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Ce tableau nous montre que nous avons, au début, un déficit notable en bois de 25 à 35 inclus. Nous ferons facilement disparaître, en une durée de rotation, celui des bois de 25 et de 30 en réduisant la coupe normale annuelle de ces catégories de la dixième partie du déficit. Quant aux bois de 35, dont le déficit est trop considérable pour qu'on puisse le faire disparaître en une rotation, nous en couperons le moins possible^ réduisant les réalisations à ce qui sera strictement imposé par l'état des bois. En revanche, nous avons, en gros bois, un volume surabondant que nous ne réaliserons que progressivement en faisant porter la coupe annuelle sur 553 m. cubes, pris sous forme des arbres les plus gros que nous rencontrerons.
Il est très utile de comparer au matériel normal non seulement celui de toute la série en bloc, comme il est fait ci-dessus, mais encore celui de chaque parcelle en particulier de façon à ce que les agents qui font le martelage sachent, lorsqu'ils opèrent dans une parcelle déterminée, quelles sont, dans cette par-
(1) Voir plus haut, page H.
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LES TRAVAUX ESSENTIELS DE l'amÉNAGEMENT
celle même, les catégories iiisuffisamment représentées qu'il faudra ménager, et celles surabondantes, sur lesquelles on fera de préférence porter la coupe, dans les limites que comportent les indications culturales.
On ne manquera pas de profiter de toutes les révisions d'amé* nagement pour vérifier les progrès réalisés dans la réduction des anomalies de matériel. Le meilleur procédé à employer à cet effet est un procédé graphique comparant à leur état normal soit les volumes, soit les nombres des arbres des différentes catégories de diamètres. De pareils tracés sont habituellement et devaient toujours être joints aux descriptions des parcelles dans les procès-verbaux d'aménagement de forêts jardinées (voir fig. 16 et 17).
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Fig. 46.— États successifs du matériel dans la parcelle L. du canton du Tenderet de la forêt de
(Pour montrer les progrès lents dans la réalisation de l'état normal par l'application d'une possibilité par volume convenablement fixée dans une forêt jardinée.)
Fig. 17. — États successifs du matériel dans la parcelle A du canton de la Grande Joux de la forêt de S...
(Pour montrer la conséquence de l'application d'une possibilité par volume trop faible dans une forêt jardinée. Les bois moyens disparaissent et les gros bois deviennent de plus en plus surabondante.)
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Article quatrième. — Procédé de Garnaud (1), dît du Contrôle.
Ce procédé a été indiqué, il y a une trentaine d'années, non pas seulement en vue de calculer une possibilité par volume dans des forêts jardinées, ce qui est le titre auquel nous Toxpo-
(1) Gûraaud < Adolphe), né à Besancon, en 1825, entra à TEcoIe forestière en 4845 et servit comme agent forestier dans le Doiibs, le Jura et la Gironde. Mis en disponibilité, sur sa demande, en 1861, il essaya d'obtenir que les forêts de Chaux (Jura, la plus grande de nos forôts feuillues domaniales après Orléans) et de Levier (Doubs, la plus belle de nos sapinières domaniales lui fussent li\Tées comme champ d'expériences pour Tapplication de théories nouvelles sur le traitement des forêts. L'Administration des forêts refusa de donner suite à cette demande, et on ne saurait s'en étonner lorsqu'on relit les brochures, publiées en 1865 et 1866, dans lesquelles Gurnaud ne craint pas de déclarer qu'il est nécessaire de faire une coupe générale, pour un milliard et demi de francs, du matériel qu'il estimait surabondant dans les forôts de l'Etat. (Voir 2" volume de VEconomie forestière^ préface, vu, en note.) Dépité, sans doute, de ce refus, Gurnaud entreprit de susciter des difficultés entre l'Administration et les communes forestières du pays où il vivait, dans la montagne du Jura : la situation s'envenima au point qu'il dut être rayé des cadres des agents forestiers par décision du 9 décembre 1866. Gurnaud s'occupa, à partir de ce moment, de la gestion de forêts particulières et d'une propagande active et incessante en faveur de ses idées. 11 mourut à Nancray (Doubs) en 1898.
