‹ Economie forestièreChapitre 75 sur 100 · OU · texte numérisé non relu

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Bois de feu 9 — 99.

Volume total à riiectare 1205 . 00

Il est difficile d'assigner un âge à ces peuplements. Ils proviennent du développement de peuplements irréguliers : les arbres les plus élevés ont fini par former massif et ont étoulTéles autres, donnant ainsi un aspect équienne à l'ensemble. Puis, avec le temps, le massif s'est éclairci. Actuellement l'aspect est celui d'un massif clair, souvent incomplet, d'arbres de 70 cent, de diamètre et au delà, sur des hauteurs qui atteignent quelquefois 50 mètres, dominant un petit nombre de perches ou déjeunes arbres et un fourré, gaulis ou perchis, parfois complet en sous-étage.

Il existe dans la forêt, notamment au canton de Chapeau-Paris, des peuplements qui paraissent plus riches encore que celui dont nous avons donné ci-dessus un spécimen et dont la valeur peut atteindre 30.000 francs à l'hectare.

Un des plus beaux sapins de la région se trouve au canton des Chérards de la forêt de la Joux. Il est bien connu des gens du pays qui l'appellent le Président. Désirant se rendre compte

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exactement de sa taille, on y a fait monter un élagueur quia mesuré les dimensions suivantes :

Hauteur totale 49 mètres

— du fût 28 —

Diamètre à hauteur d'homme l™o2

— à24°»50dusol in'lO

Volume 50 mètres cubes, dont 45 en bois d'œuvre.

Cet arbre était encore vigoureux il y a quelques années. Il est entouré de plusieurs autres qui l'égalent presque en dimensions et en beauté de forme.

Les forêts de Levier et de la Joux sont des perles parmi nos sapinières françaises. Mais il n^est nullement exceptionnel de trouver dans le Jura des forêts qui fournissent à la coupe 6 à 8 mètres cubes, parfois même un peu plus, par hectare et par an tout en s'enrichissant (1). La forêt communale de Gilley (Doubs) a produit en moyenne, de 1859 à 1890, 6 me. 9 et 105 fr. 70 par hectare (contenance 319 hectares). Celle de Pontarlier (1**® série) a produit, de 1857 à 1887,6 me. 4 et 116 fr. 50; elle rend actuellement 6 me. 8 et 127 fr. (contenance 232 hectares). La petite forêt domaniale du Ban, autrefois aux Bénédictins de Montbenoit, près Pontarlier, a une contenance de 226 hectares; elle est peuplée de sapin 9, épicéa 1 dixième. On Ta aménagée en futaie pleine on 1860 à la révolution de 150 ans. Sa production pendant la première période, de 1860 à 1890, a été de 8 me. 4 par hectare et par an et de 135 fr.; elle est actuellement de 9 mc.O.Lors de la révision d'aménagement, en 1890, la forêt renfermait un matériel de 417 me. à Thectare (2).

Sur la frontière ouest de la région forestière qui nous occupe

(1) D'après M. E. Cardot (Statistique forestière de V arrondissement de Pontar liery Besançon, 1896], le rendement en matière des forêts domaniales et communales de l'arrondissement de Pontarlier a augmenté de moitié pendant le dernier tiers du xix» siècle.

(2) Peu après avoir réuni au domaine la forêt abbatiale de Montbenoit, dite du Ban, l'Etat l'offrit en vente à Pontarlidr sur la mise à prix de 25.000 ou 28 000 francs... Un sieur Jacquet Pierroulet, dit Barbenoire, habitant le hameau de la Drayère, voisin de la forêt, avait l'intention de l'acquérir. Au jour fixé pour la

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se trouvent d'abord, au nord, les pineraies de la Champagne crayeuse que nous avons décrites plus haut (1). La chaîne des Vosges s'abaisse doucement vers l'ouest, dégénérant en une région de plateaux et de collines de grès bigarré connue sous le nom de « Vôge ». La Vôge, au terrain silico-argileux, est célèbre par ses grandes forêts qui y ont attiré des forges et des verreries. La forêt typique de la région est la forêt domaniale de Darney, ou bien encore celle de Bains, peuplées de hêtres et de chênes dont les fûts élancés et rectilignes émerveillent le voyageur qui vient de la région des taillis sous futaie du nord de la Lorraine. Darney, avec une contenance de 5.300 hectares, est peuplée de hêtre pour moitié, de charme et bois blancs pour un tiers, de chêne pour un sixième et traitée en vue de sa conversion en futaie pleine. Cette conversion est du reste assez avancée et la forêt, dans son ensemble, présente dès maintenant l'aspect d'une futaie de hêtres où les chênes ne se maintiennent qu'assez péniblement, grâce à l'intervention continuelle do rhomme. Elle produit (moyenne des années 1890-99) 3 m. 4S dont un pou plus du dixième en bois d'œuvre chêne et deux autres dixièmes en bois d'œuvre hêtre. Le revenu en argent est de 38 à 39 fr. en moyenne. Ce dernier rendement est destiné à croître considérablement à mesure que la conversion progressera •

Le département de la Haute-Saône nous offre un type classique de région couverte de forêts communales, en pays de plaine et de collines, dans l'Est de la France. Les forêts y appartiennent aux communes pour plus des deux tiers de leur étendue. Sur les o83 communes du département il y en a 578

vente il se mit en route pour Pontarlier, ayant en poche 30.000 francs en bons assignats, car il était stipulé que l'acheteur pourrait se libérer avec cette monnaie. Arrivé à la Presse le bonhomme eut peur du retour des moines, rentra chez lui, et garda ses assignats. Gomme il ne se présenta pas d'autre acheteur il se trouve que l'Etat possède encore ce magnifique bijou forestier valant, au bas mot. un million et demi de francs et qu'il avait failli abandonner pour quelques feuilles de mauvais papier. (Extrait du procès-verbal de révision d'aménagement en 1890, par L. Brcnot).

