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OBSERVATIO.NS
Les diamètres moyens
sont pour les chênes, 0*37 pour les bèlres, 29 pour les charmes, i7
LA FRANGE FORESTIÈRE d'aUJOURd'hUI
La valeur de ce peuplement peut être estimée
comme
suit :
Diamètres
Nombre d'arbres
Volume
Prix
du
inètra cube
Valeur
( de 0.20
V de 25 et 30
me.
fr.
fr.
Chênes < de 35 et 40
/ de 45 et 50
[ de 55 et plus
Hêtres et charmes, en bloc
soit à riiectare une valeur nette, sur pied, de 11.800 francs.
Si Ton admet que les deux peuplements <:i-de8sus sont comparables (le second paraît plutôt meilleur que le premier), on voit que la valeur triple presque de 153 à 208 ans et on jugera de ce que Ton perd à adopter un âge d'exploitation trop bas.
Le Bourbonnais renferme 20.000 hectares do futaies de chêne (rouvre principalement) mélangées de hêtre. La forêt la plus connue de ce groupe est celle du Tronçais. Aux siècles précédents, ce magnifique massif de 10.430 hectares avait été fortement entamé par les coupes de taillis faites en vue d'alimenter les hauts fourneaux de la région ; en 1788 encore, une nouvelle affectation d'une coupe annuelle de 127 arpents fut consentie à un maître de forges nommé Hambourg. Cependant, il subsistait en 1820, dans la foret, environ 3.000 hectares de réservesy cantons où Ton n'avait, paraît-il, pratiqué aucune coupe depuis plus de 60 ans, et où abondaient les arbres de 1 m. 20 à 1 m. 60 do diamètre (1). Aujourd'hui encore, cette foret, dont l'àgo d'exploitation est fixé à 180 ans, renferme environ 800 hectares de vieilles futaies, riches en très gros arbres (2). Les chênes du
(1) Ces arbres étaient convoités depuis longtemps par les agents de la marine qui se plaignirent fréquemment de l'absence de coupes dans la rcsen'C du Tron- <^*ais. (Rapport de Tingénieur de la marine Maillot, de 1821, en manuscrit à la bibliothèque de l'Ecole forestière.)
l2; D'après M. Desjobert, Revue des Eaux et Forets, vol. de 1886, page 533, la
TroDçais sont plus gros et plus courts que ceux de Bercé ou de Blois ; les vieux massifs se régénèreot facilement en 3 ou 4 coupes progressives, lorsqu'on n'a pas trop à craindre les dégâts de la vidange. Les bois du Tronçais, comme ceux de Bercé, sont très estimés par les distillateurs de la Charente pour la fabrication des fûts à cognac.
La plus belle futaie du département de l'Allier est, dit-on, celle de Moladier, petite forêt domaniale de 600 hectares, dans l'arrondissement de Moulins.
La circonstance que presque toutes les forêts du Bourbonnais étaient en taillis sur les deux tiers de leur étendue il y a un siècle fait que les vieux peuplements exploitables sont en quantité insuffisante. Ce serait une raison do plus pour élever la durée des révolutions, qui paraît à priori bien courte (144 à i80 ans) dans une région où le chêne peut certainement prospérer dans la plupart des forêts jusque vers trois siècles. Les ingénieurs de la marine rapportent, en 1819, que des empreintes de leurs marteaux faites sur des arbres de 12 à 16 pieds de tour au Tronçais étaient entièrement recouvertes par l'accroissement au bout de peu d'années ; cela prouve bien que ces vétérans avaient une végétation encore vigoureuse.
