LA FRANGE FORESTIÈRE D AUJOUUD HUI
Ce même peuplement avait été inventorié vingt ans auparavant, en 1876, et cubé à l'aide du même tarif.On y avait trouvé :
Chênes : 6431 mètres cubes ou, à Thectare, . 804 me. Hêtres : 642 — — — 80 me.
Le volume en 1895 était, à Thectare, 972 me.
Dans rintervalle on a réalisé en éclaircies 7 —
Accroissement par hectare en 20 ans, de 1876 à 1895, 95
ou, par hectare et par an, 4 me. 75
Le taux d'accroissement du volume, de 1876 à 1895, est de 0, 51 pour cent.
II est inutile de faire remarquer que ce peuplement est d'une vigueur et d'une richesse exceptionnelles, même à Bercé. M. Roulleau, le très distingué chef du service forestier au Mans, voudrait le voir réservé à titre d'ornement du pays (1). Nous nous associons de tout cœur à ce pieux désir. La futaie du canton des Clos est actuellement en pleine force de santé : elle peut s'accroître pendant deux siècles encore. En la détruisant on détruirait un des plus beaux massifs de chênes en futaie pleine équienne que l'œil du forestier puisse admirer au monde.
Les peuplements de 200 à 220 ans présentent, à Bercé, 200 à 250 tiges à l'hectare et un volume de 700 mètres cubes^dont 200 en bois de chauffage (cimeaux 1/2, hêtres et chênes de qualité inférieure 1/2). Les coupes d'ensemencement enlèvent environ 150 tiges (les deux tiers) et 300 à 350 mètres cubes : elles se font donc assez espacées. L'ensemencement se produit presque toujours immédiatement avec une abondance merveilleuse. Une ou deux coupes viennent ensuite, à des intervallesde 5 à 7 ans, réaliser le surplus sans danger pour les semis. Il est à remarquer cependant que les dégâts de la vidange sont bien moindres lorsque les jeunes chênes ont déjà un pivot profondément enfoncé, qui n'est pas détruit par le passage des voitures, et
(1) Voir plus haut, page 208. Voir aussi Revue des Eaux el^Foréts, \oIunie[de ^896, pages 323.et suiv, et 5^4 et suiv.
reproduit un plant lorsque là partie aérienne a été écrasée. A ce point de vue il peut y avoir intérêt à reculer l'époque de la coupe définitive en portant à deux le nombre des coupes secondaires. Les dégâts de vidange sont bien moindres lorsque les chônes sont débités en mcrrain. Ceux de Bercé sont très recherchés pour cet emploi spécial : ils ont la réputation d'être préférables à tous autres pour le logement des eaux-de-vio de Cognac.
Au xvic siècle encore, la forêt de Blois s'étendait jusqu'aux portes mêmes du château historique et les rois pouvaient y chasser dès le seuil de leur demeure. Actuellement elle a reculé de 3 kilomètres et se trouve reliée à la ville par une large avenue.
Son étendue est de 2.750 hectares, d'un seul tenant. Elle croit le long de la rive droite du fleuve qui la sépare de la forêt de Russy, sur une terrasse de terrains silico-argileux (argiles à silex éocènes) qui lui font un sol un peu maigre, un peu sec, mais, en somme, profond et très favorable au chêne rouvre. Cette essence est ici en plein dans sa station favorite, sur le sol et sous le climat qu'elle préfère. Nulle part elle n'est plus vivace.
Le chêne n'est pas absolument pur à Blois. On y trouve quelques hêtres et ils paraissent, ainsi que les charmes, avoir été plus nombreux autrefois. Ces deux essences, le hêtre surtout, ont beaucoup à souffrir des sécheresses de l'été; cependant il n'est pas douteux que l'homme ne soit, en grande partie, responsable de leur disparition. Il faut la regretter au point de vue de la bonne végétation du chêne.
La croissance du chêne, à Blois, est lente et régulière; le diamètre augmente presque uniformément de trois millimètres par an pendant le second siècle delà vie des peuplements (1). L'absence du hêtre, qui formerait un abri pour le sol et un remplis*
(1) Ce calcul a 6lé fait par M. Groizctle-Desnoyers, auteur de l'améiiagement actuel de la forêt. 11 faut cependant rcuuirquer que les vieux peuplements de 200 ans à Blois sont surtout formés de rejets de souche à végétation très lente tandis que les plus jeunes renferment des brins de semence à végétation plus rapide.
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sage pour le peuplement, contrarie la pratique des éciaircies et doit être déplorée à ce point de vue.
Nulle part plus que dans cette jforèt n'a sévi l'abus des recépages (1) dont nos prédécesseurs étaient si coutumiers et qui constituaient, à leurs yeux, un remède à tous les maux dont la forêt peut souffrir. On en pratiquait encore àBlois en 1860. Nulle part non plus, il est vrai, le chêne ne possède à un plus haut degré la facilité de rejeter de souche; des peuplements de ISO et même de 200 ans se reproduisent encore bien par rejets. Aussi la proportion des rejets de souche atteint-elle jusqu'à la moitié, et parfois les deux tiers du nombre total des liges dans les peuplements. C'est la raison pour laquelle on n'a pas cru pouvoir porter dès à présent à plus de 180 ans la durée de la révolution, tout en stipulant qu'elle sera de 200 ans dans l'avenir. Etant donnée la lenteur de la végétation à Blois, où les bois d'œuvre de 1'^ classe n'apparaissent dans les peuplements que vers 150 ans, l'âge d'exploitation devrait être au moins égal à celui adopté à Bercé, c'est-à-dire 220 ans,sinon davantage. On va voir que la valeur des peuplements peut tripler lorsqu'ils passent de 150 à 200 ans.
La forêt de Blois rend actuellement, par hectare et par an, 3 me. 10 (décade de 1890-99) dont un peu moins du tiers est fourni par les éciaircies (2). Les bois de feu forment le quart du volume des produits principaux. Le revenu brut est de 72 fr.par hectare et par an.
11 subsiste à Blois une cinquantaine d'hectares de bois de plus
11; Sauf, cependant, dans la forêt voisine de Chinon que les recépages à outrance ont mis en assez mauvais état. Dans cette foret, dont le sol est argileux, compact, froid et humide, le chOne est bien moins vivace (ju'à Blois et résiste moins bien. En dehors de la région qui nous occupe ou pourrait citer des exemples nombreux des mauvais résultats obtenus par la pratique des recépages «le peuplements trop âgés. Nous aurons à revenir sur ce sujet dans la suite de cet ouvrage, lorsque nous nous occuperons de Thisloire des modes de traitement forestiers.
(2) Ces chiffres ne s'appli(iuent qu'à l'ensemble des quatre premières séries (2 000 hectares), abstraction faite de la cinquième, (pii ne renferme que de jeunes bois. Blois étant pauvre en vieux bois on y réduit intentionnellement le volun^e des exploitations.
do 200 ans. Les chiffres suivants donneront une idée de la constitution de ces massifs.
^^ Canton du Grand-Préau Est. Surface 21 h. 40,âge des bois à l'inventaire (1900), 208 ans.
Essences
Chêne
Hêtre
^(orobre d'arbres Vola me
me.
à rhectare 199 5(32
Le diamètre moyen des chênes est de m, 51.
La valeur de ce peuplement peut être estimée comme suit :
|Diamètres
Nombre de cbénes
Volume
Prix du màtre cube
Valeur
Observations
25 et 30 . . .
35 et 40 . . .
43 et 50...
50 et j)lus.
me.
fr.
fr.
La. v^ileur
des hèlres est
négligeable