‹ Economie forestière (volume 2)Chapitre 90 sur 99 · SURFACES · texte numérisé non relu

SURFACES

lr« coupe

2* coupe

1" coupe

2a coupe

hectares

1887 et 1892 1892 et 1893

On remarquera que la glandée a surtout été utile dans les coupes cpii, au moment où elle s'est produite, venaient d'être exploitées depuis trois ans au plus. Les jeunes coupes plus âgées n'en ont pas profité. Les semis produits sous les vieux taillis âgés de plus de trente ans ne se sont maintenus que deux ans sou» le couvert ; les exploitations de 1858 sont déjà venues trop tard pour les décou- ■vTir.

La forêt de Champenoux croit en sol argilo-marneux frais et fertile, les taillis y atteignent de fort belles hauteurs, toutes circonstances favorables au maintien des semis de chêne sous le couvert. On y a toujours pratiqué avec soin le dégagement et l'éclaircie des chênes dans les taillis.

cours d'une révolution trop longue. On peut sans doute remédier à ce dernier inconvénient en pratiquant des coupes de dégagement et d'éclaircie répétées et énergiques dans les taillis. Ces opérations, indispensables au maintien du chêne, ne peuvent cependant conserver qu'une partie des semis existants et non pas provoquer leur installation ; il n'en subsiste pas moins que les durées de révolution trop longues sont défavorables au chêne en rendant les semis plus rares. Celles de 30 à 40 ans, lorsqu'elles ne sont pas accompagnées de coupes d'amélioration^ amènent une disparition rapide de cette précieuse essence de nos meilleures forêts (1), là même où elle était autrefois abondante ; ce fait est si général et si universellement reconnu qu'il parait superflu d'y insister ici (2).

(1) Lorsque la forêt renferme beaucoup de bois blancs, et surtout de saules, ceux-ci disparaissent en grande partie entre 25 et 35 ans: Féclaircie est faite par la nature elle-même. Cette circonstance a sauvé plus de baliveaux chêne qu'on ne pense et masque souvent Tinconvénient de durées de révolution trop longues.

(2) « C'est un fait reconnu que le chêne se reproduit mal de semis dans nos taillis, même lorsqu'il y est dominant. Ce fait est surtout saillant dans les taillis composés (sous futaie). Nous connaissons des forêts considérables où la réserve en anciens et en vieilles écorces, formée en presque totalité de très beaux chênes, atteste de l'abondance avec laquelle cette essence y était répandue auti'efois, et où l'on ne trouve plus aujourd'hui que très peu de sujets de francpied...» (Parade, Cours de culture, h" édition, 1860, pages 388-389).

« Souvent, dans le Nord-Est de la France, le chêne a complètement disparu des taillis..., dans beaucoup de forêts cette essence a été remplacée surtout par des taillis et bois blancs... » (Nanquette, Cours d'aménagement, 1860, page 231.)

La disparition du chêne dans les taillis sous futaie est constatée dans tous les pays, sans exception.(L. Tassy, V Aménagement des /bré?/*, 3« édition, 1886, p. 140.)

Nous nous bornerons à mentionner ici deux exemples qui montrent que la cause de la disparition du chêne est bien la longue durée de la révolution et l'absence de coupes de dégagement et d'éclaircie.

Le premier est emprunté à une très intéressante brochure de F. Suchaux,alors conservateur des forêts à Bar-le-Duc. {Considérations diverses à propos des taillis^ Vesoul, 1889.) Nous citons textuellement: «Je crois pouvoir affirmer que les longues révolutions sont les plus funestes pour le chêne. Cela résulte des soins spéciaux, dégagements et éclaircies, qu'il est nécessaire de lui donner. . . (et qui sont ordinairement omis parce qu'ils sont onéreux)... J'ai fait dans une forêt de la Meuse (aménagée à. 25 ans), au sujet de 1 influence de la révolution sur l'existence du chêne dans les taillis» une observation assez curieuse... Dans la coupe âgée de vingt-cinq ans je trouvai des anciens chêne en assez grand nombre, dont une dizaine au moins mesuraient plus de trois mètres de tour. A côté de ces anciens, les modernes chêne étaient rares, et il n'y avait dans le taillis ni brin ni rejet de l'essence, absolument aucun; en revanche, on y rencontrait surtout du coudrier, des saules, du tremble, de l'aulne et même du tilleul.Le fait me frappa d'autant plus (lu au dire du garde du triage les gros chênes de la forêt donnaient prcs(iue chaque année des glands, en plus ou moins grande