La forêt d'Orléans (1) couvre environ 40.000 hectares, dont 34.240 à l'Ëtaty sur un sol argilo-siliceux compact, humide et froid, d'un peuplement formé de chêne pour moitié environ, de pin sylvestre pour trois dixièmes, de bouleau, de charme et de
forêt renfermait encore, en 1885, 1.200 liectares de vieux bois de 150 à 225 ans et on trouverait, assez fréquemment, des parcelles dont la superficie vaudrait jusqu'à 40.000 fr. par hectare. Le revenu de la forcH, en 1885, n'était ([ue de 45 fr. par hectare. La forôt.trùs éprouvée par l'abus des exploitations en taillis, renfermait, d'après les procès verbaux d'aménajiument,
en 1832 : Bois en assez bon étut 4.500 hect.Bois ruinés ou abroutis 4.000 hect. Vides 2 000 hect.
et en 1885 : Bois en très bon état 0.000 hect. Bois mal-venants 900 hect. Vides
GOO hectares.
Aujourd'hui les anciens vides sont entièrement reboisés en pins sylvestres sous les<piels le chêne reparaît, partie sponlanéuient, [)artie (,Tâce aux travaux des forestiers.
(1) Slalistique forcslidre du déparleincnt du Loiret, par P. Domet. Orléans,
LA FRANGE FORESTIÈRE d'aUJOURd'hUI 879
châtaignier pour le surplus ; c'est le plus grand massif feuillu existant en France. Jusqu'au viii^ siècle, elle ne formait qu'un bloc avec la forêt de Fontainebleau. Les forges attirées par la présence sur le même point du bois et du minerai de fer, les abbayes bénédictines installées dans la région dès le milieu du VIP siècle, défrichèrent rapidement le centre du massif dont il ne reste plus que les deux extrémités, Orléans et Fontainebleau (ensemble 51.000 hectares à l'Etat), avec, au centre, un témoin : Monlargis (4.150 hect. à l'Etat).
La forêt domaniale fut arpentée pour la première fois au milieu du xvi® siècle par ordre de Gaston d'Orléans, qui l'avait reçue en apanage en 1552. La contenance fut trouvée de 64.000 hectares. Des aliénations pratiquées de 1553 à 1601 (plus de 20.000 arpents de terrains vagues dépendant de la foret) et de 1855 à 1863 (8.732 hectares), des défrichements et de nombreuses usurpations ont réduit la contenance du terrain domanial au chiffre actuel de 34.240 hectares.
Le premier acte de Gaston d'Orléans, mis en jouissance de la forêt, fut d'y décréter Texploitalion en taillis sur toute l'étendue, avec une révolution de 12 ans, et interdiction d'y laisser des baliveaux do plus de 100 ans. La réalisation des vieilles futaies ne fut cependant pas aussi rapide que les apanagistcs l'eussent désirée ; peut-être les officiers des maîtrises y mirentils obstacle. Quoiqu'il en soit, en 1661, lors de la grande réformation, la forêt ne renfermait plus aucune futaie : la conversion en taillis, ou en champs de bruyères, était accomplie sur toute l'étendue. En 1789, Plinguet, dans son rapport d'ensemble sur la forêt d'Orléans, dit qu'on avait essayé plusieurs fois do faire un aménagement véritable de celle-ci, mais qu'au bout de quinze jours de courses à travers ses hautes bruyères, ses marchais malsains, tout le monde s'était trouvé las et que rien de sérieux n'avait été exécuté jusque-là. Ce n'est que vers 1830 qu'on commença à percer la forêt par des routes et des lignes d'aménagement ; le travail n'était pas encore entièrement ter* miné on 1870,
En 1860, on avait mis en réserve 3.405 hectares destinés à être convertis en futaie, le surplus devant être traité en taillis avec des révolutions de 20 à 30 ans. Une dizaine d'années plus tard on entreprit d'étendre la conversion à la totalité du massif, mais on a dû depuis renoncer à cette opération et la différer jusqu'au moment où la forêt y sera mieux préparée par l'enrichissement de son matériel ligneux.
