‹ Economie forestièreChapitre 12 sur 100 · GELÉES TARDIVES CONSTATÉES · texte numérisé non relu

GELÉES TARDIVES CONSTATÉES

DANS LA CAMPACnC CULTIVtB

A proximité de Ift forôt

Nombre total de jours de gelée

Température moyenne

SOOS LK COnvCRT DR IX FORÊT

À proximité dos terres cultivées

Nombre total de jours de gelée

Température moyenne

On voit très clairement que les gelées tardives sont à la fois beaucoup moins fréquentes et beaucoup moins rigoureuses sous te massif qu'en pleine campagne dans le voisinage de la forêt.

Si nous considérons maintenant l'époque des gelées tardives, nous constatons que l'abaissement de la température, pendant la durée des observations, s'est produit pour la dernière fois, dans le cours de Tannée,

Au-dessous de <

Oo

i Tirlibrf 5 en terrain cultivé 1 urisBerg | ^^^^ j^ couvert.

s RKâNwiliia i en terrain cultivé 1 AMriTiiQQ , g^j^g jç couvert.

1 ii,-,.--„ 4 en terrain cultivé 1 oi^eoii ^ g^j^g |g couvert.

le 17 juin 27 mai 16 mai

8 mai 18 mai

8 mai

i2 juin 23 mai 14 mai

11 mai

8 mai

27 mai 13 mai 8 mai »

7 mai

16 mai 5 mai

11 mai

7 mai

52 l'utilité des forêts

d'où il résulte que les gelées sorti à craindre beaucoup plus longtemps et sont par conséquent plus nocives dans la campagne que sous bois (1).

Des constatatioQS analogues pourraient être faites pour les gelées précoces de l'automne.

En somme, on peut dire que les grands massifs forestiers exercent sur la température moyenne annuelle de l'air une action frigorifiqne sensible, puisque cette température est diminuée d'un demi-degré à un degré environ. De plus, sous leur couvert, les oscillations de la moyenne mensuelle, plus encore celles des moyennes diurnes, et, enfin, les variations de température dans le cours d'une même journée, sont bien diminuées. Les grandes chaleurs sont moins fortes et les froids moins rigoureux en forêt ; le climat est moins excessif, moins rude, tout en étant, en moyenne, un peu plus froid.

Il est naturel de penser que rinfluence des forêts sur la tem* pôrature de l'air varie suivant les essences qui forment les massifs.

L'état actuel de nos connaissances ne nous permet pas de comparer l'action des diverses essences sur la moyenne annuelle. Mais il ressort très nettement de l'ensemble des observations publiées que les forêts de hêtre, d'épicéa et de pins influent différemment sur l'oscillation annuelle des moyennes mensuelles

(i) Consignons ici un résnlLal des observations prussiennes qui vient à l'appui de la croyance populaire d'après laquelle les gelées seraient particulièrement à redouter du il au 13 mai (jours des saints de glace). Le nombre total des gelées tardives constatées, pendant la durée des observations, dans l'ensemble des n stations a été

le : 1*' mai de 282 10 mai de 242

8 — 2o:> 17 — 121 etc.

mai de ifS

INFLUENCE DES FORÊTS SUR LE CLIMAT 53

OU diurnes ainsi que sur Tamplitude diurne des oscillations Ihermométriques.

D'après M. Schubert (1), la température moyenne de juillet serait abaissée :

Sous des massifs de hêtre de 0*5

Sous des massifs d'épicéa 0*^3

Sous des massifs de pin sylvestre 0°2

Celle de janvier serait au contraire relevée

Sous des massifs de hêtre de 0*1

Sous des massifs d'épicéa O'^S

Sous des massifs de pin sylvestre 0"!

malheureusement les forêts dans lesquelles les observations ont été faites se trouvent fort éloignées les unes des autres et croissent sous des climats très différents, ce qui diminue évidemment la portée des résultats constatés.

Des observations faites en Alsace (2) en vue de comparer Faction des diverses essences sur Tamplitudo de la variation annuelle des moyennes diurnes ont donné les résultats suivants:

1° Pour l'abaissement, par la forêt, de la température diurne maxima de Tannée, en moyenne pour toute une série d'années d'observations :

Massif Massif Massif de pin de hêtre, d'épicéa. sylvestre.

Pendant la saison de végétation 2o6G 2oi0 lo9l

En dehors de la saison de végétation 0^48 QoOl 0^47

2^ Pour le relèvement, par la forêt, de la température diurne minima de Tannée, en moyenne pour une série d'années d'observation

Massif Massif Massif de pin

^e hêtre, d'épicéa, sjrlvestro.

Pendant la saison de végétation l'^OO l'^62 0«17

En dehors de la saison de végétation 0^38 lo30 0°20

Ces chiffres montrent que Taction déprimante de la forêt sur

(1) Vei*gleichende Tempera fur».. Beslimmunge?}, dans le volume de 1901 des Annales de l'instilul météorohniique de Prusse. (Ci lé par M. W'cher dans Lnrei/'a Handbuch de?* Forstirissefisch(i/'t,'2*- édiMon, 1903.)

|2) Ney, Veher den Einfluss des Wtddes auf dnsKUma. Berlin, 1896.

54 l'utilité des fokéts

la température estivale paraît être plus élevée chez le hêtre, au feuillage épais, et qu'elle est relativement faible chez le pin sylvestre, au couvert léger (1). Celui-ci est presque sans influence sur les minima, même en été ; c'est l'épicéa, feuillu en hiver, qui l'emporte ici sur le hêtre. On remarquera que sous la forêt d'épicéa l'amplitude annuelle des moyennes diurnes est réduite de 3^72, sous la forêt de hêtre de 3^66, sous celle de pin sylvestre de â^OS.

Voici enfln, d'après M. Schreiber (2), des chiffres propres à faire ressortir la façon dont les différentes essences agissent sur l'amplitude delà variation diurne de la température de l'air. Cette amplitude (c'est-à-dire l'écart entre l'indication niaxima et l'indication minima du thermomètre dans le courant d'une même journée) est réduite par l'influence de massifs

▲u prinlempi.

De hêtre lol3

D'épicéa 2o87

De pin sylvestre iooT

A quelle cause peut-on attribuer cette action si remarquable de la forêt sur la température de l'air sous les massifs?

Il semble bien que ce soit à l'action d'écran du feuillage des cimes ou des feuilles mortes qui recouvrent le sol, et empêchent celui-ci d'absorber la chaleur solaire et, par suite, de la communiquer à l'air, qu'il faille la faire remonter. C'est ce qu'avait déjà supposé Humboldt en 1817 . Ce qui tendraità faire admettre cette opinion c'est que le refroidissement de l'air par la forêt est plus sensible au voisinage du sol que dans les cimes des

(1) Les observations faites par M. Fautrat en France ont donné un résultat inverse vabaissenient de la moyenne doté de I^IS sous les pins sylvestres, de 0*10 sous les feuillus) ; mais les moyennes ne portent que sur trois années seulement.

il) Die Einwirckung der Waldes auf Klima und Witlerung, Dresde, i899. Les chiffres de M. Schreiber sont des moyennes établies d'après un travail plus étendu, publié dans la revue Zeitschrifl f'tir Fors t und lagduesen, en 1890, par M.Mûttrich, de la station de recherches prussienne.

En été.

En automne.

En hiver

mFLUBNGE DBS FORÊTS SUR LE CLIMAT

ces cimes. Le lab:

arbres ou immédiatement au-dessus ci-dessous en donnera une idée.

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