458 IvES tHAVAUX RSSENTIEI48 DE l'aménagement

D'autre part on sait que la hauteur de fût des arbres de réserve ne dépasse guère la hauteur maxima des taillis au moment de leur abatage (1). Il faut donc, si Ton veut des hauteurs de fût

quantité, et qu'effectivement je vis des semis naissants dans la coupe en exploitation, et des semis plus nombreux dans celle de Texercice précédent. Depuis longtemps, en outre, on repiquait chaque année des chônes dans cette dernière. Pourquoi ces semis et ces plantations n'exiataient-ils plus dans les vieux taillis? Je me mis à visiter toutes les coupes en remontant la série dos âges, et voici ce que je constatai : jusqu'à douze ou quatorze ans Icschèneaux existent et sont vigoureux, mais alors le taillis s'emporte et ils ont beau s'effiler pour le suivre ; ù vingt ans, ils sont dominés et dépérissants; à vingt-cinq ans, ils n'existent plus... Faute des dégagements que la commune (propriétaire de la forêt) ne peut pas se décider à faire, dans cinquante ou cent ans les gros chênes d'aujourd'hui n'existeront plus qu'à l'état de souvenir ou de légende,

* Mais ce n'est pas tout. Cette forêt communale n'est séparée que par un chemin rural d'un bois particulier de contenance analogue, situe sur le même plateau, en même sol, et que le propriétaire coupe à dix-huit ans. Dans ce bois, la futaie est en majeure partie composée de chênes, dont les plus gros toutefois n'ont pas les dimensions de ceux de la commune; mais surtout le chêne entre pour une bonne part dans le taillis, et s'y trouve associéau charme, avec de rares bois blancs. La raison de ce fait sautait aux yeux : à dix-huit ans, les semig de chêne ne sont pas morts, et, recépés.ils donnent déjeunes souches qui ontretieu* nent l'essence. »

Voici maintenant un second exemple du même fait :

La forêt domaniale de S... l'A... est une de nos plus belles forêts de chêne du Nord-Est de la France. Elle appartenait autrefois à des moines bénédictins qui la traitaient en taillis sous futaie à la révolution de vingt ans, conformément à un arrêt du Conseil de 171 3, et au règlement de réformation du grand-maître Maclot, le même dont nous avons cité plus haut (page 203) les règlements de jardinage si connus. Une tentative déplorable de conversion en futaie, entreprise il y a une trentaine d'années, a dû être abandonnée sans avoir produit d'autre eflet que d'introduire le désordre dans la forôtLes âges d'exploitation des coupes de l'exercice 1905 ont varié do 30 à 38 ans. Voici le nombre des réserves marquées à l'hectare, en 1903, dans le canton do la Grande-Forêt, surune surface exploitée de 21 hect. ()0.

Baliveaux 8 chênes 92 divers

Modernes 21 — 32 —

Anciens 12 — 8 —

La disparition du chêne et son remplacement par les « divers » (charmes) est saisissante. Elle l'est enc.dre, (juoiquà un moindre degré, dons la forêt communale do V. S. R..., attenante à la forêt de l'Etat, et traitée à la révolution de 25 ans. On y a manjui^ en moyenne, par hectare, dans les coupes aftouagères dos six dernières années :

IJaliveanx 40 chênes 64 divers

Modernes 62 — 6 —

Anciens 15 — 0 —

Los bois particuliers également ronligus à la Grande-Forêt, et qui sont traités avec des Ages d'exiiluitalion infêrieiii's à 20 ans, forment, avec la forêt domaniali», \\n conlrasle frai)i)îint. lis sont peuplés de chêne h peu près pur, avec (juehiues frênes comme l'élait In Grande-Korêt du temps des moines (1).

(l) Voir aussi à ce sujet le Truite de Sylviculture de M. Uoppe, Nancy, 1SS9, page 261.

(1) 11 ne faudrait pas ériger en principe trop absolu cette régie générale. Sur des sr>ls très fertiles et très profonds, les arbres de réserve essence chêne et sur-

suffisantes, des baliveaux bien conformés, éviter les révolutions trop courtes. 11 est vrai que si les longues durées de révolutions fournissent des baliveaux élevés, elles augmentent aussi le danger de voir ceux-ci disparattre comme «r pliants » (arbres plies sous le poids de leur propre cime chargée de pluie, de neige ou de givre) parce que ces baliveaux sont alors trop grêles. A ce point de vue encore, les révolutions trop longues sont dangereuses lorsqu'elles ne sont pas accompagnées de coupes d'éclaircio.

