hêtres
18 charmes — 18 — —
au total 2285 arbres cubant 8.361 — ou, à Thectare,
185 arbres cubant 680 mètres cubes.
Un nouvel inventaire, effectué en 1895, y a trouvé:
20 chênes cubant 86 mètres cubes.
1998 hêtres 9.328 — —
16 charmes 17 — —
Soit au total,
2043 arbres, cubant 9.331 mètres cubes.
et, à rhectare, 165 arbres cubant 758 — —
Dans rintervalle, de 1859 à 1895, on n'a faitque des éclaircies très modérées qui ont enlevé environ 800 mètres cubes. C'est donc un accroissement de 1770 mètres cubes en 36 ans pour 12 h. 33 ou de 4 me. 6 par hectare et par an, correspondant à un taux d'accroissement de 0,55 0/0 pour le volume du matériel. Cette futaie, dont la hauteur totale atteint près de cinquante mètres, avec des hauteurs de fut de 25 mètres et plus, passe
LA FRANCE FORESTIÈRE d'aUJOURd'hUI 363
pour la plus belle hêtraie de France; elle est une des beautés forestières de notre pays.
Aux environs immédiats de Paris se trouvent de nombreuses forêts domaniales. La plus remarquable, sans doute, est Fontainebleau (16.800 hect.), chère aux artistes et aux promeneurs, célèbre par la beauté de ses sites et de ses vieux arbres. Saint- Germain et Marly forment une masse de 6.400 hectares; Rambouillet, Saint-Léger, Yvelines forment un autre groupe de 14.000 hectares. Ces forêts, à l'exception de Fontainebleau, sont à la vérité plus importantes par leur situation et par leur étendue que par la beauté de leurs peuplements: on y rencontre de vastes étendues de taillis médiocres où abondent, avec le chêne, le bouleau, le .châtaignier et le charme. Elles renferment 3.246 hectares de réserves, sections artistiques, tirés, etc. (1) et sont, de nos jours encore, comme aux siècles passés, des forêts de chasse et de promenade autant que des forêts de production. Des surfaces considérables de sables grossiers y ont été boisées en pins sylvestres.
Les forêts de Halatte, d'Ermenonville, à TEtat; de Chantilly, à rinstitut de France, forment une belle ceinture forestière de plus de 10.000 hectares autour de Senlis ; c'est comme un canton subsistant de l'ancienne forêt de Cuise et de la vieille marche forestière qui, passant par Paris, allait rejoindre la forêt d'Ardenne. Halatte, en taillis, renferme de beaux chênes, Ermenonville d'immenses étendues de pin sylvestre, Chantilly doit son nom à ses taillis de tilleuls avec l'écorce desquels on fabrique des cordes imputrescibles.
Un peu plus loin, au Nord-Est, touchant presque la forêt de Villers-Cotterets, la forêt de Compiègne, prolongée par celles de Laigue et d'Ourscamp, forme un massif de près de 20.000 hectares, en sol souvent médiocre, miis renfermant cependant de beaux cantons de vieille futaie de chêne (les Beaux Monts do Compiègne).
(i) Y compris 709 hectares de promenades et tirés de la forêt de Compiègne.
364 ^^ FRANCP FORESTIÈRE. STATISTIQUES
A quelques kilomètres à TEst de Laon, les forêls de Coucy et de Sâinl-Gobain forment un beau massif domanial de 7.000 hectares, entrecoupé de forêls particulières. Il est constitué moitié en futaie, moitié en taillis, charmes et hêtres, et jalonne la limite orientale entre la zone des futaies et celle des taillis.
Nous avons cité la forêt de Lyons, belle futaie do hêtres de 10.600 hectares, à TEtat. Dans la même région un bel ensemble de forêls domaniales, Bretonne, Eawy, Rouvray, la Londe, Roumare, Bord-Louviers et plusieurs autres forment un groupe de 40.000 hectares, riches massifs à travers lesquels serpentent les derniers méandres de la Seine. Ces forêls sont partie en futaies, partie en taillis. La forêt de Tabbaye de Saint- Wandrille est aujourd'hui domaniale ; celle de la non moins célèbre abbaye do Conches (Eure) est devenue propriété particulière.
