‹ Economie forestière (volume 2)Chapitre 49 sur 99 · IV. — Dénomination des parcelles · texte numérisé non relu

IV. — Dénomination des parcelles

Le parcellaire est une opération qui consiste à diviser la forêt en parties homogènes et de forme convenable pour Tassiette des coupes, que Ton appelle des parcelles.

Le parcellaire a un double but :

Il doit servir à faire Tinventaire de la forêt, à permettre à l'aménagiste de se rendre un compte exact et détaillé des res-

LB PARCELLAIRE Siy

t il dispose au moment où. il va entrepreodre la con- •èglements d'exploitation.

plus, à définir et à faciliter l'assiette des coupes ir l'aménagement, lie point de vue il constitue un des travaux prépa-

aménagemenLs.

aire d'une forêt est une opération dont l'importance

in d'être démontrée longuement. Il est le fondement,

le de tout l'édifice de l'aménagement, la condilion

e de sa précision, le guide incessant de la gestion,

cessaire du contrôle des opérations faites et dos

enus.

configuration, est le facteur stable, permanent, de 1 forestière. C'est sur lui que nous fonderons notre ui doit, lui aussi, au moins dans ses grandes lignes, se immuable do nos aménagements, iguration du sol dépend le climat local. L'exposi- :teur souvent prépondérant de ce climat. Les par- -ét présentant même exposition seront délimitées 9g de crête, des thalwegs ou des lignes de plus e, c'est-à-diro par les lignes les plus caractéristiif du sol.

ts étendus peuvent présenter des différences d'altiandes pour qu'il en résulte des variations notables conviendra do les diviser par des lignes horizonôt à faible pente, comme le sont des routes. A es-ci on utilisera des lignes tracées de fagon à poul'axe à des routes de:itinées à être ouvertes plus

au moins qui puissent servir de soutiers.

début des opérations du parcellaire. 11 consistera

3ld LES TRAVAUX PRiPARATOIR£S

à ouvrir à travers le massif des lignes suivant les crêles^ les tiialwegs ou suivant leslignes de plus grande pente dans les par* tiea du terrain de forme conique, où l'exposition varie innensiblement. L'aménagiste aura ainsi partagé la forêt en régions de même exposition. Lorsqu'il aura encore, dans ces prentiiëres ébauches de division, réduit les différences d'altitudes trop grandes, soit au moyen do routes existantes et à maintenir» soit au moyen de lignes judicieusement ouvertes, il aura délimité des régions homogènes quant au climat local et tracé les traits essentiels du réseau des lignes qui définiront les parcelles* Ces régions nous les appellerons des dùtrictSi uniquement pour la commodité de notre langage.

Les limites des districts se confondront souvent avec celles des cantons qui sont les vieilles divisions populaires de la forêt, celles queles bûcherons et les gardes ont dénommées d'une façon souvent signiGcalive ou pittoresque. Nous avons déjà signalé rinlérèt pratique réel qu'il y a toujours à consacrer Texislence des cantons : l'occasion se présente ici de fixer leurs limites parfois imprécises, en les faisant coïncider exactement avec celles des districts qui deviendront des groupes de parcelles.

Dans l'intérieur des divisions ainsi faites, des districts, il peut subsister des différences notables de sol et de peuplement. Remarquons que nous pouvons nous borner à observer ces derjoières, car une variation dans le sol ne nous intéresse qu'en tant qu'elle a un effet sur l'aspect du peuplement.

Si, dans chacun des districts nous trouvons des peuplements partout semblables à eux-mêmes, nous aurons dès lors obtenu le premier résultat que nous nous proposions lorsque nous entreprenions le parcellaire en vue d'une analyse des ressources que présente la forêt ; celle-ci sera divisée en parties homogènes.

Sinon, c'est-à-dire si nous rencontrons des variations importantes de l'aspect des peuplements dans renceinted'un même district, il y aura lieu dcrechercher les causes de ces variations. Ces causes peuvent être permanentes ou accidentelles, transitoires^

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Elles seront permanentes si elles se rattachent au sol, à sa composition minéralogique, et particulièrement à ses propriétés physiques, telles que sa profondeur, etc. Dans ce cas, les sols vraiment dîfTérents devront être séparés par de nouvelles lignes qui viendront s'ajouter à celles que nous avons déjà tracées en nous basant sur la forme du terrain.

