ESSENCES
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Frilzen (Prusse orientale),. ..
On a même observé plusieurs fois, dans des forêts d'épi que la température moyenne de l'année est plus élevée niveau des cimes qu'elle ne l'est à la même distance du au-dessus des terrains cultivés voisins. Cela peut ôtredû à 1' que donnent au thermomètre, en hiver, les cimes abondamr feuillues et habituellement couvertes de neige. En vuic exemple emprunté aux observations prussiennes :
Schmiedefeld (Thurin^e); peuplement d'épicéas, à l'alti do 680 m., âgé de GO ans au début des observations. Duré celles-ci 1875-1895.
La température moyenne annuelle à 1 m. 50 du sul a plus ôasse eo forêt qu'en terrain cultivé de O'iO.
La température moyenne annuelle au niveau des cimes a plus élevée en forêt qu'à la même dislauco du sol en ter découvert de 0*07.
Si l'on entre maintenant dans le détail des moyennes w suelles on voit que, au niveau des cimes, et même imméd ment au-dessus (d'après Fautrat) la température est habitu ment plus élevée en hiver qu'elle ne l'est à la même distanc sol hors bois. La difTcrence,qui peut atteindre un quart de de au niveau des cimes, pour la moyenne des trois mois d'b
l'utilité des forêts
aussi bien pour les peuplements de hêtre que pour les résineux, est sensiblement plus faible (environ un dixième do degré seulement) au-dessus de ce niveau.
En été au contraire la température au-dessus du terrain boisé, aussi bien à 1 m. 50 du sol qu'au niveau des cimes et au-dessus du massif, est plus basse qu'aux mêmes distances du sol en plein champ. La différence va ens'atténuant à mesure qu'on s'éloigne du soU
Ce qui précède suffit à établir l'action de la forêt sur la température de Tair du lieu oii cette forêt se trouve. Peut-on admettre que l'action du massif boisé se fasse encore sentir à distance de ses rives^ et d'une façon assez sensible pour modifier (au point de vue de la température) le climat général des régions dont le taux de boisement est élevé?
Il semble qu'on puisse répondre affirmativement avec une certaine probabilité.
Dans son livre sur les climats du globe (l),un savant russe, M. Woeïkoff, a essayé de résoudre la question de la manière suivante : Si l'on étudie la variation, suivant les lieux, de la température moyenne de juillet tout le long d*un môme parallèle géographique, entre 38® et S2^ de latitude Nord, on constate assez nettement, après avoir éliminé l'influence de l'altitude, un abaissement de la moyenne de juillet dans les régions riches en forêts, et un élèvement dans les steppes. La figure 3 montre les résultats obtenus par l'étude du 46"^ parallèle, de la Rochelle À Tembouchure du Volga.
Pour éliminer l'influence de l'altitude, toutes les moyennes ont été ramenées à l'altitude de 200 m. dans l'hypothèse qu'il
(1) Pétorsbourg, 1884, Ilgin, éditeur. Un extrait revisé de cet omTage a été publié par son auteur dans les Geof/raphische Mitleilungen de Petermann, vol. de 1885, pages 81 à 87. C'est à cet extrait que sont empruntées les considérations reproduites ici.
:4CE DES FOnÊTS SUR LE CLIMAT 5"]
80 produit une varialion de iflO par 100 m. de difFérenco de niveau.
Fig. 3, — Variation, en Europe, de la température mnyenno de juillet le long du *6* parallèle d'après Wooîkoff.
On voit bien, sur la figure 3, l'influence des régions déboisées, la plaine lombarde, les environs de Trieste, celles du sieppe hongrois et du steppe russe auxquels correspond une élévation notable do la température par rapport à ce qu'on observe dans les pays richement boisés Je la Croatie el de la Transylvanie,
M. Woeïkoff fait encore remarquer, d'après les relevés du service météorologique des Indes Anglaises, que la température moyenne annuelle de la région boisée d'Assam est inférieure do plus d'un degré à celle des régions dénudées environnantes, à latitude (25''à27°) el altitude égales. La moyenne de juillet dans ce paysforestiord'Assam n'estquede 36''5environ tandis qu'elle atteint 57''4etne descend pas au-dessous de 42° dans les régions voisines, même beaucoup plus rapprochées de la mer, mais dépourvuesde forêts.
Comparant les climats de la Bosnie richement boisée, et celui de l'Herzégovine, dénudée et rocheuse, M. Woeïkoff constate enfin qu'à latitude et altitude égales la température moyenne de l'été est plus basse de 2"S à 4''5 en Bosnie qu'en Herzégovine.
Le météorologiste viennois Hann est arrivéàdes conclusions analogues en étudiant les climats de l'Amérique et do l'Afrique équatorialcs et il s'exprime catégoriquement en faveur de l'influence déprimante des forets sur la température estivale des
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régions à taux de boisement élevé dans les latitudes moyennes do rhémisphèro boréal (1).