La Normandie, faiblement boisée dans son ensemble (sauf pour la région de la Basse-Seine et du Perche), est riche en gros arbres (i)dont beaucoup sont célèbres et méritent une mention. Citons le Chéne-chapelles d'Alloauille-Bellefosse^biG kilomètres à Touest d'Yvetot (Seine-Inférieure) ; c'est un chêne pédoncule de 9 m. 80 do tour à hauteur d*homme et de 18 m. de hauteur. La tige, entièrement creuse, est recouverte d'un toit conique en bardeaux et renferme deux chapelles superposées, construites au xvji® siècle, dont le diamètre intérieur est d'environ 2 m. 10. Cet arbre a encore des branches très vigoureuses ; c'est probablement le plus gros de France. Celui de Belmesnil (Seine-Inférieure) mesure 9 m. détour et a 15 m. do haut. Non loin du chêne d'Allouville, le hêtre de Fondrel, àMontigny (Seine-Inférieure), lui fait un digne pendant avec ses 8 m. 20 de circonférence. L'orme (champêtre) de Wuy, à Guerbaville (Seine-Inférieure), mesure 6 m. 80 de tour à hauteur d'homme et 28 m. de hauteur. Mais les arbres les plus curieux de Kor-
(1) Les Vieux arbres de Noi'maîulie, ])ïir ^\ . de Kenillc, ouvrage enrichi do nombreuses photographies. En quatre fascicules grand in-8o. Paris, J.-B. Baillière, 1895-99.
La FRANCE FORESTIÈRE d'aUJOURd'hUI 365
maadie sont certainement les ifs de ses cimetières. Celui d'Estry (Calvados) a 3 mètres de diamètre et 12 mètres de haut; celui doMesnil-Ciboult (Orne) a la même taille. Un des plus beaux, sinon des plus gros, est celui de Naftel (Manche), encore parfaitement sain et vigoureux, qui mesure 6 m. de tour et 16 m. de haut.
Le département de TOrne renferme un certain nombre de forêts domaniales : celle d'Andaine (4.000 hect. de taillis), où les promeneurs vont admirer le hêtre de Vétau (5 m. 2S de tour, 27 m. de haut), celle d'Ecouves (7.500 hectares), puis le groupe du Perche, comprenant, si l'on y rattache la forêt de Senonches, en Eure-et-Loir, 12.000 hectares de belles futaies de chêne, La seule forêt médiocre ou mauvaise du Perche est celle de la Trappe, près de Mortagne, ruinée au xvm* siècle par les moines qui s'étaient faits maîtres de forges et avaient converti leur forêt en taillis simple à la révolution de 15 ans. On la repeuple en pins sylvestres ; actuellement la forêt rapporte à peine 10 fr. par hectare et par an, dont 7 sont absorbés par les frais do plantations et semis de pins qui couvrent aujourd'hui plus de moitié de l'étendue. La plus belle forêt de Normandie et Tune des plus belles de France est la forêt de Bellême (1).
hdL forêt de Bellême j d'une étendue do 2.240 hectares, occupe le faîte et les croupes d'une des petites collines du Perche, entre 170 et 250 mètres d'altitude, dans une région à climat doux et humide, sur un sol silico-argileux, profond et frais, sauf sur les points où affleure le sable du Perche, soit 200 hectares environ, où l'on a planté des pins sylvestres au cours du siècle dernier. Le surplus est peuplé de chêne rouvre 6 et de hêtre 4 dixièmes.
La forêt de Bellême est une des premières de France qu'on ait aménagée en « haute futaie pleine », comme disent les lettres patentes de 1561, qui règlent son aménagement avec une
fl) Le Perche et ses furets domaniales, par A, de Trégomain. Nancy, Berger- Levrault et €••, 1893.
366 LA FRANCE FORESTfÈRE. STATISTIQUES
durée de révolution de 150 aos. Celle-ci fut augmentée en 1399, puis réduite à nouveau ; elle était de 155 ans à la fin du xyn<^ siècle. Bellème faillit, comme tant d'autres forêts de la région, être tranformée en taillis sous Louis XVI; la forêt avait été donnée en apanage au duc d'Âlençon, frère du roi, et celui-ci entreprit do battre monnaie avec ses vieilles futaies sans que le grand maître d'Alençon, Geoffroy, pût ou voulût y mettre obstacle. « Monsieur » dépécha à Bellème, en 1781, un nommé Ghaillou, ingénieur, étranger au service forestier, lequel, sous prétexte que la forêt, fatiguée d'un trop long traitement en futaie, ne produisait plus que des bois blancs, la Gt convertir en taillis à la révolution de 33 ans, avec réserve de 16 baliveaux, 4 modernes et 3 anciens à Thectare sur la moitié de l'étendue, et abaissa la durée de la révolution des futaies à 99 ans sur le surplus. L'application de ces fâcheuses mesures fut heureusement interrompue par la Révolution et les dégâts, grâce à la merveilleuse végétation de Bellème, étaient assez réduits pour qu'on ait pu, en 1821, revenir à la futaie pleine sur toute l'étendue. Bellème fut une des premières, sinon la première forêt de France où Ton appliqua le système des coupes de régénération progressives en futaie, tout récemment importé d'Allemagne. Nous le voyons suivi dès 1821. Vers la même époque, on avait déjà recommencé à asseoir dans la forêt des coupes d'amélioration en forme d'éclaircies périodiques. L'aménagement actuel date de 1859; il prescrit le traitement en futaie' pleine avec une révolution de 200 ans.
