fagots de ramilles à 14 fr. le cent
Les frais d'exploitation s'élevant à 150
La valeur de Thectare sur pied, à 20 ans, est de 294
ce qui correspond à un revenu de 14 fr. 70 par hectare et par an pour la forêt aménagée à 20 ans.
Dans le département du Gard le revenu moyen des taillis de chêne vert, d'après M. Rouis (3), pendant la décade 1886-95, a été, par hectare et par an, de 16 fr. 20 brut et 12 fr. 40 net.
Dans les forêts rocailleuses et sèches de la Provence ce rendement tombe à moitié. La forêt de Mérindol (Vaucluse) produit
(1) Les Forêts de chêne vert, par V. de Larminat. Troyes, Lacroix, édit., 1893.
(2) Ce sont les prix de la période considérée de 1867-86. Actuellement récorce se vend 10 à 12 fr.
(3) Voir plus haut, page 307.
Orne. 88 et 5 fr. 20 (moyenno des années 1891-95); celle de la Bastide-des-Jordans (Vaucluse),6 fr. 75, etc. (1).
Dans la région littorale la plus chaude les chênes verts sont mêlés de pins d'Alep; à la limite froide de leur station ils le sont de chêne blanc (rouvre pubescent). Dans les deux cas les forêts peuvent fournir un peu de bois d'œuvre qui vient fort à propos relever les revenus très diminués depuis la baisse du prix des écorces.
ha,/orêt domaniale du Lubéron s'étend sur 3.200 hectares d'un rocher calcaire exposé en plein midi, entre 100 et 700 mètres d'altitude, sur la rive droite de la Durance, à 30 kilomètres à l'Est d'Avignon. Elle est boisée de chêne vert pour les deux tiers, de pin d'Alep pour le surplus. Les chênes sont exploités en taillis à Tâge de 25 ans, les pins ne sont soumis à aucune coupe régulière; on réserve lors des exploitations ceux qui sont bien venants et on ne les exploite, comme les réserves des taillis composés, que lorsqu'ils sont devenus dépérissants ou surabondants. Cette forêt. rapporte moins d'un mètre cube par hectare et par an et 5 fr. en argent, dont 1 fr. pour les menus produis (truffes et divers).
La région côlière entre Toulon et Nice présente un aspect particulier. On y voit deux petites chaînes de montagnes d'une étendue d'un millier de kilomètres carrés, les Maures et fEsiérel^ formées de terrains cristallins, entièrement couvertes d'une forêt peuplée de pin maritime, de chêne liège et de nombreux morts bois. -Ces forêts appartiennent à des particuliers, sauf 9.000 hectares environ à l'Etat.
La forêt la plus intéressante des Préalpes provençales est celle de Bédoirij qui couvre le versant méridional du mont Ventoux.
Le Yentoux dresse sa puissante barrière de rochers calcaires^ allongée de Test à l'ouest, sur la rive gauche du Rhône, à la
(1) Renseignements communiqués par M. Brive, inspecteur des Forêts à Avignon.
LA FRANGE FORESTIÈRE d'aUJOURd'hUI 889
hauteur d'Orango. Le versant sud, de Garpentras àla crête, présente des altitudes variant de 100 m. à 1.908 m. et nous montre en raccourci la succession de toutes les flores de l'Europe, du pin d'Alep à la base jusqu'au pin à crochet et aux plantes alpines du sommet. La forêt de Bédoin (1), qui couvre ce versant sur5.860 hectares, est peuplée de chêne vert jusque vers 700 m.; à cette altitude le chêne blanc commence à devenir abondant et il passe à l'état pur vers 800 m. Les hêtres apparaissent vers 1000 m. et les sapins, qui ne sont plus représentés que par quelques échantillons très rares, un peu plus haut. A 1500 m., les pins à crochets se substituent aux feuillus.
Lorsque la forêt fut soumise au régime forestier, il y a quatre-vingts ans, elle renfermait au moins 4.000 hectares de vides qu'on commença à restaurer en 1861 à la suite du vote de la loi de 1860 sur le reboisement des montagnes. De cette époque jusqu'en 1898, 3.140 hectares ont été repeuplés moyennant une dépense totale de 240.000 fr. ou 76 fr. par hectare dont l'Etat a supporté les deux tiers, le département et la commune le surplus. Les essences employées ont été le chêne vert et le chêne blanc, semés en potets.
