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d'essence de térébenthine

§ 2. — Les forêts des colonies françaises.

La France possède, en Afrique, un immense domaine d'un seul tenant (3) qui renferme des richesses forestières considérables, en Algérie-Tunisie et sur le golfe de Guinée.

(4) Insuffisance de la production mondiale des bois d*œuvre^ par A. Mélanl. Paris, Imprimerie Nationale, 1900.

(2) Chiffres de i901. Voir dans la Revue des Eaux et Forêts de 1903, pages 19-20. {W) Sauf la côte des Somalis, qui n'a pas d'importance forestière.

STATISTIQUE FORESTlèUE 4'I

L'Algérie peut être divisée sommairement en deux régions (abstraction faite du désert) par suite de la présence d'une chaîne de montagnes qui part de Tunisie, au bord de la mer, et se bifurque en s'étendant vers l'ouest jusqu'au Maroc. L'espace compris entre ses deux ramifications, traversé par diverses chaînes transversales, constitue une région de steppes qu'on appelle les Hauts-Plateaux; le versant nord du massif septentrional, jusqu'à la mer, s'appelle le Tell.

Le Tell algérien porto 2.085.000 hectares de forêts, son taux déboisement est ainsi de 19,5 0/0 environ. Les Hauts-Plateaux en portent i. 162. 000 hectares et leur taux de boisement est de 6 0/0. Beaucoup de ces terrains portés comme forets ne sont en réalité que des friches plus on moins couvertes de broussailles (1).

L'Etat possède environ 2.498.000 hectares de terrain classé comme forestier, les communes 280.000 dont 78.000 seulement sont soumis et les particuliers environ 500.000 hectares. .

Los forêts du Tell algérien sont peuplées de pin d'Alep, de chêne verl, de thuya et de chêne kermès dans la province d'Oran. Dans celle d'Alger, le chêne-liège commence à apparaître dans la plaine, avec le pin maritime ; dans la montagne, on trouve les chênes zéen et afarès et, aux altitudes supérieures, quelques massifs de cèdres.

Les forêts productives do l'Algérie sont les forêts de chérie^ liéffe qui se rencontrent surtout dans la province deConstantine et dans la partie Est do celle d'Alger (2). L'Etat en possède environ 267.000 hectares et les particuliers et communes 160 à 180.000. Les forêts de l'Etat ont produit, en 1901, 58.000 quintaux de liège valant deux millions de francs; elles sont loin d'être entièrement mises en valeur. Il n'existe dans aucun autre pays de meilleur liège que les lièges dits surfins d'Algérie.

Le chêne zéen, qui couvre 54.000 hectares, donne un assez bon bois d'œuvre, meilleur que celui de l'afarès, lequel présente

(1) Les Foré f s de V Algérie, par A. Combe. Alger. 1889 (publication officielle). Statistique des Forêts de l'Algérie par M. Lcfeb>Te, Alger, 1900.

(2) Voir plus haut, pages 28 et suivante.

4l2 LA. FRANCE FORESTIÈRE. — STATISTIQUES

de plus beaucoup d'aubier. Le chêne vert occupe à lui seul près du quart de l'étendue des forêts et le pin d'Alep plus d'un autre quart. Le cèdre se rencontre sur 38.000 hectares entre 1.300 et 2.000 mètres d'altitude; c'est le plus bel arbre et le plus précieux pour la production du bois d'œuvre que l'on rencontre en Algérie.

La Tunisie renferme 811.000 hectares de forêts, dont 615.000 sont domaniales. Dans ce pays aussi, les forêts productives sont celles dechêne-lièpe : il en existe 82.000 hectares en Kroumirie qui appartiennent à l'Etat. Les forêts de la Régence ont produit, pendant les années 1897-1900, 9.000 mètres cubes de chêne zéen, 35.000 quintaux d'écorce à tan de chêne-liège, et 7.000 quintaux de liège par an (1); leur revenu en argent dépasse 600.000 fr.

Le Sénégal est généralement peu boisé, sauf cependant la région de la Casamancc. Il y a là, sur les deux rives du fleuve de ce nom, une zone forestière de 100 kilomètres de largeur totale qui s'enfonce profondément dans l'intérieur.

La Guinée ne renferme que fort peu de forêts. La Côte (ïlvoire^ par contre, est une région très boisée dont les forêts sont estimées à 15 millions d'hectares d'un seul tenant. Elles ne produisent encore que de l'huile de palme, de l'acajou, du caoutchouc (pour 6 millions de francs en 1897) et de la gomme copal. Ce pays prendra une grande extension lorsque des moyens de transport auront été créés. Un chemin de fer de Bingerville vers l'intérieur est en projet.

