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LES EXPLOITATIONS d'aUBRES 44^
Dans le tableau ci-dessus, les colonnes de gauche, I, 2 et 3,
iDtieiinent le matériel initial tel que l'a déterminé le comptage
I 1885. On l'inscrit en commençant par les gros.
La colonne i (catégorie) indique les circonférences des arbres
int les nombres et les cubes Qgurent aux colonnes suivantes.
Dans les colonnes 5 et 6 on porto en détail les bois exploités
LUS l'intervalle en commençant par les plus gros.
Dans les colonnes 7 et 8, on porte le comptage final (de 1891
ins l'exemple choisi).
Dans les colonnes 9 et 10, on porte les résultats do l'addition,
.tégorie par catégorie, dos bois exploités (5 et (>J avec les bois
ouvés au comptage ûnal (7 et 8).
Ces colonnes 9 et 10 donnent le résultat que l'on aurait trouvé
imme comptage final, si l'on n'avait pas exploité. Co sont ces
donnes (9 et 10) que nous allons comparer à celtes du matériel
itial (2 et 3).
Cette comparaison constitue le calcul d'accroissement propre-
ent dit.
Dans les colonnes 11 et 12 nous reportons, catégorie par caté-
>rie, les chifFres des colonnes 9 et 10, jusqu'à ce que le total
irtiel obtenu dans la colonne 11 soit égal au total des gros
Dloane2).
Nous inscrivons donc : 9 arbres de 2,40
23 — de 2,20
et seulement 27 — de 2,00
Nous avons ainsi au total : 09 gros
277 m. cubes 19.
On peut admettre que les 59 plus gros de 1885 sont encore les
I plus gros do 1891.
Pour avoir leur accroissement total, il suffit donc de prendre
différence des cubes.
En 1891, les 59 plus gros cubent 277 m. c. 19
En 1885, — cubaient 204 06
La différence ou accroissement total est 73 m. c. 13
Nous portons ce chiffre dans la colonne là.
C'est Ik raccroissement spéciale la division, à ces 23 hectares et à cette période de six années.
Nous le réduisons d'abord à un an et nous inscrivons l'accroissement annuel de la division, 12 m. cubes 19, dans la colonne 16. Puis nous le réduisons à un hectare, 0 m. cube SI, qui est ainsi Taccroissement par hectare et par an des gros bois.
Dans la colonne 17, on place le taux de Taccroissement «'/opar an. C'est le quotient de la division de Taccroissement par an, 12ni. c.l9(colonne 16), parle matériel initial 204,06 (colonne 3).
4^ 40 ' ;: = 0,0G ou 6Vo
Mais nous n'avons pas parlé des chiffres contenus dans les colonnes 13 et 14 : ce sont, comme l'indique Ten-tête de ces colonnes, les restes à reporter à la classe suivante :
Dans la colonne 9, il y avait 67 arbres de 2,00 ; nous n'en avons utilisé que 27 dans la colonne 1 1 et nous reportons les 40 restants dans la colonne 1 3, où viendront s'ajouter les 164 do i ,80 non utilisés; leur total 204 est reporté dans la colonne 11. Ces 204 arbres sont en effet les plus gros des moyens qui, entre les deux comptages, ont gagne une classe. On leur ajoute les 347 arbres de 1,60
— 774 — de 1,40 et seulement 187 — de 1,20
de la colonne 9, de manière à obtenir les 1,512 moyens de la colonne 2.
' On additionne les cubes correspondants et l'on compare le résultat (3.247) au cube des moyens (2.330) du comptage initial, colonne 3.
On opère de même pour les petits. Mais le reste que l'on trouve dans lacolonne 13 indique le passade à ia futaie; c'està-dire le nombre d'arbres qui, n'ayant pas au comptage initial la dimension que l'on compte, l'ont atteinte durant la période.
Suivant l'opinion qu'on se sera faite du taux d'accroissement normal et du matériel normal, on arrêtera, les calculs d'accrois-
LES EXPLOITATIONS d'aRBRES 44?
sèment étant terminés, des prévisions pour la coupe à effectuer. Ici chacun est laissé à lui-même car, dit M. Jobez, (/oc.ciV.), (( l'interprétation de ces chiffres (d'accroissement) est personnelle à chacun et surtout parliculiëre à chaque situation n).