La forêt produit actuellement (moyenne des années 1889-98) 1.128 mètres cubes de bois et écorces valant 6.940 fr., soit, par hectare et par an, me. 19 de bois et écorces et 1 fr. 20. Mais les produits les plus importants de la forêt ne sont pas les produits ligneux.
De tout temps on a récolté dans la région des truffes noires, dites truffes du Périgord (tuber melanosporum). Avant les premiers reboisements la fouiile des trufles rapportait 800 fr. par an à la commune (moyenne des années 1854-59). Dès que les premiers semis de chêne furent âgés de 12 à 15 ans, on constata une multiplication merveilleuse du précieux tubercule; la fouille fut affermée, dans la forêt, à raison
(1) Renseignements communiqués par M. Brive, inspecteur des Forêts à Avignon, empruntés au procès-verbal d'aménagement de 1890, par M. Tessier, inspecteur adjoint à Garpentras, ou à des notes de voyage personnelles.
SyO LA FRANCE FORESTIÈRE. — STATISTIQUES
(le 2.300 fr. par an en 1871
11.000 — en 1877
depuis le revenu a baissé à 39.000 fr. en 1897. Les truffes se rencontrent, à Bédoîn, sous les chênes (verts et blancs) jusque vers 800 m. d'altitude; plus haut elles deviennent rares. La truffe du Périgord vaut actuellenaent, à Carpentras, de 10 à 25 francs le kilog. suivant qualité; la truffe blanche (tuber œstivum), que la forêt produit également, ne vaut que de 2 à 3 fr. 00. En dehors des truffes le pâturage, la récolle des lavandes, les ruches installées par les habitants en forêt fournissent encore un revenu notable. Actuellenaent le produit total peut s'établir comme suit :
Produit fourni par la truffe 9fi0 par hectare et par an.
— le pâturage 3.00 —
— le bois et Técorce 1 .20 —
— la lavande 0.50 —
— le miel et la cire d'abeilles 0.40 —
— lâchasse 0.00 —
Total 14.50 —
§ 6. — Les Alpes.
La région des Alpes s*étend sur près de cinquante mille kilomètres carrés dont le cinquième est boisé (1), au moins nominalement. Les forêts appartiennent pour près des deux tiers aux particuliers, aux communes pour le quart, le surplus étant à l'Etat (non compris les périmètres de reboisement).
L'ancien comté de Nice forme une des régions forestières les plus intéressantes de la France en ce sens qu'on y trouve, des
(i) Non comprise l'étendue des périmètres de reboisement.
LA FRANGE FORESTIÈRE d'aUJOURD'hUI Sq I
palmiers du littoral jusqu'aux pins cembros à 2.400 m. d'altitude, toutes les essences de notre flore forestière, à peu près sans exception. Les forêts y sont, en majorité, la propriété de communes qui, jusqu'en 1860, n'y pratiquaient pas de coupes régulières; tous les trente ou quarante ans des coupes générales parcouraient la totalité des massifs en extrayant tous les bois utilisables. L'incendie systématique et le pâturage achevaient la dévastation. Aussi ces forêts, dont l'étendue est d'environ 50.000 hectares, soit 16 à 17 0/0 de la surface du pays, sontelles, aujourd'hui encore, en fort mauvais état.
Le bassin de la Diirance présente la région la plus dévastée des montagnes françaises. Ici tout a contribué à l'œuvre de ruine: le pâturage, les coupes excessives, le défrichement, le sol et le climat. Les abus résultant du fait de l'homme n'ont guère pu être pires qu'ailleurs, mais la nature du sol facilement afFouillable, les pentes excessives, le régime torrentiel des pluies, ont rendu pires que partout ailleurs les conséquences des méfaits de l'homme. Les forêts de cette région ne sont plus que des lambeaux délabrés, faiblesrestes des forêts anciennes, et ne forment des massifs dignes de ce nom que sur les points à peu près inaccessibles.
Le département des Basses-Alpes, avec un taux de boisement nominal de 18 0/0, ne produit même pas un demi-mètre cube de bois par an et par hectare de terrain boisé. Les quatre cinquièmes de ce revenu sont des bois de chauffage fournis par des taillis simples que les habitants n'ont pu Hvrer au mouton à cause du besoin urgent qu'ils ont de leurs produits .
Les forêts du bassin supérieur de la Durance appartiennent surtout aux communes; les particuliers viennent en seconde ligne et la propriété domaniale n'y est représentée que par des périmètres de reboisement.