Bellème est célèbre pourses magnifiques peuplements de chêne rouvre et de hêtre. Cette dernière essence, quoique subordonnée, présente une vigueur presque égale à celle du chêne, mais avec une lon.sjévité moindre. Les vieux massifs de chêne, un peu clairs, dominent des hêtres retardataires et le sol est couvert d'un sous-bois de hêtre, partie naturel, partie artificiel (on fait de ces plantations de hêtre en sous-bois depuis plus de cinquante ans dans la région), qu'on extirpe lorsque le moment de la régénération est arrivé. Les peuplements sont alors formés de
LA FRANGE FORESTIÈRE d'aUJOURd'hUI SÔy
.200 arbres environ à l'hectare présentant un volume do 550 à 600 mètres cubes. La coupe d'ensemencement enlève ordinairement le tiers des arbres et le quart du matériel; elle est suivie à bref délai de la production d'un semis complet qu'une première coupe secondaire découvre 5 ou 6 ans plus tard. Celle-ci enlève souvent la moitié des arbres restants et un volume de 200 mètres cubes, la coupe définitive, après un intervalle égal, enlève le surplus (1). Les vieux peuplements de Bellème, cubant 600 m3., n*onl pas plus de 80 me. de houppiers par hectare ; d'après M. Dagoury, auteur de l'aménagement de 1859, ce volume pourrait même descendre à 40 me. dans certains cantons. Voici, à titre d'exemples, les résultats d'inventaires effectués en 1890, lors de la révision d'aménagement» dans quelques parcelles à peuplements typiques.
1^ Canton du Chène-Saint-Louis. Parcelle D^ Contenance 10 h. 80. Age 160 ans.
Nombre d'arbres; Volume.
Chênes 1.864 4.197 me.
Hêtres 634 1.273 —
Volumes des cimes. . . . 998
Total 2.498 6.468
soit, à l'hecta-e, 231 arbres et 599 mètres cubes.
2^ Canton du Pont-à-la-Dame. Parcelle D*. Contenance 25 h. 75. Age 225 ans (voir le tableau page 368).
Bellème produit 3 m. 81 par hectare et par an (moyenne des années 1882-91), dont les deux tiers en bois d'œuvre (2). La
(1) Oq ne pratique habilueiletnent qu'une coupe secondaire. 11 serait peut-être préférable d'en faire deux, réalisant ainsi le matériel en quatre coupes progressives.
(2) Les chênes de la forôt de Belléme ont toujours été recherchés pour le service de la marine. Nous lisons dans une description de la forêt faite en 1823 par r Ingénieur-directeur de la marine Le-Grix (en manuscrit à la Bibliothèque de l'Ecole nationale forestière). « Les bois de cette forôt sont de bonne qualité, tlexibles, droits et sans nœuds... Dans la belle futaie de Pont-à-la-Dame on a trouvé jusqu'à 48 arbres à marquer (pour la marine) à l'hectare... à surface égale les plus belles futaies de Loches n'en ont jamais présenté que 41 et nulle part dans la forêt de Bercé on n'en a marqué plus de 25. » De 1817 à 1826 Belléme a fourni annuellement à la marine 113 pièces cubant net 89 me. Bercé, d'une étendue double, en donnait à lamômeépociue 150 d'un volume de 109 me. Lamarino a cessé de s'approvisionner à Belléme en 1886.
moitié de cette production est fournie par les coupes d'éclaircie. Si ToQ déduit do la contenance les parties reboisées récemment en pin le rendement devient un peu supérieur à 4 me. (environ 4 me. 20) d'une valeur brute de 172.000 fr., nette de 152.000 fr., soit 78 fr. brut et 70 fr. net par hectare peuplé de feuillus.
Le plus gros chêne de Bellême est celui du Pont-à-la-Dame; il a 1 m. 50 de diamètre à hauteur d'homme et donnerait une pièce de plus de 33 m. de longueur utilisable en bois d'œuvre, sa hauteur totale est de 40 m. Cette forêt renferme aussi quelques sapins pectines, essence assez répandue dans le Perche.
Canton du Pont-À-Ia-Dame, D>.
cent.