II. — Nature des coupes
Les coupes faites dans les forêts peuvent se classer à différents points de vue et, par conséquent, de diverses manières. Les sylviculteurs distinguent des nettoiements, dégagements, éclaircies, coupes d'ensemencement, secondaires, etc.L'aménagiste adopte ordinairement le classement suivant des produits de la forêt.
On appelle produits normaux ceux qui sont réalisés conformément aux prescriptions permanentes des règlements d'exploitation. Les autres sont des produits anormaux.
Les produits anormaux sont prévus ou non prévus.
Les produits anormaux prévus sont ceux qui sont réalisés en exécution d'une disposition d'ordre transitoire des règlements. Tels sont par exemple ceux que donnent des coupes do régéné-
croissant vise au profit de l'arbre, rejetant mieux après que s'il était couj^é en décours. Et le décours à la durée du bois coupé, qui plus lonj^ue demeure-t-olle en œuvre. » {Thédlre d'Af^ricuUurc, vu" lieu, chap. Xll.) On a bouveiit eherolié à vérifter cette croyance. (Dubamcl notamment s'est occupé de la (piestion et a conclu que le cours de la lune n'avait aucune inilucnce sur la (lualilé du cliêne.) Elle subsiste encore de nos jours, fortement enracinée dans l'esjirit des bûche-rons dans plusieursdenos régions forestières, comme par exemple dans la montagne du Jura. Les auteurs romains avaienldéjàexprimédes opinions analogues. Caton (De He iiislicâ, 47, 31) veut (|u'on abatte au décours de la lune. Pline, au contraire, dit « que le cours de la lune a une importance infinie et ([u'il ne faut toucher au bois que dans l'interlune (syzy^ie) ou les premiers (juarliers ». (Cette dernière citation est empruntée à M. Weyd,(^/i. cil., ]>ag' 138.)
20 NOTIONS PRELIMINAIRES A L AMENAGEMENT
ration à enlrepreadre anormalement pendant la première période dans une parcelle affectée à la dernière période de la révolution dans une futaie pleine.
Les produits anormaux non prévus se distinguent eux-mêmes en produits extraordinaires et en produits accidentels.
Les produits extraordinaires sont ceux qu'on retire d'une partie du matériel qui, pour une cause ou une autre, ne supporte pas de coupes réglées. Tels sont ceux que donnent les coupes de bois mis en réserve dans les forêts communales.
Les produits accidentels sont ceux qui sont réalisés par la force majeure, en dehors de toule disposition des règlements d'exploitation. Tels sont les clvablis, bois de délit, bois incendiés, etc. (1).
On distingue encore, à un autre point de vue, les produits principaux et les produits intermédiaires.
Les produits principaux sont ceux donnés par Tabatago de bois exploitables, c'est-à-dire de bois ayant atteint un âge ou une dimension convenus (2). Les coupes de produits principaux se confondent avec les coupes de régénération des sylviculteurs, lorsque celle-ci se fait par la voie naturelle.
Les produits intermédiaires sont ceux qu'on réalise en bois non encore exploitables. Tels sont, par exemple, les produits des éclaircies des futaies pleines.
La distinction des produits principaux et intermédiaires n'est tout à fait nette naturellement quedans les exploitations de peuplements, où l'âge de coupe des produits principaux est unique et, de plus, nécessairement fixé d'une façon précise.
Dans les exploitations d'arbres, il est pratiquement difflcilo ou impossible (3) de distinguer ces deux genres do produits,
(1) On appelle menus-produils^ divers produits, généralement non ligneux, des forêts tels que les fruits des arbres, la mousse, les feuilles mortes, les champignons, baies, plantes médicinales ou autres, produits minéraux du sol, produits de la chasse, du pâturage, etc. Les jeunes plan l s et les harts concédés sont aussi ranimés administrativemcnt dans cette catégorie.
{2.) Voir Economif f'orca/ière, tome H, pages 307.
(3) Voir Econouiie furestière, tome II, pages 338 et suiv.
DÉFINITIONS ET GENERALITES 2Î
surtout dans les exploitations composées. A plus forte raison en est-il ainsi lorsque Tàge d'exploitation est indéterminé, comme il arrive habituellement dans les exploitations d'arbres.
On convient alors de dénommer, en pratique, produits principaux tous ceux qu'on réalise en arbres mesurant au moins un diamètre minimum fixé. Les autres sont des produits intermédiaires.
Dans les forêts d'essence d'ombre, à régénération lente, comme le sont éminemment les sapinières, on ne rencontre guère, et Ton ne devrait jamais rencontrer de peuplements équiénnes. L'âge d'exploitation n'y peut ôtre qu'une donnée moyenne, de laquelle la réalité s'écarte souventconsidérablement.On convient alors (c'est-à-dire lorsque, malgré l'irrégularité (1) naturelle des peuplements, on veut cependant traiter les sapinières en exploitations de peuplements) de considérer comme produits principaux tous ceux, quel que soit le diamètre des arbres qui les fournissent, que Ton réalise dans certaines parcelles désignées spécialement par le règlement d'exploitation.
Quant aux produits accidentels, ils sont considérés comme principaux ou intermédiaires, suivant la dimension des arbres, ainsi qu'il est pratiqué dans les exploitations d'arbres.
Cette distinction des produits principaux et intermédiaires est très importante dans les aménagements. £n effet, la quotité du revenu en ces deux natures de produits est souvent déterminée séparément (c'est surtout le cas dans certains pays étrangers) ou bien n'est déterminée que pour les produits principaux seulement (c'est parfois le cas en France); les autres restant variables suivant Tappréciation des agents qui les récoltent.
(l)Nous rappelons que nous appelons wr^^u/ier^les peuplements dont les liges ont des àçes variés, par opposition aux peuplements équiennes^ dont toutes les tiges ont le même âge.