La partie nord du massif alpin, le bassin de la Drôme, de risère et la Haute-Savoie jouissent d'un climat plus favorable à
ir, r»
la vép^élation ligneuse, d'un sol plus stable dans son ensemble, et les forêts y ont mieux résisté.
Le département des Hautes-Alpes appartient encore, en partie, au bassin de la Durance et forme une transition entre les Alpes sèches et les Alpes vertes du Nord. Son taux do boisement est de 19 0/0 environ, les communes y possèdent les quatre cinquièmes des forêts. On y trouve quelques parcelles boisées intéressantes sur les versants frais, orientés au nord ou à l'est; certains cantons peu accessibles ou protégés par la nature de leurs propriétaires y constituent de véritables oasis forestières et donnent une idée de ce qu'étaient et pourraient redevenir les sapinières de cette région.
Sur 88.000 hectares de forêts communales soumises dans le département la moitié est en futaie résineuse, le quart en taillis simple, le surplus en vides. Les futaies produisent par hectare et par an (moyenne des années 1877-86) m. 19 en matière et fr. 33 en argent ; les taillis, situés au bas des versants, imc.en matière et 1 fr. 27 en argent. C'est moins que l'impôt et les frais de garde (1); ces forets n'ont d'intérêt que par leur qualité de forêts de protection et devraient^ comme telles^ se trouver dans le domaine de PEtat.
Les forêts domaniales comprennent deux massifs importants {2) : Durbon et Boscodon. Boscodon produit 2 m. 50 par hectare et par an valant 30 fr. 00; c'est à tous égards une exception. Durbon produit 1 me. valant 10 fr. 00. Les plus belles et plus remarquables forêts du département sont certainement les futaies de mélèzes de TEmbrunais et du Briançonnais, et surtout celles de l'admirable vallée du Queyras.
Citons, commQ forêt de mélèze^ celle du Mont'Genèvrey aux
(1) L'Etat a pris à sa charjîc les frais de surveillance des forêts appartenant à des communes sur le territoire desquelles il a entrepris des reboisements d'utilité publique ;art. 22 de la loi du 3 avril 1882).
(2) On trouve près de Gap, sur le territoire de Chaudun, une petite sapinière domaniale d'environ soixante bectares, dénommée Bois du Chapitre sur la carte d'état-major. Ce canton, presijue inaccessible, présentait encore, en 4887, lorsque nous l'avons visité pour la première fois, un exemple très intéressant de forêt vierge.
LA FRANCE FORESTIÈRE d'aUJOURd'hUI SqS
sources de la Durance. Elle couvre les versants qui dominent le col célèbre, le meilleur point de passage d'Italie en France à travers les Hautes-Âlpes. La forêt, qui appartient à la commune du même nom, a une étendue de 923 hectares, mais 550 seulement sont boisés. L'altitude moyenne est de 1.900 mètres; les derniers arbres s'élèvent jusqu'à 2.500; ce sont des pins cembro isoles. Le pin sylvestre et le pin à crochets couvrent le bas des versants orientés au midi; le mélèze domine aux expositions du nord et de Test. La forêt ne renferme pas un seul mélèze de plus de 45 cent, de diamètre ; les plus gros arbres sont des pins de 60 cent, cubant 2 me. et mesurant 14 mètres de hauteur. L'aménagement en vigueur n'a considéré comme susceptibles d'exploitation régulière que 223 hectares, cette surface forme une série de futaie régulière dont l'âge d'exploitation est de 180 ans. Le surplus, laissé en dehors de l'aménagement, ne fournit aucun produit appréciable . Le rendement de la partie aménagée est d'environ 1 m. par hectare valant 5 fr. 00 ; en y joignant les chablis et bois morts du, reste de la forêt on obtient, pour Terisemble de la propriété m. 24 et l fr. 30 par hectare et par an. Mais la forêt nourrit de plus 120 à 150 bêtes à cornes, qui sont la seule ressource des habitants, elle protège leurs chalets contre les avalanches et leur fournit, pour leurs besoins, du bois qu'ils ne pourraient se procurer ailleurs.
La forêt communale de Puy-Saint-Fierre^ au-dessus de Briançon, à 1 .900 m. d'altitude, est peuplée de mélèze à l'état pur sur 263 hectares, dont 230 seulement sont aménagés en futaie pleine avec une révolution de 200 ans. Elle produit annuellement environ trois quarts de mètre cube par hectare.