(1) Voir pages 191 et suivantes.

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qui sont propriétaires de forêts et 71 sections de communes le sont également; cette proportion n'est atteinte nulle part ailleurs (1), sauf dans le département des Vosges. La contenance totale de ces forêts dépasse 113.000 hectares; ce sont des taillis sous futaie, aménagés le plus souvent à 25 ans, quelquefois à 30, peuplés de chêne, charme et bois blanc, en terrain souvent fertile. Les balivages s'y font en général moins riches qu'en Lorraine : ils laissent ordinairement une centaine de réserves à l'hectare dont les deux tiers en baliveaux, le quart en modernes et le surplus en anciens. La production par hectare atteint 4 me. à 4 me. 1/2 en moyenne, d'une valeur de 25 à 30 fr. Le département de la Haute-Saône, joint à celui de la Meuse, produisent ensemble chaque année 120.000 mètres cubes de bois d'oeuvre en chênes nerveux, gros et courts, comme les donne le régime du taillis sous futaie. G'çst plus du tiers du produit de toutes les forêts communales en cette catégorie de marchandises et le cinquième de la production en chêne des forêts soumises au régime forestier.

Au pied du Jura s'étend la Bresse, vaste région à terrain imperméable, riche en étangs et en humidité. La forêt la plus connue du pays est la forêt domaniale de Chaux, entre Dôle et Besançon, une des plus grandes que l'État possède en plaine (2). Elle est traitée en taillis sous futaie à la révolution de 30 ans, sauf sur un neuvième de l'étendue qui est en voie de conversion en futaie pleine.

Le système des coupes à tire et aire par centièmes de la contenance, introduit dans la forêt par le grand maître de Marisy il y a deux siècles, les abus des usagers, les incendies et endn la gestion d'un forestier qui, dans le second tiers du xix^' siècle,

(1) Sur 36.498 cominunes existant ea France il y en a 8.151 qui sont propriétaires de forôts. Il existe de plus 2.871 sections de communes qui le sont également; au total 11.034 propriétés de l'espèce.

(2) La forêt domaniale mesurait autrefois 19 560 hectares. Les cantonnements de droits d'usage, etfectués dans la seconde moitiédu siècle dernier, l'ont réduite à un peu plus de 14.000 hectares.

a transformé presque toute la forêt eu un taillis à peu près simple (1), ont créé dans la forêt des centaines d'hectares de vides difficiles à reboiser, le pin poussant mal dans ces terrains siliceux excessivement fins, aussi compactes que l'argile pure. La production de cette forêt, bien que la statistique de 1878 l'évalue à près de 5 me. par hectare et par an, est très inférieure à ce chiflFre et comporte à peine 5 0/0 de bois d'oeuvre chêne de qualité assez médiocre, dégradé par des gélivures.

Sur les rives et les alluvions de la Saône, en Côte-d'Or et Saône-et-Loire, se trouvent de riches forêts, taillis de chêne, frêne, bois blancs et orme d'où la marine tirait autrefois de grandes ressources. Ces forêts appartiennent surtout à des communes ou à des particuliers. Nous avons décrit plus haut la forêt des Crochèrcs, de la ville d'Auxonne (2). La plus belle de celles que rÉtat possède près de la Saône est la forêt de Cîteaux, massif de 3.500 hectares, d'origine partie domaniale, partie ecclésiastique. Les Cisterciens ont été des sylviculteurs émérites comme presque toujours les moines (il y a pourtant des exemples du contraire et nous en citerons un à propos de la Trappe de Mortagne) : ils avaient l'esprit de suite, d'ordre, de patience et d'épargne qui sont les grandes vertus du forestier. Les ducs de Bourgogne avaient affranchi les moines de Giteaux de toute ingérence des officiers ducaux dans leur forêt; immunité qui a subsisté, en partie au moins, jusqu'à la Révolution. Au milieu du xvHP siècle, cette forêt présentait des cantons étendus, autour de l'abbaye, où « le maître des bois » s'était plu à accumuler les gros chênes ; on en rencontrait 60 à 80 par hectare mesurant plus d'un mètre de diamètre (3).

(1) Ce désastre n'est pas spécial à la forùt de Chaux. A une époque où les usines (le massif de Chaux est entouré d'usines métallurgiques importantes, de salines et de verreries) consommaient des quantités énormes de charbbnnette, celle-ci avait atteint des prix très élevés et plus d'une fois les agents forestiers furent tentés de consacrer à cette production spéciale les forêts dont ils avaient la gestion. La forêt domaniale de Haye, à côté de Nancy, en présente aussi des exemples.

(2) Voir pages .303 et suivantes.

(;i) Le,s Furets de Vabbaye de CHeaiix, par E. Picard.

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