Gurnaud fut, de l'aveu de ceux qui l'ont le mieux connu, non seulement un forestier d'un zèle passionné, mais encore un polémiste de bonne foi et entièrement désintéressé. Ses premières recherches sur l'aménagement suivirent de près sa sortie de l'Ecole forestière ; il nous raconte lui-même {la Méthode du contrôle^ alias, la Sylviculture française et la méthode du contrôle, Besancon, chez Jacquin, 1886, page 81) qu'en 1853 il soumit au directeur de cette école une série de mémoires exposant ses projets de réforme. Parade lui aurait répondu : « Souvenez-vous que les doctrines actuelles sont en possession, et que vous ne les déposséderez que par des faits, y* Avec sa rare perspicacité, et sa grande expérience des hommes, Parade avait discerné immédiatement chez le jeune homme de 28 ans, ce qui est resté, jusqu'à la fin, le vice de l'esprit de Gurnaud. Celui-ci n'était catégorique que pour affirmer des aphorismes sans preuve, et se dérobait dès qu'il eût fallu présenter des faits positifs.
En fait, les théories de Gurnaud restèrent flottantes et imprécises pendant plus de trente ans encore, après sa visite de 1853 à Parade. Son meilleur ouvrage, le Cahier d'aménagement (Paris, Tremblay,éditeur, 1878) ne renferme guère, d'inédit que l'indication du procédé de calcul de l'accroissement que nous exposons dans cet article. En rapprochant divers passages de ses écrits postérieurs, on peut essayer d'esquisser comme suit la conception de la forêt normale d'après Gurnaud.
La forme d'exploitation la plus avantageuse est celle d'une exploitation d'arbres, où toutes les dimensions sont confusément mêlées. Il est reconnu que la coupe d'une partie du matériel imprime une accélération immédiate à. la végétation de ce qui reste sur pied, mais que cet effet dure peu, si bien qu'il faut renouveler la coupe très fréquemment sur la même place, tous les six ans, par exemple, en coupant peu chaque fois. En conséquence, les forôts seront partagées en suites de six assiettes annuelles, et parcourues avec des rotations de six ans, par des coupes recépant les sous-bois, à l'exception des semis, et enlevant des arbres pris çà et là. Le sol doit toujours rester porteur d'un matériel considérable, et producteur de gros bois. Les dilTérentes dimensions d'arbres seront
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sons ici, mais comme un moyen général d'investigation qui permettrait de déterminer, dans tous les cas, la forme la plus avantageuse à donner à une exploitation forestière.
Voici, d'après le Cahier (T aménagement publié par Ournaud en 1878, et un article do M. Jobez publie dans la Revue fores^ Hère de Franche-Comté en 1893, comment doivent s'effectuer les calculs d'accroissement sur lesquels on se base pour fixer une possibilité par volume.
ropn'8('ntécs dans cimqiic assiette de façon h ce que le taux d'arcroisscraent du volume de l'cnseiiible soit celui qui conviendra au propriétaire. Un mélange avanla{^H^ux est celui dans lequel les volumes des bois gros, petits et moyens sont outre eux comme les nombres 5, 3 et 2. Le volume total normal à riiectare dans une sapinirre n'est nulle part précise d'une façon catégorique. 11 est tantôt (piestion de 320 m. cubes à l'hectare {Cahier d' aménagement ^juige 143), tantôt de 400 yifjîdem, piigc liri), tantôt, semble-t-il, de chiffres plus élevés. Cette notion reste obscure. Le taux d'accroissement du volume serait alors de huit pour cent {ibidem). Tous les six ans on fait un inventaire, calcule les accroissements et taux d'accroissement de toutes les catégories d'arbres dems toutes les divisions. C'est la répétition de ces inventaires, ou le contrôlk, qui donne les indications nécessaireK pour fixer non seulement la quotité (par volume) de la coupe, mais encore la proportion dans laquelle elle portera sur les dilférentes catégories de diamètres.