Nous possédons, en Franco, 150 à 200. 000 hectares de ces belles forêts de mélèze, aux peuplements clairs, sous lesquels pousse une belle herbe, fine et savoureuse, recherchée des bêtes à cornes. Le quart environ appartient à des communes et est soumis au régime forestier. On traite généralement en futaie pleine les cantons qui n'ont pas le caractère de forêts de pro-
leclion ; les coupes d'ensemencement s'y font très claires, elles enlèvent les deux tiers des arbres, parfois davantage. La grande difficulté et la condition rigoureuse du succès des régénérations est la mise en défends absolue des cantons qu'on veut rajeunir. Lorsque ces mises en ban ne peuvent pas être obtenues et qu'on n'est pas certain qu'elles seront respectées il vaut mieux jardiner.
Le Haut-Dauphiné présente quelques forêts domaniales en bon état. La plus connue, et à juste titre^ est la forêt de la Grande Chartreuse, à peu de distance au nord de Grenoble (1).
Des aliénations et de nombreuses usurpations pendant la période révolutionnaire ont réduit à 6.500 hectares l'étendue de la forêt de la Grande Chartreuse. Elle croit sur un terrain
de rochers calcaires, à l'altitude moyenne de i.lOO m., les cantons les plus élevés atteignant 1.860 m. 5.400 hectares seulement sont productifs; le surplus est en rochers ou constitue un polygone d'ornementation de 149 hectares réservé autour du célèbre couvent.
La forêt est peuplée de sapins, d'épicéas, de hêtres. Le sapin a une belle végétation : on estime que son accroissement annuel, en circonférence, à hauteur d'homme, est de douze millimètres dans les parties basses, de dix millimètres dans les régions moyennes, de sept à huit millimètres dans les cantons les plus élevés de la forêt. Un des plus gros arbres, bien connu des touristes, est le sapin du canton de la Petite-Vache, qui mesure 6 m. 39 de tour à hauteur d'homme, sur 50 m. de hauteur totale.
La forêt était autrefois traitée en futaie pleine sur 3.000 hectares et jardinée sur le surplus (2). En 1887, on décida le traitement en jardinage de toute l'étendue, sauf la série réservée au
(1) La Forêt de la Grande Chartreuse^ par M. Mengin, inspecteur des Forêts à Grenoble, 1896 (en manuscrit à la bibliothèque de l'école nationale des Eaux et Forêts).
(2) Sauf un canton isolé de 112 hectares traité en taillis à la révolution de 24 ans.
LA FRANCE FORESTIÈRE D^UJOURd'hUI SqS
point de vue esthétique autour du couvent (149 hectares) et trois séries (ensemble 1.072 hectares) considérées comme non susceptibles d'exploitations régulières par suite de leur situation. Les âges d'exploitation varient de 162 à 225 ans ; ce dernier s'applique à 1.000 hectares répartis en deux séries.
Pendant la période de 1865 à 1895 la forêt a produit, en moyenne, 1 me. 80 par hectare de la surface totale et 2 me. 20 par hectare de la surface aménagée. Ce rendement est fort remarquable, étant données les conditions de végétation. Le revenu en argent brut, pendant la même période, a été de 17 fr. 00 par hectare de la contenance totale et 20 fr. 50 de la contenance aménagée ; le revenu net pendant le même temps a été de 10 fr. 3 par hectare de la contenance totale et 12 fr. 40 de la contenance aménagée.
La SavoiSy avec une étendue totale de 10.000 kilomètres carrés, présente un peu plus de 23.300 hectares de forêts. C'est la partie la mieux boisée des Alpes françaises et celle où le climat est le plus favorable à la végétation ligneuse. Les six dixièmes des forêts appartiennent aux communes, les particuliers détiennent le surplus. La propriété domaniale n'est représentée, en dehors de la petite forêt de Bellevaux (600 hectares), que par des périmètres do reboisement.
La Savoie est la seule région de France oii Vépicéa domine dans les forêts (1). Il forme à lui seul la moitié des peuplements dans les forêts traitées en futaie. Celles-ci représentent les sept dixièmes des forêts soumises, les trois autres dixièmes
(1) Nous avons signalé plus haut (page 330) la station jurassienne de l'épicéa; elle est bien moins importante en contenance que celle de Savoie. M. Schœffer, inspecteur des Eaux et Forêts et chef du service des aménagements à Chambéry pense que la prédominence de l'épicéa en Savoie tient en majeure partie au fait de l'homme, cette essence étant celle, parmi les résineuses, qui résiste le mieux au pâturage sans frein et aux coupes excessives pratiquées sous le régime sarde. M. le professeur Engler, de Zurich, professe la même opinion pour la Suisse centrale et occidentale où le sapin régnait autrefois sur des points où l'épicéa est à peu près seul représenté aujourd'hui. Nous avons pu nous-même vérifier cette substitution sur beaucoup de points de la Suisse centrale où elle est la conséquence des coupes à blanc étoc et des repeuplements artificiels.