Elles seront transitoires si elles tiennent à Tintervention de rhomme, ou à un accident tel qu'une ohute de chablis, un incendie, etc. Il est alors encore utile ou nécessaire de définir par des lignes d'aménagement les limites des peuplements diiTcrents; mais celles-ci, et les divisions qu'elles délimitent n'auront plus le même caractère de permanence que les précédentes. On appelle sotis^parcelles ou subdivisions ces fractions dont Texistence n'est que temporaire et qu'on considère, comme leur nom l'indique, ainsi que des parties temporairement distinctes dans rintérieur des parcelles permanentes qui les renferment.

Les parcelles ainsi établies ont souvent des contours extrêmement irréguliers et des contenances très inégales. Les lignes qui fixent leurs limites sont difficiles à maintenir sur le terrain, leurs sinuosités se prêtent mal à la circulation. Enfin, et surtout, ce parcellaire purement analytique est très incommode pour l'assiette des coupes (voir figures 7 et 8). C'est cependant uniquement au point de vue de l'analyse, de l'inventaire de la forêt, qu'on dk longtemps fait les parcellaires en France. Pour échapper aux inconvénients du parcellaire exclusivement analytique, on a quelquefois pris le parti de superposer, dans la forêt, aux parcelles d'étude, des divisions do gestion plus régulières, partageant par exemple les affectations périodiques en cinq ou dix assiettes annuelles pour les coupes d'amélioration. Ce système a été adopté dans diverses forêts comme celle de Villers- Gotterets, par exemple, et dans un assez grand nombre de sapinières jurassiennes* On en trouvera un exemple dans la fig* 8,

LES TRAVAUX PREPARATOIRES

qui reproduit une partie du plan d'aménagement, daté de 1881,

Fig. 7. — Exemple de parcellaire analytique. Extrait du plan d'aménagement

de la 8" série de la forêt de Haguenau (1842).

de la forêt de Noirmont (arrondissement de Pontarlîer). On préfère aujourd'hui renoncer à cette complication de deux parcel-

LE PARCELLAIRE 32 t

t modifier le parcellaire primitivement établi

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vue de l'adapter aux exigences do l'assiclte

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LES TRAVAUX PRÉPARATOIRES

Nous avons exposé plus haut (voir pages 43 à 45) los conditions d'une bonne assiette des coupes.

Les limites de celles-ci doivent être aussi simples que possible. C'est-à-dire qu'elles doivent emprunter les lignes que la nature ellc^môme a tracées sur le terrain, ces lignes caractéristiques du relief qui nous ont déjà été imposées par d'autres considérations lorsque, pour esquisser le parcellaire, nousavons

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Fig. 9. — Tracé de lignes défeclucuX : les brisures inutiles de la ligne A B C D E F G H gênent la circulation et nécessitent de nombreux repères sur le terrain.

Fig. 10. — Tracé de lignes correct :

Ja ligne ABC servira commodément pour la circulation et sera facile à repérer sur le terrain.

formé des districts de même situation topographique. En terrain de plaine, les contours les plus simples seront obtenus par des lignes se coupant à angles droits,donnant aux parcelles des formes rectangulaires (fig. 10).

Il faut s'efforcer d'obtenir, dans le tracé des lignes d'un canton étendu, que ces lignes se prolongent autant que possible, pour éviter la multiplication des angles et faciliter la circulation. Un coup d'œil sur les figures 9 et 10 rendra ceci plus clair.

En montagne on doit éviter de faire des parcelles très étroites dans le sens des lignes de niveau et allongées dans le sens des lignes de plus grande pente. Celte forme est incommode dans la pratique, en imposant aux agents qui opèrent le martelage des

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coupes des virées continuelles et fdes ascensions inutiles, elle augmente aussi les dégâts do la vidange des bois. A plus forte raison faut-il éviter les lignes convergeant sous un angle aigu au sommet d'un pic ou à Textrémité d'une crête. Il vaut mieux, dans le cas de formes coniques de ce genre, diviser les versants par une route séparant les parties hautes des parties inférieures (voir fig. H).

Pour la commodité de la vidange des coupes, il est nécessaire que chaque parcelle aboutisse au moins par une extrémité, ot^ en montagne, par sa lisière la plus basse, à une voie de vidange.

