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Au contraire, les résultats du ramassage des déchets de cuir, de caoutchouc, du verre cassé, des soies de porc, des crins, des os et des cheveux, développé surtout depuis deux ans, ou même inexistant auparavant, sont en général, plus intéressants, car ils montrent,

‘sur certains points, une progression constante. Si la collecte men-

suelle du verre cassé et celle des soies de porc, par exemple, ne marquent pas de progression en 1942 ét peuvent se représenter, pour le verre cassé, par une moyenne de 700 t. et pour les soies, par des chiffres variant selon les mois de 6 à 12 €., on enregistre, à l'opposé, un mouvement régulièrement ascendant du rendement des autres récupérations. On passe, pour le cuir de 78 t., en février 1942, à 303 L. en septembre ; pour le caoutchouc, de 344 t. à 1.131 &. ; pour les os, de 944 L. à 1.141 t., et, enfin, pour les cheveux, de 7 t. en avril 1942 à 21 t. 5 en septembre.

La justification de la récupération n’est plus à faire. Il suffit de considérer par exemple que 170 kgs de chiffons permettent d’obtenir 90 kgs de papier ; que, tandis que pour obtenir une tonne de fer ou d’acier, il faut environ 1.200 kgs de coke métallurgique pour, traiter le minerai de fer, il suffit de 500 kgs de charbon pour réaliser la même quantité de fer ou d’acier en partant de la ferraille. D'où économie de combustible et de métal lorsque les vieux métaux récupérés sont réutilisés en l’état, évitant ainsi les pertes dues au lingotage. On sait également qu'avec les déchets de cuir, on fabrique des « pastilles », des talons, elc., et qu’une partie de ces déchets est absorbée par la fabrication des syndermes. La dernière née des récupérations — celle des cheveux — a déjà permis des utilisations imprévues (fabrication de pantoufles, de feutre, etc.).

La pratique de la récupération à simultanément développé et officialisé les métiers de ramasseurs et de classeurs. Mais le rôle de ces derniers semble promu à une importance grandissante, après la guerre. L’effort actuel de récupération, paralysé dans ses résultats par la pénurie, devra, en effet, avoir sa place dans l'effort général de rationalisation que nous assignons à l’économie de demain.

Les industries de substitution. — Toute période de disette — volontaire ou non (1) — incite à Lirer le meilleur parti possible des ressources nationales. On a donc assisté, depuis deux ans, à un double travail d'extension des industries de remplacement déjà existantes et de prospection d'industries nouvelles.

a) Parmi les industries que la disparition des importations d'outre-mer a particulièrement touchées, on connaît la situation difficile du textile. On sait, par suite, l'intérêt grandissant de la

fabrication des fibres artificielles. À l’heure actuelle, presque tous

(1) Volontaire lorsque l'Etat s’est imposé une politique d'économie fermée, comme celle préconisée par F. List et réalisée, plus tard, d’une façon systématique par les régimes totalitaires.

les articles textiles sont à base de rayonne ou de fibranne. En 1938, on a produit près de 34.000 t. de fibres artificielles, représentées pour les quatre cinquièmes par la rayonne ou soie artificielle. En 1942, on en aura approximativement réalisé 55.000 t. La production de la fibranne, dans les dernières prévisions, atteint le niveau de celle de la rayonne, la fibranne permettant une gamme d’utilisations plus vaste. Si la différence n’est pas supérieure entre les chiffres de production de 1938-et ceux de 1942, c’est que des difficultés d'importation de pâte de bois, et surtout de répartition des différentes matières nécessaires à leur mise en œuvre ont empêché de réaliser un programme supérieur, primitivement fixé à 85.000 LC. Mais il faut surtout tenir compte, au point de vue où nous nous plaçons, de l’équipement industriel qui a été poursuivi et qui devrait permettre de traiter, dans un prochain avenir, plus de 120.000 t,. de ces fibres (1).

Le développement de l'emploi des gazogènes nous fournit un autre exemple d’une industrie à laquelle l’amincissement des ressources traditionnelles a donné un coup de fouet. Alors qu’on peut “estimer à 8.000 le nombre de gazogènes existant avant-guerre — dont une partie utilisée par l’armée — ce nombre est, en 1942, d’environ 125.000.

On peut aussi évoquer l'exemple des résines vinyliques, qui très peu employées en France en 1938, en raison de leurs prix relativement élevés par rapport aux produits naturels et du peu de goût de l’industrie française pour la recherche de produits de remplacement, servent maintenant à de multiples usages : obtention de syndermes, enduction des toiles cirées et simili-cuirs, apprêts pour feutre, paille, textiles artificiels ; production d’articles moulés, profilés, de tissus caoutchoutés, préparation de mélanges isolants en remplacement du caoutchouc des peintures et vernis spéciaux, de colles pour cuir et étoffe sur métal, imperméabilisation de pots en carton pour denrées alimentaires, etc. En 1941, 250 à 300 t., en moyenne, de résines vinyliques ont été fabriquées et utilisées chaque mois par l’industrie française, ce qui représente près de vingt fois les chiffres d’avantguerre (2).

Enfin, l’essor récent des fabrications de lanital et de nylon ajoute un exemple intéressant à ceux qui précèdent. Le lanital (ou « laine italienne ») s'obtient en partant de la caséine (dite caséine textile, à cause du traitement spécial auquel on la soumet). La production actuelle de 40 à 50 t. de lanital par mois souffre de difficultés d’approvisionnement en caséine. Elle est absorbée par les commandes allemandes et par la fabrication de couvertures, de feutres et bérets

(1) A condition bien entendu que l’approvisionnement en matières premières puisse être assuré. — Seul l'après-guerre donnera cette possibilité.

(2) Cette production a fléchi en 1942 par suite de l'insuffisance des matières -composantes.

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