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C. — MÉTHODE DE L'AFFECTATION UNIQUE

Lorsqu'on a adopté ce principe que les affectations ne sauraient avoir un caractère permanent dans l'aménagement on est presque irrésistiblement amené à faire un pas de plus en admettant que, « en réalité, une seule affectation suffît, la pre-

{{) Colta. 1820.

(2) Parade. 1860 (Préface dn Cours cT aménagement, de Nanquette).

LES EXPLOITATIONS DE PEUPLEMENTS

mière, consacrée aux coupes de régénération. Les autres ne serviront que dans 30, 60, 90 ans. A quoi bon, dès lors, les tracer et les déterminer à l'avance? La méthode... se réduit à une affectation nécessaire. On a dit que les autres avaient pour but d'imprimer aux coupes d'éclaircie leur caractère déterminé par le numéro de l'affectation. Ceci est une illusion, car nul forestier, se trouvant en présence de perchis, de jeunes futaies, n'hésitera sur le caractère des éclaircies toujours sufGsamment déterminé par l'âge et la nature des peuplements. Le classement de ceux-ci en affectations a eu souvent pour résultat de dénaturer le caractère cultural des éclaircies pour forcer les peuplements à se raccorder au cadre de ces affectations et pour les soumettre à des rotations exactement sous-multiples de la période ou de l'âge d'exploitation... (1). ï>

Voici les traits principaux de cette méthode de taffectation unique. Soit une forêt dans laquelle la durée de la révolution est fixée à 160 ans. On la divisera en 160 parquets égaux (2).

On déterminera alors le temps présumé nécessaire pour la régénération naturelle d'un peuplement dans la forêt, soit quinze ans, par exemple. On adoptera une durée légèrement supérieure, soit vingt ans, comme celle de la période pour laquelle on fait un règlement d'exploitation.

A cette période, on affectera les vingt parquets de la forêt qui paraissent devoir être réalisés les premiers. Ces parquets ne formeront pas nécessairement un bloc d'un seul tenant. Ils pourront être disséminés çà et là dans la forêt, et cette dissémination peut même être désirable à plusieurs points de vue. L'ensemble des vingt parquets formera une affectation unique mobile. La possibilité des coupes principales sera fixée par volume ; on la calculera, comme dans la méthode combinée ordinaire, en se basant sur ce que la totalité du volume de bois existant dans les vingt coupons sera exploitée en vingt ans.

(1) Puton,1890. [Traité (V Economie forestière, tome II, page 110.)

(2) 11 est évident qu'il pourrait y avoir plus ou moins de 160 divisions ; nous choisissons ce nombre parce que notre exposition en devient plus commode.

 l'expiration de la durée de la période le matériel de Taffectation se trouvera entièrement réalisé. On procédera alors à la confection d'un nouveau règlement d'exploitation , établi exactement comme le précédent, pour une nouvelle période de vingt ans, à laquelle seront affectés vingt nouveaux parquets.

Quant aux coupes d'amélioration, elles continueront d'être réglées^ comme auparavant, sans possibilité, leur assiette seule étant fixée.

On (1) a proposé récemment un procédé diftérent de celui exposé plus haut pour former l'affectation unique et calculer la possibilité. Voici essentiellement en quoi il consiste :

On réunit, dansune affectation à mettre en tour, des parcelles dont larégénération parait urgente ou possible, soit parce qu'elle est déjà entamée, soit parce qu'elle semble opportune à bref délai. Celte affectation n'a pas de contenance imposée; nous allons voir que celte contenance est limitée par la considération de la durée de la période qui en dépend.

L'affectation formée, on calcule la durée de sa réalisation, ou

de la période, de la manière suivante : Soit S la contenance de

S la série, n la durée de la révolution: — est la contenance à par-

courir normalement chaque année. Si s est la contenance de Taffectation la durée de la période sera donc de — = --. Ilcon-

n vient que cette durée soit suffisante pour la régénération et néanmoins la plus courte possible, comme il a été dit plus haut; ce sont ces considérations qui détermineront l'étendue à donner à l'affectation en tour.

La possibilité se calculera ensuite par volume, comme d'ordinaire, en se basant sur le matériel de Taffectation d'une

(1) M. Duchaiifour. Voir ^evue des Eaux et Foj'éU.stÀMtnc de 1903, pages 71 et suivantes. Ce procédé a été appliqué par son auteur lors du dcntieraménagement de la forêt de Compicgnet

part, la durée de la période do l'autre. La seule difficulté est d'assigner sa valeur à ^^surface de l'affectation, lorsqu'une partie des parcelles désignées pour les coupes principales sont déjà partiellement dégarnies de leur matériel. L'auteur propose de trancher la difficulté en se servant des surfaces terrières des (peuplements. Lorsque, dans une parcelle, la surface terrière est réduite au tiers, par exemple, de ce qu'elle devrait être normalement, elle n'est comptée que pour un tiers de sa contenance réelle dans le total s.

La méthode de rafFeclation unique que nous venons d'expoaer paratt exempte de la plupart des inconvénients reprochés à celle qui est encore actuellement le plus répandue en France. Elle présente cependant ce défaut do laisser indéterminée l'assiette des coupes principales dans l'intérieur de l'afFectatîon. Il est vrai que celle-ci est divisée en un grand nombre de par<quets qui facilitent les assiettes et permettent de constituer des suites indépendantes^ comme nous l'avons exposé ci-dessus.

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