Nous n'oserions affirmer que ce que nous venons d'exposer réponde exactement aux conceptions de Gurnaud; c'est au moins ce qui nous paraît se dégager petit à petit dans les écrits des quinze dernières années de sa vie. 11 semble (iue Curnaud lui-même n'ait réussi que bien difficilement à concevoir clairement ses propres théories : il n'a jamais réussi à les exposer d'une façon complète claire et didactique. 11 vécut isolé, dans un petit village de la montagne du Doubs, et, comme l'écrivit, après sa mort, un de ses meilleurs amis : « la solitude dans laquelle il vivait lui était une mauvaise cfuiseillère » {Notice biographique sur A,Guvnaud,\tiir Clerc, dans le Bulletin de la Société forestière de Fronche^Comté, vol. de 1X98, page 6ti). Ses idées auraient gagné beaucoup en clarté, en précision et en succès si Gurnaud avait été accessible à l'influence de ses contradicteurs ou de (pii que ce soit.
Actuellement, de l'œuvre assez considérable, mais très disséminée en une foule de petites brochures ou même en tracts de <(uel(|ues pagi^s, qu'a publiée Gurnaud, la seule chose ([ui nous paraisse vraiment intéressante à retenir est ce que nous exposons ci-dessous : un procédé pour le calcul de la possibilité, légèrement inexact, fort im]»récis et dangereux dans son principe. La méthode du contrôle n est plus appli<piée, croyons-nous, que par un très petit nombre de ]»ropriélain's particuliers. Certaines communes du canton de Vaud (Suisse), qui l'avaient suivie jx'ndant quinze années, viennent de l'abandonner tout réctanment (Journal forestier suisse^ volume de 1906, page 173). Mentionnons encore' que la Société nationale d'agricultiue a fait aménager par (îurnaud, vers 1S".»2, sa forêt (rilarroui't, dans l'Kuro. Nous ignorons si cet aménagement est encore appli(|ué. Knlin, la station de rectherches de l'Ecole nationale forestière j)oursuil, depuis 1S87, dans un canton de la forêt domaniale de Champenoux, l'expérience (l'un aniénagoment in(li(iué par (iurnaud en vue de transformer lui taillis sous futaie en une forêt conforme à ses vues. Cet aménagement a dû être modilié assez prnfondenient pour rendre son application possible (la foret de Champenoux est peuplée de chêne, charme, hêtre et bois blancs).
LES EXPLOITATIONS d'aRBRES l\l\Z
La forêt est divisée en six assiettes annuelles ou divisions. Tous les six ans on en refait l'inventaire en dénombrant les arbres par catégories de circonférences, de vingt en vingt centimètres, à partir de 0 m. 60. On calcule alors l'accroissement de chaque division, en bloc d'abord» puis séparément par catégorie de grosseur. Le calcul de l'accroissement en bloc est présenté comme suit dans l'ouvrage précité de M. Jobez.
FonÊT DE Soucia. — 10© Division, Contenance, 23 hect. 84 ares.
Matériel final, en 1891 6.49:i arbres cubant 6.128 m. c.
On a coupé, de 4885 à 1891 1.080 — — 898 —
Totaux 7.27;i — — 7.026 —
L'inventaire de 1885 avait donné 0.625 — — 5.090 —
I/accroissement apparent est de 650 — — 1.936 —
Pour avoir raccroissement réel en volume du matériel initial, il faut retrancher de l'accroissement apparent le volume des 650 arbres passés à la futaie (ils avaient moins de 0.60 en 1885 et ont passé à cette dimension depuis) leur volume est 650 X 0.242 = 157 —
Il reste un accroissement réel, en six ans, de 1.779 —
soit, par an, un sixième ou 296 —
Le laux d'accroissement est j^t-tt: = S, 82 p. 100.
Le matériel à l'hectare est de 214 m. cubes en 1885 et de 257 en 1891.
Le calcul de l'accroissement détaillé se fait do la manière suivante en répartissant les arbres inventoriés en trois groupes : les gros (de 1 m. 70 de tour et plus), les moyens (de 1 m. 20 à 1 m. 60 de tour) el les petits (de 0 m. 60 à 1 m. 10 de tour) (1).
(i) On remarquera que ces termes de bois gros, moyens et petits n'ont pas la mt'nie signification ici (pie nous leur avons donnée plus haut, en exposant le procédé de 1883 au chapitre précédent.
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