‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 128 sur 155 · CRISES DE DÉBOUCHÉS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CRISES DE DÉBOUCHÉS EN GÉNÉRAL

(1) La richesse nationale est la somme des biens produits et consommés, et non pas l’excédent des premiers sur les seconds (Malthus). Selon Sismondi, la production d’une année ne se change en revenu, que lorsqu’elle est réalisée, c’est-à-dire lorsqu’elle a trouvé un consommateur, qui la demande et qui la paie. C’est seulement alors que le producteur peut établir son compte, reconstituer son capital de production, supputer son gain, et l’employer à la consommation, pour enfin recommencer à nouveau tout le circuit (N. Principes, II, ch. 6). Des banquiers éminents ont indiqué, devant la commission parlementaire anglaise de 1833, comme indices d’une situation commerciale parfaitement saine : le nombre restreint des faillites ; la grande quantité des traites, individuellement en général d’un montant faible, mais importantes par l’ensemble de leur masse et régulièrement payées ; la multiplicité des envois de fonds ; la faiblesse de la spéculation proprement dite ; le défaut d’approvisionnements excessifs et d’efforts pour s’en défaire ; une rencontre normale des besoins et des réserves (Tooke, H. of P., II, p. 242 et suiv.).

(2) Sur les crises de débouchés en général, voir vol. I, § 215 et suiv ; et Eue. v. Bergmann, Gesch. d. nationalœkonomischen Krisentheorien, 1895.

(3) Sur environ 750 banquiers, opérant en 1825 en .\ngleterre et dans le pays de Galles, il y en eut plus de 100 qui sombrèrent jusqu’à la fin de 1826. Les banqueroutes de la crise de 1847 furent en nombre et en importance « beyond ail precedent in the commercial history of this country. » (Tooke, 4,p. 316). L’Autriche Hongrie a compté en 1876, 1.556 faillites, dont 333 pour la seule ville de Vienne. (F. X. von Neumann Spallart). [La crise économique de 1893 aux Etats-Unis a eu pour effet d’élever le nombre des faillites à 331.422, contre 114.044 en 1892, 189.868 en 1891, 189.856 en 1890. (Ernst v. Halle dans le Jahrb. /. Ges. u. Verw., 18, p. 1216)].

(4) Lorsqu’à Manchester, les débouchés des cotonnades viennent à se restreindre, ce sont d’abord les négociants qui en pâtissent, et bientôt aussi les fabricants. Le coup se répercute

ensuite, d’une part sur les divers fournisseurs, comme les charbonnages, les fabriques de machines, etc., d’autre part sur les ouvriers ; il porte après sur les logeurs, les commerçants et les producteurs de subsistances, etc.

(5) Lors des crises américaines, on a vu certaines maisons payer jusqu’à 1 et 3 0/0 d’es(;ompte par jour pour se sauver (A. Wagxer, Peels-Akte, 267). Le taux des reports à Vienne en 1873 s’est élevé jusqu’à 50 0/0 (Neuwirth, Spekulationskrisis, 16). En Allemagne, le taux de l’escompte de la Reichsbank est monté du 3 octobre 1899 jusqu’au 18 décembre à 6 0 /O, du 19 décembre 1899 au 11 janvier 1900 à 7 0 /O, du 12 janvier 1900 au 26 janvier à 6 0 /O et du 27 janvier au 12 juillet 1900 à 5 1 /2 0 /O {Schr. d. Ver. f. Sozial, p. 110, p. 35).]

(6) Pendant la crise de 1841-1842, la taxe des pauvres tripla à Stockton, et en d’autres endroits s’éleva jusqu’à 4 et 8 fois son montant ordinaire. Elle engloutit en maintes localités de 20 à 40 0 /O du revenu imposable et même 60 0 /O à Marsden, où, sur 5.000 habitants,2.000 durent être assistés.A Manchester, 5 grandes filatures furent vendues 60.000 livres sterling, bien que leur valeur fut estimée à 212.000 livres (Taylor, I, c..) [Lorsqu’en Suisse, la broderie en 1891-92 fut visitée par une crise redoutable,au point que l’exportation des broderies mécaniques passa de 80 millions de francs en 1890 à 69,2 millions en 1892, les salaires s’abaissèrent de 28 centimes par degrés jusqu’à 20 et même 18, alors qu’antérieurement, l’Union centrale avait fixé le salaire minimum à 22 centimes les 100 points ; et malgré cet abaissement, le travail faisait défaut (5®*' Bericht des Zentralverbandes d. Stickereiindustrie d. Ostschweiz (1893) et O. Hintze dans le Jahrb. f. Ges. ii. Verw., 18, p. 1285)].

(7) [L. PoHLE, Bevôlkeriingsbewegung, Kapiialbildung und periodische Wirtschaftskrisen, 1902 ; B. Rost, Ueber das Wesen und die Ursachen unserer heutigen Wirtschaftskrisen, 1905 ; Spiethoff. Vorbemerkungen zu einer Théorie der Ueberproduktion dans le Jahrb. f. Ges., 26, pp. 723, 753].

(8) [Spiethoff, Die Krisentheorien von Tugan-Baranowsky und Pohle dans le Jahrb. /. Ges., Tl, p. 331 ; Tugan-Bara-

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