// semble qiCon sê tienne dans une bonne moyenne en adop^ tant, pour la révolution des taillis da?is les forêts de chêne traitées en taillis sous futaie, des durées variant de 25 à 30 ans (l). Dans les très bons sols, on peut, plutôt que dans d'autres, se tenir plus près du minimum.

Des coupes de dégagement et une éclaircie énergique, celle-ci venant dégager les futurs baliveaux 8 à 10 ans avant leur isolement, sont ordinairement tout à fait indispensables dans les forêts où Tâge d'exploitation dépasse 30 ans, par exemple (2).

En restant au-dessous de 25 ans, on n'obtient, en général (à moins de sols de première qualité) que des arbres à fûts trop courts, sans grande valeur par conséquent, et très nuisibles au taillis par leur couvert bas. Nous rappelons une fois de plus que nous n'entendons parler ici que des forêts où le chêne domine, et, de plus, des taillis sous futaie véritables, où les arbres sont non seulement isolés, mais à quelque distance les uns des autres, et ne peuvent mutuellement « se pousser en hauteur », comme ce serait le cas dans les futaies claires, par exemple.

tout fr(^ne atteignent des hauteurs de fût très supérieures à la hauteur qu'ont le g taillis exploitables. Les belles forôts de Saint-Amand, Marchiennes, dans le Nord, étaient autrefois traitées à des révolutions de 14 ou 15 ans, ce qui n'empêchait pas les résci*vos chêne d'y atteindre des hauteurs considérables. On pourrait citer d'assez nombreux exemples analogues.

{{) Nous répétons (|ue dans les forêts à hêlre dominant les Ages d'exploitation du taillis peuvent être beaucoup plus longs, sans le même inconvénient que dans les forêts de chêne.

(2) Il est bien évident que ces chiffres ne peuvent s'appliquer qu'à une moyenne et n'ont rien d'absolu. L'âge n'est pas le seul facteur à considérer; le sol, le climat d'où résulte, en même temps que de l'âge, l'état de développement des tail- Hb, jouent nécessairement un grand rôle.

46o LES TRAVAUX ESSENTIELS DE l'aMÉNAGEMENT

Nous avons parlé, à diverses reprises, ci-dessus, de coupes d'amélioration à pratiquer dans les taillis des forêts traitées en taillis sous futaie, en les motivant par l'intérêt de la conservation du chêne ou du dégagement des baliveaux avant leur isolement par la coupe. Elles ont encore une autre utilité. Sur les terrains frais et fertile», où le taillis sous futaie est à sa place, il croît toujours, dans la première période de la vie des peuplements, une forte proportion de saules, trembles et autres bois blancs qui dépérissent généralement en masse à partir de 25 ans environ. La nécessité de recueillir ces bois au profit du propriétaire de la forêt, avant qu'ils ne passent à l'état de bois mort, est un motif de plus pour pratiquer l'éclaircie dans les taillis qui doivent rester sur pied au delà de 25 à 30 ans.

Les coupes d'amélioration dans les taillis sous futaie ne sont assujetties à aucune possibilité proprement dite : on se contente d'indiquer, dans le règlement d'exploitation, leur date et leur assiette. Leur nature résulte suffisamment de l'âge des peuplements parcourus.

Les dégagements de semis se font souvent aux âges de 5, 10 et 15 ans dans les taillis. Quelquefois, lorsqu'on veut réduire les frais de ces coupes, au risque de diminuer leurs avantages, on les pratique à 7 et 15 ans par exemple. Ces opérations ne devraient être omises dans aucun taillis sous futaie aménagé à plus de 25 ans. En réalité, elles le sont presque partout et leur omission, conséquence trop naturelle de ce qu'elles sont devenues onéreuses, est le principal argument à opposer à l'élévation, si souvent préconisée depuis une cinquantaine d'années, de l'âge d'exploitation des taillis sous futaie dans les forêts à chêne.

L'éclaircie doit être faite 8 à 10 ans avant la coupe. C'est dire qu'on peut, sans doute, s'en dispenser dans les taillis aménagés à 25 ans, lorsqu'on a pratiqué des dégagements. Elle devient très utile lorsque l'âge d'exploitation atteint trente ans, et tout à fait nécessaire lorsqu'on dépasse ce terme. Nous répétonsqu'il estdurestecertainque l'état de développement des bois

est à considérer bleu plutôt que leur âge; telle opération, à dix ans dans un peuplement de végétation très rapide, p sans inconvénient être différée lorsque la végétation sera E^e règlement d'exploitation peut s'établir par exemple la forme ci-après :

Règlement d'exploitation ponr la Série de la Petite-Haye, < nant 167, 90 hect., aménagée en taillis BonB futaie à. la r tion de trente ans.

co^.

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