On nous reprocherait, avec raison, de ne pas donner clairement notre appréciation du procédé Gurnaud. La voici :
1° Le calcul manque d'exactitude en deux points. D'abord en ce qui concerne le calcul du volume du « passage à la futaie » qui est à retrancher de l'accroissement. Dans le Cahier cTaménagement de Gurnaud, nous trouvons un exemple de calcul appliqué à la division n^ 4 d'une foret réelle, dite des Eperons. Le nombre des arbres passés à la futaie (ayant atteint 0,60 de tour) en six ans est de 4oo. Or, il ne se trouve, dans la division, à l'expiration des six années, que loO arbres de 0 m. 60, 203 de 0 m. 80 et 225 de 1 m. 00. Il résulte de laque sur les 455 arbres passés à la futaie, 102 au moins ont atteint 1 m. 00 de tour, et ils figurent comme tels au cube total alors qu'on ne les rencontre plus que comme arbres de 0 m. 60 lorsqu'il s'agit de les retrancher (1).
Une seconde erreur de calcul consiste à calculer le taux d'accroissement pendant une période en divisant le volume de Taccroissemcnt moyen périodique par le volume initial. En réaUté, le volume producteur de l'accroissement est supérieur, généralement, au volume initial; il serait plus correct d'admettre qu'il est une moyenne entre le volume initial et le volume final (2).
Ces deux causes s'ajoutent pour donner une idée excessive du taux d'accroissement. La première exagère l'accroissement^ la seconde réduit le capital producteur.
En outre de ces inexactitudes dans le mode de calcul qui ne sont pas plus graves, en somme, que les causes d'erreur que Ton retrouverait dans les dix ou quinze procédés divers qui ont
(1) Voir/// Méthode du conirdle^ pal* P, Grandjoan, ronscrvntcur des forets en retraite, page 27. (Bergcr-LovraiiU, éililcur, à Nancy, liSS.'i.)
(2) Voir Economie forestière, tome 11, pages '2,2.\) el fluivantes, les procédés corrects pour le calcul du taux d'accroissement du vnluuie des i)euplements.
448 LES TRAVAUX ESSENTIELS DE l' AMENAGEMENT
été OU sont encore employés pour calculer la possibilité par volume des forêts, nous avons des objections plus graves à faire au procédé Gurnaud.
Nous lui objecterons d'abord V impossibilité pratique de déterminer avec quelque certitude F accroissement^ en six ans, d'un peuplement de sapin sur pied, et de forme jardinée. Eq dehors des opérations très minutieuses des stations de rechcr*ches,Ies inventaires de pareils peuplements sont toujours entachés, quelque précaution qu'on puisse prendre, d'erreurs qui atteignent facilement quatre, cinq ou six p. 100 et davantage, en plus ou en moins (1). Deux inventaires successifs^ même bien faits^ si le premier est erroné de 5 p. 100 en moins, le second de 5 p. 100 en plus, peuvent donner de Faccroisse^ ment une valeur exagérée de cent pour cent, et cette erreur se retrouvera égale dans le calcul du taux d'accroissement.
Il faut encore objecter au procédé Gurnaud l'indétermination dans laquelle il laisse le chiffre de la possibilité. Supposons même pour un instant qu'on connaisse exactement l'accroissement et le taux d'accroissement. Quel chiffre de possibilité en résultera-t-il? On n'en sait rien. V interprétation des chiffres est personnelle à chacun. Sans doute tout procédé de ce genre doit laisser une part à l'appréciation, mais cette part est limitée ailleurs par l'obligation imposée d'acheminer la forêt vers un état normal précis ; l'appréciation ne porte que sur les moyens
(1) Remaniuons encore que les coupes effectuées dans les forêts peuvent avoir pour effet une dcfurniation des arbres, qui deviennent coniques lorsque, pour surexciter leur accroissement, on les (légajçe très souvent (voir Economie fores- Hère, tome 11, |ia^c 213). A demèmes diamètres correspondent des volumes réels plus fail)lt's : les mesurâmes elleclués à hauteur d'homme donnent alors une idée exaj,'èrée de l'accroissement. 11 faudrait, pour éviter cette source d'erreurs (remarquons que toutes les erreurs du procédé Gurnaud agissent dans le même sens pour faire apparaître des accroissements fictifs supérieurs à ceux qui se forment réellement) employer des tui-ifs très précis, à double entrée, qu'on rectifierait à mesure de la déformation des arbres, ce qui est impossible dans la pratique en ^rand. Cette considérai ion a déterminé certains partisans du contrôle et de ses calculs dîu-croissoment à évaluer le volume non plus en mètres cubes, mais en 67//rc.s', le sylve étant une grandeur fonction algébrique du diamètre, coirespondaut à un volume indéterminé, variable suivant la forme des arbres. (Voir plus liant, page 70.) 11 serait ])lus simi)le de renoncer à Vapparence de cubarjc avec cette miité qui ne mesure rien et d'exprimer les accroissements en surface torrièrc.