La forêt d'Orléans nous offre un lamentable exemple des effets de tous les abus dont une forêt peut avoir à souffrir de la part de l'homme. Des apaganistes avides l'ont recépéeet recépée sans relâche pendant trois siècles, étendant sans cesse le champ des bruyères. Le pâturage, les déprédations des usagers^ ont ache*vé cette œuvre de ruine. Les chevaux étaient admis dans les taillis dès que ceux-ci avaient Tàge de trois ans, les bêtes aumailles étaient admises dans ceux de quatre ans et les moutons pâturaient en liberté. Des charpentiers, charrons, charbonniers, chaufourniers, potiers,etc., étaient installés à demeure en pleine forêt. Aussi celle-ci a-t-elle renfermé de taus temps des vides immenses. Nous avons vu aliéner, de 1553 à 1601, vingt mille arpents qualiiiés de « vagues ». En 1848^ lorsque la forêt fut définitivement enlevée aux apaganistes qui en avaient si largement abusé, elle renfermait 37.689 hectares boisés plus, tout autour, une vaste ceinture de landes livrées au pacage et des vides intérieurs dont l'étendue totale atteignait plus de 5.000
Los plantations de pins sylvestres, en vue de la restauration des vides, ont commencé à Orléans vers 1830. Actuellement la pineraie s'étend sur plus de 10.500 hectares, soit 31 pour cent de la surface totale.
La forêt d'Orléans rapporte 31 fr. 20 brut et 22 fr. 50 net par hectare et par an. Celle, voisine, de Montargis (4.150 hectares à l'Etat (1), en meilleur sol, et moins malmenée dans le passé
(1) Montargis a conservé, depuis le commencement du xiv* siècle, sa forme en anneau autour du village de Paucourt et ses limites actuelles. Les arpentages de cette époque lui attribuaient une cpntcnance de 4.239 hectares; celui de 1813 en a trouvé 4.154.
LA FRANGE FORESTrÈllE d'aUJOURd'hUI 38 1
(elle n'a été livrée aux apaganistes que sous Louis XIII). a produit^ de 1877 à 1891, 3 me. 84 et 43 fr. 60 par hectare et par an.
§ 3 — La région du Nord-Ouest et le massif central.
La partie occidentale de la Normandie et du Maine, la Bretagne, l'Anjou, le Poitou, la Saintonge,la Marche et le Limousin forment une région, comprenant 17 départements, dont l'étendue totale est de 106.137 kilomètres carrés et la surface boisée de 8.180 kilomètres carrés. Son taux de boisement n'est que de 7,7 pour cent; c'est la région la plus pauvre en forêts de la France, Sur ces 818.000 hectares de forêts les particuliers en détiennent plus des neuf dixièmes (767.000 hect.). Ils les traitent en taillis simple le plus souvent (571.000 hectares), pauvres forêts à faible revenu; 36.000 hectares environ sont en résineux et le surplus en taillis sous futaie. L'Etat possède 44.500 hectares, les communes 6.100 seulement. Les forêts communales se trouvent localisées dans les deux Charcutes et les versantsdu massif central; elles font complètement défaut dans le surplus de la région.
La plusgrande forêt domaniale de Bretagne est celle doGavre, à 40 kilomètres au nord de Nantes; c'est un grand massif do 4.500 hectares peuplé de chênes et de hêtres, traité en futaie. Une des plus intéressantes est la forêt de Rennes, qui s'étend sur 2.960 h. à peu de distance au N.-E. de cette ville, sur un sol de schistes siluriens pauvres, de grès et de sable. Ses peuplements^ fort irréguliers, sont formés pour moitié de chêne et un tiers de pin sylvestre ; ils se ressentent encore d'abus anciens remontant à l'avant dernier siècle et sont traités en vue d'une conversionen futaie pleine. Ily aquarante ansla forêt deRennes renfermait encore 1.100 hectares de vides qui sont aujourd'hui couverts de pins sylvestres. Cette forêt ne produit que 2 me. valant, net, 20 francs par hectare et par an. Toute cette région était autrefois couverte d'une vaste forêt de chênes, le Bréchéliant ou
Brocélian des romans de la Table ronde, qui joue un grand rôle dans les légendes bretonnes (1). Ce ne sont plus aujourd'hui que des broussailles éparses, en dehors de quelques massifs domaniaux dont Rennes est le plus important et Saint-Aubin du Cormier le moins pauvre (revenu net 30 fr. par hectare et par an). Cette « terre de granité recouverte de chênes » n'offre plus que des landes stériles ou de maigres taillis, ruinés par des abus séculaires. La Bretagne renferme un demi-million d'hectares de landes couvertes de fougères, de genêts et d'ajoncs, « Pâtre autant qu'agriculteur, le paysan breton n'a pas pour ces landes incultes le dédain mêlé d'aversion qu'éprouve ailleurs notre cultivateur pour les mauvaises terres. Elles sont comprises dans l'image qu'il se fait de son pays(2). » Notons cependantque dans les trois départements des Côtes-duNord, du Morbihan et du Finistère 26.000 hectares de landes ont été reboisés en résineux pendant la décade 1882-1892 (3).