Le Dahomey renferme environ 1.200.000 hectares de forêts dans la région côtière. Exploitées par une population intelligente et relativement active, elles produisent de l'huile, du

(\) L'Algérie et la Tunisie importent leurs bois d'œuvre communs ; les excédents d'importation de bois communs en Algérie ont atteint trois millions de francs en 1899.

caoutchouc (14.000 kilogr. en 1898), quelques bois d'ébénisterie (rôaiers, bois de fer, elc.) et des noix de kola.

hQ Congo français porte une vaste forêt de plus de quiuze millions d'hectares, coupée de quelques enclaves, qui se relie à Y immense forêt équatoriale (1) qui couvre la majeure partie de l'état indépendant du Congo. Les forets du Congo français sont encore à peu près inexploitées. Elles produisent du caoutchouc (600.000 kilog.), de Tébène et divers bois d'ébénisterie (2.500 tonnes en 1897). Une des principales causes du peu de développement pris jusqu'à ce jour par le commerce des bois tient à la barre qui règne presque tout le long delà côte et rend rembarquement des billes très difficile .

Toutes nos colonies de l'Ouest africain importent leurs bois d'œuvre communs (pour 400.000 fr., au total, en 1897).

Lesforêés de Madagascar recouvrent approximativement 10 à 12 millions d'hectares, soit un vingtième de la surface de File. On n'y rencontre pas dépeuplements d'essences pures; les espèces, très variées, sont confusément entremêlées, ce qui augmente les difficultés de l'exploitation. Les forêts forment comme une double ceinture tout autour de l'ile; continue sur la côte est, largement interrompue sur le versant ouest ou au sud. Elles fournissent à l'exportation du raphia (pour 2.000.000 de francs en 1901), du caoutchouc (pour environ 1.000.000 de fr.), quelque peu de bois d'ébénisterie et des gommes. Madagascar importo pour 300.000 fr. au moins de bois d'œuvre communs provenant du nord de l'Europe.

(1) La forôt équatoriale, parcourue et décrite par Stanley, s'étend, en longitude, du quinzième au dix-huitième degré et, en latitude, sur quatre à cinq degrés de part et d'autre de rE([uateur, soit sur une surface de plus de cent millions d'hectares.

4l4 ^^ FRANCE FORESTIÈRE. STATISTIQUES

La Nouvelle-Calédonie porte 120.000 hectares de forêts ; la Martinique 24.000 et la Guadeloupe 94.000. La Guyane fr an' çaise est une des régions les plus boisées du globe. On y trouve une très grande variété des bois les plus précieux. L'exploitation en est malheureusement de plus eu plus délaissée, faulo de main d'œuvre. La population s'est presque tout entière portée vers les terrains aurifères, abandonnant les forêts. L'exportation est devenue insignifiante (4.400 fr. en 1897).

La Cochinchine porte 1.100.000 hectares de bois, le Cambodge en possède quatre millions d'hectares. Les montagnes à^VAnnam sont entièrement boisées; le teck (1) y est commua. On ignore l'étendue de ces forêts ainsi que celle des forêts du Tonkin. Ces dernières paraissent être considérables ; la partie qui en a été explorée est pauvre en bois d'œuvre. Les forêts de rindo-Ghine ont produit, en 1901, environ 2.400.000 mètres cubes de bois, dont les neuf dixièmes sont du bois de feu consommé sur place.

L'Annam a exporté, en 1897... 315 tonnes de bois d'œuvre,

224 — de rotins,

54 — de gomme laque,

Le Tonkin a exporté, eu 1897... 1500 — de bois d'œuvre,

62 — de bois de teinture,

446 — de charbon de bois,

484 — de rotins,

187 — de bambous, etc.

L'Indo-Ghine, de même que toutes nos autres colonies, importe des bois d'œuvre qu'elle achète dans l'Europe septentrionale. La valeur de ces importations a été de 1.250.000 fr. en J900 et 1.117.000 fr. en 1901.

(Ij Tectona yrandia. Voir page 33.

STATISTIQUE FORESTIÈRE t^l5

§ 3. — Notions de statistique forestière sur divers pays

étrangers.

Le tableau ci-après donnera quelques renseignements, puisés aux meilleures sources, sur les richesses forestières de divers pays et sur le commerce extérieur des produits ligneux. Ce dernier renseignement est généralement emprunté aux consciencieux et très documenté mémoire de M. Mélard, que nous avons déjà plusieurs fois cité; ses chiffres s'appliquent à Tannée 1898.

Tableau statistique des richesses forestières et dm

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