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plus ou moins rapides et onéreux d'atteindre cet état clairement défmi. Dans le procédé Gurnaud aucun but n'est défini. Il sera ce qu'on voudra. L'indication donnée^ à titre d'exemple, de proportionner les volumes des bois gros, moyens et petits aux nombres 5, 3 et 2 no saurait suffire. Le matériel normal ne serait évidemment pas réalisé par la présence de 10 mètres cubes à l'hectare, dont S en gros bois, 3 en moyens et 2 en petits, ni par un matériel cinq fois, dix fois, quinze fois plus considérable. La condition que tout le sol sera occupe ne suffit pas non plus, surtout dans une forêt jardinée, où les arbres ne forment pas massif, et où les semis occupent une étendue de terrain indéterminée. Rien n'est précisé à cet égard. Et c'est cependant de la quantité du matériel à installer ou à maintenir dans la forêt que dépendra avant tout la quotité de la coupe. On reconnaîtra qu'une pareille imprécision est singulièrement dangereuse. Le procédé Gurnaud peut convenir à un propriétaire particulier, libre d'opérer à sa guise, parce qu'il subira lui-même les conséquences de ses actes. Il ne saurait s'adapter (à moins de modifications radicales) à la gestion des forêts publiques par une administration soucieuse de ses obligations.
Enfin il nous reste à formuler contre le procédé Gurnaud une objection visant son principe même, son idée directrice.
Il est dangereux, pour un forestier praticien, de supputer trop curieusement, et surtout avec des procédés de calcul complaisants, le taux d'accroissement de chaque arbre de son domaine. Un capitaliste qui ne cesse de calculer le taux do rendement de chacune des valeurs de son portefeuille, de chercher des combinaisons d'arbitrage, va au devant d'une destinée fatale : un jour viendra où intérêts et principal auront fondu entre ses mains trop avides. Il n'en est pas autrement du forestier. On finit par détruire l'organisme producteur en voulant, par tous les moyens, maintenir son rendement au maximum alors qu'on ignore, somme toute, presque entièrement les conditions de son fonctionnement. C'est rélernelle histoire de la poule aux œufs d'or. La sapinière est une forêt généreuse entre
Economie forestière.— ill. 31
45o LES TRAVAUX ESSENTIELS DE L^VMÉNAGEME^'T
tputes, m^ifi à une condition: o^dal qu'on la traite avec diaerétion, c'q^uMire avec disoernement et modération.
H 3. -<- Âménagemwt des tutaiM claires.
Nous avons egiayé, au tomq II de cat ouvrage (pages 327 et suivantes), pages 377 et suivantesi) çl encore plus haut (page 133 à 137) de définir et de justiGer un type nouveau d'exploitation forestière auquel noua avons donné lo nom do futaie claire^
Ce type n'étant encore réalisé nulle part, il n'y a pas lieu de nous étendre sur son aménagement. En l'absence de toutes indi** cations d'expérience et de pratique, nous ne pourrions que répô* ter les exposés théoriques précités.
Nous donnerons, au chapitre IV ci^aprèa, quelques détail» sur les procédés qui nous paraissent les plus avantageux pour assurer la conversion progressive, en futaies claires, des taillis jsous futaie tels qu'ils sont actuellement constitués.