Tout au sud de la région, la forêt de Chiséy près de Niort, s'étend sur 4.800 hectares en terrains de calcaires oolithiques médiocres. Elle est peuplée de hêtres et de chênes, et traitée en taillis sous futaie. Convertie en futaie pleine, elle constituerait un beau massif, facile à conduire et à régénérer sous le climat doux de celte marche, autrefois très boisée, entre la Charente et le Poitou.
U Auvergne est une région dont le taux de boisement est de 13 0/0. Ses 2.600 kilomètres carrés de forêts, en terrain volcanique, appartiennent pour les quatre dixièmes à des corn-
(1) La forét domaniale de Liffré, dune contenance de 1.000 hecl. et toute voisine de celle de Rennes, renferme un canton dit de Brécilles, qid rappelle l'ancien nom de tout ce massif, aujourd'hui morcelé.
i2) Histoire de la France^ publiée sous la direction de M. Lavisse, tome I, par M. Vidal de la Blache, page 333. Paris, Ilacliette, 1903.
(3) D'après la statistique agricole de 1892 les quatre départements bretons renferment 487.000 hectares de landes, dont 360.000 dans le Morbihan et le Finistère ; ces deux départements ont 43 p. iOO de leur surface en landes, bruyères et ajoncs.
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munes> pour plus de moitié à des particuliers et moins d'un dixième à l'Etat. Plus du tiers de l'étendue est en taillis simple; des futaies résineuses, naturelles ou artificielles, de pins et de sapins, en forment le cinquième.
Si nous envisageons l'ensemble du vaste plateau de gneiss et granité auquel Ëlie de Beaumont a donné le nom de plateau central, dont l'Auvergne fait partie et qui comprend une dizaine de départements, nous voyons une région pauvre en forêts dont le taux de boisement est de 9 0/0, mais riche en landes incultes qui couvrent un million d'hectares. Le tiers du département de la Corrèze (plus de 160.000 hectares), le quart de la Creuse sont en landes parcourues par les chèvres et les moutons. La moitié au moins de cette immense étendue pourrait-être reboisée. L'Etat s'efforce d'encourager cette utile opération par la création de sécheries qui distribuent des graines et de pépinières centrales qui donnent ou vendent, à prix très réduits, des plants résineux. Malgré le bon exemple donné par quelques propriétaires, et les excellents résultats obtenus (des pineraies particulières do la Haute-Vienne atteignent, dès 20 ans, des valeurs de plus de 800 fr. à l'hectare, tandis que les landes ne valent guère plus de 100 fr.), le progrès du reboisement est très lent. Les communes craignent la soumission au régime forestier et la réglementation du pâturage qui en est la conséquence. Dans l'Auvergne proprement dite les boisements, commencés au milieu du siècle dernier, ne se sont étendus que sur 5.000 hectares, dont 3.800 à des communes et 600 à TEtat. On sème, on plante des pins d'Auvergne sous lesquels on peut ensuite introduire le sapin. Le massif de laPinatelle, appartenant à diverses communes, a une étendue de 1.200 hectares, entre Murât et AUanche; il nourrit 1.200 chevaux ou bêtes à cornes et produit 1.100 mètres cubes do bois par an; c'est un type curieux de futaie claire de pin d'Auvergne, tournant parfois au pré-bois, et couvrant une herbe épaisse (1).
