particulier de celle qui l'avait conçu, le Sauveur lui répondit néanmoins d'une manière générale : « Heureux tous ceux qui écoutent la divine parole. » Or, Marie ne fut pas la seule qui écouta la sublime parole de la virginité avant la naissance du Sauveur ; le patriarche saint Joseph;, dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire glorieuse (1), l'entendit comme elle. Le Sauveur, dans l'éloge qu'il fit de la \7ierge sa Mère, voulut donc faire aussi celui de son père putatif, de son gardien vierge ; il voulut dire que saint Joseph aussi était heureux, non - seulement parce qu'il était l'époux de la Mère de Dieu, ayant, par conséquent, un Dieu soumis à lui comme son fils : Virutn Mariœ, de qua natus est Jésus ; mais encore parce qu'avant de devenir l'époux de Marie, il avait imité son inaltérable pureté, et parce qu'avant de porter dans ses bras comme son fils, le fils de l'Eternel, il avait écouté la parole de la virginité et l'avait fait fructifier dans son cœur. Mon intention étant de vous entretenir aujourd'hui de cet illustre saint, je ne veux point m'éloigner de l'idée que le divin Maître a voulu nous en donner lui-même en ce jour de fête. L'évangéliste saint Matthieu dans la main, je viens, mes frères, vous parler du mariage de saint Joseph avec la Yierge Marie, vous exposer les mystères qui en furent le but, les vertus qui en furent la base et les mérites qui en furent le fruit.

(1) Le 19 du mois de mars, l'Eglise célèbre la fête de ce grand saint.

Ce sujet est d'aulaat [ilus digne de votre atteiilioii, qu'il lie s'agit pas seulement de louer un saint, mais encore d'cxpliciuer un des plus grands miracles do la grâce et l'un des plub tendres et des plus saints mystères de la religion.

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