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CRISES DE DÉBOUCHÉS EN GÉNÉRAL

appartenant au territoire économique contaminé, se méfie de son voisin, et cherche avec une angoisse fiévreuse à encaisser ses recouvrements, le taux de l’escompte s’élève (5), ce qui naturellement amène la baisse des salaires et des prix de la propriété foncière en même temps que des capitaux fixes (6).

[Spiethoff définit la crise « l’espace de temps durant lequel, parmi des phénomènes anormaux, se décide la transformation d’un état de malaise économique en un état normal. » La crise suppose une préparation et elle est suivie d’une liquidation. Le phénomène de la crise se décompose donc en ; Une hausse avec excès de spéculation ; 2® Une catastrophe aiguë, conclusion de cet état de choses, et constituant la crise proprement dite ; 3° une baisse et une dépression (7).

Il est utile d’établir une distinction entre les crises partielles et les crises générales. Dans les premières, il s’agit

de dérangements dans la demande, dans les secondes, d’une diminution de l’ensemble de la demande. Les crises partielles éclatent avec le changement de la mode ou des habitudes des consommateurs, avec les progrès de la technique de la production, et affectent seulement des branches spéciales de celle-ci. Les crises générales signifient que la croissance de la demande et de la production, ne marche plus de pair avec l’augmentation de la population. Elles peuvent aussi avoir leur origine dans une rupture ou dans des à-coups qu’éprouvent les relations commerciales extérieures, lorsqu’un pays vient à perdre une partie de ses exportations chez un autre. Lors de ces crises, le congédiement d’ouvriers s’impose, ou bien il ne peut en être embauché de nouveaux dans la mesure jusqu’alors existante, malgré que leur nombre se soit accru d’une manière correspondante à l’augmentation de la population. Une seconde

distinction nous amène à séparer les crises en intérieures et en extérieures, c’est-à-dire qu’elles peuvent avoir leur origine dans des troubles internes de l’organisation économique où elles éclatent, ou dans des troubles survenant entre l’organisme économique national et un autre organisme étranger. Une troisième distinction classe les crises en crises monétaires, crises de spéculation, de crédit, de production ou de débouchés. L’expérience enseigne que ces dernières sont les plus désastreuses. Les crises monétaires sont relativement inoiïensives. Elles se manifestent par un rétrécissement brusque de l’argent, qui peut être dû soit à une diminution des quantités existantes, soit à un relèvement de sa valeur. Les crises de spéculation consistent dans le marasme du commerce des objets qu’elle préfère. Elles peuvent être des crises commerciales sur les céréales, le sucre, le café, etc., ou des crises boursières. Des exemples en sont fournis par la crise française de 1882, la crise allemande de 1890,1a crise des mines d’or sud-africaines dans les bourses de l’Europe occidentale en 1895, dont le centre se trouvait à Londres. La crise allemande de 1890 s’est produite à la suite des manipulations de cours du marché industriel opérées à la bourse de Berlin, vers la fin de la période 1880-90. La crise de crédit se distingue de la crise de spéculation, en ce que les spéculateurs ont acheté les objets avec des fonds d’emprunt, et non plus avec les leurs propres. Elle éclate en raison de l’ébranlement de la confiance générale, à la suite d’un accroissement immodéré des moyens de circulation fiduciaire. Elle est encore le résultat d’une supertension du crédit, provoquée par le grand nombre des entrepreneurs qui ont assumé, grâce à ce crédit, une masse d’obligations débitrices. La crise anglo- américaine de 1836-1839 et la crise américaine de 1893 en sont des exemples (8)].

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