(1) Pâturages et forêts du massif central^ par F. Gebhart. Nancy, Berger-Levrault et G'®, 1890.
§ 4. — La région du Sud-^uest et les Pyrénées.
Nous avons décrit plus haut (1) la pignada landaise, la plus vaste forêt de Franco. Sur sa rive méridionale commence à apparaître la variété occidentale du chêne liège ; il y couvre 23.000 hectares appartenant pour la plupart à des particuliers. On trouve sur les rives de l'Adour et dans le Béarn des forêts d'un type tout particulier. Ce sont des peuplements de chênes clairplantés dont la tige a été sectionnée, dans sa jeunesse, à une hauteur supérieure à celle que peut atteindre le bétail. Les rejets qui se forment au niveau de la section sont coupés périodiquement tous les 6 à 10 ans; c'est un véritable taillis suspendu, tantôt simple, tantôt fureté. Les communes, propriétaires do ces forêts, tiennent beaucoup, en général, à ce modo do traitement qui permet de livrer au parcours toute la surface do la forêt; les agents forestiers lui reprochent de no fournir que très peu de bois d'œuvre. Ils s'efforcent de lui substituer la futaie pleine qui donnerait des produits bien supérieurs et serait d'une culture très facile dans ce pays, où chêne et hêtre fructifient abondamment tous les ans.
Les vieux peuplements des forêts de chênes do l'Adour renferment habituellement, lorsqu'ils sont relativement pleins, 70 à 100 arbres par hectare avec un volume total qui n'atteint qu'exceptionnellement 280 à 300 mètres cubes. Dans la forêt de Têthieu, près de Dax, les chênes de 50 ans ont 40 centimètres de diamètre, ceux de 100 ans en ont 70 et ceux do loO ans 93. Les rendements de ces forêts sont assQz faibles ; dans l'inspection de Dax nous relevons les chiffres ci-dessous(2) :
(1) Pnpes 177 cl suivantes (I" Elude).
(2) Hcnsoij^ncnients extraits des iu*o('è<-vcrbaux d'aménagomenl établis par M. Sicynieux.
LA FRANCE FORESTIERE d'aUJOURD^IIUÏ 385
FORÊTS
Sainl-Jean-de-Lier
Candressc
ileugas
PBODCGTlOir PAR HECTARB BT PAR Alf PERIODE
considérée
mètres cubes
francs
La région montagneuse des Pyrénées s'étend sur six départements et présente une étendue totale de 12.760 kilomètres carrés, dont 4.112 ou 32 0/0 sont classés comme forêts. Les terrains dénommés forêts renferment des vides ou uacants i' une étendue de 1.008 kilomètres carrés, si bien que la surface boisée se réduit à 3.104 kilomètres carrés, et le (aux de boisement à 24 0/0. Le tiers des forêts appartient à l'Etat, les deux cinquièmes sont aux communes et le reste aux particuliers (1).