Un fait curieux, qui tend à montrer que l'action des forêts se fait encore sentir à de grandes hauteurs au-dessus du sol est celui, souvent signalé par les aéronautcs, de la descente de leurs ballons lorsqu'ils passent au-dessus de massifs boisés importants. M. le commandant Renard, sous-directeur de l'établissement d*aérostation militaire, attribue ce phénomène à la température plus basse de la colonne d'air qui surmonte la forêt. Voici comment il s'exprime, à ce sujet, dans une lettre du 2i mai 1900, adressée à M. Henry, professeur à TEcole nationale des Eaux et Forêts (2) :
« Le refroidissement ressenti par les aéronautes en passant « au-dessus de massifs boisés d'une certaine étendue n'a jamais « été, à ma connaissance, mesuré au thermomètre; mais il se « traduit par une descente bien marquée du ballon. Cette des- « cente ne s'arrête jamais d'elle-même, comme il arrive souvent a lorsqu'une cause passagère la produit; elle ne s'enraie qu'ac( près la projection d'une quantité souvent notable de lest.
« Quant à la hauteur à laquelle se fait sentir cette influence, « elle varie nécessairement avec l'importance du massif forcs- « tier et peut-ê.lro aussi avec Tallitudo et la configuration des « terrains environnants.
« En tout cas, un fait précis d'expérience est qu'elle a été res- (( sentie par nombre d'aérostiers militaires au-dessus delà forêt « d'Orléans (3), le ballon étant à une altitude de 1.000 mètres « environ.
(1) llandbuchder Kliinalolofjie, par J. llaiin, 2« édition, 1891. (Cet ouvrage fait partie de la collection publiée par M. Hatzel sous le titre de Bibliolhek geuyra* vhischer Ilandbilcher.)
(2) Voir le Compte rendu duConfjiès internalwnal de Sylviculture tenu à Paris en iOOO, Communication de M. Henry, page 345. (imprimerie Nationale. 1900.) Voir aussi le Bulletin de la Société des Sciences de Aa/icy, année 1901. (Nancy, Berger-Levrault.)
(3) La forêt d'Orléans a une contenance de 34.000 hectares, en plaine. Elle est peuplée de chêne, pin et charme.
INFLUENCE DES FORÊTS SUR LE CLIMAT Sq
(f II paraît démontré par toute la série d'ascensious faites jus- « qu'ici que l'influence de massifs d'une étendue semblable est a sensible jusqu'à une hauteur do 1.500 mètres environ. »
§ 2. r- Température du soL
Les stations de météorologie forestière ont recherché, à Tétranger surtout (1), rinfluenco de la présence des massifs boisés
sur les oscillations, avec le cours des saisons, de la température du soi à diverses profondeurs.
On sait que, d'une façon générale, la variation de la température du sol avec le cours des saisons est d'autant plus faible que la profondeur est plus grande. A une distance de la surface variable avec le climat et la nature du sol, la température reste fixe toute l'année et égale à la moyenne du lieu; puis elle va en augmentant avec la profondeur à raison de 1^ par 30 ou 40 mètres. Le sol se réchauffe et se refroidit plus lentement que Pair; aussi les maxima et minima annuels apparaissent-ils dans le sol plus tardivement que dans l'atmosphère et le retard est d'autant plus marqué que la profondeur est plus grande.
Le sol forestier est plus chaud en hiver (do moins d'un degré ordinairement) et plus frais en élé (de trois à cinq degrés environ) que le sol découvert et cela à toutes les profondeurs jusqu'à 1 m. 20. II en résulte que les oscillations de la température du sol, dans les parties où pénètrent les racines des arbres, sont moindres de quatre à six degrés que dans les champs cultivés. Ces chiffres sont déduits de la considération des moyennes mensuelles. Mais si nous comparons la moyenne diurne du jour le plus chaud et celle du jour le plus froid de l'année, nous voyons l'écart entre la température du jour le plus chaud et celle du jour le plus froid diminué de sept à neuf degrés à la surface du sol, de trois degrés environ à partir de
(1) Des observations analogues sont en cours en France, mais aucun résultat n'a été publié jusqu'à prosent.
l'utilité DBS FORÊTS
nte cenlimètres de profondeur jusqu'à I m. 20. On constate us que, en for(ît,les diverses couches du sol so comportent, )int de vue des variations do la température, comme se opteraient en terrain découvert des couches notablement profondes : une profondeur de m. 50 sous bois équivaut, point de vue, à une profondeur do m. 80 ou 1 m. 00 6n in découvert (1).
tableau ci-dessous, reproduit d'après M. Weber, précisera
iiss«m«Dt de Ift température dn sol par l'action de la for&t.
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