Les parcelles devront aussi, dans les régions accidentées, être hmitées par dos lignes de plus grande pente parce queledébardage des bois se fait forcément, au moins pour les pièces de fortes dimensions, suivant les lignes de plus grande pente jusqu'aux chemins oujusqu'aux lançoirs les plus rapprochés. Enfin il convient évidemment d'arrêter les coupes aux lignes infranchissables, comme des barres de rochers, cours d'eau, ravins, etc."

En plaine, les parcelles seront, comme on montagne, délimitées par des chemins ou par des obstacles arrêtant la circulation, tels qu'un gros ruisseau, un canal, une ligne de chemin de fer, etc. Les lignes séparatives des parcelles seront perpendiculaires aux voies de vidange ; on arrivera ainsi à faire aboutir le plus grand nombre de coupes possible sur une route donnée et Ton évitera aux voituriers toute tentation d'emprunter le terrain de la coupe voisine pour aller de la coupe en usance sur la route.

La contenance des parcelles doit être en relation avec la configuration du terrain, l'étendue de la forêt, le mode do traileïnenl,etc.Il est toujours désirable que toutes les parcelles soient, au moins approximativement, de surfaces égales. On les fera plus étendues en plaine, où le parcours est facile et les conditions de végétation peu variables ; elles seront plus petites en montagne, où la circulation est difficile, et où les facteurs du climat se modifient rapidement d'un point au point voisin. Sans

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Nord

Zigines de parcelles.

Courbes de niveau.

soc

fce$ •

Fig. 11. — Dividion en parcelles d'un canton de forêl en montagne.

SS6

soit possible de préciser, il semble qu'une contenance snne de 10 à 20 hectares puisse convenir, en général dans Forêt de plaine ; en montagne on préférera ne pas dépasser . 15 déclares au maximum, souvent moins encore, sans ndant descendre au-dessous de 2 à 3 hectares.

ins la plupart do nos anciens massifs domaniaux, les foresdcs XVII» et du xviii^ siècles ont fait ouvrir des réseaux de is en étoile, dont beaucoup subsistent encore de nos jours, eutre de la forêt, ou d'un canton, on créait un rond'poinl rayonnaient une série de tranchées, quelquefois jusqu'à ou dix, vers tous les aspects de l'horizon. Les routes conentes étaient reliées entre elles par d'autres, concentriques, irmc de polygones réguliers, ayant leurs sommets sur les liéres. Ce système, imaginé au point de vue de la chasse à re (1), est fort décoratif et contribue vraiment à la beauté •aucoup de nos forêts de plaine. Il est malheureusement :ommode pour l'assiette et la vidange des coupes ; il ne faut cgretter, à ce point de vue, qu'on l'ait abandonné pour lui tituer, toutes les fois que la forme du terrain s'y prête, cel ranchées se coupant à angles droits. Nous reproduisons i lan de la forêt domaniale de Laigue (Oise), contiguë à celle ompiègne : elle réalise un des types les plus caractérisés de vision par routes en étoile (voir fig. 12).

^a route ronde de la forint île Funtuinehieau fut ouverte sous Henri IV 'permettre à la reine et aux dames ilc la cour d'accompagner plus oomnent. en carrosse, les chasseurs... Elle rend encore aujourd'hui de grands es aux periionncs qui veulent suivre les chasses A courre en voiture >. i,Hutoire de la forêt de Fontainebltan. pa^je 241.) Les routes en étoile de forêt furent commencées par l'oi'dro de Louis XIV en 1679; on en fit ) toises pendant le rtfine de ce roi. Dans la forint de Compitgne, la belle dite du Puilt du Roi, où ahoutissent huit roules, fut ouverte sous Pran- "; Louis XIV fit tracer les roules octogones dunt ce rond-point est le

Limiles de la lorel c-le5 séries ffi''}^(/lùvji

Affectations... «aii22.2î222at^

Parcelles.

Tr^ip.c/iees r.Dn uùljsêes pour Je parcellaire^^

Fiff. 12,— Extrait du plan d'aménagement de la forêt de Laigue (Oise),

de ces tranci

fcrant les tranchées en étoiles ouvertes aux xvn« et xviii» siècles et l'utilisation K)Dr raménagement.

828 LES TRAVAUX PREPARATOIRES

§ 2. —Exécution du parcellaire.

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