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La comparaison des chiffres qui précèdent permet de constater que, pour un certain nombre de mois et surtout en hiver, c'est au pluviomètre, placé sous le couvert qu'on a recueilli le plus d'eau. Pareil fait a déjà été signalé en 1878 et 1890, dans des rapports publiés par Mathieu etM.Bartet(l),surles résultats constatés à ces dates par la Station de recherches de Nancy.
Il est d'autant plus intéressant que ce sont les pluies d'hiver qui sont de beaucoup les plus importantes au point de vue de l'alimentation des sources.
Il s'explique du reste très naturellement par la condensation do la vapeur d'eau sur la surface considérable que représentent les cimes des arbres forestiers (2).
Les arbres sont en effet plus froids que l'air qui les entoure en toute saison et à toute heure du jour. Néanmoins, la différence est plus grande en été qu'en hiver, le jour que la nuit; elle est aussi plus grande dans le bas du fut que dans les branches.
Voici quelques chiffres à ce sujet. Les observations suisses donnent les résultats d'une moyenne de douze années ; celles bavaroises ont été poursuivies pendant deux ans.
Différences entre la température des arbres et celle de Tair
ambiant
Mélèzes (près d'Interlaken).
Epicéas (près de Berne) — Hêtres (près de Porrentruy)'
Observations bavaroises sur essences diverses .
1 Températures \ des arbres mesurées à
1 lm.30 du sol. 1
Températures
mesurées sur les
branches de la
cime .
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IdUbii
Hiver
(1) Météorologie comparée, agricole et forestière... observations faites à la Station de recherches de l'Ecole nationale forestière, publiées par M. E. Bartet. Paris, 1890 (Bulletin du ministère de l'Arjncullure),
(2) îl arrive quelquefois que la quantité d'eau fournie au sol forestier par les condensations soit trè^ considérable en peu de temps. 11 en a été ainsi en janvier 1882. Le vent d'Est accompagné de brouillard a déposé sur les arbres une telle quantité de givre qu'un grand nombre de branches ont cassé sous son poids. Ce givre était formé d'aiguilles de 10 centimètres de longueur. Une brindille cou-
ECONOMIB FORESTIÈRE. — l -7
l'utilité des forêts
iS:
Ces constatations suffisent à nous donner la clef du phénomène important signalé ci-dessus. Les arbres avec leurs cimes abondamment ramifiôeâ constituent de très efficaces condensateurs de la vapeur d'eau atmosphérique, qu'ils amènent à Tètat liquide jusqu'au sol; cetteaction est naturellement plus marquée au début et à la fin de l'hiver, époques oii l'air, dans nos climats, est habituellement, en forêt surtout, très voisin de son point de saturation. Le moindre abaissement de température suffit alors pour amener une condensation.
Ëa somme les résultats obtenus par les observations faites aux Cinq-Tranchées peuvent se résumer de la manière suivante :
Sur iOO millimètres d'eau météorique, l'instrument placé à l'abri de la cime d'un jeune charme n'en a reçu, année moyenne^ que 92 mm. 4 ; 7 mm. ti ont donc été retenus par la cime, compensation faite du produit do la condensation contrôles branches et le haut du fût.
L'action de la forêt est d'ailleurs sensiblement différente suivant les saisons.
En hiver, les arbres sont dénudés, de plus ils favorisent alors plus fréquemment la condensation des vapeurs atmosphériques. Aussi une fois sur trois à peu près, c'est le pluviomètre sous bois qui est le plus rempli et celui-ci reçoit, en moyenne, 90,9 p. 100 de l'eau tombée pendant la période novembre-avril, soit la presque totalité. La condensation par les cimes suffit donc à compenser presque complètement la perte due à l'adhérence d'une partie de l'eau tombée sur les arbres.
Durant lété, au contraire, les branches couvertes de leur feuillage interceptent beaucoup mieux la pluie. Si on compare,
verte de givre, coupée avec précaution, avait un poids de 550 grammes; débarrassée de son fardeau, elle ne pesait plus que 70 grammes. (Bulletin de la Commission météorologique de Meurthe-et-Moselle^ 1882.) Ce givre, en fondant, le il janvier, a donné une lame d'eau de 1 mm. 4 au pluviomètre sous bois des Cinq-Tranchées. Au mois de janvier 1879 une branche de bouleau de la forôt de Fontainebleau, pesée par M. Croizette-Desnoyers alors qu'elle était entourée d'un épais manchon de givre, accusait un poids de 700 grammes. Pesée de nouveau après fusion, son poids n'était plus que de 50 grammes.
LA FORÊT ET LES SOURCES gg
pour les mois do mai à octobre, les hauteurs observées respectivement en terrain découvert et sous le massif, on trouve qu'elles sont entre elles comme les chiffres 100 et 88,8.
Si les proportions suivant lesquelles est arrosé le sol forestier varient avec la saison, elles doivent être quelque peu différentes selon l'âge et la consistance du peuplement. De fait, considérant pour le calcul des moyennes, non plus la durée totale des observations, mais trois périodes successives approximativement égales, on constate qu'il a été recueilli sous bois, en été, respectivement 89,1 p. 100, 88 p. 100 et 89, 4 p. iOO de la quantité d*eau d'eau précipitée de l'atmosphère. La portion retenue par la cime augmente de 1867 à 1888 en mémo temps que le couvert, par suite de l'accroissement do l'arbre observé qui passe de 40 à 62 ans. Elle diminue alors à la suite de l'éclaircissement progressif du feuillage, coïncidant avec le déclin de la végétation, qui se manifeste pour les rejets de charme, dans la forêt de Haye, vers 60 à 70 ans dans des conditions habituelles.
Citons encore ici quelques chiffres relevés à l'étrangler sur la proportion de la tranche pluviale interceptée parles cimes des arbres.
La quantité absolue d'eau restant adhérente aux arbres et retournant à l'atmosphère par évuporation est constante pour un même arbre, quelle que soit la durée de la pluie; mais elle suffit à absorber celle-ci totalement, en été surtout, si la pluie est de courte durée, tandis qu'elle n'en absorbera qu'une proportion de plus en plus faible à mesure que la pluie sera plus prolongée. La perte d'arrosement due à l'actioa du couvert est donc très variable suivant le régime local des pluies.
Elle Test naturellement aussi avec les essences. M. Hoppe a essayé, en plaçant un grand nombre de pluviomètres sous la cime d'un même arbre, à des distances variées du fût, d'obtenir une moyenne pour la quantité d'eau qui passe directement à travers les cimes. Il a mesuré ensuite séparément l'eau de pluie glissant le long des fûts. Combinant ces résultats avec