Les forêts des Pyrénées sont peuplées do chênes et do hêtres d'une belle croissance au pied de la chaîne, puis de hêtres et de sapins avec des pins à crochets. Le pin sylvestre est abondant dans la partie orientale. Les essences principales sont, dans la montagne, le hêtre et le sapin. Les forêts pyrénéennes ont été, de tout temps, fort malmenées par le pâturage, les droits d'usage et les coupes exagérées. Les abus sont loin d'avoir entièrement disparu, de sorte qu'en dépit d'un climat exceptionnellement favorable à la végétation ligneuse, les forêts sont en général pauvres en matériel et d'un faible rendement. Les deux tiers d'entre elles sont en futaie. Les sapinières sontgénéralementjardinées, sauf quel-* ques-unes du département de l'Aude. Le dernier tiers est en taillis fureté, simple ou sous futaie. Leur produit ne dépasse pas, dans l'ensemble, 1 m. 2 par hectare et par an d'une valeur approximative de 7 à Sfr.Les meilleures sapinières, dans l'Aude, produisent 3 à4 m. par hectare et par an; ces forêts, qu'on a souvent vantées (ce sont à la vérité les plus belles de la région), ont une étendue d'environ 6.500 hectares à l'Etat, et ne donnent que
(1) Les Forêts des Pyrénées, par M. de Gorsse. Paris, chez Rothschild, 1894. Les Forêts des Pyrénées orientales^ par M. de Boixo. Perpignan, 1893.
Economie forestière. — I .
23.750 m.c. de bois d'œuvre, soit 3 m. 65 par hectare et par an (1).
Commo type de bonne sapinière aux basses altitudes, citons la forêt domaniale de Montauban (Haute-Garonne), à l'altitude moyenne de 1.250 m. Elle a un matériel à hectare de 289 arbres cubant 296 mètres cubes et produit 3 me. 6 par hectare et par an.
La forêt de Laurenti(Ariège), à l'altitude moyenne de 1.650 m., est une sapinière des hautes altitudes; son matériel à Thectare est de 253 arbres cubant 138 mètres cubes et elle produit 1 m. 54 par hectare et par an.
La région inférieure du bassin de la Garonne porte de bonnes forêts de taillis sous futaie.
Une des plus importantes est la foret domaniale de Bouconne, d'une étendue de 2.030 hectares, à 20 kilom. à l'ouest de Toulouse et à l'altitude de 200 m. Son âge d'exploitation est de 23 ans. Elle a produit, par hectare et par an :
de 1841 à 1860. . . 37 fr. 50 de 1880 à 1886. . . 31 fr. 30
§ 5. — La région méditerranéenne et les Préalpes provençales.
lu *
al
La région méditerranéenne, formée des parties basses du Languedoc et de la Provence, est caractérisée par la présence du chêne vert qui en est l'essence de beaucoup dominante; il y couvre plus 300.000 hectares. Les forêts de cette région sont la propriété de particuliers pour les deux tiers et de communes pour le surplus. L'Etat n'y possède que quinze mille hectares environ dont moitié en chêne vert, moitié en chêne liège, pin maritime et pin d'Alep.
Les forêts de chêne vert en terrain calcaire, habituellement pierreux, représentent près de moitié des forêts soumises au
(1) Notice forestière sur le dêparlemenl de l'Aude, par T. Rousseau, Garcassonne, 1890.
LA FRANCE FORESTIÈRE d'aUJOURD^HUI 887
régime forestier dans la région; le surplus étant peuplé de chéno blanCy de pins maritime , sylvestre et d'Âlep. Elles présentent souvent, surtout en Provence^des peuplements clairières, formés de cépées isolées dans l'intervalle desquelles croissent les morts bois et circulent de nombreux troupeaux de moutons qui entretiennent et étendent trop fréquemment les vides. Elles sont traitées on taillis simple, en vue de la production de l'écorce, à des âges de 10 à 20 ans. Voici le rendement d'une forêt typique de l'Hérault, la forêt communale de Gignac (i), croissant en terrain calcaire, à une exposition chaude, et aménagée à la révolution de 20 ans. Ces chiffres s'appliquent à une moyenne de 20 années (1867-86).
Prix de vente par hectare 299fr. 70 net.
Revenu par hectare ( ^^''' '^ ^'''''' 15 fr. 00 | ^^ ^^ ^^
et par an (pâturage 1 fr. 10 S ^'^
L'hectare âgé de 20 ans produithabituellement :
1.200 kilogr. d'écorce sèche à 15 fr. les centkilog. (2) 180 fr.