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Si l’on y ajoute les industries alimentaires qui échappent au contrôle de l'O. C. R. P. I, on obtient un indice d’activité moyen de 64, qui représente la production métropolitaine, à l’exclusion de celle de l’Alsace-Lorraine (1).
Il serait vain de vouloir établir une corrélation précise entre le potentiel industriel tel qu'il ressort du bilan des ressources en septembre 1940, et-le taux effectif de la production ultérieure. Il faut, en effet, tenir compte de deux facteurs qui ont transformé le ‘caractère aigu de la pénurie : l'existence de stocks d’un côté, et de l’autre, l'importance accrue des commandes allemandes qui donnent lieu souvent à une alimentation directe des usines. On retrouve toutefois dans la hiérarchie des indices, un reflet direct de la hiérarchie des raretés signalée dans le bilan en question.
Si l’on possédait des statistiques complètes pour l’année 1958, on pourrait montrer que le nombre d'entreprises et le nombre d'ouvriers employés par elles n’ont pas, depuis la guerre, varié en proportion de la chute de l’approvisionnement en matières. Il y a même des secteurs (industries du cuir : tanneries) où l’on n’enregistre pour ainsi dire aucun changement dans le nombre des entreprises
(1) La production industrielle du 2 trimestre 1942 par rapport à celle de la période correspondante de 1941, en représentée 95 à 96 %. Le recul est donc négligeable.
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et peu dans celui des ouvriers. Cela s'explique par Ia durée généralement plus courte de la journée de travail. C’est là un facteur essentiel, corrélatif à la répartition des produits, et qui a permis de faire durer au maximum les ressources, en en faisant vivre le plus grand nombre possible d'entreprises. Sans doute la concentration poursuivie, en application de la loi du 17 décembre 1941, modifiet-elle les termes du problème ; d’une moyenne de trente à trentecinq heures, la durée hebdomadaire de travail a été, comme on le sait, portée à un minimum de quarante heures, entraînant la fermeture des entreprises les moins bien outillées. Mais, on l’a déjà noté, c’est un résultat qui ne provient en rien des mesures de la Répartition, et qui même, va à leur encontre (1).
Ainsi, en considérant l’incidence de la seule Répartition, est-on porté à constater que cette dernière a effectivement réalisé son principal objet qui était d'empêcher l’étouffement de l'industrie et, surtout, des petites entreprises.
Détermination du rendement. —— La connaissance du fonctionnement et des moyens des entreprises, acquise par les organismes répartiteurs et sous-répartiteurs, permet déjà d'évaluer la valeur industrielle relative de chacune d'elles. La période de pénurie actuelle fournit une occasion unique de vérifier dans quelle mesure les industriels ont réussi à « défendre » leur production, à économiser les matières premières, et, d’une façon générale, à s'adapter aux circonstances nouvelles (2). On voit l'intérêt de cette détermination du rendement respectif des entreprises. Si, actuellement, elle constitue en principe le critère essentiel servant à distinguer quelles sont les entreprises auxquelles on appliquera les mesures de fermeture de la loi du 17 décembre 1941, son utilité véritable est plus lointaine et plus durable. Il n’est pas défendu de voir dans cette expérience l’une des bases de la rationalisation progressive de l’ensemble de la production, qui constituera l’une des grandes tâches économiques d’après-guerre. Il n’est pas démontré — les faits présents prouvent ;souvent le contraire, — que les grandes entreprises obtiennent toujours le rendement optimum. En effet, dans la plupart des industries, où persiste à un certain degré la forme artisanale (céramique, tannerie, par exemple), on constate que la régularité et l’économie dans l’utilisation des matières sont atteintes plus facilement par les petites entreprises. On a maintes fois insisté sur l’esprit d'économie qui inspire les patrons de cés dernières, sur la surveillance permanente qu'ils exercent sur la fabrication, ete. Tout cela se justifie ici. Nous pouvons donc en conclure que la
(1) C'est au plus, si l’on veut, une nouvelle Répartition des activités, rompant avec les premiers mobiles de la Répartition des produits (que celle-ci d’ailleurs aura permis en partie d'opérer, comme il est indiqué par la suite).
à + Entre autres par l'application ou le développement des-méthodes COomMpables.
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rationalisation future n’est pas liée fatalement à cette concentration, dont le schéma traditionnel fait bénéficier les seuls « ténors » de l’industrie.
Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que cette notion de rendement est, dirons-nous, multivoque. Tout dépend parfois du point de vue auquel on se place. EL précisément, celui du Répartiteur, peut fort bien lui donner un sens particulier qui n’a rien de commun avec son acception générale. Ainsi, les nécessités de la Répartition auront tendance à faire tenir, par exemple, un compte particulier des consommations de chaque entreprise en charbon, électricité, huile, etc. Or, il arrive souvent que de petites entreprises, grâce à des facilités locales en moyens de chauffage (bois, tourbe, etc.), à des installations et des procédés plus rüdimentaires, réalisent bien certaines économies de produits répartis. Mais, en même temps, le perfectionnement de l'outillage, l'hygiène et la sécurité des conditions de fabrication et la bonne utilisation de la main-d'œuvre, passent au second plan. Par suite ce qui, pour le Répartiteur, constitue un rendement satisfaisant, peut, dans une économie soustraite à la hantise de la rareté, être tout à fait dépassé lorsque l’on met en présence tous les facteurs de la production, par un ensemble de considérations qui aboutissent à une notion générale de rendement moins étroite.
Il ne faut donc retenir toutes indications sur le rendement des entreprises, vu sous l’angle de la Répartition, qu’à condition de n’en pas tirer brutalement des conclusions définitives. La Répartition est un premier filtrage qui doit permettre un premier classement des producteurs. Ce classement ne saurait rendre superflus les «tests de capacité » de tous ordres auxquels les entreprises devront être soumises, le jour où, la paix revenue, on abordera d’une façon systématique et cohérente le problème de l’organisation de la production.
Nous arrêterons ici ces remarques succinctes relatives aux conséquences directes de la Répartition sur l’activité générale des entreprises, car elles nous conduisent déjà à la question plus vaste des incidences de la Répartition sur la structure même de l’économie.
II. — Incidences de la Répartition sur la structure économique
Les résultats indirects de la Répartition sont évidemment des plus divers, et souvent des plus difficiles à apprécier, en ce sens que d’autres éléments se mêlent à la Répartition et empêchent de déterminer avec certitude la part d'influence de cette dernière. On peut cependant considérer à juste titre que depuis deux ans, la loi du 10 septembre 1940 est le principal instrument d’action éco- nomique. Tout s'organise autour du partage des quantités existantes de matières. La Répartition ne saurait donc se désintéresser de l'amélioration de ces disponibilités, c’est-à-dire qu’elle engendre la
récupération des vieilles matières, le développement: et la recherche de certaines productions. Nous examinerons dans leurs grandes lignes les résultats obtenus dans ces deux domaines et nous verrons comment les courants commerciaux ont subi le contre-coup des événements.
Développement de la récupération. — La récupération est une activité centenaire. Mais la nécessité d’augmenter les ressources à répartir lui a donné une ampleur toute nouvelle. La récupération déjà existante de certains. produits a été officialisée et contrôlée, celle de déchets, jusqu'alors abandonnés, a été organisée de toutes pièces.
La récupération porte essentiellement sur les papiers et cartons, les chiffons, les ferrailles et métaux non ferreux ; produits pour les-
quels elle existait depuis longtemps. Elle à été très développée :
depuis 1941, et parfois créée, et elle s'étend ainsi principalement aux débris de caoutchouc et de cuir, aux débris de verre, aux os, aux soies de porc et aux cheveux.
La récupération (1) du papier est sans doute celle dont le rendement proportionnel s’est avéré le plus élevé. Sur une production de 1.250.000 t. de päpier et de carton à laquelle s’ajoutait une importation de 175.000 t., les quantités récupérées en 1938 ont été de 175.000 t. En 1941, sur une production réduite à 500.000 t., et privée de tout apport extérieur, la récupération a porté sur
140.000 t. En d’autres termes, alors qu’on récupérait, en 1938,
un huitième des papiers et cartons neufs, on en a récupéré presque untiers,en 1941.
Pour les cinq premiers mois de 1942, la récupération a mis à la disposition du Répartiteur du Papier, 52.000 t. de vieux papiers. En prenant pour base de calcul le taux de 80 % de rendement pour la transformation du vieux papier en papier neuf, la production correspondante est de 42.000 t., soit Ia production totale des usines à papier d’environ deux mois du premier semestre 1942. Sur la base
d’une tonne et demie de bois pour une tonne de papier, une telle
production économise 69.000 t. de bois, soit BE production annuelle moyenne de 40.000 ha. de forêt. |
On pourrait énumérer les statistiques mensuelles de la récupération des ferrailles, des vieux métaux et des chiffons, mais devant l’absence de statistiques correspondantes pour les périodes d’avantguerre, il est impossible d’en tirer des conclusions véritables. On peut seulement noter que les chiffres de récupération de ces vieilles matières sont progressivement inférieurs chaque mois par rapport au précédent. C’est un indice de l’épuisement des produits et des stocks particuliers.
(1) Les chiffres rapportés ci-dessus ont été communiqués par le Service de la Récupération de l'O. C. R. P. I.