SgG LA FRANCE FORESTIÈRE. STATISTIQUES
sont en taillis simple ou en taillis fureté. Ce dernier mode de traitement tend à disparaître et, d'une fagon générale, les feuillus reculent devant Tenvahissement des résineux dans toute la région.
Voici, à titre d'exemple Ja description sommaire d'une forêt typique de la Haute-Savoie.
La forêt communale de Vaillij^ dans l'arrondissement de Thonon (I), couvre une étendue de 121 hectares d'un sol marnocalcairc àTaltitude moyenne de 1.100 m. (variant de 790 à 1.420 mètres). Les peuplements sont formés, d'après les comptages de 1902, d'épicéa 50, hêtre 49, sapin l.En 1886, les comptages avaient fourni la proportion suivante : hêtre 62, épicéa 36, sapin 1, divers 1. Comme presque toutes les forets do la région, Vailly présente un matériel total insuffisant et de plus les bois moyens y sont en proportion excessive tandis que les gros bois sont très rares. 31 hectares seulement (sur 121) ont paru susceptibles d'une exploitation régulière en jardinage, 83 hectares, peuplés de fourrés ou perchis, ne sont soumis qu'à des coupes d'amélioration et huit hectares sont laissés en dehors des exploitations pour former une zone de protection. Le matériel total à l'hectare, qui était de 75 mètres cubes en 1886, a passé à i!6 me. en 1902. Il est encore très insuffisant (M. Schaeffer, Taménagiste de 1902, estime qu'il devrait être de 380 mètres cubes). Dans la partie aménagée en jardinage, le rapport du volume des
bois moyens aux gros bois est de .alors qu'il devrait être
normalement de .
La forêt a produit, de 1886 à 1902, par hectare et par an,
1 me. 24 réalisé par les coupes et
2 — 50 incorporés au matériel sur pied, soit au total,
3 — 74; c'est-à-dire que la coupe n'a réalisé que le tiers de l'accroissement, ainsi qu'il convient dans une forêt aussi pauvre
(1) Renseignements empruntés au procès-verbal d'aménagement du 17 décembre 1902, par M. A. Schoeffer.
LA FRANGE FORESTIERE d'aUJOURd'hUI 897
en matériel. Le revenu en argent, pendant la même période, a été de 7 fr. 17 par hectare.
Les Alpes renferment, en dehors des forêts domaniales anciennes, 114.000 hectares de terrains acquis récemment en exécution des lois sur le reboisement des montagnes (i). La moitié environ de cette étendue était reboisée en 1900. On y rencontre dès à présent de véritables massifs de forêts constitués surtout en pin noir d'Autriche et en pin sylvestre. Les frais d'acquisition du sol ont été, en moyenne, de 117 fr., ceux de correction de 150 fr. et ceux de plantation de 250 francs par hectare; au total 517 francs par hectare fixé et reboisé.
Un des boisements les plus anciens et les mieux réussis est celui de la série de Luc, dans la Drôme. Il a été commencé^ en 1865, sur des terrains qui étaient alors communaux ou particuliers et que l'Etat a achetés depuis. Les acquisitions successives qui se poursuivent par voie amiableavaient porté la contenance à 626 hectares au l*"" janvier 1899. La dépense totale effectuée à cette date était de 350.550 fr., soit 550 fr. à l'hectare. 500 hect. étaient reboisés en 1898, lors de notre dernière visite, à des altitudes variant de 600 à 1.000 mètres. Les essences employées sont le pin d'Autriche, le pin sylvestre et divers feuillus. Le pin sylvestre surtout a produit des perchis d'une végétation superbe sous lesquels on a déjà pu créer, en sous-étage, une jeune sapinière dont la vue réjouit singulièrement l'œil du forestier.
(1) Les terrains expropriés de 1884 à 1887 ont été payés, en moyenne, 200 fr. l'hectare tandis que les acquisitions amiables actuelles se font au prix maximum de 100 fr.